LA CIE. DE PUB. DE L' IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. VOL. + NO. 17 CESSE SISESESARS LC BALLETIIMININUIN (suite) Leurs enfants ne se préoccu- paieaé pas de l’avenir ; ils ne comp- taire" ni les heures ni les jours ; ils attendaient seulement avec im- patience les heures de la soirée, pendant lesquelles Daniel leur ra- contait les aventures de nesse. Avant d'aller se mettre au lit, ils répétaient souvent à leurs parents quelques-uns des récits du bon nègre. La curiosité de Taylor se réveilla à son tour, et il voulut in- terroger ce conteur si intelligent. Un soir donc, tandis que Daniel était entouré de son jeune audi- toire, le ferinier s’avança comme par hasard et vint s'asseoir près d'eux. ‘Mon brave Daniel, fit-il, je vou- drais bien aussi entendre le récit de vos aventures. On sa jeu- m'a dit nn nnourtttiies mannntenmesneninnnniien MALLRIEIIN RE. FEUILLETON DE L'IMPARTIAI,. FIJC que vous aviez été élevé ches lesi Indiens. —Oui, Massa, répondit le nègre, mes parents étaient esclaves dans: une famille qui habitait sur la fron- tière du Far-West. L'’occupation de ces gens-là était, pendant une par de l’année, de poursuivre des bisons ; ils s’en retournaient ensuite dans le nord au printemps et revenaient dans le sud à l’au- tomne. Ces colons ne vivaient que du produit de leur chasse ; ils pos- sèdaient d'immenses manades de chevaux et de mules pour la nourri- tnre desquels il leur fallait d’ex- cellents pâturages. —Je comprends que vous ayez! eu occasion de visiter diverses par- ties de l’ Amérique et de faire des observations. Quel est le meilleur territoire, selon vous, pour un fer- mier qui désire se fixer dans le pays ? —C'est évidemment celui du sud-ouest, car c’est là que se trou- vent les prairies les plus drues et d'un herbage toujours verdoyant. Le bétail peut y vivre en plein air, été comme hiver, car il trouve dans ces pgrages une ample nourriture, ce d'Eonne moins de peine aux femines et coûte bien moins cher. ‘Tout homme qui a le désir d’éle- ver du bétail peut faire sa fortune dans cette partie de l'Amérique. Dans le nord, où, pendant l'hiver, la neige reste des mois entiers sur la terre, et où la moindre gelée dé- truit l'herbe et le gazon, le fermier n'élève que les têtes de bétail qu'il peut mettre à couvert. Ii faut donc qu'il s'occupe tout à fait d’agricnlture dans le saison rigoureuse ; sous ce rapport, le nord est tout à fait sud, car là vous pouvez sencer et récolter d'un bout à j’autre de inférieur au l'année. —Oui, je sais cela, mon brave Daniel ; mais le climat du sud est insalubre, et l’on dit qu’un blanc ne peut pas travailler longtemps chaque jour. —_C'est pour cela que je vous in- diquais le sud-ouest, répondit le domestique ; le pays y est sain €t il n'y pas d'eaux stagnantes, d'é- tai S où de marais empestés comme dans les Etats du sud-est. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI CRE | CMP ELEC PE MEL" ERA RER PR 000000 LA PANTHERE NOIRE à ONE CHAPITRE III Etats de l’ouest ne sont-ils pas en- habités par des sauvages ?| Un colon doit y courir de grands | Êtes-vous déjà allé à. core dangers. Baltimore ? et connaissez-vous le pays situé sur les bords de de Chesapeak ? —J'y ai travaillé dans une ferme pendant une année. la baie: C’est un terri- toire fort beau et très fertile, quoique l'hiver soit souvent très dur et que la rigueur du froid nuise à l'élevage des bestiaux. J'ajouterai que sur les bords de la baie on attrape des fièvres, qui sont cependant moins dangereuses que plus loin vers le sud. —Ah ! vous avez travaillé dans une ferme ; qu'y faisiez-vous ? — Tout ce qu'on demande à un ouvrier. J'étais entré au service] d’une veuve, et, en compagnie d’un | autre nègre, son esclave toute la ferme. semais, je récoltais, clôtures et je rentrais la moisson. Nous cultivions du mais et du ta-| , je dirigeais ; Je labouraïs, je | je faisais des | bac, et notre maîtresse gagnait beaucoup d'argent. | —Qu'est-ce que vaut la terre: dans ce pays ? demanda M. Tay- lor. —Cela varie beaucoup pouvez acheter de la mauvaise ter- re à dix dollars l’acre, et de la bonne à cent dollars. —Vraiment, cela coûte si cher ! fit le père de famille, qui parut fort surpris. On m'avait pourtant qu'on pouvait avoir de bonnes terres à dix dollars. —Impossible ! en Amériqne chacun parle toujours au point de vue de son intérêt : celui qui vous a dit cela avait un motif pour vous le dire. , —Nuilement, c'est mon cousin | qui me l’a écrit, répliqua M. Tay-| lor, qui se mit à rêver et s’émpres- sa pourtant d'ajouter : ‘Vous dites qu'à l’ouest la terre coûte bien meilleur marché ? —J,es propriétés du gouverne- ment valent deux dollars et demi l'acre, bonnes où mauvaises, sui- vant l'habileté avec laquelle on les Dans les é-| assuré choisit, fit le nègre. tablissements, certains spéculateurs ont déjà acheté toutes les bonnes terres, de telle sorte que si vous allez par là, vous serez obligé de vous fixer sur le territoire indien. Si vous préférez le voisinage des fermes, vous trouverez des terres excellentes depuis quatre jusqu'à | dix dollars l’acre. | —] a différence est considérable, ’’ Taylor, qui ajouta au moment de se retirer : ‘‘Merci, j'ai interrompu votre entretien avec mes enfants : continnez, mon remarqua M. brave garçon, à leur raconter vos chasses dans ce beau pays. En vèrité, si je n'avais pas fait mon choix, je m'aventurerais vers le Far-West. —Plus tard vous vous plairiez| mieux là-bas que dans les Etats de l’est,” répliqua le nègre en s’adres- sant au fermier, qui le quitta et! revint près de sa femme et de sa! fille. Quelques jours après cet entre- |le vaisseau : on eût dit | montagne de —Mais, objecta M, Taylor, JE San la température subit de 71 | Ré ARR RRNNEMIRNCHNNIUCE, . vw RHRTAUILRANARIISUERUEL RE "+ vera un grand changement. Les\ passagers du Goliath durent se re- vêtir encore de Quoique le leur pardessus. capitaine n'eût rien | dit à ses hôtes, il prit quelques dis- | positions qui montraient n'était pas sans inquiétude. Malgré un vent très favorable, la marche du navire était rablement ralentie. Le capitaine deux hommes dans les hunes surveiller l'horizon, qu'il ancité CONSIGE- Beverly pour et Ihi-même y monta à plusieurs reprises. Dans la journée, un épais brouil- lard descendit du nord, £e répan- dit sur la mer et enveloppa entière- metit le navire, de telle fac: ne pouvait pas se voir d’un bout à! > du Goliath. Le froid augmenta à dater de ce moment, et l'inquiétude du capi- ‘taine redoubla. l’autre à Ar c Vi Beverly quelle était la cause de cette brume, celui-ci répondit d'une façon évasive que le navire était M. Taylor ayant demand 1 . » + arrivé sur le banc de Terre-Neuve, où ces vapeurs dangereuses 5’é- levaient très fréquemment. Une partie de la jouraée la sans qu'il y eût le s'écoUu- moindre vous | Changement dans la température mais l'habile marin qui comman-. dait le Goliath redonbla de pré- | cautions, Les passagers reimar- | quèrent que le nm Beverly | faisait plonger fréquemment un thermomètre dans la mer et l'ex- aminait avec soin quand on le re- tirait. L'obscurité augimenitait encore, lorsque Daniel vint les appéler pour prendre le thé. D'habitude le capitaine précédait ses hôtes daus la salle à manger, mais cette | fois il les pria de s’y rendre avant | lui, en ajoutant qu'il les rejoindrait bientôt. La famille Taylor n'avait encore achevé son repas, capitaine descendit et pas | quand je parut im- | patient de remonter bien vite sur le! pont. Daniel venait à peine de lui verser une tasse de thé, qu’au moment où il la portait à. ses lèvres, un horrible choc secoun Then 015- qu'il était mis en pièces. “La banquise ! la banquise que Dieu ait pitié de nous !” s’'é- cria le capitaine. Et au même instant les passa-| gers, les tables, les chaises, la vais-! selle, tout fut renversé d’un bout à l’autre du salon. Les jetés par mistriss Taylor et Amvi furent étouffés par le mâts, des barils et des roulaient de tous les Le capitaine Beverly cris perçants bruit des: caisses qui cOtes. s'élança le | premier hors de la cabine, et la fa- mille Taylor, aidée par Daniel, at- teignit avec grande difcuité le pont du Goliath. Un spectacle ter- rible s'offrit alors à leurs veux. Semblable à un cabre, le navire, se dressait pres- que debout à l'avant, et sur le côté coursier qui se | bâbord on apercevait une masse gi-[ celle d’une glace de pieds de hauteur. Le Goliath gisait sans mouve- gantesque et brillante, quarante REED TE GUERRE. à 2 bee cadet > | envoya | 1 qit ON | ment comme EnracInÉ à sa place, la fvé quelque avarie, 2 nt 24 1e Le 4 ss LE ON ee 2 PE BUOTE, GÉRANT rm 29 MAI 1902. 9 ANNEE. 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Inavi:e, poussant des cris | épouvantables ; les uns priaient; les autres pleur: 7e et s'imaginaient à tout moment que ie Goliath allait: se briser ; mais le vaillant navire ne | bouge ait checun étaient tous réunis ies uns près des autres, |la mort même ne devait pas les sé-| parer. Ie premier quart d’ heure : fut horrible, maïs bientôt le poir fit place à l'espérance ; ils ex- aminèrent enfin leur position avec sang-froid. Le capitaine était resté le plus calme et le plus courageux de tout! ‘son équipage ; il avait fait prendre | des haches à ses hommes, et lui- même était descendu dans la cale! pour voir si le Goliath avait éprou- Far bonheur il Les Taylor déses- | pas et semblait comme | la montagne de! comme si! | r baionaiït l'arrière jusqu'aux ;. N Q S PRI M HS Trois Magnifiques Portraits + À | Ofîre sans Paraliele, | mn Le | | Aujourd’hui, nous offrons à ncs tout abonné qui aura payé ses ar- ‘abonnés et à tous ceux qui, n'étant | rérages à notre journal et renouve- bo s » ; | pas encore abonnés, se conforme {lera son abonnement pour un an et ront aux conditions indiquées plus le paiera d'avance : bas, trois magnifiques portraits :— | ë é P Ceux qui voudront profiter de St. Joseph et l'Enfant Jésus | cette offre sans précédent peuvent Icce Homo. La Sainte | ENvoy er leur arzent directement au | bureau de l'IMPARTIAL, ou payer à |nos âgents qui leur donneront des Ces portraits sont une véritable |: reçus. |œuvre artistique, |. Ces Primes seront cxpédiées du | riées. | bureau de l'IMPARTIAI vers la pre- et l'Enfant (Jésus. Vierge en couleurs va- | Grandeur 14p. x 16 p. Nous donnerons ces portraits à ; mière semaine (le juin. ne s'était produit aucune voie | vivres à bord, dit-il, et dans quel- |d’ eau. M. Beverly remonta avec ques jours nous atteindrons 1: | joie sur ie pont, et vint prèvenir | Gulf-Stream, où la chaleur de: M. et Mistriss Taylor, à qui il dit eaux fera rapidement fondre la qu'il avait la ferme conviction que | glace. Une ternpête seule pourrait ile navire pourrait continuer sa) nous mettre en danger ; mais dans route sans trop de dommages. cette saison et sous ces latitude; ‘Nous avons pour trois mois de (suite à la 8me page) | | | = |