re re he “mere 2 ça jui-mêrnie, Sans gratte tt tn mn LA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. SL Union = LE ME) 2 fait “ " . la Force? à > ww Moscler mt G. BUOTE, RÉDACTEUR. = ———— + F. J. BUOTE, GÉRANT VOL. 3. NO, 38 TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD . JEUDI LE 29 OCT. 1908. Il ANNEE mme PRIS RSA IA SAR SALSA LRS. \ o FEUILLETON DE L'IMPARTIA y 0006000000 Gravement, l’Aigle-Impétueux | tres chevaux de Grafft marchaient compléta ce récit : | docilement. “Le Jaguar-Blanc, dit-il, m'a} ‘‘Il faut dormir, dit l’oncle Mar- mortellement offensé. Voleur com- (tin, qui semblait plus abattu de- meun chaca|, il m'a pris Sourire- | puis que la bataille avait pris fin. du-Ciel, la ferine aimée de l’Aigle. | Claude a décidément raison : des “J'ai délivré le guerrier à face | voyages de ce genre n’ont rien de pâle ; le Jaguar-Blanc est mort, et|commun avec une partie de plai- tout à l'heure je reprendrai mon sir. coursier. J'ai dit. | —Comment ! c’est vous qui par —Vous êtes le plus noble et le }lez ainsi, mon oncle ? Parisien, plus brave des guerriers qui aient {va ! Eh bien ! moi, c’est tout le jamais marché sur le sentier de la | contraire que je pense à présent. guerre, l’Aigle-Impétueux. Notre — Pour combien de temps ? cœur se marie avec votre cœur, et! —Je n’en sais rien. Mais ce tra- notre main veut se mettre dans la | lala, ces coups de feu, les bons votre en signe d'amitié. coups à donner ét à recevoir m'ap- —Oui, sacrebleu ! dit Michon | paraissent à cette heure comme des en tendant sa main à l'Indien, le | passe-temps qui réconforteut, Je sourire aux lèvres, vous êtes un |sens circuler mon sang dans mes lapin, sans vous offenser. Chez /|veines, ma parole d'honneur, et . de L + si Éd | nous ça veut dire un rude mâtin, | c’est la première fois que j’ai cons- et je serai fier d'être votre ami. | cience d’être vraiment jeune et vi- —Le Guerrier Maigre, dit l’Ai- | goureux. gle- -il parlait de Michon—est aussi | —Jeune !’’ grommela l'oncle a- brave que les plus fiers ancêtres de | vec une pointe d'amertume, ma tribu, mais il ne sait pas faire| Puisla voix grave de l’Indien la guerre dans la prairie. |s'éleva. —Eh ! non, pardi! vous m’'ap-| prendrez, mou cher ami. Le Guer-|il, feront bien de goûter le sommeil rier Maigre y mettra du sien, je | bienfaisant.” vous le promets.”” | Cela dit, ilse coucha sur le sol. Annah Billenbrock riait, mais | On avait trouvé sur les chevaux tout à coup elle vit du sang au|ramenés par l’Aigle-Impétueux poignet de son neveu. des couvertures en assez grand “Yous êtes blessé, Claude ? JIui!nombre, de jiit à demanda-t-elle. | Grafft dans ses chevauchées au dé- Oh! fit Michon, pas ému du sert. Chacun en prit une. ‘Mes frères au visage pâle, dit- qui servaient tout, ça doit avoir coulé de mon | “ah fit une couche assez moœlleuse | ? | L F : La balle de ce misérable | au vieux Martin avec celles qui! épaule. ne a étratigné le Guerrier Maigre. Ce | restaient, et l'on s'endormit. n’est rien. “S'il y a un danger, avait dit —Oh! mon ami! la Californienne en l’embrassant, | ront avant nous, et le bruit qu'ils car ellene trouva rien de mieux | feront nous éveillera. pour lui témoigner son admiration. | Mais la nuit se passa tranquille- —Voyons, ma tante, dit Claude, | ment. ne vous attendrissez pas. Je suis Au jour, l’oncle Martin dormait . . de nous tous le seul qui doive des Il fut dé- chandelles à tout le monde. Vous cidé qu’on ne l’arrachetait pas au m'avez sauvé la vie, miss Gartuer sommeil. Charlie, plus dispos, m'a sauvé la vie, Boubou m'a sauvé | grâce au pansement de l’Indien, é- 2 £ ” » A1 » 5,4 a + la arphe 1 la vie et l'Aigle-Impètueux m a | tait en état de marcher. Michon sauvé la vie....Tandis que moi... ;Se ressentait à peine de sa blessure. ‘Un docteur de Paris aurait mis murmura encore profondément. f Et voyez ce brave Indien, il ne se! dk Re Pa plaint pas davantage. Pourtant, jun mois à me guérir de ce bobo, dit- sa blessure est affreuse.”” il. Si ie bon Serpent veut venir en Mais le Peau-Rouge sourit : | rance exercer la chirurgie, il fera “Dans trois lunes, dit-il, le guer-| tortue en trois ans. rier Chrékoë sera guéri. | Le Peau-Rouge sourit. _—Et vous, mataute, vous avez! ‘‘Mais pourquoi, diable, lui de- été quelque peu froissée ? |manda Claude, n’avez-vous pas ' Bah ! répondit la Billenbrock, | scalpé cet énorme animal de Grafit, [le I Blanc |le Jaguar-Blanc ? . » je ne m'en souviens déjà plus. RG TT ; —],e Cherékoëe, répondit le jeu- Elisabeth ne prenait aucune par . " > > . a 1 é PA > à l’entretie:1. Elle se laimentait au- | ne chef, ne scalpe plusses enne près de Charlie, dont tous les mem | mis. C : s avec les-| ‘La vérité, c'est ssés par les cordes avec les- | ' bres, ble p Mme RÉ. quelles Grafft l'avait attaché au, . . . Fit CS ù 2. à | à - cheval, restaient pour ainsi dire pa-|tion, avait tenu à paraître moins |sauvage que l’immonde cow-boy, ralysés. Mais le brave In . e } 1 ‘ Ann > Le, rec cer- | de lui arracher sa chevelure, chercher autour de lui. Avec | | A ven ines herbes qu'il cueillit en abon-|! A huit heures et demie, l’oncle tain ? F | bé à : dus ï Li > | cort : 1 à sur : .- Boubou, ilfit de sortit de son sommeil et se mit dance, aide pal imitives resscs rimitives Comp | A . P jiquées sur tout le corps de |me ne paraissait guère apP 4 . anrès auoi, il voulut pan- fut convenu Charlie ; apres 449”, ss s bê Michou. Puis enfin, il se pan- | Little-Muunt à cheval sur les bê- r icno!:. né - ; + a laisser voir sur | Les de Grafit. ? ue l’Aigle-Im- étueux, déjà frotté de civilisa- : | »: 3 à 4 1e le IT . qui furent ses jambes. Mais le pauvre hom solide. Il qu’on se rendrait à loin de cette Qu" cible la moindre! ‘‘Soumes nous on visage impassible la LS Re ‘on de so ffrance ville ? demanda Martin. essio sauce. | Ds SC Fo a 7 vovait! —À cheval, répondit Charlie, il s i ñ 0 y uit tombait, © ) DE à : ee In-|nous faudra six heures environ.’ déjà qu'à une courte distance. fatigable, l'Aigle S €1018na #4 æ CR vint bientôt, ramenant jument Claude ne riait capitana autour de laqueit l . | A cheval ! et son en- 1 . nius les au- | thousiasme pour la vie d'aventures L'AVENTURIER MALGRE LUI. 4 RISANIRIRS RIRE RIRIRIRIRIRIRIERIRERIU RE An- | Charlie, les chevaux le pressenti- dien s'était mis à | qui s'était vanté, comme on sait, | L | 3 S venait de tomber à plat. — Est-ce qu’il n'y a pas de route / tracée ? demanda-t-il avec une ti- midité si manifeste que sa tante le icrut retombé dans une phase de | terreurs nouvelles. — Non, répondit le fiancé d’E- lisabeth. — Ah !”’ fit Claude sur un ton singulier, Cependant, il prit son parti en brave. Mais quand il lui fallut se hisser sur des chevaux, ce fut une comédie à mourir de rire. Il était à côté de sa monture, sur le Cos de laquelle, en guise de selie, se trouvait seulement une couverture retenue par une sangle primitive, et il se demandait par quel prodige il parviendrait à mon- | ter. S'il y avait eu des étriers, son embarras n'aurait pas été grand. Mais non, rien qui pâût lui servir à s’exhausser jusqu’au garrot. Pendant qu’ilse morfondait en proie à cette perplexité, on instal- lait l'oncle Martin sur l’animal le plus paisible du troupeau, et Char- lie était également l’objet des at- | tentions de tous. | L'Indien sauta d’un bond sur le |coursier qu’il avait choisi. Annah | Billenbrock se mit crânement à ca- | lifourchon, ainsi que miss Gartner, let l’on allait partir quand on s’a- | perçut que Claude n’avait pas en- | | core trouvé la solution du problè- me. ‘Ah fait, c’est vrai, dit mis- itress Martin, vous n'avez jamais eu un cheval eutre les jambes ? — Jamais, répondit Claude. —Boubou, commanda la prési- dente, mets ton maître en selle. — En selle ! en selle ! répéta Mi- chon, c’est une métaphore.” Mais le boy avait sauté à bas ée sa bête et courxit auprès de Mi- chon. ‘‘Prenez une poignée de crins de la main gauche, lui dit-il, et la sangle de la main droite, le plus loin possible de l’autre côté du che- val. — Voilà ! dit Michon. —Donnez-moi votre pied gauche, sans vous retourner, reprit Boubou, | Bon ! enlevez-vous maintenant, ça | y est. | —Ah!mon Dieu ! comme c'est simple, voulut dire le neveu de Mar- (tin. Mais il n’en eut pas le temps. |Sa monture, un peu vive, s'était mise à caracoler, et la question d’é- | quilibre s’imposa, terriblement im- |périeuse. (Claude serrait les jaa- | bes, s’accrochaït à la crinière, pen- |chait à gauche, glissait à droite, | perdait son chapeau, embrassait de |toute sa force le cou de son chzval. Et l’animal malin, sentant l’inex- | périence de son cavalier, s'amusait | à gambader. | Le pauvre garçon neriait pas. | Ii ne lui était encore rien arrivé de et l’amour des a- plus d sistreux, ventures, 56 de la veille dans son âme, jerdait beaucoup de terrain en cé moirent. | Il fallut empl yer les grands mo- yens. Boubox prit le quadrupède de son iaiître par la bride et le fit marcher jusqu’à ce qu’à ce que la caravane fût tout à fait en campa on o i : L'indien Gil "tn 1646. PT Sick Headache, Biliousness, Dys- pepsia, Coated Tongue, Foul Breath, Heart Burn, Water» Brash, or any Disease of the Stomach, Liver or Bowels. Laxa-Liver Pills are purely vegetable ; neither gripe, weaken nor sicken, are easy to take and prompt to act. lui, Annah pérégrinait au côté de son mari. Au milieu, Charlie et miss Gartner. Et enfin, Boubou, qui savait tout faire, s’avançait, très occupé, à maintenir au pas le cheval de Michon. Car on allait au pas, heureuse- ment pour Claude, à cause du vieux Martin, décidément surmené par les dernières fatigues, et à cau- se du fiancé de Lisbeth. À midi, on s'arrêta. Il neres- tait plus que trois h-ures de route à faire. Les solitudes commen- çaient à se peupkr d'animaux en überté, qui paissaient ça et là. Un autre petit bois offrit un abri aux voyageurs contre les ardeurs d’un soleil dont l'oncle Arsène se | plaignait. I] fallait que le pauvre homme | Fât réellement bien malade pour | qu’on l’entevdit exhaler des sou- | pirs qui témoignaient d’un état a- llarmant. Michon commençait à {prendre de l’aplomb età oser se souvenir des maigres connaissances | que possède tout Européen en mé* decine, c’est-à-dire qu'il tâta le pouls de son oncle. Ilfut effrayé en constatant que le vieillard était eu proie à la fièvre la plus intense, Sa peau brûlante et sèche, ses yeux eufoncés dans les orbites, ses épau- es qui se voûtaient, constituaient | d'autres symptômes plus qu’inquié- |tants. | C’est à peine si le bonhomme consentit à manger. D'ailleurs, | comme la veille, la chère était imai- | gre, quelques oiseaux et une cuisse d’antilope. Martin préféra dormir pour récupérer les forces nécessai- res à l'achèvement du voyage. ‘‘Décidement, disait-il, à mon âge, il vaut mieux, quelque solide ‘qu'on soit, coucher dans son lit et ne pas changer de cuisine.’? À trois heurs on repartit. (Clau- de remonta presque iout seul sur son bucéphale. Pendant la mar- che du matin il avait étudié l'art de placer ses cuisses, d’en faire sen- tir la pression au cheval et de ne pas être trop secoué quand l’ani- mal prenait le trot. Bref, il pouvait, à la rigueur, se passer des attentions du Boubou. Et il songeait : ‘*Vraiment, je n’ai pas trop de malchance. Le mal de mer n’a pas été inventé pour moi. La bi- cyclette est un instrument dont je jouerai tout comme un autre quand je voudrai. ÆEn moins d'un trimes- tre, je me tiendrai à cheval, beau- coup moins bien que l’ Aïgle-Impé- tueux, à la vérité, mais correcte- Jusqu'ici les aventures ont ment. [tourné à mon avantage. Pauvre, és (Suite à la Swe. 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