Es SR SE QE me +. LP 577 1 T / RS Union AS fa Le IN Fin Mostler it la Fo Mn a 7 nd LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. G. BUOTE, RÉDACTEUR. ———_— — F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 3: NO. 18 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE Il JUIN 1908. > > & à RS dit Melle Norville, tremblante de joie; mais, ajouta-t-il aussitôt, comme elle est pâle!... Une partie de son visage est enveloppée de linges... Voyez! le docteur est obligé de la soutenir. De grâce, mademoiselle, soyez raisonnable; inévitable après une pareille se- cousse.”? La barque ayant touché le bord, les bateliers transportèrent avec précaution la marquise sur la grève. Ils semblaieut même se dis- poser à la porter ainsi jusqu'à la maison, quand Mme de Norville, levant les yeux, aperçut Amélie toute palpitante, qui tendait bras. Soit retour de forces, plutôt qu’elle craignît d'alarmer sa file, elle se remit sur ses pieds, et, s'appuyant d'un côté sur le docteur, de l’autre sur Adrien, qui venaient de s'élancer à terre, elle se dirigea à pas lents vers l'hôtel. A quelque distance derrière elle, marchaient Malevieux, puis les deux vieilles amies de défunt Phanor, qui sem- blaient avoir hâte d'aller cacher leur douleur au fond de leur appar- tement. La vue de sa mère debout avait de beaucoup rassuré Meïle de Nor- ville, continuellement ballottée un moment entre les alternatives de terreur et d’espérance. Cepen- dant, une réflexion parut ranimer ses alarmes : ‘‘Monsieur de Mornas, dit-elle à demi-voix, vous connaissez trop nos secrets pour qu’il soit nécessaire de dissimuler avec vous... Eh bien donc, il doit s'être passé quel- que chose de fort extraordinaire pour que Ima mère, dans les circons- tances actuelles accepte les soins de M. de Laroyère et semble renouve- ler ainsi une ancienne intimité !”? Mornas ne savait que répondre ; heureusement, on entendit 1: bruit des arrivants daus le corridor voi- sin, et Mlle. de Norville s’élança au-devant de sa mère. Elle voulut la presser dans ses bras ; Ia mar- quise poussa un petit cri de dou- leur. “Excuse-moi, chère enfant, dit- elle : on a du t’apprendre... Mai: rassure-toi ; mes souffrances, Îc docteur l’affirme, seront bientôt fi- nies, et je crois qu'il a raison !” Elle souriait avec une ineffable tristesse. Tout en parlant, elle était entrée dans sa chambre et s'était laissée tomber sur un canapé. I, elle posa sa tête sur un coussin, et Ses les soit yeux se fermèrent, comme si elle! eñt été épuisée de fatigue et de douleur. Amélie, agenouillée devant elle, la contemplait en sanglotant, sans oser la toucher. Adrien, Mornas, Malevieux, le docteur formaient cercle à l'entour ; Thérèse, qui é- tait accourue au premier bruit, pre- nait part à l’affliction commune. cette faiblesse était! 60900600 XII.—LE SECRET opiniâtre.”’’ La marquise rouvrit les yeux. Elle promena un regard amical sur tous ceux qui l’environnaient et dit d’une voix éteinte : ‘‘Merci de vos soins, messieurs, mais désormais, je n’ai plus besoin que de ceux du docteur et de Thé- rèse ; adieu, monsieur de Mornas ; je suis pénétiée de gratitude pour votre zèle affectueux... Adieu, aussi, monsieur Adrien ; nous nous reverrons bientôt peut-être !l”? En tout autre moment le cœur d’Adrien eût bondi de joie à ces | douces ptroles ; mais il les comprit |à peine et se retira en {son oncle et Mornas. silence avec | | ‘Et toi aussi, ma filie, continua Ja marquise en se tournant vers À- | Î [avec le docteur : Thérèse suffira ? | + - nTArS { hr: [pour me servir. Que | Le crains-tu, | mainteuaut ? N'es-tu pas entière- ! ment rassurée ? —Je ne sais, ma bonne mère ; mais vous quitter en ce moment... —Mon enfant, je te le demande en grâce.” Amélie, avec une visible répu- gnance, se disposa à obéir ; après avoir embrassé deux ou trois fois la marquise en sanglotant, elle se reti- ra dans la chambre voisine. Alors, la vigueur factice qui jus- que-là avait soutenu Mme. de Nor- * 2 . . . . | |mélie ; je te prie de me laisser seule | 10 ANNEE. FEUILLETON DE L'IMPARTIAL LE CRI DU SANG Pt À Une main défaillante répéta le même signal dans la chaloupe. ‘Elle nous voit ! elle nous répond ! objets nécessaires pour le panse- ment. Quand il revint, la marqui se avait perdu tout sentiment ; il n'en procéda pas moins au sondage de la blessure ; mais au premier examen, il hocha la tête. ‘“Plus d'espoir !’’ murmura-t-il. L'état dangereux de Mme. de Norville ne tarda pas à être connu dans l'hôtel, et quand les pension- naires revinrent de la chasse aux foulques, ce fut une consternation générale. Même ceux qui n’ai- maient pas la marquise ne pouvaient se défendre d’une vive émotion, en songeant qu'ils auraient pu, eux aussi, être victies d’un pareil ac- | cident ; Ieur pitié pour elle s’aug- | meutait de tout l'amour qu'ils a | vaient pour leur propre p<rsot n2 Une heure après le premier pan- sement, le docteur Moirot, n= vou- lant pas porter seul une grave res pousabilité, dépêcha une barque à Cette, afin de ramener le ineilleur chirurgien de la ville ; en même temps un exprès à cheval allait an- noncer la fatale nouvelle à M. Mou- teil, frère de la marquise ; on assu- rait que Mme. de Norville avait té- moigné le désir de le voir, et qu'il allait arriver de Montpellier en pos- te la nuit suivante. Moirot avait rigoureusement ban- ni de l’appartement des dames de ville, tomba brusquement. ‘Docteur, docteur, dit-elle avec un accent déchirant ct ense renver- | sant sur les coussins, secourez-moi. je souffre cruellement ! Je sais bien que je dois me résiguer à mou- rir, mais du moins épargnez-moi la douleur ! — Mourir ! répéta Moirot en sou- riant ; y pensez-vous, madame ? Ne reconnaissiez-vous pas vous- même tout à l'heure que votre bles- sure... — ]il y en a deux, docteur, dit la | pauvre femme en écartant son châle et en portant la main uu peu au- dessous du sein ; regardez... là... et celle-ci est mortelle, je le sens.”’ La faiblesse et les angoisses de la malade furent alors expliquées. Dans l’étoffe de ia robe, un trou de petite dimension laissait échapper quelques gouttes de sang, qu’on a- provenir de la blessure du visage. Le docteur re- connut avec efiroi qu’une. seconde vait cru jusque-là |chevrotive avait pénétré dans la poitrine et avait, selon coute appa- rence, offensé les organes essentiels à la vie. ‘Grand Dieu ! dit-il, vous aviez reçu une pareille blessure et vous C’est un courage ne le disiez pas ! héioïique ! —]Je ne voulais pas inquiéter ma fille : elle est si faible, si délicate ! | Cette nouvelle, annoncée trop brus- | quement, lui eût porté un coup terrible... —Mais cette marche, ces efforts inouis pour paraître forte... Je n'aurais pas cru une femme capable de ce stoicisme ! | —Ah ! docteur, vous ne savez Î | Î | | ! } | } | } | | Enfin, Moirot s’approcha de la} pas combien une femme est coura- malade et lui tâta le pouls de nou- | geuse quand elle aime veau. pp? Pendant que Thérèse déshabil- “C’est étrange, murmura-t-il, je lait Mme. de Norville, le docteur ne comprends rien à cette faiblesse |courait à la pharmacie chercher les Norville toutes les personnes étran- gères ; celles qui s'étaient préser- | tées soit par curiosité, soit pour of- frir leurs services, avaient été im- pitoyablement renvoyées. Adrien n'avait pas été excepté de la règle commune ; d’ailleurs, sa position particulière lui ordonnait de se te- nir à l'écart en ce moment ; aussi passait-il le temps dans le corridor à épier Thérèse, qui, les yeux rou- ges et gonflés de larmes, allait et ve- uait sans cesse pour exécuter les ordres du docteur. Mais à toutes les questions la pauvre fille ne ré- pondait que par des soupirs et des signes de désespoir. Cependant, il apprit d'elle qu’il avait été impos- sible de cacher la vérité à Mile de Norville, et que la malheureuse en- fant, uavrée de douleur, mourante elle-même, ne quittait pas d’un ins- tant le chevet de sa mèr:. Sur le soir, le chirurgien de Cette arriva ; mais sa visite ne fut pas longue et bientôt il se rembarqua pour retourner chez lui. On sut qu’il approuvait ce qu'avait fait son confrère, et qu'il augurait comme lui de la blessure. Iln’avait même pas cru qu’une seconde visite fût nécessaiie, et ne devait pas revenir. La nuit tomba, nuit triste, solen- nelle, pleine d’angoisses. Le doc- teur Moirot ne bougeait pas de la chambre de la inalade ; son zèle, son dévouement dans ces tristes cir- constances devaient largement effa- cer les ridicules et les torts qu’on lui reprochaïit d'autre part. Adrien crut entendre nlusieurs fois des gé- missements s'élever de l'apparte- ment des dames, au milieu du lence de la nuit. Comme son cœur se serrait alors ! Là, à quelques pas, se trouvaient deux f-mmes qu’il aimait, dont une lui était plus chère que la vie ; toutes les deux souffraient, toutes les deux étaient en proie aux plus poignantes tor- | | | A WARNING TO . BACKACHE SUFFERERS. Backache may strike you at any time. Comes when you least ex- pect it. Comes as a warning from the kidneys. A sudden twitoh, à sudden pain. The Kidneys cause ft all. If you don't heed the warning, to follow. Cure your Backache by taking serious Kidney Troubles are sure | Importers aad Dealers in DRY GOODS HARDWARE BOOTS &$ SHOE* FINE GROCE{HIES And Fi ing “upplies DOANS KIDNEY PILLS. There is not a Kidney Trouble, from Backache to Bright’s Disease, that Doan's eg 4 Pills will not relieve promptly and cure more quickly than any other kidney remedy. 50c. per box or 3 for 81.25. All dealgs L os Doax Kw ©o., Toronto, | NEY | LEO dei “à tures, et il ne pouvait rien pour les secourir, pour les consoler, rien, pas même leur montrer qu'il pleurait et | souffrait Comme elles ! | Vers minuit, ilse fit un grand! bruit de voitures et de chevaux | dans la cour de l’hôtel : c'était le! frère de la marquise, riche banquier | de Montpellier, qui accourait pour | dire un dernier adieu à sa sœur. | Adrien le vit passer dans le corri- | dor : il était encore couvert de son manteau de voyage et marchait ra- | A approche, la | porte de Mme de Norville s’ouvrit, | une vive lumière jaillit au dehors ; | puis on distingua vaguement des | sanglots, des exclamations de sur-| Sans doute une scène de désolation avait lieu! | pidemen:. son prise et de douleur. dans cette famille, qui se trouvait | réunie sous de si tristes auspices !| de la chambre se re-! ferma : tout retomba dans le silence | Mais la sorte et l'obscurité. | Aux premières lueurs du jour, | une visite plus significative encore | habitants de | fatale appro- | chait. Les sons lugubres d’une clo- | chette retentirent dans l'escalier et | les galeries ; un prêtre en habits sacerdotaux, portant le saint-viati- que et précédé d’un enfant de chœur, se dirigeait vers la chambre de la marquise. Adrien, sur le! seuil de sa porte, tomba à genoux vint apprendre aux l'hôtel que l'heure en pleurant. Mornas, qui ne s'était pas cou- ché et qui veillait sur lui avec une sollicitude fraternelle, vint le rele- ver et l’obligea de rentrer. Le pauvre Adrien, en effet, eût excité la pitié de son plus mortel ennemi ; dix-huit heures de fièvre avaient épuisé ses forces. Aussi n’était-il { plus en état de résister à la douce ilse laissa | autorité du vicomte : conduire comme un enfant dans sa | chambre et se jeta sur un siège, sans mouvement, sans sans voix, chi à la fois. \ Ilne sut jamais lui-même com- bien de temps il était resté dans cet état de profonde agonie. Mornas, le voyant tranquille, était sorti, non sans avoir prisla précaution de (à suivre) AT TIGNISH anc AL BERTON We have jus: opened à tuil anc complete stock oi NEW GOODS. We are prepared to supply the want: of the farmer, fisb- erman aud mecha- nic We invite in tending purchaser: to gire us à cali, and they will finc we can meet al competitors, and save to them the trouble and ex- ‘pense of going tr { si- lidées, toutes ses facultés ayant-flé- | Summerside or / ' ! } Charlottetown. | |}. I. Myrick & Co.! , a ins 25 MACKINNON’S ENGLISH OINTMENT 000000 k 'hivsoois AT THE PARIS ExXHIBI- TION 1902 ESTABLISHED OVER A QUARTER OF A CENTURY Has now headouarters in KEu- rope at 62 Farringdon St. London. Mackinnon’s English Oïntment is one of the best oïintment ever placed on the market. It has made cures where other remedies failed. CAPT. DANIEI FRASER, Alber- ton, writes : ‘‘lhis is to certity that after being almost entirely bald a new crop of vigorous, heal- thy hair has grown on my head through the use of McKinnon’s English Ointment. I can conf- dently recommend this Ointment to all similarly affliéted, and believe hat it will do everything that is claimed for it. ILtried many hair vigors and other preparations but none did any good.’ NID “VIGILANT INGLINE — AJUSTIBLE { Sreveté Can. et LU.) Empêche les poules de manger les œufs. S'mpte-— Sür-— Durebte Pas de ressorts—les œufs _ see casser—le plan incli. | né les faittomber dans tebas dant, Enm- Enr mne les parasites. Deman- | e À votre marchand ou écrivez À { L. ARS & ne Res + ue utoin ntbe, > Prix 46e. chaque. Ex N'esstemest per THE COTTON PLART Many people North of Mason and Dixon Line wonder hew cotton grows and as few have been South we give a description of the cotton plant fur- nished us by one of the Northern set- tiers at the Winter Health Resort, Pinebluff, N. C., the town £that has been built up by Northern people, “We concluded to plant a little crop of cotton, and give you a faithfu] des- cription. The seeds are about the size of a small bean with a very tough dark huli covering the kernel or meat‘ as the Southerners calls it. The hull is covered with a fuzzy coton like snb- stance which is the ends of the cotton fib.e that was left sticking on the hull in the ginning process. Each fibre of hair of cotton sticks in the bull just like the hairs enter the buman scalp. The hair of good cotton is abont an inch in length. The cotton seed is planted in North Carolina from April 20th to May the J0th. The farmer baving a period of twenty days t plant. In favorable weatherthe cot ton sprouts and is up in a weeks time. The young plant looks as much like young buckwheat as two twin bro- thers, and uriess it is a month old a Northern man would take an oath on it being buckwheat, The blossom is in the shape of a holly-hock. When it first blossoms out early in the day, the flower is white, by evening it is a deed red. The next evening the blos- som drops off and leaves a 1iny green ball about the size of a large garden pea. In a few days it is as large as a small marble and it grows and grows until it becomes the size of a guinea egg, and then it burst open and in a day or two the fléecy staple hangs from the boll in its snowy whiteness, and a field of eotton in Oct. Nov. und Dec. ressembles a new fallen snow. We Northerners who have come South to live do net plant the cotton for the market as we Can make larger profits on poultry, vegetables and fruits but the income to the native farmers of the county in which the Northern people bave located (Moore Connty) is more than a quarter of a million dollars annually ” We have not advanced the price of our tobacco, Amber smoking tobacco. Bobs, Currency and Fair Play chewing tobaccos are the same size and price to the Consumer as formerly. We have alsé extended the time for the redemption of Snowshoe tags to January 1st., : THE EMPIRE TOBACCO CO., Limited ORTEE vez-vonsune idée? “Guide des Porn” Pont, demandez notre