# n s PARA RTE RS EE Là ent à Me UN LAN AR js Pr Ed * - L'IMPARTIAT, JEUDI LE 14 JUILLET, 1898. Les Soupirs et les Consolations de Beausejour a {Reproduit du Moniteur Acadien) Par une de ces belies mati- nées du mois de septembre, où la Baie Française étend ses bru- mes épaies sur les contrées qui l'environnent, un vieillard octo- génaire, accompagné d'un tout jeune garçon qu'il menait par la Main, gravissait lentement les talus de ce qui fut autrefois le iort Beauséjour. Le brouillard était épais. L: jeune homme guidait avec soin le vieillard à moitié aveugle, tandis que celui-ci, à son tour trompait l’impatience de l’en- fant en lui racontant diverses petites aneedotes, adoucissant ainsi les ennuis de cette marche lente et évidemment pénible. Quand ils eurent atteint le sommet de l'immense levée de terre—restes vénérables du (er hier rempart auquel étaient at- tachés, un jour, l'espoir, la con- solation et le salut de notre peuple—iis s’arrêtèrent et pri- rent leur siège sur une énorme pierre placée à l'entrée du fort, pour la commodité des visi- teurs. De ce point, leurs regards pouvaient facilement e nhrasser les alentours et se porter bien lein dans la plaine. Sous les ra. yous du soleil, le brouillard se dissipait peu à peu ; la plaine, dout les herbes coupées avaient recueilli les pleurs de la nuit et les vapeurs de la baie voisine ressemblait à un manteau de roi parsemé de diamants. Les deux nouveaux venus promenèrent, durant quelques instants, leurs regards sur ce qui les environnait. Tout alen- tour réveillait des dans le cœur de l’un, et frap- pait, d’un même coup, l'imagi- nation et la curiosité de ‘’autre. 1] se fit quelques moments de silence, pendant lesquels on eut dit que les deux esprits é- pris de quelque charme mysté- rieux, contemplaient ersemble un même tableau. Tout à coup ie jeune homme, romnant le premier le silence : “ Est-ce ici, demanda-t-il, que le sombre malheur est venu fon dre nos pères ? Dis-moi, grazd- souvenirs pères ont jadis arrachées à lo: céan, toutes ces choses ont été, un jour, l'apanage de la France Hélas ! oui, nos pères y vivaient ‘heureux. 1ls ne connaissaient ni le fiei de la discorde, ni le ver rongeur de l'ambition. Paisibles possesseurs du patrimoine que le père iéguait à son fils, de ce patrimoine arraché à Ja forôt vierge au prix de bien des va- y vivaient tranquilles, sans sou- ci de l'avenir, sans regret du passé. C'était une familie de frères. “Mais ce véritable âge d‘or devait malheureusement avoir un lendemain. “Entre Français et Anglais, la vieille anthipathie, quisemblait bataille trop petit pour s‘'égor- ger, Gevait trouver, en Améri- que, un vaste champ, où ils pourraient s‘entre-choquer tout à l'aise, et où leurs procédés res- pectiis, commandés bien sou: vent par ia nécessité, n‘en se- raient que plus horribles. La bravoure, le ceurage, l‘entrépi- dité de l‘an semblait de pas pouvoir souffrir la tenacite et l'ambition de l'autre. Et du mo- |mement où ces deux peuples ri- | vaux, que les barrières de la vature n'avaient pu affranchir des querelles, mirent le pied sur ce continent, il fut aisé de |voir que même l‘éten: due démesurée de ce vaste hé- mishère serait encore trop pe- tite pour les empêcher d’assou- vir leurs anciennes rancunes. | Dès iors, il devint évident que les forêts vierges du Nouveau Monde retentiraient, à leur tour, (des clameurs guerrières des Celtes et des Gaulois ; et l’on vit bien que seule la chute d’une de } races, en Amérique, mettrait un terme à ce duei interminable. |gue, la même religion. Déji un , ‘Eh bien! mon enfant, ces | siècle et demi s’est passé, et au- fatales conjectures se sont réali- |jourd'hui, sous ce même drapeau :sées. Les querelles imminentes, anglais qui que l’on avait présagées, ont) pris place. Plusieurs en lroits | de ces vastes contrées, qui s’é- |talent à ton regard, ont été arro- sés du saug de nos aieux et de celui de leurs ennemïs. Ce ter: | tre même, où nous nous trou- | vons en ce moment, servit, un 'jour, de hice à ces deux peuples. tes prés, que les suenrs de nos leurs, ces vieux fils des Bretons, hommes ont enchainé la France | trouver l’Europe un champ de [eut ainsi taché son drapeau du ces deux grandes gardé les mêmes mœurs, 13s philosophie, un relachement de! mœurs, ane politique impie ont! avaient éléve ,a patrie de Char- lemague à un si haut degré de gloire.‘ “Des jonrs mauvais sont ve- nus, où, jetaat à pleines mains! la boue de l'impiété sur les plus! beaux monuments de la reli-| gion, sur les plus sublimes gloi- | res de la patrie, de méchants! miné les grands principes qui } | { dans les liens d‘un despoti.me | sanguinaire, l‘ont promenée par toutes les orgies des saturnales sans nom, et, l‘ont enfin laissée sur le grabat, après lui avoir fait au cœur une plaie dont elle n‘a pas encore pu se guérir de- puis un siècle.‘ ‘ Eh bien ! quand la France saug de son roi; daus ce temps où le trône et l'autel s‘écrou- laient dans un même précipice ; alors que l’anarchic parlait plus haut que la voix de l’ordre et de la religion, on vit ceux qui é- chappaient à l'orage, chercher, sous les drapeaux de la protes- tante Angieterre, un refuge où ils pourraient exercer le culte de leurs pères, banni alors de la terre de Faint Louis.” “Maintenant, ne vois-tu pas dans notre destinée une protec- tion toute spéciale de la Divine Providence ? Tout en nous lais- Woo! WOOL : Wauted 20 Tons Washed or Unwashed Woo! for CASA! Every department tull ! Everything you require ! Special Barg'ains this week in Ready-Made Clothing, Bicycele Suits, Boots & Shoes, Bicycle Boots, Shirts, Ties, Ladies and Gent‘s Underwear. Dress Goods ! Dress Goods ! Shirt Waists, Hosiery, Studs and Jewelry, Carpets, sant Français de cœur de d’âme, tains, Room Paper. Elle nous fait passer sous les drapeaux de l'étranger, et là, au milieu des croyanes de tou- tes sortes, il nous est permis de conserver notre langue, nos mæurs. nos coutumes, nos tra- ditions, et de pratiquer un culte que des aveugles avaient, pour un temps, forcé la France à re- nier. Nous avions changé) de drapeaux, mais nous avions mêmes coutumes, la même lan- uous persécutait jadis, nous sommes aussi fran- cais et aussi catholiques que les victimes de 955. “Cependant si Dieu nous à ainsi visiblement protégés. sou- viens-toi de ce qu’il a droit de | d'attendre en retour.” | «Ces couleurs anglaises ne sont plus pour nous, comme autre- ère. Dans nos longues : eillées à à ee: e 7 - nn: e |conquérants. Ce fut 11 où notre: {ois, des banvières de deuil. Ce d'hiver, j'ai souvent entendu , 2 le B D sd Iglorieux drapeau fut humiié|sont les drapeaux autour des- arier € eauséJou au- mr. à : ni : Pré di me|POur la dernière fois, parcequ’il | quels nous devons nons grou- assin, de Grand-Pré ; : : | Mooit ss: as vi ne devait plus jamais être arbo-|per, que nous devons apprendre se ces : D tr à { 3 ÿ : ré en Acadie pour annoncer nos à aimer, et que nous devons dé- vaient jadis heureux sous les é- Fe + |triomphes. | | fendre.’’ | tendards de la France; qu'une! ., | Po. isnraatite eu Et le veillard raconta alors,|! ‘Mais la leçon surtout que tu urmente, abattant | sinistre (rang. Dress Goods | Blinds, Cur- The Millieery Department centinues to draw daily. ROBT. T. HOLMAN Summerside, February 24th, 1898. Send for our new 1898 Catalogne illustrated in colors, containing full descriptions of HUE Pianos and Organs. 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Je ne sais si c’est une | illusion, mais il me semble qu’- un souflle de la vieille Graule, s'exhalant des ruine: qui nous portent, réchauffe mon cœur. Je crois goûter la suav'té de ces heureux jours où les immortel- les fleurs de lis caressaient les zéphyrs de nes climats.” Le vieillard quai jusqu'alors 6 tait resté impassible, comme dans les splendeurs d'un ravis: sent céleste. ouvrit, à ces derni- ères paroles, ses yeux mouillés de larmes. Jetant un regard de tendresse eur celui qui évoquait ainsi les tendres souvenirs de son enfance, il répliqua d'une voix que l'émotion et les san- œlots entrecoupaient par inter- valle : “Oui, mou enfant, cet a- mas confus de terre, que Je joule en ce moment d'un pied tremblant et incertain, cette belle rivière que tu vois jà-bas serpenter dens plaines fertiles, | Ces baux oraud: bols, Ces Väas- È | triste drame que nous, Acadiens, vine, je tâcherai de te l'exposer | Gone», à la tribune, au barreau, | | : * Le * | | dans la plus grande émotion, le :dois tirer de cette protection di: | sous le manteau de la jurispru- | 18 JUILLET 1898 Amusements, Balançoires, Danses, Salons de rafraîchissements ; Tables nous appelons ‘le grand déran ge |ment.“ Chaque récit, chaque strophe, chaque partie de cette (suite de péripéties émouvantes, |touchait au plus haut point, la sensibilité du jeune patriote. | L'exaspération de l’enfant était à son comble. Jamais pareille angoisse n’avait serré son àme. | Ces heures de haine, de rage et ide vengeance se trahissaient sur sa pale physionomie. | Pour éalmer dans le cœur de l'enfant la tempête qu'il avait |soulevée, le vieillard continua | d’un ton solennel : ‘Mais écou- ite, mon enfant, ‘ces mauvais ljours ne sont plus Sur ces temps sinistres on a jeté le gé- |néreux manteau de l'oubli. Et lanjourd’hui si nous en soule- |yons un coin de temps à autre, | ce n’est que pour lire, dans ces | pages du passé, la leçon que [nos ancêtres. nous ont donnée | dans cette triste époque de mal- (leurs exemples ments nécessaires à la conserva- tion de netre nationalité, de no- tre foi et notre langue. | “Dopuis ce temps, la pauvre | France elle-même est bien changée. Ce n’est plus cette | France de Louis IX, cette fille lain‘e d: Rome. Une mauvaise \ ( len peu de mots. Garde fidèle- ment dans ton cœur cette reli- l'gion qui fut leur bonclier con- tre le malheur : cette religion qu’ils ont cimentée à notre sol avec le plus pur de leur sang. Conserve pour le Vicaire de Rome et ses représentants ‘le respect gre tu leur dois. Obeéis toujours à leurs ordonnances, et souviens-toi que l'oa est bien assez heureux quand on a ac- comp'i les préceptes de Jésus- Christ et ceux de son Eglise.” “Quant à cette langue, pré- cieux depôt que l'orage des siè- cles n’a pa nous eulever, ne per- placée ou une honte coupable te rendent capable d'en rougir. | Jonserve et respecte cet idiôme que tu balbutias dès ton enfan- ce lorsque tes lèvres apprirent (a prononcer les doux noms de | Jésus et de Marie.” | “Soixante ans passés la fortu - heurs ; c'est pour puiser dans ne nous était encore bien ingra-| | les enseigne- |te. Enveloppés dans les ténèbres | de l'ignorance, nous cheminions péniblement, aans chef, pour nous montrer la route, sans pro- \tection, guidés seulement par ie 'brandon de la foi que nous n'a- |vions pas laissé s'éteindre.” | “Depuis ce temps, l'aurore d'un mailleur horizon nous a mets jamais qu'une timidite mal nous avons fourni déjà de di- \ délicatement surchargées etc., etc. ones compétiteurs. Pous défen- 5 : P° Venez tous a Bloomfield célébrer dre nos droits, nous avons dans notre fête par des jeux préparés en l'arène de zélés combattants. ces beaux lieux champêtres. Restons unis, catholiques, sujets Les paroissiens n'épargneront au- Là cune peine pour vous contenter, vous loyaux ; respectons les traditions ‘amuser et chasser la peine. et les souvenirs d’auirefois. et! toujours netre étoile, que Dieu dirige, nous indiquera la vraie Billets de retour seront émis sur le tihin express laissant Tignish le ma- {tin a 6 heures. Les prix sont comme suit : route et nous dispensera la Lu-} je ‘Tignish a Howlan 60ets mière nécessaire pour la suivre ‘+ Harper *: 4ôcts L * d FR + Deblois *‘: ‘« 45cts sans écarts ot sans drnger. “Mis its Arthur LeBlanc. ‘* Alma 45cts ue « Alberton *‘‘ 35cts Ce 13 juin 1898, «+. Elmsdale +: 25cts PINSVIES . ‘: 15cts « Bloomfield ‘* : 10cts 47 2299992992999999922992, : Les passagers seront conduits gra- À _ tuitement de la station Howlan au 4 terrain de l’église et du Pique-Nique a Howlan. GUERISON RAPIDE DE IA à À PAR ORDRE DU COMITE Un Remède inestimable dans toutes les affections de la | lieved by the use of Hagvard's | Yellow Oil. Nothing to equal it for Sprains, Bruises, Rheuma- 'tism, Stiff Joints, Sore Muscies, etc. GORGE OU DESPOUMONS. 25 cts la grande bouteille. À DAVIS & LAWRENCE CO. Ltd. | Prop.du Perry Davis Pain Killer. 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