L'IMPARTIAL JEUDI LE 15 JANVIER 1903 7” SREALCUT, o Un sénateur vient de mourir à la Nouvelle-Ecosse ; il lui faut un successeur. Les Acadiens s’attendent à voir leurs journaux remcttre sur le tapis la question déjà vieiile d'un représentant de leur nationalité au sénat canadien. Plus que per- sonne nous nous sommes voués au triomphe de cette idée : il est donc de notre devoir de revenir coura- geusement à l'assaut. .Nous di- Sons—<Courageusement—parce que des gens moins tenaces que nous, hésiteraient À répéter une requête qu’on n’a pas entendue jusqu'ici, OU par crainte des railleries de l’opposition, qui wojt, dans ceci, un déni de justice Lt part du gou- vernement, un argument contre lui, un frappant exemple de la Soumission des membres français du cabinet aux volontés de leurs collègues anglais, un mépris des traditions et un mépris de ceux qui tâcnent d'empêcher le parti de S’attirer du discrédit, Ces considérations ne nous ar- rêtent point cependant et tout ce que nous pouvons faire dans ce Cas, nous le faisons . nous rappe- lons l'unanimité des Acadiens à réclamer pour l’un des leurs, à la Nouvelle-Ecosse, l'honneur d’un u siège au Sénat, Nous rappelons qu'ien cela ils ott l'appui moral de leu congéaères du Nouveau- Brunswick ét de l'Ile du Prince- Edouard etque, vu leur entente absolue sur ce terrain, ils com- prennent mal les délais apportés à la réalisation de leurs vœux. Mais si l’on est uni pour deman- ÿ der, ilne s’en «uit pas que ceux qui donnent, s'accordent toujours pour exaucer. (C’est pour eux donc qu’il est nécessaire de repas- sér ces arguments. Ily a des Î gens à vues assez larges (?) qui, du premier coup, vous disent que les Acadiens n’ont pas de droits à un siège sénatorial ; que les droits sont choses abstraites, sans va- leur en politque, puisque la po- litiqne est essentiellement faite d’expédients ; que si l’on donnait aux Acadiens un sénateur parce qu'ils sont Acadiens et représen- tent un dixième ou plus de la po- pulation de la Nouvelle-Ecosse, il faudrait accorder aux Allemands, aux Juifs, aux Italiens des subdi- visions de sénateurs, và qu'ils re- présentent d'importantes minorités dans la nation. Cet argument ‘‘a2 absuradum, nous retorquerions, fait sur com- mandk à l’intention des Acadiens, pêche par bien des endroits. Ad'nettons qu’il n’y ait pas, pour ‘les gro:pes de nationalités diverses, de droits écrits ou abstraits dont ils se puissent préva'oir pour réclamer des députés ou des séna- eurs de leur langue et de leur re- . ligion ; il n’en est pas moins vrai, 1 ï qne cela s’est toujours fait et se ré- ‘ pète tous les jours, pour les Irlan- h- dais, les Ecossais, les collèges élec- toraux catholiques, presbytériens ou méthodistes. Cela se fait : c’est À \ —— jui où Non XOX ———— 0 un usage, une coutume, une loi non écrite, un droit traditionnel de. groupes. Il n'existe aucune loi qui oblige le premier ministre à choïsir ses collègues du cabinet dans les diverses provinces de l’U- nion. Supposons que les hommes les plus capables de le seconder soient tous de la province de Qué- bec, croit-on qu’il lui sera possible de s’entourer de ces hommes de la même province, de la même reli- gion ! Son gouvernement tombe- rait dès le lendemain, eût-il les seuls et meilleurs ministres du monde ! Parce que, précisement, il aurait méconnu le droit des autres pro- vinces. Il en est de même des na- tionalités. Les Acadiens s'appuient sur cette coutume, ce droit, et, ne supportent pas avec patience qu’on les choisis- se pour leur appliquer une loi d’ex- cption. Nous insistons là-dessus. Ce qu'ils demandent, ce que nous demandons, c’est l'application d’un principe reconnu et toujours appli- qué, dans le cas des autres : c’est que ce principe soit étendu à eux et qu’il le soit sans plus tarder. — L' Acadie NorEk RED.—ZL'Acadie est par- faitement dans son droit et celui des Acadiens de la Nouvelle-Ecosse en reclamant un sénateur acadien pour cette province ; mais voici où existe le plus grand danger :—L/'ad- ministration actuelle à Ottawa ne semble pas être animée du même esprit de justice envers les Acadiens que l’était l'administration qui l’a précédée. Du temps que les con- servateurs étaient au pouvoir, mal- gré toutes les fautes auxquelles ils ont eu à répondre, ils n’ont pas refuser de nous don- ner un sénateur acadien dans la personne de feu J. O. Arsenault. Après la mort du regretté défunt, les Acadiens de l'Ile du Prince Edouard qui étaient encore en droit d’avoir un Acadien comme son successeur, ont demandé de nouveau un ÂAcadien, soit dans la personne de l’hon. $S. F. Poirier ou de l’avocat Blanchard, tous deux très compétents, et adhérents dé- voués au parti alors au pouvoir. Mais le gouvernement était changé; les libéraux tenaient les rênes de l'Etat, et malgré toutes nos suppli- cations, malgré toutes nos réclama- tions, nous n’avons pas été écoutés, vous avons été méprisés, et on est venu nous jeter John Veo sur les bras. Voilà ce que pensent des Acadiens les libéraux qui nous gou- vernent aujourd’hui. C’est pour- quoi nous disions où est le danger. Cependant nous espérons que l'Acadie,—et l'Evangéline qui se dévoue si bravement à l’avancement des nôtres—se feront entendre et que par leur intermédiaire, nous verrons un sénateur acadien à la Nouvelle-Ecosse. S'il en arrive ainsi L’IMPARTIAL sera le premier à reconnaître l’acte de justice que les libéraux peuvent nous rendre s’ils le veulent. La \Derniere Page d’un Condamne a Mort ee i, x Il y avait beaucoup de monde !: $ nstis du 5 janvier, à Jersey City, j devant la prison du comté d'Hud- son. devait avoir lieu dans la mati'e Au dernier moment, lorsque tout l’échafaud, un ordre du juge Blair est arrivé remettan: l’«xécution au 23 janvier. Taylor est, paraît-il, un écrivain d'un certain mérite etil écrit en ce moment un ouvrage qui, paraît- il, sera des plus remarquables. Le condamné, hier matin, au moment “ème où il entendait les coups de marteau du bourreau et de ses ai- des qui fixaient la potence tout près de sa cellule, était occupé à é- crire la dernière page de son volu- me, ‘‘Finissez vite d'écrire cetie On devait pendre George W. | Tayor qui, il y a de cela un an,}suis incapable de terminer mon li- avait tué sa tante, et l'exécutio.|vreet..." [Ac < était prêt et le bourreau au pied de | la pr on qui venait lui annoncer page, l’heure approche’, lui dit le riiitstre qui devait assister à l’exé- cution et était venu lui porter les secours d- la religion, mais quel est l’écrivsin qui, dans un cas sem- blable, peut giouper ses idées et ks Dxer surle papier, et Taylor, d’une pâleur livide, laissa tomber sa plume à terre et dit tristement : ‘‘Je À ce moment-là la porte :s'ouvrit, mais ce n’était eau qui venait chercher LL condamné, c'était le gardien de 1 a cell s ie bou: _ es ff que i« date de son exécution était remise au 23 janvier. De nouveaux coups de marteau se sont fait entendre, mais ils réson- naient joyeusement aux oreilles du condamné, car on enlevait les bois de justice, et Taylor, ramassant sa plume, a terminé sa page. Le condamné a été un peu plus tard conduit devant le juge et l’a chaleureusement remercié d’avoir remis son exécution à une date ul- térieure. Le jour de Noël, M. le curé Ri- chard, de Rogersville, se faisait un pieux devoir de rendre visite à tres les maisons en quarantaine dans sa paroisse, pour verser dans le sein d2s familles affligées le bauine de la consolation et de l’en- couragetm:nt. Il va sans dire que le bon p:itre 12 pénétrait pas dans les dem-ures, car il tient à donner toujour: !'-x:nn'e de la soumission aux lois du pry:, même les plus dures, mais par les fenêtres entr’- onvertes il savait faire arriver aux malheureux les bons conseils et les consolations que son cœur de pas- teur sait toujours trouver dans les occasions les plus difficiles. Deux voitures, chargées de provisions, de fruits et de bonbons accompa- guaient le bon Samaritain, et pour un jour au moins l’isolement parut moins pesant aux paroissiens de M. Richard. Le dévoué pasteur vient d'acquérir un nouveau titre à l’af- fection et à la reconnaissance de ses ouailles et à l'admiration de ses concitoyens.—Ze Moniteur. L'Opinion Francaise L'effet le plus frappant de l’im- broglio vénézuélien a été de forti- fier le prestige des Etats-Unis et de provoquer des expressions d’ad- miration pour le président Roose- velt. On reconnait qu’il a donné à la cour de la Haye l’occasion de devenir une institution tout à fait populaire pour le règlement des dif- ficultés internationales. On a été surpris dans quelques milieux que la Grande-Bretagne u’ait pas fait de son propre gré ce qui va être fait maintenant sur la proposition du président Roosevelt. Les étrangers pensent que la Gran- de-Bretagne a été trompée par l’A- lemagne dans les affaires vénézué- liennes et qu’elle a été poussée d’a- gir contre ses propres intérêts. Ils pensent aussi que |’ Allemagne, il y a quelques années, a brouillé l’An- gleterre et la France, et il est tout naturel que l’on prête à l’Allema- gne l'intention de créer des difficul- tés entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis. L'idée que le gouvernement an- glais a fait sans s’en douter le jeu de l’ Allemagne dans cette affaire a! produit une impressicn très défa- vorable. TEMPETE DANS L'OUEST La plus violente tempête de la saison sévit actuellement a Minne- sota ainsi que dans les deux Dako- ta, l’Iowa et le Kansas, Des dépêches spéciales disent qu’- un blizzard balaye tous les points de ces Etats et se rend vers l'Est. A Council Bluffs et à Sioux City, Io., le vent a détruit plusieurs de- vantures de magasins. tiaux souffrent beaucoup et on) pense aussi que les chemins de fer subiront des pertes. Lugubre Decouverte On écrit de Rome qu’une décou- verte aussi étrange que mystérieuse vient d’être faite dans les souter- rains de l’ancien château d’Aquila. En perçant un mur, on a trouvé plusieurs chambres dont on igno- rait l'existence, et toutes remplies de cadavres, les uns renfermés dans des cercueils, d’autres avec leur ha- bits sont restés dans l'attitude qu’- ils avaient au moment où la mort les a frappés. Dans le nombre, beaucoup de soldats. Ce qu’il y a d’étrange, c’est que Le Bon Pasteur | Les bes- ces corps sont bien conservés, ont la peau toute parcheminée ; les in-| dividus ont gardé l'expression du | dernier moment. | Ainsi, on voit le cadavre d’un | poignard ; la face a gardé son ex- pression de surprise et de terreur. Un autre mettait la main à son qe horriblement contorsionné, 1 homme qui fut tué d’un coup de; (that it will r | épée, quand il fut frappé mortelle- | at it will do everything that is! ment à la gorge. 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