# L ee een Mira, TT 7 A 1 2 ; CT CO ETS ms L'IMPARTIAL. LES CORBEAUX tendait le euirassier, en proie au délire, commandant : “Escadrons ! chargez l” Tout le jour, un avait vailla- ment combattu... és L'injanterie avait donné,!t-il. oubliant ses propres souf- baïonnette basse, sous les vo-|frances. lée. de mitraiil: : la cavalerie! x%X1l fut tiré de son engour- avait furieusement chargé,|dissement par uu bruit de voix bride aux dents, duns des mas-!ali: mandes. Ses yeux, en s'en- ses noi s<cûù elle avait fondu.!trouvrant, furent éblouis par la Li ano:nade avait cessé ; la/ lumière d’une Janterne qu'il batai .+ était finie. dirigeait sur lui L'homme qui Dans les lointains empour-|pcrtait le fallot avait l'uniforme pr. par L veuehant, les régi-|prussien: sa mancele était ornée m uts s’enfouiçaient, tristes, ! du bressard des ambuianciers. mutilés. vaineus Couronnant! Si affaibli qu'il fat l'officier les crêtes de la ligne de collines |cnmprit ; les Allemands ramas- barrani l'hor:: n, ee qui restait |salent les blessés. 1l eut un de cavalerie attendait, face à |sursant qui le désigna à l’atten- l'ennemi, que le mouvement de | tion du soldat ennemi. | retraïte se iut prononcé, que! “En voila un qui n’est pas les irères de l'infanterie et de mort, fit-il dans sa langue ; il l'artillerie iussent à labri des) parait même assez peu endom- ebus piussicns. , magé.” Dans la pleine labourée par | Un officier s'approcha : la miiraili: et inondée de sang.! ‘Un capitaine ! fit-1l, et déco- un grand calme régnait main-|ré ; qu’on l'emporte ©” tenant, une tronblaient par in-! Le blessé eut, de la main, un tervalles les gemissements des |geste de refus : blessés et ls hennissements), —Merci, fit-il, c'est inutile ; plaintifs des chevaux éventrés.|je n’en «xi pas pour une heure! Immobiles, siiencieux, nos! —Ah!il parait que vous en- cavaliers fixaient vbstinément |tendez l'allemand, vous? moi, le versant © post, aa sommet |je vous dis que vous en réchap- duquel appuraissaient les cas- | perez. N'est-ce pas, docteur ? ques à peinte : siles Allemands,! Un médecin qui accompag- S'acharnant à la poursuite des/nait les brancardiers examina vaincus, franchissaient cette J1-|sommairement la blessure et mide et osaïient descendre dans |eut un hochement de tête indé- le vallon, on chargerait, en | cis. chargerait encore, on chargerait|) —-Vous voyez bien, reprit je n'éprouvai qu'un sentiment: jrésistance et provoquer, en toujours, tant qu'il en resterait aussitôt le blessé ; je vous dis!celui d’une soulagement im-\|qnelque sorte, leur développe- un ! que je veux rester la. vous en- mense, d’un joi intense, déli- hinent numérique. La boucherie, la boucherie |tendez! Je suis tué... Je nefrante. [Il me fallut ‘un eflort} Aujourd'hui au délà de cent, horribie et sublnme recommen-| veux pas étre emmené en eap-|bien grand pour ne pas laisser pile canadiens parlent [a ian-! cerait !...... tivité. Te veux mourir là ou éclater mes transports. |gue de Cartier et de Montealhin x*æAu fon i de la vallée, un/|je suis tombé ! bleské v.nait de reprendre ses! De ses mains crispées, l’ofhi- sens, Dénétr. par la fraicheur cier semblait vouloir s’'accrocher da soir, et, après s'être pénible- au sol qu'il avait si vaillare- menti soulevé et appuyé sur le ment défendu. coude, il inspectait les environs! Ces françaus! fit l'officier de ses yeux atones, grands ou- | ennemi en haussant les épaules, verts par la surprise d’être en-|il faut qu'ils posent jusqu’à la core de ce monde. Bevant lui, dernière minute. Enlevez ! com- car il était tombé en faisant manda-t-il en détournant la face, il aperçut confusement tête les masses ennmiies garnissant! —Ah! bandits 'râla le blessé. les hauteurs, «it un éclair de, 1] chercha son sabre pour se rage et de désespoir alluma ses défendre, se souleva à demi, et grands yeux noirs. retomba comme une masse sur Avec des :Hlorts inouis, ii!le sol, les membres rapidis par tenta de se déplacer : sa main |l'agonie..………. fouilla le soi, fic vreuse, avide,! Les ambulanciers le soulevèe- et y ramassa une loque informe, | rent pour le transporter, et celui maculée. lacérée.……… qui tenait la lanterne poussa un Puis son regard se porta de/cri de triomphe. Sous le eada- coté opposé, interrogateur. Un}vre du capitaine il venait de rayon d'.spérance lui inonda je ramasser un lambeau de dra-|plus digne d'envie qu'il y aït| cœur quand il aperçnt, démesu- | peau prussien arraché pendant sur la terre. Heureux. mille! rémeunt gurdis par le couchant | la lutte. en feu, de fiers escadrons dé- | —Àh!ah!sexclama l'officier ployés en bataille ; dans les ra-| prussien, je comprends son en- yons obliques du soleil décli |tétement, maiutenant ; il vou- nant, hen:mes et chevaux pre- lait s'endormir sur son trophée. naient de fantastiques propor- | Quel luxe le capitaine! tions, et les briss du soir, en! —Laissez donc dormir les se jouant dans les crinières, | morts ! gronda une voix râlante semblai-nt pousser en ayant la|à quelques pas; dépouillez les phalange des géants. cadavres, corbeaux ! mais ne les Comuie sii pressentait être |insultez pas! la jouet d’nne iilusion, le blessé} Voilà comment, en 1870, un —ux capitaine d'infanterle—se | drapeau prussien fut repris sur laissa lourdement tomber à terre |les Françuis ! et volla son creiile contre le sol. -- Il crut cnterdre une lointaine chevauchie qui approchaîït, ap- prochuit. | UN PENITENT | 1] y a bien des années, un “ls viennent, murmura-t-il, religieux célebre donnait une|vigueur et de vivacité pour | mener la fertilité de leurs ter- jmission aux galériens de Tou-|survivre à toutes les persécu- | res épuisées et avoir dn four- vive la France !” Et, syant replacé sous son lon. corps ia precieuse loque, il s’6-| Parmi ces misérablies, que tendit de nouveau sur le sol et les gardiens—l'’arme au poing s'évanouit. :—lui amenaient chaque jour, 1! #*; Quand il revint à lui, la! y en avait un dont l'aspect re- nuit avait envahi la plaine. Les nuait étrangement le mission- escadrons resplendissants et su-|naire, Ce n'est pas que cet perbi+ avaient disparu, et l'offi- homme semblät plus abattu, cler se demanda s'il n'avait pas! plus désespére que ses compag- fait nn beau rêve À travers le !nons, au contraire, on sentait vallon sombre ou dormaient les qu'il était heureux. moris et sOuffraient les blessés,} Les cruelles privations, les des lumières couraient comme |durs travaux du bagne avaient des feux follets dans une nécro- laissé leurs traces sur son vi- pole. Sage flétri, mais la physionomie — Tonnerre! que j'ai soif!|réflétait une paix céleste; Ja gTonda une voix rauque, dans Ja |tête, ignominieusement rasée. nu, : quelques pas l'officier: | avait une expression de noblesse — Qui vire? questionna le singulière. bless. | Cet homme qui portait la li- — France! 8e cuirassiers. | vrée d’infamie, qui trainait ses — France! répéta l'officier, fers, semblait vivre et respirer comme un enfant à son réveil dans une atmosphère supé- dit: maman! rieure. — Ët vous, demanda la voix.) Ce n’est pas son émotion que —56e de ligne. ile prêtre le vit s'approcher et — Vive la ligne. |S'agenouiller devant lui. — Vivent les euraissiers ! | La confession terminée, il le . Les cuiraissiers sont morts !|retint et lui demanda: fit l'homme d'une voix sombre,| Depuis combien de temps morts au champ d'henneur ! il! êtes-vous ici ? n'en reste plus ! Vous êtes on Trois ans. sé ? reprit-il après un silence En avez-vous encore pour pénible. plusieurs années ? — Une balle dans la peitrine,| Pour toute ma vie. mer compte «:. Lon! | Voulez-vons me dire quel Moi, j'ai une jambe qui) crime vous a conduit aux ga- sest séparée dd. moi, le bras lères, droit vassé...…. Une fièvre de J'ai été coudamné pour in- Li. Ms. Ah! mais... la | cendie. soit im'irangie ! | Et vous avez accepté géné- Quelques istant après ce reusement l’expiation, deman- — Pauvre garçon! murmura es ‘ Mon Père, répondit paisible: ment le forças, j'ai été condam- née injustement: je suis inno- cent. Pauvre infortuné! murmura le prêtre, profondément ému. Ne me plaignez pas, dit dou- cemeunt le galérien., non, ne me plaignez pas, écoutez-moi plu- tôt. J'ai eu une jeunesse fort liveneieuse. Un jour, par la mi- séricorde de Dieu, je me con- vertis, Mais, même après avoir reçu l’absolution, je joure devant moi. J'aurais vou- lu expier tant d outrages faits à Dieu. La vis religieuse la plus austère, la plus dure, me pa- raissait trop douce, J'avais beau songer, je ne voyais aucune pé- hiteuce qui put me satisfaire. Alors. je résolus d'en laisser le choix à Dieu et je me mis à le prier, lui disant sans cesse : Seigneur je vous demandé nne péuitence, il m'en faut une, et je la veux de votre main. Quel- ques temps après, un Incendie |éclaia dans mon voisinage. Àc- cusé d’avoir mis le feu, je fus arrêté. Onfit mon procès. Lu ipreure de circonstance était écrasante: Je fus trouvé coup- ‘able, condamné au bagne à perpétuité. J'étais jeune encore J'avais été un favorisé de la fortune, un heureux selon le | monde: Eh bien ! mon Père, en entendant la terrible sentence, tai sur ma paille et pleurai bien longtemps avec un bou- neur inconcevable. J'avais ma pénitence, Qui m'eut vu pleu- rer ainsi m'aurait cru déses- | péré et c'était une volupté cé- leste qui faisait couler ces lar- mes intarissables. Depuis, je n'ai pas eu un In- stant de tristesse; ju soutire, je travaille, j'obéis pour la- mour de Dieu, jamais je n'ou- blie sa divine présence et les jours passent comme des mi- nutes. | Le forçat se retira, trainant sa chaine sur les dalles. Atteudri jusqu'au plus pre- fond de l’äme, le missionnaire le suivit du regard se disant: Voilà peut-être, l'homme le fois heureux ceux qui ne craig- inent pas d'être génereux avec | Dieu! LAURA CONAN. VIVE LE FRANCAIS | Les fanatiques qui abusent de leur auterite pour abohr l'usage officiel du français dans iles régions de l'Ouest, sont en réalité les amis les plus utiles de notre langue. Le sang qui coule dans nes veines n’est pas fait pour la ser- vitude, on peut se le tenir pour dit. | __ Notre race pessède assez de tions. Avrès la session de la Nou- velle France au roi d’Angle- terre, nos pères furent en butte à la tyrannie. Un pouvoir des- petique voulut les empêcher de parler leur belle langue et de professer librement leur re- hHgion. Ils avaient pour eux la foi des traites : C’est en vain qu'ils firent apel aux sentiments de la justice et du droit. Comme nos frères de Manitoba, ils du- rent courber la tête et se sou- mettre, en protestant, aux me- sures imposées par la force bru- tale. Mais leurs épreuves ne du- rérent qu'un temps. Se raidissant avec noblesse et fierté contre leurs oppres- seurs, ils s’attachèrent plus fortement que jamais au patri- moine sacré qu’on voulait leur enlever. 1ls le défendirent vaillamment et liguèrent à leurs fils le soin d’imiter leur conduite héroïque. Si le militarisme britannique s'était montré moins arrogant et moins injuste envers nos pères, il est possible que notre belle langue serait moins floris sante et que nous cultiverions avec moins d’ardeur nos pius légitimes ambitions. Les ennemies de notre race sont bien aveugles s'ils eroi- ent nous faire disparaitre en usant de vioience. Si le gouvernement soi-di- restait triste Mes pêchés étaient tou- Conduit au cachot, je me je- | dans cette province d’Outario, jou notre extermination fut si souvent proclamée sur mailnts tréteaux et dans maintes gua- |Zettus. nuire à l’expansien française | par sa pelitique droconivune, il se trompe grandement. Plus il cherchera a extirper notre race | du sol des prairies, plus elie y enfoncera ses ratin's g'he-! reuses. L'histoire se repète. C'est ce! que M. Greenway apprendra, s’il vit assez longtemps | L'un de ses congénères fit! jun jour disparaitre, du moins! en apparence, jusqu'aux tuoôin | ‘dres vestiges d: notre éiement des plages enchantées de la vieille Acadie. Cet acte de spo- lation fut loin d'avoir les suites que son auteur en attendait. La partie d'Evangéline compte aujourd'hui plus de français que tout le Canada en possé- dait iors de la session de ce vaste territoire à la couronne britannique. Les Acadiens out leurs églises. lenrs journaux. ils figurent dans 1a députation dans la magistrature, au sénat. Leur influence grandit x vue d'œil. Lorsque George Brown se fui- suit an piedestal politique dans ie Haut Canada en vouant notre race à la destruction, tout en lui prodiguant linjure et les avanies Les plus gros- sières, il préparait sans le vou- loir les futurs triompkes de l'élément français. Sa haine dé- chainée contre les notres n'a lait Qu'augmenter leur force de Plus les Greenway nons pri- sécuteront, plus les McCarthy :chercheront à nous aneantir, plus les intolérants de toute nuance, plus les fanatiques de bout acabit, se laisseront aller La leurs mauvais instincts, plus inous nous attacherons le pré leieux héritage qu'ils nous ont (laissé. À chaqgne eri de mert! linvé contre notre belle langue! mille et inille voix répondront : [VIVE LE FRANCAIS !—Le Pion- |nier. | ENCORE QUELQUES MOTS SUR LE TREFLE. L’expé ience que l’on a fait l'automn: dernier à la ferme expérimentale de l'état de N+w Jersey démontre qu'un arpent de trefle rouge, en bonne con- dition coatieut à maturité. les tiges et les racines comprises, 1212 livres d'azote valant $33.00 sans compter 6,997 livr s de matisre organique dont la con- version en humus n'esi pas à dédaigner. D'aprés ces faits, n'avons- nous pas grandement raison d'encourager de toutes nos forces les cult'vateurs à semer du trèfle. C'est par ce moyen seul qu'iss parviendront à ra- Mutual Reserve Fund Life Associa- tion of NEW YORK. d , :tGives Bsumance at Cost; Tota TP"E First and Beat [nmæance nr 83.000,00 in 1595,,40 déevese Busèness nearly,$300,000 00. Pa members; Genduowd ou the Best Plan, winee of Prince Edward ;lslaud. ‘he | AGENFS Wimted Lu CmMIVAasS MUC peu west liberal terms vflered. Aduress GEO. PF. THOMAS SPECIAL AGENT KHOR P, E. Isiaud, Juve 7th "34—1f Muuetun and, Summxweide - #JOSEPH GALLANTS* _—--N EGOCIANT EN—— MARCHANDISES SECHES, GRO- CERIES, BOIS, CHARBON, PRODUITS DE TOUTES SORTES ETC. ETC. RUSTICOVELLE, LE P. E, Oct. 12. 94. AGRICULTURAL LMPLEMENTN PLOWNS HARROWN &C A full line of the above with all COOXLLLROO————————— necessary repairs Constantiy on hand 2e Dont fail to try eur Celcbrated Fanners cf JAMES P. CUNNINGHAM, Alberton, P. E. [sland. LIVRES! _ LIVRES! XXX Nous avons le plaisir d'annoncer à la population fran- calse de cette province que nous vendous des livres de toute description à des prix très réduits pour argent comptant. Nous avons tonjours en nains l'assortiment le pins complet de LIVRENX D'ÉCOLE. Nous vendons un DICTIONNAIRE FRANCAIS et ANGLAIS bien relié en toile pour 25 centins. Si vous he pouvez venir nous Voir Vous-inêins, <h- voyez-nous vos ordres par Ja malle et nous vous exp:dicrons promptement ce que vous désirez. IASZARD EL MOORE Charlottetown I. P. KE. Oct 12 1894. ral COFFINS AND CASKL'IN ZO0E — I beg to notifÿ the publie that L have just received a supply of Coffins and Cas Offins and Caskets which T will sell at reasonable prices. L alse beg to re- mind the publie not to forget that 4 an selling Gouis cheaper than ever for cash and therefore don't lurget 10 give me à call when yon have cash to spend. F 4 5 A VTT 7 + T2. A7 THOS. WILKINSON, : ALBERTON. rage en quautité pour leurs vaches laitières. | À propos de trèfle, plusieurs | agronomes améritains recom- | mandent fortement de le semer | (sur la neige au printemps et disent que cette méthode est le meilieur. 11s donnent pour rai- son que la neige fondante ei! les derniers froids du prin- temps fon- crevaiser je sel et: que les grains de trèfle péné- trant nuans les milliers de ere- vasses ainsi produites, se trou-| rent suflisamment enfouies| dans le sol. De pius, le (rèfle étant semé | ainsi très à bonne heure, profite | de l: saison des pluies de mai et a le temps de “prendre,” de. couvrir la terre avant les séche-| resses, Cette manière de semer ! le trèfle est fort répandue aux! Etats-Unis ; neus ne croyons pas qu'elle le soit beaucoup. dans la province. Dans tous les | cas, la chose mérite d'être essa- | yée, nous le conseillons done! aux cultivateurs dont les pâtu- | ils ensemencent sur la neige! une certaine partie de leurs pà- | turages et qu’ils prennent soig | neusement note du résultat ;| s’il est bon, ils pourrent renou- veler l'expérience sur une plus grande échelle. | | | À now ready for Fri and Winter of Ai | | "STANDARD FASHION CATALOG: | | 100 pages—over 1,6# elcgant ïM mail Free, for oniy nt STANDARD 5 | rages manquent de trèfle. Qu'-! ogue is a grand portfolio of all the latest and best styles of Organs and Pianos. It illustrates, describes, mo Le manufacturers’ prices on Organs from $25.00 up, from $i50 up. 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