er à Une peur du Diable Histoire vraie ——— —Moi, je n'ai jamais eu peur de ma vie ! —Ouais ! la peur, c'est une bé- tise ! | s —Bien vrai, une bêtise bonne bonne pour les femmes ! De mon siège dans les chars, j'entendais ces gais propos de trois commis voyageurs, en quête de pratiques et d'aventures. (Cela me rappela la ‘‘grande peur’’ de Ma- xime Roy, dans mon jeune temps. Et je riais en moi même de ces trois ‘‘farauds.”’ Laissez-moi vous conter cette lis toire vraie. Parmi mes compagnons d'école, le plus faraud était bisn certaine- ment Maxime Roy. Agé de onze aus comme moi, il n'avait pas son pareil pour les tours d'adresse, les bons et mauvais coups. jamais il ne reculait, toujours le tornpet en avant. Et si on parlait entre nous de quelque chose de difficiie, il riait à s’en rouler par terre. Mais si nous disions d'une chose qu'elle é- tait impossible, il nous faisait un pied de nez en disant : Impossible, connais pas Ça, ren'est pas dans mou français ! Comme vous voyez, ce Maxime Roy était bien tout taillé pour être un commis voyageur. Jugez de uotre surprise quand un bon jour de février, nous le vimes arriver à l'école, tout pâleet son- geur, osant à peine nous regarder en face comme de coutume. — comme il a la façon courte, ce ma- tin, disions nous. Bien sûr qu'il est malade, ou il a attrapé une bonne volée ! Plus que difficile de lui demander son secret : il. fallait que ça vint de lui même, ou bien le questionneur aurait reçu des coups plus que moins. Et il garda son air songeur peu- dan! toute la classe. Comme nous sortions, il mit son bras dans le mien, et me dit à de- mi voix : Viens par ici un peu, veut tu? Et nous primes tous deux un petit sentier qui traversait le bois de sapins, et nous amenait chez nous en faisant un grand dé- tour. Quand nous fûmes loin de toute vue, il me fit asseoir avec lui sur une pierre mouss'e, et poussa un gros soupir. —Mais, Maxime, lui dis je, tu as le visage tout changé, tout b'ême : pour sûr, tu es malade. C'était mieux pour toi dete faire soigner par ta mère, au lieu de ve- nir à l’école aujourd'hui. _Pour être malade, me répond il, je le s'is ; oui, j'ai mal au coeur. Vous me connaissez tous : tu sais que je ne suis pas aisé à a- Je m'en suis toujours Eh bien, ce matin, j'ai eu Mais, je au peurer. vanté. uve peur ‘‘du diable.” ne voudrais pas pour tout monde que nos conpagnons le sau- raient. Cependant, ça m'étouffe de garder ça secret. Si tu veux me promettre d'en jamais souffèr un mot à personne, je vais tout te conter. __'Tiens, non, dis-je, jamais je peux croire ça, et tu m'épouvantes gros, rien qu’à me dire que tu as eu une si grande peur, toi, Maxime Roy, le brave des braves, pour qui rien n'est impossible. Faut douc que tu aies vu le diable en per- sonne ? _Hcoute pour voir, mais pro- mets bien que tu n’en diras mot à nos compagnons. Promets Sur tes pouces en croix. Fais ça pour un ami. Ça me soulagera. Pour le contenter, je mis es pouces en croix l'un sur l’autre et je les baisai. Puis je lui dis : _-Maxime, j'ai souleur de ta sur. Voyons, conte-moi Ça. Pendant deux minutes, il demeu- ra latête basse, puis il me conta aiusi sou aventure. __Ce matin, comme de coutume, je me levai à cinu heures, pour al- jer donner du foin à nos chevaux. Il avait fait une grosse tempête de neige et de vent pendant la nuit, mais j'en avais vu bien d’autres. Mon collet relevé, mon casque bien calé, d'une course je fus à la porte des bâtiments. J'eutre dans l'écirie : les c'e- [vaux et les vaches tournent la tête! et me font un regard d'amitié. Je passe à la batterie ; je prends une fourche de fer et je monte dans l'é- chelle pour aller en haut sur 12 fe- nil afiu de déhouler quelques bras- £es de foin pour mes bêtes. Quand je fus rendu au dernier échelon, j'avais la tête au dessus du foin, Et 13, droit devant moi, ‘dans le pignon, j'aperçois une graude figure tout en blanc, les bras en :roix, Le coeur me serre, me glace. Je. regarde bien fixement. Jeune me trompais pas : c'était un graud fan- tôme blanc dont les bras étaient en Croix. Est ce une âme en peine, ou un revenant, que je me dis. Non, c'est plutôt uotre engagé qui s’est eneloppé dans un drap pour me fair: peur. | Je crie: Pierrot, c'est y toi? rarle, ou je vais te percer avec la fourche. | Pour ré: onse, j'entends gronder le vent et craquer le cmbl'e de la grauge. | Je me dis à moi même : C'est. bien trop grand pour Pierrot. Que faire ? Fallait bien monter pour jeter du L'IMPARTIAL 1908 Les Savons qui Contiennent des Ingrédients Injurieux Dévorent la Crasse, mais ils détruisent aussi le linge. Vous avez sans doute déjà employé du savon -qui nettoyait votre linge rapidement, mais, plus tard, vous avez dû vous apercevoir qu'il l'avait détruit. Le Sunlight Savon est garanti être absolument pur ; ne contient nul ingrédient qui puisse injurier les tissus les plus délicats. Il lave également bien dans l'eau douce ou dure, sans faire bouillir, * sans frottement pénible. Suivez les directions sur le paquet et vous ferez un meilleur lavage avec moins d'ouvrage. F Votre marchand est autorisé à rembourser le prix d'achat À quicon- que a raison de s'en plaindre. LEVER BROTHERS LIMITED, TORONTO 1005 F Les Fillettes Sunlight admirent les résultats uits par la m e de laver suivant Sunlight. foin en bas. Mais avancer sans sa voir ce que c'était, tout brave que je suis, le coeur me wmauquait. On dit que dans une grande pzur, les cheveux nous vienuent à pic sur la tête : vrai, j'ai alors senti Ça. Donc, je crie aussi fort que je peux, et je dis à l'apparition : Si tu viens de la part de Dieu, parle. Mais si tu viens du diable, vat eu au nom de Dieu. Rien ne parle ni ne remue ; le fantôme me semble grandir et ap- procher, Je suppose parce que je le regardais fixem=nt. Une dernière fois, situ ne parle pas, je vaiste percer de ina fou:- che. Pas mot. Alors je raidis mon bras de tou- te ma force, et je lance la fourche au coeur du fantôme. J'étais sûr de mon coup : bien des fois, je l'avais aiusi enfoncée dans les planches. La fourche devait donc avoir pi- qué, percé, transpercé : j'en étais certain. Mais en retour, je m'at- tendais à quelque chose de terrible. Un esprit, bon ou mauvais, ne s: laisse pas maganer par un petit Maxime Roy saus lui donner un bon rechange. Le fantôme allait | me faire des yeux terribles, pousser | es hurlements épouvantables, souffler sur moi des flammes qui} allaieut æm’anuéantir. | Je m'attendais à tout ma vie! était dans mes yeux. | | | Ah, mon ami, situ avais vu: comme moi | La fouch: enfonce dans l’appari- tion qui s’agite, s’ébraule. J'en- tends le coup qui transperce le bois, et un grand frottement, un ‘‘brou- che’ qui me fit plier les épaules. | Et voilà que tête, et bras en croix, et tout le corps s’abîme dans le foin. Et à la même place, je ne vois plus que les fentes du pignon à travers lesquelles passait la luer du petit jour. Je saute sur le foin, reprencs ma fourche, et de mon pied j'écrase cette neige que le vent avait fait rafaler pendant la nuit. Et com- me l'étable était juste au dessous, la chaleur qui en montäit avait pé- nétré le plancher et le foin, et reu- du le pignon humide, Et la neige poussée par le vent, s'y était coilée en prenant la forme qui m'avait fait si grand peur, la première sou- leur de ma vie. Etdire que moi Maxime Roy, j'ai manqué mourir de peur devent uwe petite poudrie si mes compagnons savaient cela, comme ils se rioqueraient de moi. —A ta place, Maxime, tous nos compagnons, moi le ; remier, se se- raient évanouis morts de peur, et se seraient sauvée vite à la maison. Faut être brave comme toi, Maxi- me, pour avoir parlé et dardé ce terrible fantôme. Moi, bien sûr et certain, je u’en aurais jamais été capable. . — N'importe, dit Maxime en se levant, garde moi le secret. J'ai le coeur soulagé, mais je ne rirai plus jamais de ceux qui auront Pilules Rouges POUR LES Femmes Pales et Faibles. 1 7 71 4 7KÆ REMEDE EFFICACE GUERIT TOUTES LES MA 1 VEUSES ET COMPLIQUÉES PARTICULIÈRES Aux FEMMES! 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