:——— 1755 1763 ———: 94‘35"“ Ira; sala On nous a fait croire, Votre Majesté, que les Aca- diens ont été déportés par mesure de guerre et par néces— sité militaire. Faux: en 1755, l’Angleterre et la France étaient en paix; les Acadiens avaient déposé leurs armes et leurs bateaux avaient été confisqués. Fort Beauséjour avait été pris par les Anglais le 16 juin 1755. Les Acadiens qui y avaient été conscrits par la France furent amnistiés et la France n‘avait plus de fortifications en Nouvelle— Écosse tandis que l’Angleterre en possédait encore sept avec 3 000 soldats. En temps de paix, les lois civiles s’appliquent, donc la Grande-Bretagne a aussi violé ses propres lois civiles. avant tout, parce que les Acadiens étaient sujets britanniques. La Guerre de Sept Ans com- mença seulement en mai 1756 alors que la Déportation avait débuté en septembre 1755. Votre Majesté, où était la nécessité militaire dans tout cela? On nous a encore fait croire que la Déportation était une série d’incidents isolés, ce qui est faux car elle s’est poursuivie activement jusqu‘en 1762 et fut un acte déli— béré et systématique de la part de l’Angleterre pour une épuration ethnique sinon un génocide, des Acadiens. Même après la capitulation du Canada en septembre 1760. l’Angleterre continua à nous déporter. Votre Majesté. on nous a aussi fait croire que la Déportation s‘est annulée après la Guerre de Sept Ans. ce qui est faux parce qu’elle est toujours en vigueur et on attend vos excuses royales pour la terminer de jure. Nous sommes toujours des criminels et des parias aux yeux de la loi anglaise. Tant que vous et votre gouver- nement n‘agirez pas au nom de la primauté du droit pour faire vos excuses aux Acadiens, vous risquez d‘être des parias, à votre tour, de la communauté internationale. Votre Majesté, le 5 septembre 2005 marque le 250e anniversaire du début officiel de notre Déportation à Grand—Pré. L‘heure est venue aujourd’hui de mettre fin officiellement à l’exil des Acadiens. Il n’y a jamais eu en temps de paix une tragédie porteuse de plus de souf- frances humaines inutiles que la Déportation de mon peuple. Au nom de tous ceux et celles du monde entier qui se targuent de la nationalité acadienne, j’implore Votre Majesté au sourire radiant, en ce jour de notre fête natio- nale du 15 Août, de bien vouloir nous accorder des excuses officielles pour la tragédie que fut l’événement déterminant de notre Déportation fomentée par la Grande- Bretagne. c‘est-à—dire par son gouvemement en collusion avec la famille royale de l’époque. Je vous prie d’agréer, Votre Majesté, l‘assurance de ma considération distinguée. David LE GA LLANT Toute notre gratitude Imprimerie : Transcontinental REJ. (Charlottetown) Graphisme et mise en page : Alexandre Roy Parrainage : Société Saint-Iean—Baptiste de Montréal ,/ / ,/ / Tous droits réservés © 2005 Comité historique Soeur—Antoinette—DesRoches ISSN 1715—2534 A z - Abonnement annuel à « La Petite Souvenance » : Musée acadien de l’I. P.-E. (902) 432-2880 / museeacadien@teleco.org