Evangeline. PREMIERE PARTIE . IL (Suite) Muet, il posa la main sur ja tête de la jeune fille, et éleva ses yeux remplis Ge larmes vers les étoiles silencieuses, qui, ‘au-dessus d'eux, poursuivaient leur route sereine que ne troublaient ni les violences, ui les soucis des mortels. Puis il s’assit auprès d'eux, et tous en- semble pleurèrent en silence. Soudain, vers le sud, une lumiè- re 8’éleva, comme en automne la lune ensanglantée, lorsqu'elle gra- vit les remparts de cristal du ciel, et que, semblable à un titan, elle allonge au-dessus de l'horizon ses cent mains surles montagnes et sur les prairies, saisissant les ro- chers et les rivières, et entassant de vastes ombres les unes sur les au- tres. Cette lumière, qui grandissait de plus en plus, brillait sur le ciel et sur la mer, et sur les vaisseaux qui reposaient dans la baie. Des co- lonnes d’une fumée éclatante s’éie- vaient, et à travers leurs ondula- tions, on voyait des jets de flamme qui apparaissaient et disparais- saient, comme les mains frémissan- tes d‘un martyr. Alors le vent saisit les charbons ardents et la paille enflammée, et, les enlevant, il les fit tourbillonner dans les airs, pendant que, d’une centaine de toits, la fumée nmon- ” tait en longues draperies entre-mê lées de langues de flammes. La foule qui était surle rivage et sur les vaisseaux contemplait ce spectacle avec stupeur. D'abord ils resterent sans parole, puis, dans leur augoisse, ils crièrent d’une voix haute : ‘Nous ne’verrons plus nos mai ! sons dans le village de Grand-Pré- Les coqs, tout d’uu coup, se mirent à chanter bruyamment dans les basses-cours, 8e figurant que le jour était venu, et en même temps, la brise du soir apporta le beugle- ment du bétail, interrompu par les aboiements des chiens. Alors s’é- leva un cri d’épouvante, semblable à ceux qni réveillent en sursaut ‘les campements endormis dans les lointaines prairies de l’ouest, ou dans les forêts qui bordent la Né- braska, lorsque les chevaux sauva-: ges, affolés de terreur, passent ra- la vi- que des pidement devant eux avec tesse du troupeaux de buffles, avec de longs mugissements, se précipitent vers la rivière. Tel était le bruit qui se répandit sur la nuit, lorsque les troupeaux et les chevavx, rompant leurs chaînes et leur clôture, s’élan- cèrent follement à travers les prai- raies. tourbillon, ou Accablés par oe spectable, le prêtre et la jeune fille, avec une tristesse muette, avaient les yeux fixés sur cette scène de terreur, qui empourprait l'horizon et s’étendait devant eux À la fin, ilsse retour- nèrent pour parler à leur silencieux compagnon. Mais, hélas .! il était tombé de son siège, et de son corps entendu sans mouvement sur le rivage, l’à- me venait de s'échapper. Le prè- tre souleva doucement la tête ina- uimée du cadavre, la jeune fille s’a- genouilla tout auprès, et dans sa terreur se lamenta tout haut. Puis elle s'envénouit et laissa tomber la tête sur le mort chéri. Toute la nuit, elle resta là étendue, plongée dansun sommeil profond et plein d’oubli. Et lorsqu'elle sortit de cette lé- thargie, elle se vit environnée d’u- ne multitude de visages amis, pâles | et remplis de larmes, qui fixaient | sur elle des regards pleins d’une douloureuse compassion. Les flam- mes du village en feu #luminaiant | toujours le pays ; elles rougissaient les cieux sur la tête des malheu- reux exilés, et brillaient sur les vi-| sages quil’entouraient. Illuisem- bla, dans le trouble de ses sens, que c'était le jour du jugement. En- és snite eile entendit unævoix lière qui di:a L'IMPARTIAL JEUDI terrons-le ici, près de la mer. Quand un temps plus heureux nous ramènera du pays inconnu de notre exil vers nos foyers, alors ces restes sacrés seront déposés pieusement dans le cimetière.’’ Ainsi parla le prètre. Kt en hâte, au bord des flots, ayant pour tor- ches funèbres les lueurs due village qui flambait, sans glas, sans livre, ilsenterrèrent le fermier de Grand Pré. Et comme le prêtre répétait la formule de douleur, qu'avec un son plaintif comme la voix d'une nom- breuse congrégation, la mer lui ré- pondit solennellement et mêla ses clameurs à l'hymne funèbre. C’é- tait la marée montante qui, avec les premières lueurs du jour, accou- rait tumultueuse et gonflée, des déserts lointains de l'Océan vers le rivage. Alors recommença encore une fois le bruit et le désordre de l’embarquement. Et avec le reflux de cette marée, les vaisseaux vo- guèrent loin de leur asile, laissant derrière eux le mort sur la rive et le village en ruines. DEUXIEME PARTIE I De longues années s'étaient écoulées depuis l’incendie de Grand Pré, depuis ce jour où les lourds vaisseaax étaient partis à la marée descendante, emportant toute une nation avec tousses biens domes- tiques dans l’exil, dans un exil sans fin et sans exemple dans l’histoire. Séparés les uns des autres, les Aca- diens furent débarqués sur diffé- rents rivages. Ils furent dispersés comme des flocons de neige, lors- que le vent du Nord-Est souffle obliquement à travers les brouil- lards qui assombrissent les bancs de Terre-Neuve. Sans amis, sans foyer, sans es- poir, ils errèrent de ville en ville, des lacs glacés du Nord aux sava- nes brülantes du Sud, des côtes blanchissantes de l'Océan jusqu’au pays où le Pêre des Faux saisit les collines dans ses mains et les en- traîne avec lui dans l'Océan, pour y ensevelir profondément leurs sables les ossements dispersés du mammouth. Ils cherchaient des amis et des foyers, mais plus d'un désespéré, le cœur brisé, ne demandait à la terre qu'une tombe, u’attendant plus ni foyer ni ami. Leur histoire est écrite sur les pierres des tombeaux dans les ci- metières. Longtemps, parmi eux, l’on vit errer et attendre une jeune fille à l'esprit doux et humble, et qui souffrait patiemment toute chose. dans Elle était belle et jeune, mais hélas ! devant elle s’étendait vaste silencieux, lugubre, le désert de la vie, avec ses sentiers tracés par les tombes de ceux qui avaient peiné et souffert avant elle : passions éteintes depuis longtemps, espé- races mortes et abandonnées ! Ainsi la route de l’'émigrant dans les déserts de l'Ouest est marquée par ‘es feux du campement depuis longtemps consumés, et par des os- sments qui blanchissent au so- lei]. Il y avait dans sa vie quelque cho- se d’incomplet, d'imparfait st. d’'in- achevé, comme serait mati- née de juin qui, avec ses chansons et son soleil, s'arrêterait soudain dans le ciel, et, en pâlissant, re- brousserait peu à peu vers l'Orient d'où elle a pris son essor. Quelque- | fois, elle errait dans les villes, puis, poussée par une fièvre intérieure let par ces désirs inquiets qui sont .| comme la faim et la soif de l’âme, |elle reprenait ses recherches inces- |santes. D'autres fois, elle rôdait dans les cimetières, laissant errer son regard sur les croix et les pierres elle s’asseyait près tombe sans nom, se disant tumulaires ; l’une ique peut-être il reposait déjà dans l: sein de la terre, et elle aurait s'endormir à côté de lui. | Parfois une ruineur, un oui-dire, lun murmure inarticulé venait de isa main aérienne lui faire signe voulu l'avaunrcer. PERFECT CURE FOR BRONCHITIS. 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Beunett, Smith & Sous, de Windsor, Nouvell:-Ecosse dit qu’il a cle ge néralement re connu jusqu'aujourlhui, que les navires de bois ont fait ieur temps, dansies provinces mariti mes, mais 1l ajoute que cette 1e est loin d’avoir été confirmée par les récentes expériences Ce aui appuis cetie assertiov, c'est la demande de piusi’urs goélettes ain: que des prtits vaisseaux, destinés à faire Île transport du bois de eharpente entre la Nouvelle Ecosse, le Nouveau-Brunswick et l'A séri- que du Sad. Le pius grand de ces vaisseaux a été construit dans, le Maiue. Quelques uns d'environ douze à quatorz- Cents tounes ont été construits à Ja Nouvrelle-Ecos:e. Les perspec'ives sont donc des plus rassarantes pour les proprie taires de vaisseanx de bois des provinces maritimes. La Compaguie Battle, nroprié- taire du steamner er, fer, et une entreprise essentie |. ment caua- dienne, à lancé plusieurs vais- seaux qui parviennent à fouruir une course de dix à donze nœuds à l'heure ; ee qui prouve que le Cavada, même dars cette indus: trie, n’est pas si ariisré qu'on le croit. M. Smüh, qui est intéréssé dans la ligne de vaisseaux ‘Bat. tie” ne doute du sucvè. final de l’entreprise. Lependant, il croit que Sydney sera choisi comme dernier em placement des chantiers de con straction maritimes. Les indusiriels de la Non- velle. Ecosse, dit enfin M. Smith, sont en train de prouver qu'ils sout aujourdhui aussi experts en fait du constraction de navi res en fer, qu'ils l'étii:nt autre. fois, quand il s'agissait de cons truire en bois. x gaere WHERE MEDICAL SCIENCE FAILS to cure rheumatism, and all the time you suffer dreadfully, why don't you get a bottle of Polson’s Nerviline and try that ? 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When cne-half the bottle was gone Î CET UE TES « a change for the. = 2& better and by the LA Ve time I had finished kr 4 two bottles my leg F: Bin? rl S Dans #0 «me was narfoctiw heal. * Ma ARE UT LE 31 ae OCT, I9OI PRET" Cut = EP ETS la PP ET EE "EEE LL n IST ae mt Re IC TT C7 cerner is 2 LT Lu. dix jours biffés, car pour un grand nombre d’entre elles, et ceci au mieux aller, un mois n’a plus qu’une vingtaine de jours où elles peuvent vaquer à leurs occupations sans trop souffrir, le reste du mois est perdu pour elles. douleurs qu’elles endurent leur font désirer gement chez leurs médecins ou ailleurs, mais sans résultats, cependant, il y aurait du soulagement pour ces femmes, car Mada- me Patrice et Madame Couture souffraient de maux semblables et elles ont été guéries, et l’histoire de leurs souffrances et de leurs guérisons racontées par elles-mêmes, intéresseront les femmes qui souTrent des mêmes maux et qui obtiendront les mêmes résultats en employant les mêmes moyens. ‘ J'ai commencé, dit Madame J. Patrice à prendre les ‘ PILULES ROUGES au mois d'avril dernier, et je les ai ‘“ prises pendant quatre mois. Dès le premier mois je sen- ‘{tis du soulagement, et après trois autres mois, tous mes ‘* maux étaieut disparus. ‘{ J'étais malade depuis huit ans, mes ‘‘ douleureuses, duraient longtemps, m'affaiblissaient beau- ‘ coup et m'obligeaient de prendre le lit ; je souffrais aussi ‘‘ de tous les maux qui accompagnent la faiblesse générale ‘comme mal de tête, mal de côtés, douleursde reins, points ‘ de côtés et nervosité. ‘ Deux Médecins, à plusieurs reprises m’avaient i- ‘{ gué leurs soins sans aucun résultat. ‘GES firent disparaître mes maux comme par enchaute- ‘ment, rendirent la force à mes membres affaiblis, ‘‘ firent de moi une femme nouvelle et me guérirent de ‘tous mes maux. ‘* J'ai écrit plusieurs fois aux médecins spé- ‘“ cialistes, ils m'ont toujours répondu avec soin ‘et leurs bons conseils m'ont été d'une grande Les Epreuves d’une Femme Les femmes comprendront facilement signification de ce calendrier avec ses Il y a même des jours cù les #F mort. Souvent elles ont cherché du soula- 1901 cÂAars Dim. LUN. MAR. MER. JEU VEN. SAM 3 | 4 314 7 1819 » | |20|21 22123 %125126127128129130\ | 1901 112 8 |# 761) ‘““ valeur. ‘ gée de prendre le lit. | Al 14 qu’elles devraient faire pour se guérir. Compagnie Chimique Franco-Américaine, No. 274 Rue St-Denis, Montréal, Canada. ‘ MADAME JOSEPH PATRICE, ‘‘ Mes maladies, dit Madame George Cou- ‘“ture, étaient arrêtées sur moi depuis long- ‘temps, lorsque je commençai à prendre les * PILULES ROUGES. ‘ été causé parce que le feu avait pris à la niai- ‘ son où je demeurais, et j'avais ‘{ me sauver dans la neige nu-pieds. ‘“ Trois médecins m'avaient soignée sans m'a - ‘ter aucun soulagement. J'avais toujours des Le ‘ Jeurs dans le corps et surtout à l’é : ‘ venir, je souffrais énormément et j'étais même souvent obli- En tout temps d'ailleurs, il m'était ‘ presque impossible de travailler. ‘ J'écrivis aux médecins spécialistes qui me donnèrent de ‘ bonus conseils et me dirent de prendre les PILULES ROU- “GES. Je pris 9 boîtes en tout, et elles me ramenèrent ‘‘ en parfaite santé. Je suis aujourd’hui forte, je vois mes ‘“ mois régulièrement, je ne souffre plus de douleurs, je ‘ suis grosse et grasse et en parfaite santé. ss ‘“ J'avais souffert de cette maladie pendant 5 ans. ne ‘ En dehors de ce retardement de mes mois, j'avais ‘4 aussi des faiblesses de cœur, des douleurs de rhuimatis- ‘“ mes, toujours mal à la tête et mal aux reins. Les PILU- | ‘“ LES ROUGES seules m'ont fait du bien. | ‘ mande aux femmes qui pourraient souffrir comme moi, | # MADAME GEORGE COUTURE, La meilleure réclame faite en faveur des | PILULES ROUGES, est celle faite par les femmes guéries, qui disent à leurs amies et à leurs voisines le bien qu’elles en ont obtenu, et qui les encouragent à suivre leur exemple et se guérir, en publiant leurs témoignages. Mais dans ces témoignages publiés, il faut aussi remarquer que la grande majorité de ces femmes qui étaient si malades et qui se sont guéries, ont pris la peine d’écrire aux Médecins Spécialistes, et par leurs conseils et l'emploi des PILULES ROUGES, elles ont obtenu la guérison de leurs maux. Il cst vrai qu'il n’est pas nécessaire pour les femmes qui veulent prendre les PILULES ROU- | GES, de consulter les Médecins Spécialistes, car les PILULES ROUGES guérissent presque toujours sans autre aide, les femmes malades. Mais on ne saurait trop conseiller aux femmes qui auraient perdu patience, ou qui seraient mala- des depuis longtemps et auraient abandonné les PILULES, ROUGES avant d'obtenir leur guérison, d: recom nencer leur usage et aussi de consulter les Médecins Spécialistes, car peut être qu'elles n’ont pa; pris les PILULES ROUGES comme elles auraient dû les prendke, alors elles apprendront d'eux Leurs avis sont gratuits, que vous écriviez ou que vous alliez les consulter à leurs bureaux au No. 274 rue St-Denis, Montréal, Les femmes devront refuser comme imitations, toutes PILULES ROUGES vendues de porte ea porte, au 100 ou à 25c. la boîte, et aussi exiger que le nom de la CIE. CHIMIQUE FRANCO- |£ AMERICAINE soit sur chaque boîte ; c’est le seul moyen d’avoir les véritables Pilules Rouges et de se guérir rapidement. Si clles ne pzuvent les obtenir de leur marchand, elles leur seront expédiées sur réception du prix, soc. la boîte ou six boîtes pour $2.50. 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