15 la demi—cécité de ma mère explique nue chez‘üùus, ce fut sonvont Papa 1e praticienü Toujouro estnïî que j'ai pu admirer maintes fois avec quelle patience et quelle dëîîcatesse, il a, êurant des semainoa, fait et refait les panaements d'une fîlîette êbouiîlontêe ä 13 cheville. Les infirmièreä ne doivant pas avoir la main plus douce que celle de mon père pour appliquer un traitement douloureux: le coeur d'un père souffre lui augsî du mal de sa fille. Papa s'y prenait merveilleusement bien. Des ablutions"assaiscnëes"de crêoline avaient raison du pansement collê â la plaie, en épargnant à la patiente douleur et infection. Pour les maux d'oreilles, le traîtoment ne manguqait ni d'originalité ni d'efficacité. Mon père prenait sa pipe, même la nuit, et il envoyait dans l'oreille malade la fumée, ayant eu soin de filtrer cellenci au travers d'un linge propre‘ Il lui ost même arrivé, ä ma connaissance, d'en« lever adroitement, sans aneäthësio, ou quasi, un morceau de vitre resté dans une plaie refermée, au talon de sa plus jeune. Ce qu'il fit avec autant d'adresse que de hardiesse! Soulagument et prompî rêtablîssement.... Comme médecin, Papa était aggez autoritaire. Quand il avait prescrit tant de jours de convalescence ä la maison après une rougeole ou une coque” luche, il n'en rotranchaît pas une souîo journéeî même ai l’intéressê en. pleurait son saoûï pour aller patiner nvoc leæ äuäresç Il lui fallait se contenter de les regardor. Sa réputation do Ëon vétérinaire se rêpaudit aussi; on venait le consu1« ter ou le chercher pour soigner 183 animaux maladeâ. Si un agneau nouveau— nê semblait en danger de mort, la oolîîcîtuäo du pasteur o‘ingêniait à le' sauver. 11 le met*aît dans un panioï et lui prodîgoaît dæa soins empressés jusqu'au rêtabîîssemant. Ce Qui était un amusement pas ordinaire pour les enfantsî Et les Êoîiä pousæsinsâ doncî... Et gare au chaïî Quand une foig î'on a vu un formîer revenir du bois avec un agnelet sur les épaules et la brebis—mère trottînant par derrière, î'on saisit plus facilement tout co que le Sauvour fie monde a voulu mettre de persuasion dans l'expression de "Bon Pasteur", pour nous faire comprendre toute la Sollicitudo qu’il appoïte à nous guérir et ä nous sauver, Jésus s‘adressait ä des connaisseurs en bergeria. Pour luimmême, par contre, il ne faisait pas grand cas de ses propres maladies. Il a souffert toute sa vie de ce qu‘il appelait son eczéma. Il ne put jamais s'astreindre à régime alimentaire qui l'eût probablement soulagé. Qui l’en bîâmerait? Devant la diète, mon père ragardait autant la besogne ä abattre que les démangeaisons ä seulager. D‘ailleurs, il accep* tait sans se plaindre les ennuis de sa maladie. Au tombeau de Mère Marguerite d’Youvîlle, un jour, ou lui suggëra de demander sa guérison ä cette bonne Mère. Il se contenta de remercier Dieu "de n'avoir pas pire que cala".