ges pr 3 we” 3 Re ! MABTEE. | A a LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. & _ ee re REP ER, , 7 RCE VOL. 4, NO. 9 TIGNISH, LA ls + SA K° nion f ait la LE CN w QE n° er CEE Re Ne e d LA x ww Moscler . G. BUOTE, RÉDACTEUR. ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 5 MAI 1904. Il ANNEE til LE SRI LAIESAIR SALSA SIIESASRS ASIA GE FEUILLETON DE L'IMPARTIAL K | LA MAISON GRISE. 00000000 RIRES RS SPIP PREMIERE PARTIX De fait, c'était le Commandant qui l'avait surtoit adoptée, rog- nant sur ces menus plaisirs pour les frais d'entretien de l’enfant ; et peut-être la chérissait-il davantage en raison de: sacrifices qu'il s’im- posait pour elle elie ; tant il est vrai qu’en c monde, ce que nous aimons le mieux est souvent ce qui nous coûte le plus. Il est vrai de dire qu'un legs d'une cousine, qui était en mêine temps sa marraine, lui constituait une jolie rente, la- quelle, jointe à sa pension de re- traite, le mettait très à l’aise..… Le carême fut très pluvieux, cette année-là. Les cataractes du ciel ne se fermèrent que quelques jours avant la semaine sainte ; et | ce fut encore heureux pour les pro- cessions. Des édiles intelligents : ne les avaient pas supprimées, et Graciette, qui n’en avait jamais vu, put les conterpler à sou aise. , Le Jeudi Saint, elle était d'abord allée visiter les églises. Chiquette . lui avait acheté, à l'entrée, le mor-| ceau d’épogne bénite et parfumée | que vendaient quelques bonnes fem- me pour rappeler l éponge imbibée de fiel qui fut présentée à notre Di- vin Maître : d’autres offraient des giroflées jaunes, rouges ou blan- ches, toujours bénites, en souvenir de la Passion ; puiselles allèrent voir la procession. | Quel étonrement, quand elle a- perçut ces longues théories de pé- È nitents, eutièrement vêtus de noir, la tête couverte d’une cagoule avec dez:x trous à la hanteur des yeux, un cierge allumé à la main, un cha- pelet à gros grains à la ceinture qu'entourait une grosse corde. Le Commandant retrouvait son agilité, malgré sa jambe de bois. C’est ainsi qu'il la mena voir la procession de Pâques, à sept heu- | cueilli des artichauts, des rois, as- perges, qu'elle apyportait triom- phante à Chiquette tout cela en vue de la Fête-Dieu. Quand ce dimanche arriva, toute la ville était en fête. Partout on tenus avec des bouquets ou simple- ment tendus, avec, dessus, de guir- landes ; pnis des oriflammes aux fe- nêtres ; de loin, un resosoir. Le jour de la Fête-Dieu, les pa- roisses sortaient leurs plus belles bannières. Il y avait les cougré- ganistes, les confréries, pension- nats, les fidèles, les notables ; et c'était bien beau, ce long défilé nuage de mousseline, les bannières dont les longs rubans multicolore: finttaient au vent, à peine rete- nus par des mains pieuses la note tenue, magistrats. officiers, etc.. enfin, le clergé, avec Monseigneur lui-même. La paroisse Saint-Mathieu mar chait la première, puis la Réal, Saint-Jacques et Saint-Jean, la der- nière, au raig d'honneur. milieu, circulaient des trompettes militaires sonnant la générale, puis un grand nombre d'enfants vêtus en saint Jean-Baptiste, en Pierre, des Vierges, des saintes fem- mes, etc...beauvoup de petits an- ges, surtout avec des ailes en mous- seline blanche pailletée d’or ou d'argent, tenaut des corbelles plei- ues de feuilles de roses et de fleurs Au saint En un instant, la rue n'était plus se penchait aux fenêtres, se mas- sait le long des quais, sur les trot- toirs ; et c'était une joie recueillie que nos enfants d’aujourd'hui ne connaissent pas, et qui était certes plus sincère que les vivats de quel ques voyous postés, à présent, dans es du matin, toute de réjouissan- ces, celle-là. Elle partait de l’église de la Réal, et se faisait un mémoire de la, rencontre de la Vierge avec son Di-| vin Fils. Des diacres, aux ornements bleus, poriant une Vierge sur les épaules, rayormante dans sa toilette “nt à droite, en sor- »,, pendant que qua- tre autres, avec des ornements Trou- ges et portant un Christ triom- phant montrant ses plaies, le Christ à gauche. d'azur, passa tant de l'églis assaient ipes, suivis du clergé se ret- ressuscité, Les deux gro et d'une foule contraient su le aujourd’hu saluaient par rejoignant, 1€ chemin de |! nombreuse, la place qu’on appel- place Rigard, et se rois fois ; puis, se re- renaienut ensemble le glise, où la messe en grande pompe. cette foule était célébrée Et c'était recueillie et pressée venue des qua ‘rpignan pour voir, >uchant, . tre coins de ! à cette heur: matinale, ! in L1C. de Jésus et de Mar la rencontre Depuis qu’.Ile avait vu ces pro- cessions, Grac'ette ne pensait qu à céla. Le prutemps revenu. les bonnes partie: au jJardiu n'étaient £ rien à côté de l promesse faite par M. le Curé d: 1 ntoriser à prendre part à la gran le procession de li Fête-Dieu. lille avait cultivé, sar- clé, plauté, biché avec le Commen- ’ à L : dant, étudié avec M. le Curé, . uos grandes rues pour l'arrivée, d'un ministre ou d’une célébrité quelconque. Au milieu des derniers parois- | siens de Saint-Jacques, se tiouvait | | une petite Véronique à la mise bien | décidée, portant devant elle un! carré de toile sur lequel peinte la divine Face. A quelques pas en avant, une femme vêtue de noir et partant la coiffe catalane se retournait souvent, souriait à Vé- ronique et l'encourageait de la main. À quelques mètres en arri- ère, le premier de la paroisse Saint- | Jean, un petit groupe attirait l'at- , 3 étai! tention : unesainte Vierge aux che-| veux noirs, pâle et mince, vêtue d'étoffe bleue et d'un manteau blauc, marchait doucement en s'ap puyant sur une Madeleine habillée de gris dont les épaules étaient couvertes d’un manteau de che- | veux dorés, et sur un grand saint Pierre, drapé dans sa robe brure, sa houlette de pasteur et ses clefs à la main : cela l'embarrassait un peu je‘er les fleurs qu'il portait dan: une corbeille mais il avait une mine si décidée et si réjouie qu'où ne pouvait s'empêcher de sourire en :e regardant. | Au moment où la procession ren- |trast dans la cathédrale, la petite | Véronique s'ambarrassa dans sa ro be pour monter les marches qi précèdent l'entrée ; elle s'arrêta mettait des tentures, des draps, re- d'enfants et de jeunes filles dans un | de genêts qu’ils semaient sans cesse. g q | un moment pour se ressaisir pen- dant que la foule continuait d’a vancer. et se trouva ainsi au ni- veau du gronpe formé par saint |: Pierre et les deux Maries. La Ma- d':leine robuste lui aida à se rele- ver ; et pendant que la Vierge lui tendait la main d’un air très doux, saint Pierre, qui trotva la proces- Sio.1 monotnne, jeta, en riant, sur |sa tête, la dernière poignée de ge- uêts qu’il avait dans sa corbeille. C’est ainsi que Gratiette Noé pé- nétra dans Saint-Jean, entre Mar- querite et Jogée, pendant que Pierre effeuillait sur sa tête les der- niers pétales de ses genêts. VI Il y avait plus d’un an que Gra- ciette et sa mère étaient venues tomber devant la porte d’un jardin. sur la route de Canet. M. le Curé lui avait appris à lire et à écrire, lui avait donné quelques leçons de catéchisme ; le Commandant lui faisait faire d’interminabies pages de copie et lui apprenait, sur un reste de sa bibliothèque de collé: gien, quelques : fables de La Fon taine. L'enfant était très intelligente ; mais ce n'était pas suffisant. Il fallait s'occuper de son instruction d'une manièré sérieuse, et s’il est bon pour une fillette de savoir au besoin éplucher des carotte et tour- ner un civet, ou ourler des langes pour les enfants pauvres, toutes choses que Chiquette lui avait cons- ciencieusement enseignées, il faut Pie: ; qu’une jonchée. de fleurs ; la foule | 15° lui apprendre que deux et deux font quatre et que l’auxili- x aire être n'a pas les i1êmes termi- “aisons que l’auxiliaire avoir. Il y avait l'école laïque, mais on n’en ‘parlait pas ; les bonnes Sœurs ? le Curé, naturellement, était pour ces dernières: mais le Commaudant, qui enteñdait subvenir seul aux frais de l'éducation de sa pupille, comme il fournissait depuis quel- que temps aux frais de sa garde- robe (on avait lai-sé l'armoire aux fit valoir les avantages (A suivre) THE KING CURE For HEADACHES is the Proper Title for (umfort HEADACHE POWDERS because they are so far superior to any other kind, being absolutely safe, pleasant and effectual. 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