10 beaucoup. Elle faisait bien son ouvrage. Elle en a beaucoup délivré avec le docteur. Elle aidait au docteur. Elle chargeait une piastre par jour dans ce temps—là. Il y a des temps qu'elle n'était pas payée du tout. Le monde n'était pas capable de payer. Elle faisait ça par charité. Les guérisseuses Dans les communautés acadiennes d'autrefois, on trouvait toujours des femmes—guérisseuses au service des malades de leur milieu. Ce service bénévole était bien apprécié par les gens car dans le temps les soins de santé étaient peu organisés. Ces femmes étaient les riches héritières d'une médecine populaire transmise de génération en génération. "La mère à ma mère, ça c'était une vraie docteure; je me souviens qu'elle m'a sauvé la vie. J'avais l4 ans et j'étais malade depuis deux mois, j'étais assez faible je ne pouvais pas me lever. Alors ma grand—mère est venue chez nous et elle allait dans les champs chercher du tansie; elle le mettait dans une cuve et vidait de l'eau bouillante dessus. Quand c'était un peu refroidi elle me mettait les pieds à tremper dans ça et ensuite elle me couchait sur un lit de plumes et me couvrait avec des couvertes de laine, pour me faire suer. Elle a fait cela pour neuf jours de suite, après cela j'étais guérie." . (Baie—Egmont) "J'ai soigné beaucoup de malades. J'allais parmi les maisons ici et là... Je mettais des portesses avec de la moutarde et du saindoux [pour guérir des inflammationsl". (Baie—Egmont) "(En plus d'assister souvent le médecin lors des accouchements,] Eugénie Gallant (née Blanchard) soignait des malades aussi. Du monde qui était malade à la maison parce qu'on courait pas à l'hôpital tout le temps. Ca coûtait à l'hôpital, c'était pas Medicare. Je crois que c'était une piastre par jour qu'on lui donnait. Elle savait quoi faire. Elle ne refusait jamais d'aller.