L'IMPARTIAL JEUDI. LE 20 OCT. 1904. , . . . . pars. Evidemment, ce n’était pas pour { dres un papier qui ressemblait à un à fragment de télégramme froissé, | Les deux hommes avaient roulé Avec les pincettes, il l’attira, le se- | SUT le tapis, et l'homme aux favo- coura et lut : son plaisir que Jacques Lanturelle passait pour la première fois la plus grande partie de l’année au château de Sérigny, près Lion d'Angers (Maine et Loire) et ne venait à Pa- ris que pendant un mois de prin- temps. Mais il avait épousé, l’an deruier, une très jolie veuve, la Jalousie ‘Sera à Angers, hôtel habituel, | gamedi prochain, Comptez sur dis- crétion.—Stephen.’” a La dépêche venait de Paris et é- baronne de Primontion—Adrienne, | tait adressée à Mme. Lanturneile ! pour ses amies—et, en vieux Pari- sien sceptique, ayant pas mal rôti le balai, il se méfiait de Paris com- m: d’un lieu de perdition à l’éclo- sion des cornes. I1 savait les facilités des prome- nades, la liberté imnnense laissée à la femme qui sort seule de deux à sept, sous le prétexte de couturier, de linger et de modiste, alors qu'el- le n’a ‘‘absolument rien à se met- tre.” Or,ense mariant, il avait voulu mettre dans son jeu tous les atouts pour ue pas être trompé ; il tenai! à cette originalité, c'était une sorte de manie dans laquelle il en- trait autant de suobisme que d’a- mour, Nepas être comme tous les camarades du cercle, comme tous ces idiots, béats de naissance et aveugles par accident dont on chuchotait les noms aux lundis de l'Opéra ou aux mardis de la Co- médie-Française. Quel rêve ! Cela valait bien quelques sacrifi- ces. Jacques avait donc épousé une veuve, qui, sans avoir atteint la quarantaine, avouait cependant un au de plus que lui, ayant atteint cette époque de la vie où la femme aime la tranquillité du foyer, la possession paisible et sans remords, les délectations charnelles, légitimes et confortables, sans déguisement sous des épaisses violettes, et sans d'shabillages hâtifs en pleine jour- née. Il l'avait installée à Sérigny, dans le vieux château farxilial, sous l'oeil sévère des portraits d’an- cêtres, et à quatorze kilomètres d'Augers, où Mme Lanturelle ne se rendait guère qu'une fois par mois, le samedi, pour les emplettes de la maison. A dix lieues à la ronde, des vieux chitelains âgés, collet montés et tout en Dieu, saxs le moindre Ché- rubin ou Almaviva à redouter ; et d’ailleurs, est-ce que dans cette bonne province oisive et cancanière tout ne se sait pas immédiatement ? Est-ce qu’il est possible de se ren- dre à un rendez-vous, de risquer une intrigue, de changer quoi que ce soit, au programme des habitu- des acceptées, sans que tout le pays ne se pose et ne vous pose des points d'interrogations formidables ? Et voilà pourquoi le joyeux vi- veur de jadis, le président du Club des Branconniers, le boulevardier qui avait si longtemps proclamé qu'à la campagne ‘‘tout le monde devenait vieux, sale et bête'’, avait consenti à s’enfouir dans son castel età y vivre d'une vie régulière, monotone et bourgeoise. Hâtons-nous de «dire qu’il n’était pas trop à plaindre. Adrienne, avec sa haute taille restée mince, sa chevelure bronze florentin, sa poitrine en parade, ses dents éblou- issantes, était encore fort agréable,, et possédait une science de l'amour ainsi qu'un tempérament vibrant qu'on ne trouve jamais chez les jeunes épousées. En somme, les journées n'étaient pas autrement folâtres, et même, en tuant le peti: lapin, l'heure du diner était dure à atteindre, mais les nuits étaient boanes, ce qui est quelqu: chose partout, mais particulièrement à la campagne. D'ailleurs, Mme Lanturelle pa- raissait absolument satisfaite de son sort et lorsque, parfois, Jacques éprouvait un vague regret en lisant, daus le jourual, le compte rendu de quelque fête mondaine, de quelque première à sensation ou de quelque course brillante à Auteuil, il se di- sait avec philosophie : ‘‘Je sauve mon front’. Or un de ces jours derniers, tan- dis qu’il fumait sa pipe de bruyère à la bibliothèque, suivaut de l'œil les châteaux incandescents qui s’é- levaient et disparaissaient dans le brasier, l'oreille bercée par le tic- tac de la pendule païsible et gaie, il dans sa tête. dri, humilié, vaincu par l'éternel lantes ! choisi ! Jacques la lut et la relut, hébété, avec une petite soeur froide quif perlait à la racine de ses cheveux. Les caractères dansaient devant lui. Il y avait un Stephen qui venait de Paris voir sa femme et qui lui don- nait rendez vous à l’hôtel habituel. Habituei ? tons ses sacribces, tous ses change- ments d'existence avaient été inu- tiles. autres, et, sans doute, depuis long- temps. Qui sait si ce Stephen n’é- tait pas un aucieu amant, avec le- quel on n'avait pas eu le courage de rompre au moment du mariage, et qu’on continuait à voir, par in- termittences, le samedi....quand on allant à Augers pour les emplet- tes. discrétion !.... Ainsi tous ses efforts, Il était trompé comme les On pouvait compter sur la Toutes ces idées tourbillonnaient Il se sentait amoin- féminin, par la guenon du pays de Nad, comme disait Alexandre Du- mas fils, qui s’y connaissait, Dans le désarroi au milieu duduel il se débattait, il chercha le meilleur parti à prendre. Mettre la dépé- che sous les yeux d’Adrienne, quand elle viendrait à la bibliothè- que, en demandant une explica- tion ? Mais elle inventerait, elle se défendrait, et il ne saurait rien. Ne valait-il pas mieux la suivre, et la confondre en la prenant en fla- grant délit ? De cette manière, eile ne pourrait nier. Il sera vivement le fragment de papier bleu dans son portefeuille, en prévision des pièces à fourni: un jour à quelque accusé ironique et goguenard ; et comme Adrienne entrait, il lui dit, d’une voix qui sonnait faux, bien qu'il s’efforçait de la rerdre naturelle ; —Quand comptez vous aller à Angers ? —Mais demain semedi, d'habitude, mon ami. —Voulez vous que je vous ac- compagne |! —Oh ! pas du tout, fit vivement Adrienne, J'ai un tas de choses à acheter pour la maison, toute une liste, des provisions d’épicerie, du linge de table, des stores à re- prendre chez le teinturier. Vous me gêneriez prodigieusement. —Comme vous voudrez ; j'irai alors chasser, ce jour là, chez les Fortemart. —Vous ferez beaucoup mieux. Chaque mot de cette conversa tion lui était entré en plein coeur, mais Jacques n’en laissa rien pa- raître. Le lendemain samedi, A- drienne montait en coupé pour se rendre à Angers, tandis que Lan- turelle partait, en phaéton, chasser chez les Fortemart ; mais en cours de route, il bifur. qua sur la gare de Lion D'Angers sauta dans un train qui passait et, dix minutes après il arrivait à Angers. Pris il s’em- busqua derrière un kiosque de la place de la Cathédrale, ne quittant pas des yeux ie porche de l'hôtel de la Cloche où l’on remissait tou- jours avec la voiture. Devant l'hôtel. Adrienne descendit, don- ua quelques ordres au cocher puis, remontant le boulevard elle prit, à pieg la direction du musée, et s’ar- rêta devant un petit hôtel de mo- deste apparence, l'hôtel Watteau. —Watteau ! songea avec rage Jacques, qui avait suivi à distance Watteau, le peintre des fêtes ga- Ah ! l'endroit est bien comme Il pressa le pas et arriva assez à temps pour voir le chasseur ouvrir à Adrienne le 17, au rez de chans- sée. à tout rompre, Jacques arriva de- vant la porte et, après quelques se- condes d’hésitation, il frappa bru-' yamment. Eu mousseux vint ouvrir, et Lantu- A son tour, le coeur battant Un mousieur à favoris aperçut tout à coup dans les cen- | relle lui sauta à la gorge, après a- [ voir aperçu vaguement dans le fond de la pièce Adrienne assise sur une chaise et les cheveux é ris râlait :—‘Monsieur, laissez moi ! Monsieur, je suis Stéphen.. le coiffeur de la rue de la Paix... Adrienne, une serviette sur les é- paules, s'était précipité entre les combattants, et criait désespérée : —Mon ami, mon ami, c'est mon coiffeur, laissez-le, Vous êtes fou ! Un coiffeur ! Jacques, étonné lâ- ble un jeude petits flacons, un blauc et un mordoré, avec deux godets et deux petites brosses tein- tées de couleur bronze, et tandis qu’il regardait médusé, tout cet at- tirail, Mme Lanturelle disait, très rouge : —Pardonnez-moi...mon ami... j'a quelques cheveux blancs aux temps, et tous les mois Stephen vient de Paris pour me les teindre. J'aurais voulu vous cacher cela, par coquetterie, mai: je sus désespé- rée de vous avoir fait de la peine. Est ce que vous allez moins m'ai- mer maintenant ? [es deux époux, les yeux un peu humides, tomberent dans les bres l’un de l’autre et pendant ce temps, Stephen, très enuuyé rajustait sa cravate, avant de remplir ses go- aets. RICHARD O'Moxroy Dedicace de la Nouvelle-Eglise de Saint-Anselme de Fox-Creck Malgré l'inclémence de la tem- pérature, une foule nombreuse as- sistait, mardi matin, aux jm po- santes cérémonies de la bénédic- tion et de la dédicace de la vaste et superbe église de pierre que les pa- roissiens de Saint-Anselme de Fox- Creek viennent d'élever à la gloire de Dieu, Ce grand jour, qui devait cou- ronner une longue suite de sacri- fices et de travaux, était attendu depuis longtemps et par le digne pasteur et par les généreux cito- yeus de la paroisse, Sa Grandeur Mgr Casey, évêque du diocèse, était venu présider à la dédicace du nouveau temple de pierre dont s’honorera désormais son diocèse. Un nombreux clergé entourait notre premier pasteur : M. le grand-vicaire W. C. Chap- man, St-Jean ; les Révds Pères A. Guy, A. Roy, E. E. Labbée, Ph. F. Bourgeois, H. D. LeBlanc F. Tessier, et E. Moncou, Memram- cook ; le Révd M. F. Richard, Ro- gersville ; Révds H. A. Meahan, et H. D. Cormier, Moncton ; Révd Ph. F. Belliveau, Grand’ Digue ; Révd Désiré F. Léger, St-Paul : Révd J. B. T. Martineau, Village de Richibouctou ; Révd E. Ban- non, Richibouctou ; Révd J. A. L’Archevêque, Cocagne ; Révd P. P. Dufour, Notre-Dame ; Revd F. X. Cormier, Shédiac ; Revd A. Robichaud, St-Anselme, Après la bénédiction et la dédi- cace, selon l’admirable cérémonial prescrit par le rituel romaiu, Mgr Casey célébra la première graud’- messe dans l'édifice qu'il venait de livrer au culte sacré. Sa Grandeur avait pour célébrant M. le grani-; vicaire Chapman, pour diacres d’houneur les RR. PP. Richard et Guy, et pour diacres d'office les RR. PP. Henri et François Cor- mier, Le Révd Père L’Archevê- que était maître de cérémonies. Avec quelle douce émotion M. le curé Robichaui et ses digres pa- roissiens ne devaieut-ils pas rendre grâces au Seigneur à cette heure où ils voyaient leurs voeux les plus ardents réalisés ! du collège St-Josepk, piononça le sermon de circonstance, félicitant Dieu. A l’évaugile, l£ R. P. Tessier, Isuffered a g’eat deal from Sore | le dévoué pasteur ct son troupeau, |Ointment which made a perfect | et rappelant, avec l'écriture sainte, |cure of them in a few days. I] la sublime sainteté de la maison de l'have also use 1 your Ointment fo- lothe: purpcses and find it far supe- | Après le diner, servi dans la!:ior ta anv salve on the ma-ket | We sell the most up-to-date styles. class footwear cn tre market. THE MOST COMPLETE STOCK Progress Brand Clothing, workmanship, style and fit, is unexc-:lled in Canada. Our line of Children's and Boy's Clothing is most | complete, embracing à numbzr of exclusive styles. cha prise, et aperçut a!ors sur la ta-, We are showing a very speciil rang of Min's Rub- b?r and £howerproof Coats, from $2.50 to $12.00. Ladies Ready-to-wear Dept. Here we show an extensive line of Whitewear, Underskirts, Tailormade Skirts, Shirt Waists, Sum- mer Coats & Raglans, Wrappers, Capes etc., in Boot à Shoe Dept Besides our usual large stock of staple, everyday goods for Men, Woinen and Children, we sell the ‘’Invictus Shoe'’ (made by GEO. A. Slater), and the ‘‘Hagar Shoe’”’, made by J. & T. for Men and Women, together the strongest line of fine high- DE, OF =. MIDSUMMER REQUIREMENTS Clothing Department House Furnishing Dept, This department contairs Carpets of all kinds, Wall Papers, Rugs, Squares, Window Shades, Por- tiers, Frillel and Tasseled Muslins, Window Poles and fixtures, and in fact, everything to be found in an up to-date stock of House Furnishing. Dress Goods Department In Black and Colored Dress Goods our stock is most complete, ranging from the very low priecs goods to the newest and nobbiest designs in high class dress goods. Milinery Department In this department we show a large assortment or Ready-trimmed and Outing Hats, and also put up to order any style of Hat required, same day as order is received. Hat à Cap Department We carry a complete line of Christy's London Hats, also the newest American Blocks, in Hats Caps & Sraws. which for Qur Stock of “Waltham” Watches, ‘TL,Y GUARANTEED, AND OTHER FIRST CLASS JEWELRY, IS LARGER THAN EVRE WRITE FOR OUR SPECIAL PRICES. WOOL BOUGHT FOR CASH, AT HIGHEST MARKET PRICE KR. I. HOLMAN vieille église par les bonnes dames | de Fox-Crrek. dont la renommé: culinaire a depuis longtemps fran- chi les bornes de leur paroisse, on procéfla, dans l’après-midi, à la bé- nédiction du chemin de croix. sous l’habile direction du Père Le- | Blan:, joua à plusieurs reprises, les plus jolis morceaux de son réper-| toire. Bref, la cérémonie du 11 octobre | 1904 occupera une des premières | de Mont'eur | Saint-Anselme.—Ze “mm | English Ointment CURES | Fever Sores, Salt Rheum, Scalf| Heads, Itching or Bleeding Piles, , Piuples Sore Eyes, Ringworni, | Blotches, Ervsipelas, Inflammation, | Blood Poison, (Cuts, Bruised | Burns, Sprains, Chapped Hands, | Corns, and all Eruptions cfthe| Shin from any cause whatever. It; also cures scratches, and wounds, of the Backs and Shouiders on | Horses. | PRICE, 25 AND 35 CENTS For Sale by all Druggisis and Country Merchanis NEIL McKINNON, Proprietor ! Summerside, Prince Edward Island ! JAMES THOMAS, Summerside, | Says : “I desire o bear testimony to! he great healiug powers of Mc- Kinnon’s English Ointment. I | Eyes caused by snow-blindness. was induced to try a box of your! . . | . places dans ies annales paroissiales | La fanfare du collège St-Joseph, | ! Li S Acadien. { £ Ù î 2 ES McKianon’s Là s. of AS ES K 20 L'u <d vi . €”, a ira vwiDe CV £z à Ilarmiloss, Feliahle, Rapid and É — Tifectual Curo for Diarrhoen, Dyscentery, Colic, Cramns, Pain fn the Stomach, Cholorn, Cholsra Infantum, Cholsra Morbus, Sea Sickness, SuUnamor Comnlilaint, and all Eluxos oc? ho Bowels in Children or Adults. Dosw’t experiment with’ new and untried remedies whcn you cas get Dr. Fowlers. it hes bien used in thousrnds of homes in Canada for necrly six'y yen's and satisfaction, pa ce por ! n Ever rs ’ . has always given ? save a bottle so as to : shoulc | Every package is guaranteed. Put up in full pound packages. -o cents. The ordinary so-called condition powders are put up in h pound packages and sold without guarantee at 2 5C. a package, McDonald's Condition Powders X 2XO X There is no better Blood Purifier or Nerve Tonic in the world Price a a Mac- Donald’s Condition Powders are put up in full pound packages and are 4 | fully guaranteed, and sell only at 202. a pound. See ? McDonald's Drug Store, Water Street, Summerside, is Leadquériers 1: 0r Pure Drugs and Veterinary Remedies, JAMES MacDONALD, D. y. S. Sunmerside Maux de Gorge BAUME RHUMAL