PRET UE 1. Li : Les E. D dr. x re + + . s* à Be: ’ M + +» -' LE BARBIER DE MONROC.. 1] y à cela une dizaine d’an- nées. On était en décembre : ciel nuageux, troué de rares éclaircies, avec un vent soute- au qui menait grand bruit reel, su “hénaies. Falluis diner en ville chez maitre Le Bitonzé, qui faisait alors valoir la ferme du Haut Putois, de l'autre voté de la lande de N+ hou. Le diner était pour six heu- res. |] pouvuit en être quatre. Du reste, ii n'y avait pas à en douter : el. sonnèrent au clo- oh. r des Perques comm. je sor- tais des taillis de la Bcile Gar- de pour m'engager dans le che- min de travers qui conduit à Monroe. Parti après déjeuner, sar la poinie de midi, je marchais bon pas Chemin faisant, l’idée me vigt de m: faire raser, idée toute naturelle. Ma barbe me faisait mul, O:: sait—le sexe barbu s’eniend—que le froide mord les barb.: courtes. La mienLe avait huit jours Et puis, je ne dinui- pas seul à la ferme'du Haut-Putais ; il y au- rait du monde à table, ot rasé de frais, je serals plus présen- table. À l'entrée du village, la pre- mière maison, à main droite, se trouvait être nue auberge reconnaissable à son bouchon de tons que le veut tourmen- tait et d'ou s'eu ve lait une pous- siere de givre, On parlait haut à l'intérieur. J'entrai, et, m'’e- tant fait servir un verre de rhum, je Aemandai à l'aaber- giste s’il y avait un barbier à Monreo:. —Pæblen ! cui, s'empressa de me répondrewu vieux pay- san qui, un genou dans l’âtre, mettait le feu à sa pipe avec un tison.. 1] y a Bridevent, qui a rasé tout le ‘amp de Nehou pendant l& guerre et qui fait encore une barbe a l'occasion. S'il est chez Ini—mais il doit y être, car en passant devant l’é- glise j'ai rencontré Ronflot, son chien conrant.—il vous fera l’o- pération en um ritn de temps, et proprement. +-Et ce Bridevent, fit uu deuxième villageois qni remu- ait sa tasse de café au bout de genient leurs doubles canons nn pu, ramassé, avec de longs bras et des james courtes prodigi- eusewent arquées. La tête, qui avait déjeté sur l'épaule droite, était énorme, casquée de the- veux rudes, tondus pis ; pas de cou, presque pas de front. AÀ- joutez à cela un masque écras- sé, une bouche lippue, de tra- vers, et denx gros yeux chur- bonnés qui luisaient sourde- went, vous aurez peut-éètre une idée de ve singulier Figaro. #*xMon premier mouve-| ment, en l'apereevart fut de re-, brousser chemin on, du moins, de passer outre mais ayant exu- miné plns attentivement le personage, je vis qu'il était pro- prement vêtu, en somme, en honnête paysan, et, ravalant ma surprise, ce fut RRrque gaiement que je lui dis, en l'a- bordant : —Eh bien! j'ami, à l'heure qu'il est et par le temp- qu’il fuit, les pratiques doivent être rares chez vous ? On ne deit pas y faire queue ? Y verrez vous seulement à me raser avant que la nuit soit tout à fait ve- nue ? —Entrez toujours, monsieur me dit-il simplement, on tà- chera de faire de son mieux. 11 se rangea pour me laisser passer, me tendit une chaise, et je m'assis prês de la cheminée. Un intérieur des plus mo- destes, mais où tout était pro- pre et à sa place ; un lit haute monté; un ‘vaisselier” garni d'assiettes peintes au milieu desquelles brillait un plat à barbe en cuivre rouge: une horloge, une armoire, une table qui était aussi un pétrin, un miroir : des images garnissalent les murs vigoureusement en- fumés. La huche était au plafond, suspendue au milieu de mor- ceaux de lard, de graines et de plantes sèches: Dans les coins, des engins de chasse et de pêche. Deux fusils allon- sur les champiguons de bois de la cheminée Un petit air de feu. ça s'en dure bien par ce froid-là, pas vrai, monsieur ? En attendant que votre eau soit chaude. Ca ne va pas être long, Et, comme ïil s'était baissé la tuble et, tout de neuf habillé | des pieds à la tête, semblait de ; jones dont il jeta un bon tiers presage dans la commune ; ce Bridevent ax done envie de lais- ser sa peau à Moutréal? V'là beau temps que je le croyais déguerpi. Le camp levé, il de- vait retourner planter ses chonx dans son puys. N'’est-il pas du voté de Pirou ? —1]1 le dit, toujours ; mais ce qu'il y a de sur, c’est qu'il ne s'éloigne pus plus de sa cam- buse qu’un lapin de son terrier. —Et de quoi vi-il? Quand il braconnerait un liève par-ci par-la et vous expédierait une barbe de temps eu temps, il n’y & pas là de quoi pendre la mar- mite tous les midis. Car, autre- ment, il me fait rien de ses mains ; jamais on ne l’a vu travailler —si ce n'est à repriser ses voletts, fabriquer des piè- ges et monter ses sauterelles. —Bridevent est un finaud, maitre. Le Hodey. 11 a fait de bonnes aflaires avec les mobiles et, tout à la douce, il a du met- tre de l'argent de côté. 1l ne faisait pus seusement que de leur raser le poil ; il tenait une cantine, comme vous savez, et ce qu'il leur a versé de cafés et de petits veres ! x*aSatisfait du renseigne- ment, j« me levai de table et je prini seulement l'aubergiste de m'indiquer le domicile de Bri- devent. — Ah! dame, ii faut que vous retourniez sur vos pas, me dit- 1] : Jusqu'à la deuxième cache à gauche. Sa maison est au beut. Du reste, il n’y a pas à vous tromper : elle est teute seule duns la lande. En arrivant daus la lande de Nehou, à la sortie du chemin creux rt défoncé que je venais de parcourir, je trouvai la mai- son du barbier un peu sur la droite ; à une bonne portée de fusil dans l'intérieur. 11 n'y avait pas, en effet, à s'y tromper ; elle était bien toute seule dans la lande, dressant le triangde rougeâtre de son pignen d'argile àu mi- livu de cer esgaces decouverts. Je pris le sentier bordé de bru- vers qui paraissait y conduire et, quand jen’en fus éloigné qu: de quelques pas, la porte souvrit brusqu'ment et une forme huinaine parut dans l'em- pour ouvrir une bourree d'’a- dans l'âtre, je fus surpris de la largeur de sa carrure et de la grosseur démessurée de 5es mains. À n’en pas douter, cet être bizarre était d’une force extraordinaire. 1] se redressa, passa dans mue pièce à côté dont il referma prudemment la porte sur lui, et quand il revint, au bout de quelques in- stants, je crus entendre comme un bruit de pas qui s'éloignait. Chauffez-vous donc, mon- sieur, me répéta-t-il encore, pen dant qu'il plaçait devant moi un petit vase de grès rempli d'eau : ne craignez pas de brü- les mes fagots ; le bois n’est pas cher duns le pays; on n’a que la peine de le ramasser. Puis, euvrant un placard, il en tira une vaire de rasoirs qu'il se mit à repasser couscien- cleusement. De fameux rasoirs, mons'eur; celui-ci surtout, un rasoir an- glais qui, bien affilé, serait ca- pable de vous couper le cou sans saigner! : À cette plaisanterie que j'a- vais entendu dire maintes fois, qui me parut prendre dans la bouche du personnage comme un tour singulière, il eut un sort de ricanement qui me fit soudain réfléchir. Tout en tisonnant et en re- levant le bout de mon bâton les brundilles enflammées qui croulaient dans l’âtre en pé- tillant, a conversation des pay- sans, tout à l’heure à l'auberge, me revint à la mémoire. Et, en y songeant, elle n’était rien moins que rassurante, cette conversation ! Ce Bridevent, en somme, l'était pas du pays; on ne savait même trop au juste d'ou il était. En dehors de son der imnpe tant nn 9 M VOUS GRADE EMA A7 pa L'IMPARTIAL. Tieux, cemimis, ie soir, dans des maisons isolées, au bord des landes, au coins des bois, me vinrent à l'esprit, et je commen- çai à trouver qu'il serait au moins impradent d'aller an- devant d’un mauvais coup pos- sible, en tendant moi même la gorge à larme du meurtrier, Partir de ve moinent, je surveillai mon homme à la dé- robée, sans prdre un le ces mouvements. 1] allait et venait à travers la salle, toujours re- passant ses fameux razoirs. s’ar-/ rêtant par instants comme pour écouter. et chaque fois qu'il ar rivait à la porte restée entr’- ouverte, je remarqunais qu'il ne manquait jamais de jeter, à droit et à gauche, un rapide coup d'œil sur la iande. x%x Bientôt ses allées et ve- nues devinrent plus frequen- tes, plus fiévreuses ; son visage trahissuit une impatience mar- quée ; il paraissait inquiet, in- décis ; hésitait-il ? Le jour buissait rapidement. La salle n'était plns guère éclairée que par la flamme dan- sante du foyer. Depuis long- tumps, le petit pot de grès s’es- oufHait à bouilli dans les cen- dres; il était vide à motié. Evidemment, le drôle voulait gagner le temps, attendre que la nuit fut tout à fait tombée pour être plus sur de son coup. À un moment donné il posa brusquement son rasoir au bout de la table, décrocha le plat à barbe du ‘“vaisselier”, l'examina le retourna, 1: rinça plusieurs fois, et.comme il était sorti pour jeter l'eau devant la porte, quand il rentra, il me trouva debout, décidé à brusquer l’a- venture Toute réflexion faite, lui dis je en le regardent bien en face, je ne me ferai pas raser ce soir’ 1l est tard, je suis attendu, je reviendrai d'main matin. Voilà cinquante centimes pour ma barbe : je paye d'avance. Mais, sans m'écouter, je crois qu'il était un peu sourd, ilavait de nouveau couru à la porte dressant l’ore.lle. On atiendait au loin des aboiements qui se rapprochaient Tout à veup, un chien trapu bondit entre ses jambes. ‘A bas ! Qouflot !” Puis, un enfant les cheveux en broussailles, en- tra à sou tour tout essoufHé. Il tenait quelque chose à la inaiu, euveloppé dans du papier Donne vite ! s'écria Bridevent. Depuis le temps que monsieur attend! Mais donne donc ! C'était un morceau de sa- von. Je me rassis. Tout était prêt : Bridevent me fit la barbe, et je dois à la vérité le dire que «i j'eus peur ce soir-là, jamais je ne fus mieux rasé. LE MOINE. Dans le principal hôtel d'une bourgade de l'arrondissement de Mortain,--dont nous tairons le nora et pour cause,—par une triste soirée de décembre se présentait un moine de l'ordre des franciscains. Brisé de fatique par vingt- cinq jours de prédication à Fougerolles-les-Plessis, dans la Mayenne, ou le poids de la mis- sion avait particulièrement po- sé sur ses épaules, le Révérend aspirait a un repos bien méri- té. Au dehors, la bise «aigre et dure louettait le visage, et l’as- pect d’un bon feu de bois, qui flambait clair dans la cheminée, parut lui vauser une véritable satisfaction. À l’hôtesse, accourue respec- tueuse et souriante au-devant du voyageur, le père demanda une chambre. —De suite, mon Révérend, répondit-elle avec son plus gracieux sourire : mais Chauffez vous un peu avant de monter vous coucher. Ce soir, le vent du Nord souffle en rafales et il fait un froid terrible, ajouta-t-elle en lui a- métier de barbier, métier as- surement peu lucratif exercé dans un pareil milieu, on ne lui connaissait aucun gagne- pain avouable. Et puus. ses allures me sem- blaient suspectes. Qu'était-il allé faire dans ce cabinet, et pourquoi en avait-il refermé la porté sur lui? Et ces pas que j'avais entendus ? Quelqu'un était il là, dont il avait jugé prudent de se débarrasser. Toutes sortes de vieux con- tes, de vieilles histoires de gens brasure, qui avaient disparu sans qu'on vançant une chaise près du fe- yer. —Je vous suis reconnaissant, madame, et ce n'est pas de re- fus, répliqua le moine en s’asse- yant. Se tournant vers la servante, grosse dondon originaire de Notre-Dame-de-Touchet, aux yeux bleus ébahis et à la figure un peu niaise, arrivée le matin même de la campagne, la mai- tresse d'hôte] lui dit : —Marie, vous prendrez les bagages de monsieur et le con- duir6z, quand il le désiera, au l'appartement à côté. Un quait d'heure plus tard, se mettait au lit avec l'espoir. d'une réconfortante nuit de sommeil. À l'instant, l'omnibus ame- nait du chemin de fer trois vo-! yageurr. Monrants d: faim, les deux premi rs s'engouftrèrent | dans la salle à manger et le. troisième, un habitné de la maison. s’approchant du foyer vt présentant avec une joie ma- nifeste ses denx mains ouvertes ; à la flamme : | —(juel abominable temps ! ah! la saison s'onnonce rigou- reuse pour les pauvres gens. Vous seriez bien aimable, ma: dame, de me donner, comine chaque hiver, men fidèle com- pagnon de lit. — Rien de plus facile, monsi- eur. Toujours votre chambre ordinaire ? — Oui, madame. — Marie, ordonna l’hôtesse à la domestique, vous pborterez meine au numéro 8. Deux minutes après, la fran- ciscain entendait frapper à 84 porte : —Que voulez-vous ? deman- da-t-1l à travers la cloisin. ——1l faut vous iever de suite monsieur. .…— Punrquoi ? — Pour aller au nnméro 8, vous n'êtes pas dans votre chambre Assez contrarié de quitter par cette frodure un lit déjà chaud, offrant cependant cette moetification au Seigneur. le révérend empoigna ses MOAns bagages et, guidé par la bonne, entra au numéro 8. Dans la salle à manger, le beau Gaudissart, l'ambassadeur de commerce, nourri de la nou- riture de Muiger et de la Vie de Bohéme : —Brrr.... vraie temp:ra-! ture à faire éclore des ours blancs... brrr..……. j'ai les pieds gelés..….… Pourriez vous, madame, me donn:r un moine pour cette nuit sibérienne ? —Certainement mensivur. Et entre-bäillant la porte de la cuisine, la maitresse cria : —-Marie, portez moine au nu- mero 9. Grimpant prestement l'esca- lier, la domestique heurta de nouveau à la chambre du fran- visuain, ——Je vous demande pardon, mon père, de vous déranger de- rechef, mais votre place est au numéro 9. — Voilà qui est en vérité contrariant, dit à part lui le Révérend, ennuyé de déloger une seconde feis par cette nuit glaciaie. Cet hotel n'est vrai- ment jas bien tenu, et si je re- viens en mission dans la con- trée, certes je n'y redescendra plus. Puis, avec une sorte de résig- nation et sans souffler mot de- vaut la bonne, il gagne le nu- méro 9 En fin gourmet, après avoir en connaisseur siroté son café, le dernier voyageur s'adressant à la maitresse d'hôtel : —Je vous ai entendu, ma- dame commander un moine pour mon voisin de table ; vous serait-il possible également de m'en procurer un ? ——Rien de plus facile, mon- sieur. Et se tournant vers la bonne qui venait d'entrer. —Marie.. Portez moine au numéro 10. Un peu surzrise, néanmoins docile à l’ordre, la jeune cam- pignarde reprit le chemin: de la chambre du frère. Un coup sec à la porte res- tant sans réponse, elle frappa plus fort et cette fois, une voix trahissant visiblement le som- mel] interrompu demanda : —Qui est là ? —C'est encore moi, monsieur. — Que désirez-vous ? — Vous aider à changer de chambre, car il vous faut pas- ser au numéro 10. — Oh ! mais non, par exemple et en voilà assez, s’écria à bout de patience le Révérend. Et, empruntant le mot céle- bre de Mac-Mahon sur le ma- melon et Malakof, il ajouta : —-Pour le coup j'y suis, j'y reste. ° —Je vous en conjure, mon Père, ne me refusez pas, gémis- sait dans le corridor laservante. 1] y va de ma place, car, si vous vous obstinez madame va surement me flanquer à. ]a porte. « } Devant le silence persistan +... nd coin du feu : Cette fois-ci, je ne suis pas assez forte pour le porter moi seule, car il pèse pour le moins 160 livres, pe vais prier Auguste, le garçon d'écruirie, de me donner un coup de main..…..oh! à nous deux, nous en viendrons bien : nent js cistain, la dame passa dans aper6:vant la directrice au | baubissais qu'un jeune homme | d'apparence poétique put réel- madame, il! après une courte prière, le Père | ne veut pas dégnerir.…..Comme poulet et cing on six épaisses lement consommer une aile de tranches de roast-beef. La lampe à grand abat-jour rose répandait sa Inmière rosée sur nous tous, si bien que mes idées étaient imprégnées de ce rose qui flottait dans Pair. Papa touruuit ses pouces, a bout et, de sré eu de force, maman tricotait, moi, assise à nous le trausporterons un nu- mére 10. —Que me chantez-vous là. ma fille ? demanda ahuri: la maitresse d'hotel. En ce moment dans le rayon lumineux de la lampe, apparut la tête intelligente dn père Protais. Ne comprenant rien à ces changements suocessifs de autre côté endosser la responsa- bilit: du renvoi de la domesti- qne, il était descendu pour savoir à quoi s’eutenir. Devant la prompte explea- tion de cet imbroglio, un bon sourire éclaia sa lèvre et l'hotesse à son tour partit d’un franc éelat de rire. Prenant une des petites bouillotes en étain destinées à échauffer le Jit et la moutrant à Marie: —Tenez, grosse Notre-Darme-de-Touchet, le voi- ci le moine en que-tion..….....On ne s’en sert dont pas dans votre commune ? Non, madame, dit-elle toute effarée et aujourd'hui, pour la première fois, j'en vois un. | —Regardez-le bien et. à l'avenir ne commettez plus pareille erreur, ou sinon.. .....la porte. Mais le moine s'imterposant : —Madame...…..uadame....…. montrez-vous clemente.….....….… Semme tonte, moi seul ai pâti de son ignorance et vous me voyez les mains pleines d'iu- dulgsnve, —Ouni si vous ni donnez l'absolution, mon Révérend, je w'ai plus qu'à m'incliner. Êt présentant toutes ces lexcuses au Pere, la maitresse le conduire elle même tut à jusqu'au seuil de sa chambre, ou il put enfin dormir d'un sommeil tranquille et cette fois non interrompu. HENRI DATIN. MAITRE JEAN Maitre Jean était mon cousin germain, Blond, rose, frais, avec petites dents, oncques ne vit: on cierc de notaire plus appé- tissant. Maitre Jean, cependans, av at un défaut ; l'abus qu'il faisait des adrerbes ; 11 émailluit ses discours de ‘“conséquemment”, indubitablement”, “isoléinent”?, “nécessairement”. Les premieres fois, cela me donuuit des fous rires que j'é- touftfais, derrière ma brederie, puis je finis par trouver ces lormules : xquises, car... j'ai- ais DION cousin. Que celle qui n'a jamais eu dix-huit ans me jette la pre- mière pierre. Comme il dinait à la maison deux fois par semaine, je pen- suis que les yeux bleus et la mine rougissante de sa petite cousin lui semblaient fort at- tractifs. La soirée &æe paraissait délicieuse ; maitre Jean prenait sou violon ; quoique notaire, il était musicien à ses heures—et nous jouions tant bien que mal des sonates de Mozart ou de Beethoven. Je me sentais dans le ciel ; les jeunes mains. blan- ches de non purtenaire cares- saient l'instrument avec des mouvements harmonieux, son regard me semblait inspiré, bref, je le trouvais beau... À dix heures, montre en main, maitre Jean s'arrétait saus pitié pour la phrase musi- cale interrompait, et guindé comme le parfait notaire, il s’inclinait devant moi avec cette phrase invariable : “Indubitabiement, je trou: verais préferable de prolonger cette soiréé, mais j'ai des actes à copier isolément aussi je vous quitte eu vous remer- ciant incommensurablement Cette idylle notariés durait de puis tantôt trois mois lors- que mon cousin se chargea de orogner les ailes de mon rêve du même coup de canif tran- Chant qu'il donnait aux plumes d'oie avec lesquelles il gros- soyast des heures et des heu- Selon sa coutume, maitre mn: 1 L Les. Ton await Aévoré le diner avec bébête de l'écart, je conteimplais mon ‘ou- sin avec l'admiration d'une pe- tite patenne en face de son t ut idole, lui, renversé dans nn fau- teuil, l'œil mi-clos, nous expo- sait ses rêves d'ivenir, et les chifres pleuvaivnt, dru comme gréle. oi » . ” DE ? Enfin, conclnt-il je désire acheter une charge de notaire chambre, ne voulant pas d'un lerwv—je veux ine marier. La-dessns, voilà mou étourdi de cœur qui se met à battre. ..À battre... et le rouge me mon- te à ia figure, tandis que je feins de m'apoliquer bien fort -ur ma broderie, Mau. chère tante, continna maitre Jean, js suis venu vous emplorer, Clock... elock.….. elock .… fait men cœur, si haute que c'est miracle que nul ne l'entende, | Si vous connaissez une det de quatre cent mille francs avec des espérances raisonnables, ce serait évidenuuent mou afluire; peut-être parmi les amies de Martha se trouverait-1l quel- line barbiche et de délicieuses! que jeune filie..….......Je pensais ja cette demoiselle rousse qui | Jouche un peu ? /_ Ah.ilétait bien mort, mon pauvre joli réve! : Maitre Jean cherchait une dot, «t moi je n'étais qu'une jeune fille tres naïve et un pu romanesqu :. D'abord, je plenrais mes “hè- tres iliusiuns...puis je songeais qu: ies larmes gâtaient le vi- Naure. Quand je revis maitre Jean, il aa'apparut dans toute sa or- reete nulité, et j: ne le tronvai pus du tout joli... D'ailleurs je His bientot la connaissance du pins charmant leutenant : “Que l'artiilerie ait porté jusque-la dansses flans.” 1l'm'alma tout d-suite sans s'inquieter de au fortune, var pour lui le mariage était une affaire de …..sentimant, Nous sommes un ménage vieux de tantot trois ans, #t si le petit dieu semble perdu à bien des gens, c'est peut-être parce qu'il reste prissonni:r aus notre gentil iogis.., Maitre Jean à trouvé une | . dot... deux dots... trois dois, mais les dots ne veulent pus d'un maitre Jean sans étnde et Les études ne sont pas pour les uleres suns dot, Comment sortir de là ? Ma foi, j: n'en sais rien... et si\Ous connaissez une soiu- tion, vous serez fort ajimables de l'indiquer a maitre Jean. RENE TREMADEUR. de la ire, page parente de l'Empereur. Ce dernier mourut, Peu d+ jours après sa inort, le 14 novembre, arriva la fète de l’Impératrice, veuve, C'était la première fois qu'elle passait cette journée seule Jusqu'à ce de placer, l'occasion de la fête de sa femme, un bouquet dans le boudoir où elle avait l’habi- tude de se tenir. le matin, 11 le dénosait toujours sur son bureau, et les fleurs renfer- maient invariablement quelque cadeau riche et rare, minutie- usement choisi depuis des mois. L'impératrice douairière avait évité, depuis la mort du Czar d'entrer dans cette pièce, et ne s'était plus assise à cette table, où elle se serait rappelé des souvenirs trop pénib'es. Mais le matin du 14 novem- bre, jour de son mariage, le Czar Nicholas 11 pria sa mère d'y aller pour lui faire plaisir, La première chose qui frappa ses yeux, Ce fut le bouquet à sa place habituelle. Dans les fleurs se trouvait un écrin scellé, au cachet de l'empereur Alexandae III. Le bracelet s’y trouvait ! L'empereur l'avait acheté le jour même que l'Impératrice l'avait admiré, et sur son lit de mort il avait donné des instruc- tions pour qu'il parvint à l’1ma- pératrice le jour de sa fête, dans les cenditions habituelles, pri- ant son fils d'être près d'elle et de lui prodiguer ses consolations lorqu'elle recevrait ce présent vosthume d'une main disparue. jour le Czar avait eu l'habitude darts sg 71: es PE SD aé + RACE Ce ee » Mat TE OA mn.