D'OR E NE Rens 2 mar ntm nent mé mas - cabie. eee er emmecerr rome meme sudo ent # £ LA Es Ra Evangeline, DEUXIEME PARTIE ee I (Suite) pas ue fut pas long. Aussitôt terminé, Philippe proposa une promenade dans 1e jartlin. —0'est tentant, dit M. Ana- tole ; je lis mon jeurnal, et je vous suis. Fernande et Pnilippe sorti- rent. Oh! oh! murmura À part Ini le précepteur ; il a onblié de fa. mer s0n eigare ; c'est grave ! !! La nuit était resplendissante : Pas un souflle dans l'air ; les é. toiles semblaient flotter dans l'espace, pour mieux se mirer daos l’aur ; on eût dit que la nature retenait son haleine pour mieux s'ésouter vivre daus cette ombre transparente qui l'enveloppait. Fernande, au bras de Philippe, setaisait. 1ls jouissaisnt l'un et l'amtre do ce calme mystérieux ;ils étaient heureux. Seugesientils à in- terroger leur âme, à se deman. der le secret de ce bonheur in- time ? Non ! 1ls en savouraient le charme et n'osaient ls trou- bler de peur de le voir s'éva- nouir. La parole est un bruit hu- Main qui a souvent sa mélodie : dans certains états. on craint que ee bruit n'est quelque ehose de discordant qui iasse disparaître lo fantôme aaressé. C'est eo que craignaient, pent- être, Philippe et Fernande. 1ls ne 4e parlent pas ; leur silence parlait por eux, Combien durèrent sos minutes s1 vite envolées ? Ni l'an ni l'autre no s'en rendit compte. Soudain, ils tressaillirent ious les deux. On JjJousis sur j'harmoninm l'Agaus Dei chanté par la jenne Alle à l'église. —C'ost étrange ! murmurè rent-ils à la fois. —Ok !oni, bien étrange ! ré- péta-t-elle. L'église était ab- solament déserte. Et monsienr Anaiele prétend avoir passé l'après-midi chez la baronne Ecoutez ! reprit-elle après une Pause, ce chant a quelque chose de déchirant qui me glace Monsieur Anatole, ce ne pou- vait être que jui jouait, en était à ce passage : Quitollis peccata mundi, Miserere, miserere, miserere En effet, ce mot miserere pla- napt sur eéette solitude, ressem blait à ans lamentation. — Bufant ! soupira-t il. dirait que vous avez peur. Et il la rapprochait instine tivement de lui, comme pour Ja défendre sontre an danger in- visible. L'éeho pertait aussi en ce moment, jusqu'à eux les notes plaintives et éloignées d'un glas fanèbre. Fernande était devenue tremblantu. —Rentrons ! supplia-t-eile. Il y avait de ja détresse dan: son aecent. — Vous le roulez ? lui deman- da-t-il avec une grande dou. ceur dans la voix et une nuance de regret. Nous sommes si bien ioi ! Qu'importe le son qui passe ! 11 a fai, nous ne l’en- tendrous plus. De quoi vons effrayez-vous ? Vous ne le savez même pas. (Ce miserere eet ag- nos plutôt,a désormais pour mei un charme attachant. N'est- ce pas lui qui ra’a fait tomber à genoux et prier, ce que je n'a- vais sm faire depuis mon en- fanoe ! Il m'a ouvart les vastes horizons de la foi. Vons étiez si roligieesement inspirée, que vous auriez animé un marbre. Je me suis senti meilleur en vous écoutant. Félicitez-vous On |de cette vioteire que la th6olo- gie n'eût, peut-être, pas aussi bien, aussi vite remportée. Oni, veus m'avez donné la foi, et, aveo vous, je erois au Dieu d: miséricerde. Je vivais, non en sceptique, mais en indifférent ; | vous m'avez transformé: 80o- yez-en-bênie. Vous possédez, vous, la vrafe religion ; appre- | nez-moi à la connaître. Je serai docile à vos conseils ; je refate— rai quelquefois, veille habitude, et puis, on ae peut tout admet- tre sans disonssion. Je me con. nai, la réforme sera un peu diffieile à mon âge. Vous n'en aurez que plus de mérite. C'est entendu, n’est ce pas ? Jusqu'à 0e jour, qu'a été ma vie ? Des heures ajoutées à d'autres, rien de plus. Sans vous en douter, vous m'en avez montré le vide. J'ai besoin d'autre chose. Où le tronverai-je ? Je l‘igwore. Un je ne sais quoi m'affirme que vous me l‘apprendrez. C'est pourquoi je murmure : J'ai soif ! Je vous ai entendue dire à Hermine, sur le sitio du Christ, de merveilleuses paroles Vous expliquiez que Jésus a- vait soif d'amour, de dévou- ment, de saerifice, lui qui était la victime propitiatoire et mou- rait pour l'humanité, Ma soif est moins mystique, assuré- ment : l'infini m'attire en m'é pouvantant ; aussi mes aspira- tions ont-elles un vol moins élevé. Les définir ne me serait guère possible. Aidez moi à lire ce qui se passe en moi... Vous ne me répondez-pas ? Je vous écoute. Et vous acceptez ma proposi- tion ? : Ce serait téméraire. Vous nue m'avez donc pas compris ? Ok lsi,ie vous ai bien com- pris. Hé bien ? Songez que je ne suis qu’une pauvre petite institutrice, et que c'est un rêle d'ange que yous me proposez. Celui qui vous convient. Ne vous récriez pas. Qu'étais j+ avant votra arrivée ? À peine un être peneant. Je ne sais même pas sije savais venser. Aujourd'hui, je sens que j'ai une intelligence : elie s’est agrandie à votre contaot; une âme : je n'en doutais pas, mais ne m'en préoccnpais guère. Je sens aussi que la vie croît en moi avec une force, une puis- sance inconnue. Vous seule avez opéré ee changement. Terminez votre œuvre. 1lya iongtemps que je voulais vous en prier. Je n'‘osais. Ne l'a vez-vous pas deviné ?...Ne vous taisez pas, Fernande, et à votre tour, parles-moi...…. Elle entendait battre son cœur,et confuse, charmée, € mue, heureuse, frémissante. elle restait muette; mais sa physiouomie réfléchissait si bien ses sentiments qu'il reprit après mn8 courte pause. Vous l'avez deviné, tout en vous me le révèle. Ne me dites pas non, je ne le croirais pas. Une voiture faisait crier le sable de l‘avenue. Déjà !ft-il en tressaillant 1é- gèreæment ainsi qu'elle. J'avais oublié, murmurat- elle. Fernande ! Que vonlez-rons ? Rien, rien ! venez ! Pourquoi tremblez-vous ? Appuyez- vous sur moi. On m'appelle. Laissez appeler. pas aveu moi ? La jeune fille était vague- ment troublée sans en pénétrer la raison. 11 lui semblait qu'un coup de feu était venu lu réveil. ler en plein rêre, et elle mar N'étes-vous chait sans en avoir conscience, lorsque l'apparition d'Aaatole 4 L'IMPARTIAL JEUDI LE 14 NOV, 1901 dans une des allées transrersa- les lui rendit le sang fioid qu‘- elle cherchait ea vain. — je vous tronve, enfin ! s'é6-- cria le précepteur en les abor.- dant. — Le journal a été hien long à lire, M. Anato.e, réplique Philippe. — Pas trop. — Que n'êtes-1vous v nu nous rejoindre, lui dit Fernande. — J'ai d'abord pensé a le taire, vuis, je me suis seuil fatigue et je suis resté. Je venais vous avertir de l'arrivée de ces dames. Merci, nous LS avous enten- dues. Je cours à leur rencontre !...….. Ah ! nons somme prévenus Hermine, Gaston et leur mère se dirigeaient, en eflet, vers eux. XXX LA BONNK AVENTURE Qu'avait Philippe de Fines te? 1 sortait beaucoup ; sa passion de la solituda l'avait repris ; il pariait pen, paraissait absorbé par une p:nsée unique, et depuis quelques jours, on ne le voyait qu'anx heures de re- pas. Ühacun, autour de Jui, s'en »réocoupait à sa manière et gardait pour soi ses impressions. Fernende se demandait bien bas sielle ne ]ni avait pas dé- plu, et se sentait au cœur une tristesse inanalysable. Elle n'avait rien dit à madame Lo- beau dela ecène de l’église. Pouranoi s'étaitelle tu 2? 1] Jui semblai: qu'il y avait là un seoret qui devait rester eatre Philippe et Dieu. Pourquoi pas un mot des projrts de ré- forme de M. Finesto alors qu’. elle savait que ces proj-ts rem- pliraient de joie madame Lo beau ? Mystère ! La jenne fille, s'isolant an milieu de tous, trouvait un grand charme à repasser dens son esprit la conversation du jardin. Rien ne lui échappait, le moindre incident était évo- qui par elle ; elle retrouvait ses émotions ‘lansce sovvenir, et s'identifiait si bien avec loi, qu'elle ne voyait rien de ce qui se passait autour d'elle, et qu’ péter la mème phrase pour i’ar- tacher à sa rêveris. La pétu lente Hermine s'était aperçue da cet état et lui avait demandé eu riant si elle était à Ja rechor- che d'uu problème insoluble M. Anatole lançait à c> propos des termes obscurs qu’on pou- vait interpréter ad libitum. Madame Lobeau se taisait, et madame de Blanchemin affir- mait à Ja baronne que leur bonue amie était plas préoccu- pée qu'elle n’en avait l'air. Et sur ce, grâne à sa prodigieuse imagination, elle bât{ssait ls plus jolis romans du monde, daus leeqnels figuraient tou- jours des Estelles et des Nimo réns, et faisait provision de pro verbes pour la circanstance. La baronne, moins perspience qu'elle, ma croyait guère à ses contes ; elle avouait pourtant qu'elle devinait qu’il se passait queique chose, saus pouvoir rien préciser. M. Philippe, ni Fernande ne s'apereevaient qu'ils étaient le point de mire général. C’eût é1é diffvile à Philippe qui devenait quasi in- visible. Quant à Fernande, sa pensée l'obsédait trop pour Jui permattre d'observer. —Que vous êtes pen aimable, mon cher Philippe! dit up soir) madame de Bianchemin, à M de Fineite. Je viens exprès pour vous, n'en déplaise à ces dawes, et voilà que vous veu: sauve£ comme un véritable sauvage! Allons, mon beau| ténébreux, asseyez-vous là près) {à continuer] I on était suuvent obligé de ré-| rhin de woi, et confibz-moi vos cha grins. — Je n'en ai pas, madame, que 15 sache. Paroles que Je rent e à- porte, cher ; je snis sûre de ce que j'avance, —Vons êtes mienx renseignée que moi, madame, Veniilez me révéler ce que vous connals- sez si bien. —Duvant font le monde ? — Pourquoi pas ? —Je ne suis pas de cet avis. — C'est done bien grave ? — Peut être ! — Bien effrayant ? —Qui sait ! —0Oh l'oh! vous commencez à m'inquiéter ? — Jo n'ai encore rien dit. — Je vous écoute. Mais, de grâce épargnez-moi. —Auriez-vons déjà peur ? —Je n'ose répondre du con: traire. Qu'importe! Dites, je suis impatient. Vous le vonlez ? Ger'ainement. T'aïlors’ Bad Backs. e The crarnped up porsi. tion in which a tailor works comes hard on his kidneys änd hard on his back. Very few escapo backache, pain in tbe side and urinary troubles of one kind ani azother. Oîftentimes the first warnings of kidney F diseaso are neglected— «#" -think it will be all right in & day or two—but sick kidneys won't get well without help. DOAN'S KIDNEY PILLS Are the bost friend of kiineys needing assistance. 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