so 4 La Mere Aveugle (suite de la deuxième ) vous entendre. Ainsi vous serez tranquille sur moi.”” La bonne femme croisa ses deux bras sur sou bâton et commença ainsi, tandis que Marie fredonnait sa petite chaasounette et son doux son doux refrain : Æ{/e bon Dieu pour tous. Mais auparavant elle était venue embrasser sa giamd'- mère et mettre un paquet de feuil- lage sous ses pieds. “Oui, men enfant, dit la vieille, il y a dix ans, c'était la fête de notre village ; nous voilà tous levés de grand na- tin ; nous faisons belle toilette, et rous partons de Luzarches avec tous nos voisins pour bien nous di- vertir. On devait diner dans la fo- rêtet s'y amwuser jusqu’au soir. Ta mère, ta pauvre mère te tenait dans ses bras, st chacun te prenait à son tour : tu étais si gentille !... Moi je suivais avec les autres, ad- miraut nos jeunes gens qui s’amu- saient. Nous étions tous bien gais, bien heureux !....'1 faisait le plus beau temps du monde. —Comme aujourd’hui, maman. —Et la forêt était toute eu feuil- les. —Comme aujourd’hui. —Oui, mais elle n'était pas si- lencieuse comme elle l'est aujour- d'hui...Tiens, dit la vielle, en s'ar- rêtant, qu'est-ce douc qui remue dans les arbres ? Petite, viens ici ; vois-tu quelque chose ?’’ Le priu- ce s'était encore rapproché et ca- ché de nouveau. La petite répon- dit, sans se déanger : ‘C'est moi, bonne mère, qui fais du bruit eu cherchant mes fraises ; j'en ai déjà beaucoup. Mais, re- prit-elle, qu’es-ce denc qui faisait du bruit dans la forêt ce jour-là ? . -Ah ! ma fille, c'est qu'ily 2- vait une grande chasse à Mortefon- taine, et l'on poursuivait le cerf jusqu'ici. —Qu'est ce que c'est qu'une grande chasse, bonne mère ? dit Marie. —C'est un jeu où l'on tue les a- nimaux, ma petite. -_Tuer des animaux pour s’amu- ser, grand'maman... Oh | Ça n’est pas joli... —Ah! que veut-tu, petite, il faut bien que les riches s'amusent à quelque chose. _—Mais ils pourraient s'amuser à les nourir. Moi, je suis Si con- tente lorsque je donne à manger à mes deux poules et à mes lapins ; si je les tueis, ils ne m'amuseraient grand’ plus. —Mais, Marie, tu ne Sais donc ri L È ee firent sortir ta mère desa re- traite : elle se mit à crier à som tour ;... ou ne l’entendit pas ; les chasseurs poursuivaient leur cour- se. J'étais tombée à terre sans Connaissance ; je me sais ce qui se passa, mais le leudemair on me dit que deux grains de ploxæb avaient atteint mes yeux etque j'étais a- .veugle povr toujours. —Ah ! grand'maman, c'est ui jour de fê'e que vous avez reçu ce coup de fusil, dout ma mère pe:laii si souvent ? —Oui, chère petite un mala- droit piqueur a lâché son coup sens me voir. —Ces maiheurs-là peuvent aïri ver souvent, peusa le p'iice, qui écoutait toujours. Oh ! que l'on peut être coupable sans s'en dou ter ! -—Sans vous voi, grand ma- man ? cependant .ovs n'êtes pas petite. Oh ! mon Dieu, ii pouvait vous iuer peurtant, ce vilain-là ; mais heureusement que non. —Chère petite, tu m'aimes donc malgré la peine que je te donne. —$i je vous aime !... Ma mère, en mourant, me m'a-t-elle pas dit de vous soigner, de vous aimer ? —Chère petise, et tu remplis bien l'ordre de tamère. Maistuas tant | de mal pour me nourïir ! —Ne parlons pas de cela, gramd'meman, je ne sens pas ma! fatigue, et Dieu me donne la force | de vous servir, c’est tout ce qu il | fant. . Dieu fait pousser des fraises, | que je veads à M. le mai:e l'été, et! des châtaignes dans l'hiver. Puis la mè-e Pichon me donne du beu:- re et du lard pour garder Jeannet-| te, se jolie petite chèv'e. Je vais! faire du bois pour vons chauff:r | et je file afiu d’avo : un peu d'’ar-| gent pour vous acheter uu capu- chez qui vous gaiainiisse du froid ; et puis, grand je seïai plus grande, ma soeur de lait, mademoiselle de Solange, me prendra pour sa petiie s:rvaute : alors g'and'mamsn, dit la peiile, en joigmant ses mains eu sigue de joie, vous serez dans une belle petite chambre près Au châ- teau de madame de Solange, vous aurez un bon lit et du bon bouillon, et de bons sabots fourrés, et...Al-| lons, exb:assez votre re:ite-flle et retournons chez mous, car j'ai rem- pli mon pauier. Voilà de belles fraises bien fraiches, et M. le maire m'en donnera au moins dix sous.’’ La boune mère aveugle se leva, embrassa son enfant, et, s'appu- yant sur la petite, toutes deux re- prirent le chemin de Luzarches, Mais un léger bruit se fit enteudre, | et le pr'ace parut. ‘‘Que portez-vous là, mon en- fant ? dit-il avec bonté, en s’a- dressant à Marie. | pas que, lorsque ,le maire du villa- ge vient nous achete: un lapin, c'est pour le tuer. Ah !’ dit Marie toute chagrine ; et puis, réfléchissant un instant, elle ajouta : ‘‘Oui ; mais il le tue pour le manger et non pOur s'amu- ser. __ fille a raison, se dit le prince, qui écoutait toujours, ilyaà cela uue différence. _—Ajnsi, continua l'enfant, ce jour-là le seigneur de Mortefon- taine s'amusait à tuer un cerf... pauvre cerf !.. _Oui, dit la bonne mére, etily avait bien du monde qui l’aidait, va ! C'était use foule de voitures avec de belles dames, qui avaient des plumes sur la tête et de belles robes :; c'étaient des cavaliers cou- verts de beaux habits. Les laquais étaient plus brillants que les ma:- tres, et les chevaux couverts de housses dorées. Tout cela brillait au soleil. Le cortège était précé- dé par une musique de cors de chasse quise mélait au bruit des voitures et des chevaux. C'était un tapage à ne savoir ce qu’on fai- Moi. craignant Ja foule pour sait. j e vous entrai- a mère et pour. toi, j U nai dans un buisson, loin du tu- multe ; et ayant trouvé ume petite 1e, je dis à ta mère d'y enter, vais le moment où joindre nos amis. caba! tandis que j'obser nous pour: ions rejoime Tr Mais à peine avais-Je fait quelques pas hors de la cabane eù étaient ta mère et toi, je me sentis atteinte aux yeux par une affreuse dou- jeur, et... je n'y voyais plus. Mes —Des fraises, à votre service, mon bon memnsieur, dit l'enfant sans s'émouvoir, croyaut sans deu- te parler à u:1 maire de village. —-Combien tout cela? dit le prince eu souriant. —Ce que ‘monsieur voudra, ré- pondit la grand’mère. —T'iens, petite, dit le prince eu présentant um bel écu de ciuq francs à Marie, donue-moi tes frai- ses, dis-mei ta demeure, je te rap- perteraitou panier demain. —Oh ! dit l’enfant, en regardant l'argent qui brillait dans sa maïs, ce n’est pas la peine de vous déran- ger, mOn bon monsieur ; avec tout ça j'en achète;:ai un neuf, et i] nous restera eucore de quoi faire bien des provisions !... —Avec cinq livres ? dit le prince en souriant... et quelles sont donc les provisions que iu veux fare ? —Avec ça, dit la petite, les yeux fixés amoureusement sur son 1'é- sor, j'achèterai un sac de pommes de terre pour l’hive:, des moties à brûler pour la chauñereite de grand’mère, des sabots neufs pour elle aussi et puis.... —Comment, dit le prince, tu u’en aurais pas fini avec la pièce de cinq lives en achetant des pom- mes de terre, des sabots et des m0-- Les à bràler ? —Oh ! j'espère bien qu'il nous en reste'a, dit la petite, avec l’air d'une ménagère qui a fait ses comptes. Dame ! nous n'en avons pas souvent dans notre poche de ces écus-là ! Je n'en gagwe p2s tant pr de à De M PRET TS ESA 2e Ar “ "+ " een porrennren PS ere age tn D RO GATE DE CI ST ER PE RUE DO PERP A PO CRT tnt : DAC EP ARS re es 5 A PTT TT F PT FE L'IMPARTIAL 19068 Le bonheur des époux n’est 2e secondaire, quoi qu’en dise ’auteur d’un livre sur le mari- age paru toui dernièrement en France. La félicité parfaite est, au contraire, l'idéal de l'union de deux êtres qui s'aiment, après l'échange des serinents solennels de fidélité et d’obéissance mu- tuelles. Le difficile, sans doute, est de maintenir l'harmonie dans le ménage. Mais qui est plus digne et plus capable que la femme de faire durer cette concorde qui est la véritable source du bon- heur? La tâche n’est pas aussi difficile qu’elle paraît. Que la femme se souvienne de l’empire qu'elle possédait sur son fiancé avant de prononcer le ‘ oui”? définitif. Mais aussi qu’elle n’ou- blie pas comme elle s’efforçait de lui plaire par sa grâce enjouée, par le charme de sa conversa- tion, par les toilettes exquises dont elle savait si délicatement se parer. Qu'elle était jolie au temps des fiançailles! Ses yeux avaient une beauté expressive, ses traits fins et délicats taient avivés par le coloris d'un sang vermeil. Quand elle se livrait au gracieux marivaudage du flirt de bon goût, sa voix savait se faire douce et murmurante. Aussitôt muariées, que de femmes s’imaginent pouvoir négliger les soins qu'elles prenaient de leur corps quand elles étaient jeunes filles. Si les joies de la maternité les ont affaiblies, si les soucis du ménage ont jeté sur leur physionomie comme un voile d'inquiétude, ne doivent-elles pas réagir moralement et physiquement pour gagner, aux yeux de leur mari,l’impression pro- duite par le charme de leur jeunesse? La femme qui veut enchaîner l'amour et main- tenir le bonheur idéal dans son ménage, saura se préserver de tous les maux qui affligent son sexe. Le plus redoutable, celui qui met une em- preinte si disgracieuse sur le visage, c’est l’ap- pauvrissement du sang. Dès que le mari s’aper- çoit que sa femme devient faible et ressemble à un vase fragile, que le moindre choc peut briser il s’éloigne, la joie du ménage s'enfuit aussi vite qu’elle était venue. Pourtant il serait si facile à la femme anémi- que de prendre un médicament fortifiant, comme , les Pilules Rouges de la Compagnie Chimique Franco-Américaine, qui est le plus prompt et le plus énergique de tous. En faisant usage de ce précieux reconstituant, elle retrouvera sa force et sa grâce et elle reprendra en même temps, sur celui qu’elle aime, le charmant empire qui fait le bonheur des époux dans le ménage. Rien d'étonnant que les Pilules Rouges agissent toujours si merveilleusement. C’est une exce1- lente préparation scientifique à base de vért- | taux. Elles sont entièrement composées de pro- . duits’ naturels et absolument purs. Tout ce qui : L'IDEAL DANS LE MARIAGE. NE ET À | ' l LU F TA { | \ 117 ill fes 1) ; a | “LIN LÉ, ) ! Re pus im] LULIALL IL TOITT TT) A { entre dans leur préparation a un vertu particu- lière, dont le propre est de suppléer à la fai- blesse de l’orzanisme, à la pauvreté du sang, comme aussi à la nervosité. Et telles sont bien généralement, sinon toujours, les causes pre- mières de toutes les maladies chez les jeunes filles | ou femmes. C’est pourquoi les Pilules Rouges se recommandent incessamment à l'attention de chacune de ces pauvres femmes fatiguées, faibles, débiles et soufirantes. Peu importe leur Âge ou leur état, elles trouveront toujours dans ce re- mède leur véritable guérisseur. Les Pilules Rouges n’ont ni goût, ri arôme, leur paquetage est simple et leur prix est très modique; mais tout de même, et c’est là l'essentiel, elles sont garanties bonnes et toujours salutaires. Peut- on dire de même des autres remèdes? A toutes les femmes malades, nous voulons donner l'avantage d’une consultation gratuite. Celles, qui sont trop éloignées pour se rendre à nos bureaux, rous les invitons à nous écrire une description complète de leurs souffrances ; elles n’ont rien à craindre, toutes les lettres sont stricte- ment confidentielles. Chaque cas qui nous est ainsi soumis, est le sujet d’une étude particuiière, et la réponse qui est ensuite donnée indique le traitement propre et les conseils nécessaires à chaque maladie. Les Pilules Rouges se vendent chez tous les marchands de remèdes. Nous les envoyons aussi par la malle, dans toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, sur réception du prix, 50 centins la boîte ou six boîtes pour $2.50 Toutes les lettres doivent être adressées : COMPAGNIE CHIMIQUE T'RANCO-AMERIÇAINE, ) 274. rue St-Denis, Mntréal, Icontinua, en allant belles feuilles pour couvrir sa ré- colte, tandis que :e prince cemtem- plait la pauvre femme qui ne le vo- yait pas : plus généreux que le maire de Lu- Le prince était émus. La petite chercher de “En voilà «n monsieurs qui est Je seul Journal de Mode en Français publié au Canada. MONTERERAE MODE Paraissant , * | HARDWARE ! opened a full and AT TIGNISH . zarches, dit Marie, lui qui ne me donne jamais plus de dix sous por mon ranier de fraises |! et encore qu'il n'en trouve jamais assez...” Et voulant se reudre raison de la différence, de la géuérosité de ce- lui-ciet de la lésinerie de l’autre, elle se brouilla si bien daas son ad- ditiou, qu'elle c’u: avoir vendu en un jonr pour toLie Une SalsO'. ‘Tenez, mon ben monsieur, dit- elle, quand vous en voud'ez, c'est à vote service ; je suis la petite Marie à la mère aveugle de Luzar- ches. Oh! tout le monde nous connaît dans ce pays. —Merci, mon enfant, dit prince en prenant le paxier, je u’oublierai pas d'aller te voir.” (à suivre) le ee mme met Langue de Boeuf de Clark est toujours de mise sur uxe table bien servie. Son goût délicat la fait estimer ae tous. Elle est ten dre, appetissante et savoureuse, mme WEARIG AWAY YOUR LUNGS ? 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