personnages de jadis nue les anciens surtout ont connus: awt-on dôîä entendu parler de Sam Labaume, l'Indien peu joli mais très sympathioue oui, à chaque saison, régulière— ment allait vendre les paniers fabriqués “au foin doux“ sur l’Ile voisine habitée par nos amis, les Micmacs. En arrivant chezenous, comme sans doute, il le faisait ailleurs, il lui fallait chanter et danser pour vendre sa marchandise. Maqqie, le bouffon de la famille, s'enfilait derrière le poêle afin d'imiter chaque mouvement de notre visiteur. On invitait alors notre Monsieur LabaUme ä nous chanter, pré« fêrablelement le Gloria (de Anqelis) qu'il entonnait si pieusement chaque dimanche à la "qrand' mince". Toute la famille alors faisait cercle auteur du cantateur, qui debout, entonnait avec vénération le chant des anges; et comme il bêqavait chaque syllabe, Maqgie, derrière le four— neau, imitait Chant et geste de notre pieux Indien, chant qu'il faisait suivre d'une petite gigue, genre acadien. Il était sûr alors de laisser un panier pour, parfois, une douzaine d'oeufs ou un bon repas. Après son départ, Maggie sortait de sa cachette, et imitait, au plaisir des plus jeunes, chant et danse de Sam Labaume. Quand plus tard, aux fêtes de famille, l'on invitait Magqie â nous amuSer, Sam Labaume nous arrivait, et même à l‘âge de 88, Marguerite, qui reste toujours jeune, savait encore vous entonner le Gloria de Sam Labaume, ou encore l'arrivée du légendaire (onque Usêbe} homme très original, oui, chaque printemps, nous arrivait en route pour aller voir sa bellevsoeur Feurlac. Mais surtout ne me demandez pas qui était cette "FeutlaÇ"! Etaitace grandrmêre Pêlaqie ou un autre personnage? Je n'en sais rien. En tous cas, c'était l'oncle de tout le monde et qui s‘installait comme tel chez tous ses prétendus neveux ou nièces. Magqie, aux fêtes de famille, s'habillait ä "l'oncle Eusêbe" ou encore faisait Sam Labaume, et tous revenaient, en esprit, et de coeur, aux jours heureux de la Petite Allée à Higqins Road. ' ‘ D'autres souvenirs heureux ou semi tragiques s'accu- mulent dans mon esprit, jeune de 88 ans, et mon plaisir serait d’en jouir avec vous tous, chers cousins et cou“ aines de notre chère Ile. En terminant, laissez—moi chanter ce doux refrain: O Acadie! Mon pays, mes amours!