\) + té du chemin ; les chevaux dé. EEE | CRÉÉE À L'IMPARTIAEI, JEUDI LE 15 MARS, 1900. se L'auberge, blanche et riense, euvre ses fenêtres encadreces de feuilles vertes sur Ja grande route, à queïques pas seulement de la lisière de la forêt. Par la porte le soleil rentre et plaque sur le plancher un grand cassé lumineux. Dans la saile basse, meublée de tab'es et ds bancs de sapin, le cabaretier, grcs, rou- geaud, les ch:veux ébouriffés, | sans gilet, les bras nus jusqu'au coudes, la patte de ea ehemise en dehers du pantalon, cause aveo les elients de passage. Ce sont des rouliers : ieurs voitures attendent rangées sur le bas eô- telés soufllent : eux sont entrés peur casser une ereute, car il fait chaud et la pousseière est épaisse. 1ls écoutent un garde chasse, vêtu de vçeiours brun, ceiffé d’une casquette rende, ia bar- biehe blanche. Assise près de la grande ehe- minée, la jeune feæme du eaba vaitier berce dans ses bras un pe tit emfant endormi ; elle ehan- tonue rév-:usement. Le eeucou pendu au mur fait “tie ! tac!” uniformément, et son large balaneier de euivre peli vaet vient. Le garde, son fusil entre ses jambes son chien à ses pieds, vide gravemext un verre de vin blane. 1l parle. On l'écoute. | | | sure de la porte, eourbé, défai:- |4 : ‘ : jsant, appuyé d'une main au chambranie, PE et, le poil hérisé, découvre, dans [un rauque grondement, |eroes. dainement pressant contre sa Frans | poitrine l'enfant qui, réveillé, se | met à crier. —Qu'est-ce que vons voulez, rous ? demande l'aubergiste, tudement. —Un verre d'eau, un meor- ceau de pain, par charité ! ré- pète l'homme. L'aubergiste ie couvre d'un regard soupçonneux ! — Venus êtes done un diant ? —Je suis l'homme. - Vous ne travaillez pas ? reprend l’aubergiste. L'homme répond : —J'ai faim. Les rouliers se parlent entre eux, à voix basse, inquiets. — D'où est ce dons que vous venez comme ga? interrege l'aubergiste. À cette question, l’'hemme re- lève la tête et dirige sur son in- terloeuteur une regard effaré ; mais alors, le garde qui ebser- vait s’écrie : —C'est lui! Qui. lai ? Epouvanté ! L'hom me a chancelé reculant. —Lui, pardieu! voeifére le garde. (l'est bien le signalement L'homme de Paris! l'assassin men- bien fatigué dit dene Le chien—une sorte de ter-| rier à poil rude et gris— dort sur] le ven're, ie museau reposant, sur ses pattes de devant allon-| gées ; et par moments, ses ereli- las tressaillent. Le vieux gard» raconte que la gendarm: rie est sur pied, | qu'on à fait jouer le tei graphe | qu'on cherche uu particulier, lequel}, parait-il, pourrait bien se chercher par ici, —un gredin| qui, à Paris, a Commis un assas- sinat. Et tirant un papier de 8a che, 1! lit le signaierment : “Taille ordinaire, vêtu d'un paletot gris et d'un | po— ialore. | ia i Le mals | pantalon de même nuance, coit-| fé d'u: chapeau rond, le visage rasé, de vingt à trente ans.” Voilà. Le sabaretier hoche la tête, il a ln dans le journal des détaiis| sur le crime. —AÀh ! ce brigand par ici ?...Bh bien! oest un a- rôderait + 1 nt ‘ay : 1e à vertissement d'avoir à bien 8: + es vêtements anx ronces, + barrieader et à chiens ! La garde, méditatif, essuie, du revers de sa main, ses gresses lâcher les! | moustaches 11 Cependant, un homme sort de route la forêt et s’avance sur la poussièreuse, b'ûiee de soleil. 11 march: avecpeine s'appuie gur nn bout de bois, une bran che ramassée dans queique sen- tier. Sa face csseure, sembie 6- craste de fassitade. Ses vête eu ris out déchirés et} ments, gris, SO! léci | souiliés. Il y a qneiques Jours, il devait être nue encore ; l'âge. Jl maintenant ii n'a pins à à | y à dans ses chevenx emmôêtés; des bri 6 il s inories son as pect est suntstre ei l#mvtable. t î | | à bont 11 est à D dd: } à Det | 1 st ém > € ‘ s! de courage ; ii s'avanere sous 16! ù tr + 4 | : + eg nie es ciei bleu, tra1pa t ses plieéas; lourds, h‘sitant, arrêté à chaque; instant, regardant sutour de lai, peau ridée de! flairant d'air, la frissons, comme une bête pour | chassée | —Voniez vois me donner pn or d'<an. nn. Mor003n 4° verfr: Qi ’ + : paiv...pour : amour €e Dien ?.…. Anson de eette voix 1rein- humbeet sourde, tout blante, nurnb sot de doux cenx qui sent 185 pres Getz, ( X # lés dans la salle ï:e 1au- semblés dans k 1il " © VA ressIOI berge, eucore sons | IMPFESSI 1 {ion qu'ils vien- de ja conversation 1 1 à nent d'avoir, se retenu neut bras- quement, Fa13is. | qu'on eherche ! — L'assassin !..…, 111 L'homme a bondi, et avant que les mains aient eu le temps de s'allonger vers Ini, retrou- vaut on ne sait où des forces, 1l a fai, terrible, sans dire un mot. En un instant,il a atteint les arbres de la forêt. 11 se rue à corps perdu ans la fourré. 11 disparait. Tout d'abord les gens, dans la salle de l'auterze, sont restés fi- gés, muets de surprise ; puis, le garde s'est élancé, siflant son chien : — Pille: Mais déjà les teui'les ont re pris leur immobilité ; la forêt s’est refvrmée diserète, impéné- trable, sur le misérable qu'elle abrite 1lest loin déjà, sans doute, gouraut dans les brozssai.les déchirant ses pieds aux cailleux épuisé, haletant, la sueur au : front, la bave aux iévres,—s'ar rêtant parfois, et collant son oreille au sol, tremblant d'en- tendre frémir sous les pas do la meute laneée à sa poursuite. Combien de jours, eu d'heures cette existence de chien enrage durera-t-elle ? Jusqu'à la mi- nute où l'homme abdiquant, re- nonçaunt à se défendre, fera de sa chemise ane corde pour s’atta cher par le cou à quelque bran che, dans un tailis obsour. 11 restera là accroché, guenille rigide et les têtes des herbes folies se hansseront pour cares ser le bont de ses pieds, et ï1n- dessus les corbeaux en rond, | leurs ailes noires depluyées, sroassant, tourneront, tourne- ront, tionraeront. MONTFERMEIL. 69 YEARS” EXPERIENCE. TRADE MARKS, DESIORS, COPYRICHTS &e. Anyone sending « skcteh and description may quickly ascertain, free, whether an inveution is probably patentable. Communications strictiy confidential. Oléest agency for seeuring patents in Ameri® We heve a Washington office. Patent ken through Munn & Co. receitva gpacial notice in the LRremIAAR EE }, jarrsst eireustion of weckiy.,terrus 3.60 a 7ear: cimen <6ples and N5 seni fre AGdrese HAUXN % CO., 261 Broucexas Kew Yers : man x x LA > Pr ts L'horame est dans J’embra- Le chien du garde se dresse La femme s'est dressée son- Patriotisme et Loyaute (L'Oiseau Mouche) Les mots patriotisme et loyau- té ne sont pas synonimes pour tous les sujets d’un empire. Le patriotisme est l'amour de la pa- trie ; la loyauté, la fidélité au souverain. Or, la patrie, c'est le lieu de notre naissance, le pays eù nous vivons par tous nos sou- venirs ; elle forme pour ainsi dire partie de neus mémes. Pour la défendre tout un peuple se lève de lui même comme un seul hsmme ; plutôt que de la voir aux mains de l'étranger, on denné sa vie sans hésiter etsans regret. La patrie ne saurait devenir ediense ; on l’aimo tou- jeurs, et d'un amour instinctif: ie patriotisme est un seatiment. Au contraire, la leyauté est un devoir, et on y arrive par ke £tai sonnement: Elle à pour objet la personne du souverain eu la constitution d'an pays plutôt que le pays lui-même. tisme d'un pouple, il faut consi- dérer son amour, son attache- ment pour son pays. Pour ju- ger de sa loyauté, il suffit de voir comment il remplit ses de- voirs de citoyen. Le patriotisme eensidéré chez |[lesindividus d'un même peuple, exige la cemiwnnnanté d'intérêts. de vues, d'aspiratiens, l'ameur mutuel fondé su: le respect et sur l'estime résiproques. 11 im- plique solidarité: La Joyanté jest rlas personmeile et se peut pratiquer absolument en dehors des rapports fratornels des su. jete entr'eux. Le premier est plus parfait dans l'ensemble, si les sujets d'un même pays sent de même nationalité ; il poar ra être aussi intense, mals pour: tan! différent, si les individus qui habi'eut un même pays sent de nationalité diverse. Les Anglais ont l'Angleterre ; c'est pour l'Angle- terre que leur eæur bat; c'est pour elle que vit leur patrio tisme: Qu'il habitent n'imperte quels pays Gu monde, leur pa- trie restera naturellement l’An gleterre. Le Français aime la France, et ne voit qu'elle. Ces deux peupies ont raison. Per- sonne ne peut leur reprosher leur amour pour leur pays. D: même, les Anglo canadiens et les Canadiens français doivent ai.aer le Canada avauttount an- tre pays. avant l'Angieterre et la Franee. Pour eux, comme pour les autres, le patriotisme cousiste dans l'amour de lear pays, et leur pays est le Canada, Mais cet amour commun deit les aair en dépit de la diversité de race, et nous l'avons dejà dit sur 0e journal, cette unioa doit reposer sur le respeet mutuel des sentiments et des convic- tions, et sur an esprit de justice qui venserve à chacune des aeux races sa liberté et sa di- gnité. C'est à ces conditions seulement qu'elles pourrout vi- vre l'ane à eôté da l'autre, grandir et former un peuple capable de nobles destinées. Da moment qu'une race vou drais asservir l'autre,de serait la guerre civile avec tontes ses horreurs. Si les Anglo canadiens et les Cauadiens-français peuvent être unis dans un même amour pour leur pays, à plus lorte raison peuvent ils être égalemut jo- yaux envers la Gou:oune d'An- |gieterre. Peu importe le motif |de leur loyauté ; que &e soit la ‘religion, la langue, ia uatioaz- lité, ou un sentiment de justice lune question d'intérêt, le de- Es. : , | veir, la loyauté pen étre vraie et aussi durable a ass cher ces | derniers que chez les pr:miers. ; À preuve, les Américains qui se Ainsi, pour juger du patrio-| pour patrie. dépit de l'identité de langage, de religion et de nationalité, tandis que les Canadiens fran- çais, de race, de religion, de laugige diff 1eats, reste:t lirè vs à l'Anzictirre et repous-ent même da Canada les Ang'oa iméri-ainus r belles 11 nous sem ble bieu clair après cela que la loyauté ne peut pis plasse cou- fondre avec le patriotisine ‘hez les Angle canadins q1: les Cauadiens-français. Sans attacher trep d’impor: tance aux soupçe:s de déloyau- té que certains journaux ont Fx- primés au sujet des Canadiens. frauçais, à cause de leurs sym pathies pour les Bozrs dans Ja guerre sud-africaine-senpeons que la m?gistraie lettre do Mgr l'Archeréque de Quéhee a si prestement réduits à néant—il uous semble qu'un peu de ré- flexion de la part des journa- listes anglais ou amglamunes et une plus sériense conuai:sanee du penple canadien prévia- draient de sembiables éearts de paroles qui ne font de bien à per- sonne. ‘bez Livius. Donahoes Magazine In the March number ef Do- nahoe’s there is a very complete compilatien of evidence baring on “The Alleged (Coalition ofthe European Powers sagainet the United States dnring the Spa nich American War’ The cers- piler, Mr. T 8t. John Gaffney, quotes extensirely from domes- tic and foreign newspapvre, amd also introduses diract testimeny from governmeat offeias te prove that England did net isesk to ivflaence the European Powers in faver of America. “A Sauday in Dublin,” by Ch:fford Howard. is an enater- taining deseriptien efthe Irish capitai a8 it eppears loduy,” ome of the most charmirg and most interesting cilies in the werld.” “Th: Drama of Yesterday and Today” reviewsthe werk of tie Euglish stsge during the last half eentury, and recalls the earig straggles of men and women whose names are mew recognized as these of leaders in the advaneement of true dra- natic art. Mrs. Mary Nixce Rouliet writes of historie Montreal, iis people and) imstitutiens, and within the epace allotted her manage: to impart a fuud of iu- formation that wil! Lelp read. r: toa better knowledge of the quaint Canadian city. Th re are many fine illustrations. R:v. Jamis J. Mahoney ce: tributes a study of the ‘Brehon Laws,’ ard Thomas Walsh writes of “Villiers ce 2’.sle-A- dam,” whote ideals wcre moble aud chiralreus as the purest kuighthcod of the days of which it Was his consoiton te dicam.” Mrs Ka'ha ine Tynan Hink- sons vcharminz seral, ‘The [and of the Crucader,” appres- ch's and interesting crisis im h: lives «f Meg, the brave youbg girl, «nd 1he wl o'!e-teul- ed Irish gentleman, @a;t:in Fitzmaurice- Th:re are f ur short steries, all bright aud entertaining, and some very plessing poetry. FOR SALE —} — ’ 210 aëe:c8 0; Land, situated on |Miscou Islard, facing Little | Shippigan I. rber, New Bruns- :Wi k. 109 acree woed land chiefly e-dar ; 100 acres mearly * | all under cultivation. | For further partieulars apply te | CHARLES MALLEY. | Alberton, P.E 1 | Excellent place for Lobster Fas- lrévoltent contre l'Angleterre en 10TY. P O OR CHEAPEST AND BEST CHAIRS —IN— P. E. I. a. make them ourselres is Write For CurTs AND PRICES SCHOOL FURNITURE Good, Strong & Cheap LATEST TS " 4 | EL Ur RE # n ae L F di. - = ds E Le. 2 i Di à ES s L) ed à. * =. UX: | IN PER ne. “54 È U MARK WRIGHT & CO. Charlottetown &æ WRITE FOR OUTS AND PRICES WANTED AT ONCE A first elass Druggist, capable of taking chirge of a drug Jan6th 186 Basiness Must come well recemmeaded A!50 wanted a boy to learn the drag business. Oue fiom t‘he country prefered. Apply to MCDONALD’S DRUG STORE Sarmmerside, P. E. 1. HOW ABOUT THAT BICYCLE of yours ? 18 it all ready fo: the first dry roads ? 18 it looking as well as yoa would like to have it 1f there is anything'you want done to it, now is the time to have it attended to L Be ready to take advantage of th: first wh»eling. Buawelling (Biking process) and all repairing doae at rrason able prices. Al work gmirant:rd. Send in your wheel now. Rogers and Rogers PRINCE COUNTY BICYCLE DEPOT Summerside, March 23rd 1898 hickey & Nicholson TOBACCO MAKUFACTURERS ; Black Twist, Bright Twist (Smoking). : Flat Chowing Tobaoco “ic Hic” # Ondes Selicited and Satisfaction Guarantael : Charlottetown Oct. 14ih 1897