"g ! Commandant a on end D ae DRE TE EEE 77 7 ER Union fait la Force À ww Mosclier a ZA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIETAIRE. = — G. BUOTE, RÉDACTEUR. VOL. 4, NO. 5 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 14 AVRIL 1904. F. J. BUOTE, GÉRANT Il ANNEE 6x SALSA SA SR SRI SNSES ASE SAIS ESA SU & & RS RL RERSRIRERERIERSRIERIRIRERERIRIENRS PREMIERE PARTIE —('est possible ; mais, ne te dé- plaise, l’abbé, c’est mon ami; et il n'y à pas son pareil pour perdre une manille sans rechigner. Al- lons, allons, ne te fâche pas; tu sais bien que je ne suis pas un mé- créant ; tu fais, d’ailleurs, assez de prières pour deux ; et Dieu ne me défend pas, lorsqu'il pleut, ou que Chiquette m’a fait faire un déjeu- ner trop maigre, d’aller ime dis- traire en perdant une partie de cartes ou me réconforter par une tasse de café. Mais, n’a-t-on pas frappé? Il me semble entendre une plainte. G:udérique, malgré son infirmi- té, se trouve, en quelques enja:n- bées, devant la porte, qu’il ouvre. Deux corps en barraient le pas- sage : une fillette pâlie, dont les lè- vres laissent passer des gémisse- ments inarticuiés, et une femme en- core plus pâle, tombée sur l'enfant : couvertes de haillons, elles avaient l'aspect de deux mendiantes. —Viens vite, Jacques !.. Relever les deux infortunées, les porter sur le banc dans la char- mille, voir que, si l'enfant se plaint toujours, la femme n'a plus que le souffle, est l'affaire de quelques in- tants. Ils n’ont rien sous la main. Mais Gaudérique n’est jamais em- barrassé. La brouette ? dit-il; et sur une muette interrogation de son frère : Oui, à la maison. Avec des précautions infinies, le installe la pauvre | femme : il lui fait un appui, puis il pousse, dant que Monsieur le Curé lui Les persiennes tirées, FEUILLETON DE L'IMPARTIAL LA MAISON GRISE. 00000000 s'arrêtent et, ouvrant les yeux : —Maman, dit-elle, j'ai faim ! En moins de temps qu’il n’en faut pour l'écrire, le brave homme | avait pris un peu de bouillon, par petites gorgées, le faisait avaler à la fillette. La mignonne figure pâle se nu- ançait de rose et les yeux effarou- chés devenaient plus doux per dant que la petite demandait encore : —Mamau ! où est maman? Le Curë rejoignit alors quette, et le Commandant question- na l'enfant : —Comment —Graciette. —Graciette? Et puis? —(Graciette, seulement. — Et ta maman ? —Mamam s'appelle maman. —Quel âge as-tu ? —Oh ! je suis grande ; t’appelles-tu ? maman {dit que j'aurai cinq ans à la saint Martin. — D'où venez-vous ? — De là-bas.. — Et ton papa ? — Il est parti. —Où ? —Bien loin ; je ne sais pas. est matan ? répéta-t-elle. Et le Commandant n’en put tirer autre chose. —Maman est là, dit-il ; lons la voir. Prenant la petite par la main, il! Où Chi- | Ÿ ù 3 {dation suprême. La bouche se contracta, les yeux se vitrérent ; un léger spasme souleva la poitriue, les mains crispées se détendirent et et, | le calme absolu succéda à cette agi- tation de quelques instants. | L'âme délivrée paraissait devant ison Dieu et son juge, et la dé- pouille de la pauvre femme restait sur ce lit de hasard, dans une mai- son inconnue. L'ange gardien qui, radieux, ra- menait cette pauvre Âme au royau- me des élus, aurait pu établir le contraste entre un berceau luxueux, vrai fouillis de dentelles, où dor- mait une mignonne créature rose et blanche près de laquelle Dieu l’avait envoyé un j'ur, et couche d'emprunt sur laquelle une men- diante en haïllons rendait le der- nier soupir. Mais les anges gar- diens ne font pas de ces remarques. Cette scène n’avait duré que quelques minutes. —Ta mère dort, dit le Comman- dant à Graciette. doucement et viens te reposer. | es fatiguée, n’est-c pas ? —Oh ! oui. de la pauvre femme. L'enfant, visiblement harassée, rent Cans leur salle à marger, où la table servie et quelques tiraille- ments de leur estomac leur rappe- lèrent qu'ils n'avaient pas encore déjeuner. Ils se restaurèrent à la hâte et l'abbé courut à ses pauvres, pendant que le Commandant se rendait à la mairie faire les décla- rations nécessaires. L'officier de paix qui l’accompa- gna au retour se fit raconter par le menu cette tragique aventure. Le matin de l'enterrement, Chi- quette, chez le Commandant, four- rageeit dans une vaste armoire, ap- pelée l’armoire des pauvres. Les objets le plus disparates s’y trou- vaient : reites de layette à côté d’un visux couvre-pieds ; robes défraîchies, souliers d'enfant, lin- geries à demi-usées, pailles fanées, poupées sans bras, paniers sans anse, etc. Chiquette antassait tout. Tout ce que les bonnes âmes de la paroisse trouvaient de trop dans leur intérieur avait un refuge dans cette armoire. Chiquette res- taurait les effets : ie Commandant raccommodait les jouets ; il lui ar- rivait même, quelquefois, de pla- cer un rond de cuir sur un talor é- culé ; et tout celz, jouets, effets ou chaussures, portait la joie chez quelque déshérité. Ce matin, donc, Chiquette cher- chait, en monoguant : Embrasse-la | Il la souleva pour qu'’elie pût| embrasser sa mère et l'emmena! [avec l’abbé, pendant que Chiquet- nous al-ite procédait à la dernièrd toilette ; chaise, elle se retourna vers Gra: —J'ai la robe de la petite Dome- nech, qui est presque neuve. Mais ] Nous reviendrons plus tard. Fujoù estelle donc? £a tels l'a ie :voyée quand ils out quitté le deuil i de grand-père. ... Ah ! la voici. Et la prenant, avec quelques au- tres pièces de linge étalées sur une | ciette qui, enfin éveillée, prenuit, à côté, une tasse de lait. Elle avait la conduisit dans la chambre à côté, ! fut déposée sur un lit de camp, que | d’abord demandé sa mère. près du lit où la pauvre femme n’é- (le Commandant avait rapporté de| tait pas encore revenue à la vie. Chiquette s’empressait, doucement la brouette, pendant que | frottait énergiquement les poignets. | l'abbé le suit, portant dans ses bras Mais c’est en vain qu’ils mettaient la fillette, qui se plaint toujours. 2 1 "1 - Les quelques passants qu'ils ren | vie s contrent aux portes, Sur les ponts- | | des révulsifs sous ses naiines: la! ‘en allait. vations, La misère, les pri- le chagrin peut-être a- Jevis, sur la place ou daus la ruelle Loniont usé les ressources de ce tem-| qui méne à la cure, re s’étonnent pas. Tous, jardiniers en retard, pres- sés de regagner ‘eur métairie, mili. | | | | | | pérament qui avait dû être robuste. | —]] faut appeler Domenech, dit | le Cominandänt. — Inutile, répond Jacques triste- | ment. ! taires courant au quartier, Voisins qui se promènent, tons savent qne | l: maison des frères Noé est ou- verte aux déshérités et que ce n'est pas gent chez eux des affamés. Ils ar- rivent jusqu'à la cure «a ‘où Chi- quette, qui les a vus venir, accourt en bougonnant. Sans demarder d'explication, elle soulève la pauvre fetnme dans ses bras ses et la porte sur sou propre lit, où elle dé lui faire reprendre connzissance. en vain, essaie, Les deux hommes s'arrêtent dans . à ET 141à Ja salle à manger, où la soupe, « éja, servie, fume sur la table. Le Com- inanclant fait passer, entre les lèvres de l'enfant, quelques gouttes d'un t'!mau ! la première fois qu'ils héber- | tits pieds, appelait toujours : Maman ! Au même instant, la mère sou- leva la tête. Les yeux ouverts a- | vec un retour de vie se fixèrent en ‘uue expression d'angoisse indéf- | | nissable sur le prêtre et l'enfant de- ‘bout à son côté. | main : énéreux cordial ; les gémissements : Elle étendit la : les ièvres s'agitèrent en un effort désespéré, .qnelques gouttes de sueur per.èrent aux tempes, une larme unique roula sur sa joue, puis la tête retomba lourdement ; et, pendant que le prêtre, les bras étendus, pronouçait les paroles de l'absolution dernière, ces prunelles noires étrangement fixées sur lui! -etmblaient lui faire ure recommian- | baissés, | . sommeil de plomb. ses campagnes, et sur le sur lequel, | lui lavait | | par les midis caniculaires, il faisait | |fais pas de bruit. d'une vieille veste roulée les tempes avec du vinaigre, pen- | souvent une bienheureuse sieste. | réveiller, tu iras t'amuser à côté, les rideaux | l'enfant s’endormit d’un, Les deux fré- | res restèrent quelques minutes au- | près d’elle ; puis, n'avait besoin que de repos, ils re- vinrent s’agenouler près de la morte. (Chiquette l'avait revêtue ; |d’ure camisole prise dans sa garde- | robe ; les mains étaient croisées sur | lle drap blau: fleurant la lavande ; et, dans la matité de l’oreiller, au milieu de cette blancheur de neige, teintée de Chiquette avait la tête fine émergeait, reflets ivoirins. | débarrassé je visage de la poussière | les cheveux qui le recouvrait, et noirs, ent relevés, for- maient un opulent diadème; les | paupières baissées étaient frangées de longs cils et les trais, figés en SsOoIgneusenm une expressioz de repos infini, 6 | taient. malgré leur invraisemblable maigreur, d'une saisissante beauté. Près de ce lit, ‘devant üu crucifix, meuble. Après avoir Re quelques ins- taui», ivs dei ICI DC 1ctIUH, Le voyant qu'elle! un cierge brûlait | sur un petit. Maman d ort encore, répondit la servante. Je vais t'habiller, ne Pour ne pas la |avec d’aut es petites filles, et j'irai | te charcher tout à l’heure. L'enfant s'était laissé convaincre |et finissait de déjeuner en atten- dant. Puis, pendant que la bonne file la débarbouillait, la peignait let lui passait du linge vropre, elle se laissait aller à un bien-être in- |vonscient, et revêtait presque j- | yeuse la robe noire que Chiquette ; [lui passait. | doigts semblaient égrener le chape-! La petite, se dressant sur ses pe- | let sur lequel elle les avait refermés peu courte de corsage, elle était ce- | | ma- | Un peu longue de manches, un pendant décente, cette robe, et | remplaçait avantageusement les | haillons sordides qui la recouvrait la veille. Graciette faisait quel- (suite à l1 8ème. page) You are the judge of BENTLEY’S LINIMENT and if you honestly believe that no benefit has been derived from Îts use, return battle to ga TS et Ko money back. WE WILL IT because BENT- LETS LANIMENT is sold under a guar- antee to do all we ciaim. Thousands of Ca- nadians have endorsed it; try it for yourself. For sale by all dealers, but a ways insist up- on getting Bentley?s hehzs! 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