PAGE 36 Édwl hem Souvenirs d’autrefois * es souvenirs d’autrefois sont-cc des papillons gris. bleus ou blancs '? En tous cas. comme tous les chrétiens baptisés en bas âge, je ne peux me rappeler le jour même de mon baptême. Mais je crois que ma marraine n’a pas eu trop dc misère ce jour-la. car elle vit encore et se porte assez bien malgré ses quatre-vingt-dix ans et plus. J’ai souvent dit à ma mère que je me rappelais un étranger du nom Paradis qui était venu dans notre village avec un certain appareil, dans lequel on pouvait voir des portraits de personnages se succédant les uns aux Mgr J. Nazaire Poirier, natif de Miscouche, curé de Mont—Carmel et de Baie—Egmont LA PETITE SOUVENANCE autres lorsqu’on tournait une courte manivelle à ôté Je soutenais que je me rappelais cet étranger (asi- mystérieux que l‘on nommait Paradis qu'il m «ait un jour pris sur ses genoux pour me faire reg de; dans la boite magique; que j’y avais vu passer ej’y avais distingué vaguement des personnages qul je ne comprenais pas sinon qu’ils étaient des persoies humaines. Est-ce un rêve ou une imagination ve? Était-ce un véritable souvenir? J’avais beau n: cantonner dans ce souvenir fort lointain. ma mère ’a jamais voulu me croire. car. disait-elle. j’étais trop Fit, J’avais deux ans l J’ai un vague mais réel souvenir d‘un événen nt dont parle l'histoire de l’Acadie et dont on parlera et été aux fêtes qui se dérouleront pour commémoreiie deuxième centenaire de la Dispersion des Acadiensîe Grand-Pré et de Port-Royal. je veux dire le congis organisé par la Société nationale des Acadiens à couche en 1884. J’avais quatre ans. Tout ce dont je ps me rappeler c‘est qu‘il faisait beau. qu’il y avait f0 e de monde et que mon père me tenant par la main i: conduisit aux tables pour le dîner. J’ai dû y manger l' poulet. des pommes de terre. des légumes. du pain des << galettes douces >>. Il y eut des discours et d’ démonstrations. mais j’étais trop jeune pour les écout et les apprécier. L'âge scolaire venu. je pris le chemin de l’école. N01 nous trouvions six ou sept nouveaux—venus 0 commençants. Un bon jour. lorsque notre classe fi appelée. le vieil instituteur se mit à nous faire épeler de ' mots imprimés sur une carte ou écrits au tableau noii ' Il demande au premier d’épeler le mot qu'il indiquait dt f sa règle. Cet écolier commence. puis hésite. s‘embéte -‘ fait fausse route et naturellement n'arrive à rien. Le deuxième. le troisième et le quatrième sont appelés. Ils‘y‘ essaient mais s’empétrent et s’embourbent et eux aussi. n’arrivent pas au but. Enfin. c’est mon tour. Résolument je dis à haute voix et en regardant le mot indiqué. c-h-i—e-n chien. Alors le vieux maître d‘école me fait e << passer à la tète ». Ma foi. ne sachant pas ce que cela voulait dire, je ne pouvais m’enorgueillir de ma belle réussite. Arrivé à mon pupitre quelques minutes plus 2007 Il ’. t i l ‘. l