—x::zrn‘:: S- mU mz<CnIOI= PAGE 30‘ . 4H! I'B—< >1— ' UU>IOZ>FU acadiennes de la paroisse. C‘était une scène tout à fait familière de le voir. livre à la main. s‘arrêter sur le bord de la route pour s‘entretenir avec un ou une passant(e); ou bien encore. discuter et questionner quelques élèves sur le terrain de l‘école du district. A de tels moments. il ne s‘agissait que de lui dire: << Moi. je suis le garçon. ou la fille. de tel... » pour que l'historien Blanchard sorte de sa mémoire mille détails et faits se rapportant aux ancêtres de la personne en cause: la date de l‘arrivée des ancêtres à l‘lle. leur établissement dans la paroisse. leur époux ou épouse. le nom des enfants et le reste. On aurait dit qu‘il n‘était content que lorsqu‘il avait réussi en quelque sorte à réveiller chez son interlocuteur un intérêt à en savoir plus long sur la vie d‘autrefois et à avoir une meilleure compré- hension du vécu acadien. Le plus beau des témoignages que l‘on lui a rendus nous est parvenu du père Clément Cormier. c.s.c.. ancien recteur de l'Université de Moncton. Dans une lettre qu‘il a envoyée à Je’rémie Pineau. de Summerside. en 198|. et dans laquelle il fait l‘éloge de monsieur Blanchard. le père Cormier écrit : Il connaissait l'lle plus que quiconque. Tout lui e'taitfamilier : les terres. les sites historiques. les bâtiments, les personnalités, les dates... J'ai eu l'occasion de voyager en sa compagnie dans l 'lle. Partout les choses évoquaient des souvenirs qu 'il avait le don de raconter avec verve. Ses yeux pétillants savaient sourire et réveil/aient sa grande complaisance à faire revivre le passé. Jamais. au grand jamais. en faisant simplement la lecture des écrits historiques de monsieur Blanchard. on ne pourra apprécier à sa juste valeur les vastes connaissances historiques de cet homme. ll aurait fallu l‘entendre parler avec tant de passion et d‘amour intense de tout ce qui était historique et passé pour réaliser pleinement ce que l‘histoire signifiait pour lui. Peut-être à ce moment—la. aurait-on mieux compris et su pourquoi il fut sans contredit l‘historien par excellence de l‘Île— du—Prince-Édouard. ll était. comme le disait encore si bien monsieur Baudry. << l’histoire de son Île». Sans aucun doute. la passion qu‘il démontrait pour les choses du passé. ces graines de semence que sa grand-mère Virginie avait semées en lui au moyen de ses contes avaient poussé dans LA PETITE SOUVENANCE' ' . 2003 un terrain très fertile. Elle. j’en suis certain, aurait été des plus contentes des résultats que son travail avait rapportés. À la suite de la publication et la parution de ses deux premiers écrits historiques. sa réputation d’auteur et d‘historien lui a permis d‘établir des contacts plus étroits avec d‘autres gens des provinces Maritimes intéressés comme lui à faire connaître l‘ensemble de l‘histoire du peuple acadien. Liés donc par ce goût commun qui est l‘histoire de leurs ancêtres. ces quelques passionnés et fervents patriotes ont décidé en l928 de fonder la Société historique et littéraire acadienne. Nommé vice-président. monsieur Blanchard représentait l‘lle-du-Prince—Édouard au sein de cette organisation. En dépit de beaucoup de bonne volonté et d‘un travail sérieux. la Société n‘a jamais pu évoluer comme l‘auraient tant voulu ses dignes fondateurs. En 1941. l‘on a vraiment tenté de la ranimer mais. même avec la nomination de monsieur Blanchard au poste de président. les nombreuses difficultés auxquelles les membres devaient faire face furent insurrnontables empêchant donc à la Société de faire son chemin. Heureu— sement. ces premières tentatives ne furent pas complètement perdues. Ainsi. en 1960. une nouvelle société historique acadienne a vu le jour. laquelle organisation n‘en finit plus de faire connaître. surtout par sa revue Les cahiers. parmi les Acadiens et dans l‘ensemble du Canada. la culture et le patrimoine que nos ancêtres nous ont légués. Toujours avide de nouvelles connaissances. cherchant aussi à se rapprocher un peu plus de ses racines ancestrales. Henri Blanchard traversa l‘Atlantique au printemps de 1928 pour se diriger vers l'Europe. Passant par l‘AngleterTe en premier. il se rendit à Paris et à l‘Université de la Sorbonne pour y suivre des cours d‘été en histoire. en langue et en art. Ce bref séjour en France lui avait pennis de visiter plusieurs points et sites d‘intérêt historique et. surtout. lui avait donné la chance de mieux connaître l'âme et la mentalité françaises. Animé par un nouvel élan de patriotisme et d'enthousiasme pour la cause qu‘il voyait maintenant plus pressante et chère. il retourna chez lui à la fin de l‘été détenniné à travailler encore plus fort que jamais... Chapitre VI : Les grandes années pour lui et la Société Saint-Thomas-d’Aquin La mise sur pied des concours de français; cours d'ete' à l'Université Mount Allison; discours devant le Congrès de la langue française; il obtient des bourses d'études au Québec et aux Maritimes; les cours d’e‘te pour les instituteurs acadiens a l lle. ll accordait maintenant de plus en plus de son temps libre pour le travail de l‘avancement des Acadiens de l‘lle. Tout comme les autres chefs de file de l‘époque. Henri Blanchard comprenait que la survivance du fait français sur l‘lle-du— Prince-Édouard se trouvait chez les jeunes Acadiens et Acadiennes qui s‘instruisaient dans les petites écoles. ll savait qu‘il fallait à tout prix atteindre les jeunes esprits et stimuler chez eux un intérêt plus grand et un amour pour le français. Autrement. l‘on risquait de perdre ces jeunes et par conséquent la lutte même. car il n y aurait bientôt plus personne pour continuer le travail entrepris. A l‘été de 1929. les instituteurs et les institutrices acadiens se réunirent à Palmer-Road pour leur congrès annuel. A cette réunion. ils ont beaucoup parlé de la difficulté que l‘on avait à capter l’imagination des jeunes pour le fait