LE 2 ne L'IMPARTIAL JEUDI LE 18 DECEMBRE, 1902 Les Anglais et Jeanne d'Arc Q———— + —0 Une Amende Honorable On Le) Paris, 1er. Décembre. Une des conséquences les plus curieuses et les plus imprévues du couronnement du roi Edouard VII a été de donner une impulsion nou- velle au mouvement d'opinion qui, depuis un certain nombre d'années, s'était produit en faveur de Jeanne d'Arc, dans l’esprit des Anglais. Un peuple qui avait attaché tant d'intérêt à une cérémonie histori- que, si difficile à concilier en appa- rence avec l’esprit et les tendances générales du vingtième siècle, de- vait plus facilement comprendre que toute autre nation de l’Europe l'importance de la mission assignée à la vierge de Domrémy. Il fallait à tout prix que Charles VII fut sa- cré à Reims, car aux yeux d’un Français du temps passé, aussi bien que d’un Anglais de nos jours, un roi qui n’a pas été couronné n’est pas un roi. Telle est, à notre avis, la princi- pale cause du succès que les publi- cations historiques où sont célébrés les exploits de l’héroine nationale de la France obtiennent en ce mo- ment de l’autre côté de la Manche. Les origines du revirement qui vient de s'achever dans l’esprit de nos voisins ne paraissent pas très anciennes. Ce n’est pas que, de- puis de longues années, tous les Anglais éclairés n’eussent cessé de voir, dans la plus glorieuse et la plus immaculée des victimes de leur politique éternellement ineworable à travers les siècles une sorcière sus- citée par la puissance de l'enfer ; mais tout en ayant renoncé à des préjugés qui remontaient au quin- zième siècle, ies descendants des compagnons de Bedford et de Tal- bot portaient d'un cœur léger le souvenir du crime commis par leurs ancêtres. sorte d'amende honorable, qui sou- lagerait la conscience d’un peuple prêt à profiter de la première occa- sion pour effacer la page la plus sombre de son histoire, est de date assez récente. Lord Dufferin, à l’époque où il était ambassadeur d'Angleterre à Paris, eut un moment l’idée de se rendre aux fêtes qui furent célé- brées, à Orléans, sous les auspices de l’épiscopat français, avec plus d'éclat que de coutume, pour rap- peler les exploits de l’héroine na- tionale, dont un certain nombre de prélats voulaient faire une sainte officiellement reconnue par le saint- siège ; mais le vrudent diplomate n'osa pas mettre son projet à exé- cution. Il creignit de s'associer personnellement, d'une façon trop ostensible à des cérémonies qui au- raient pu être interprêtées comme des manifestations religieuses quel- que peu suspectes aux ministres et à la majorité parlementaire alors au pouvoir au palais Bourbon. Le représentant de la reine Vic- toria sut tourner la difficulté avec un instinct des raffinemernts de l’his- toire, une dextérité et une science de la mise en scène, qui faisaient honneur à un petit-fils de Shéri- dan. Charger un descendant au- thentique de Talbot de représenter l'Angleterre à une fête célébrée en l'honneur de Jeanne d'Arc, c'était presque un trait de génie. La pré- sence de l’héritier direct du guer- rier, que ses contemporains appe- aient ‘‘l’ Achille anglais’, ne lais- sait aucun doute sur la véritable, signification des fêtes d'Orléans et leur donnait un caractère qui ne manquait pas de grandeur- Le colonel Talbot, attaché mili- taire à l'ambassade britannique de Paris, portait un nom qui lui per- mettait sans amoindrissement pour lui-même et pour sa patrie d’expri- mer, au nom de ses concitoyens, le remords national qui réveillait dans le cœur de la moderne Angleterre Brise la Toux Les accès de toux brisent la poi- trine. Le BAUME RHUMAL brise les accès de toux. Le besoin de faire une | [le plus cruel souvenir de la guerre de cent ans. Le successeur de lord Dufferin ne sut trouver aucune occasion de rendre à ‘‘la Bonne Lorraine qu’- Anglais brûlèrent à Rouen’’, un de ces hommages historiques qui frap- pent les imaginations et désarment les rancunes séculaires, mais il pré- féra mettre l’histoire au service de la diplomatie. Suivant la thèse que soutint dans un de ses discours le représentant de S. M. britanni- que, la France aurait mauvaise grâce à reprocher éternellement à l’ Angleterre un drame ou les torts ne furent pas tous du même côté. Ce sont, disait en substance ce sa- vant diplomate, les Bourguignons qui ont pris Jeanne d’Arc et c’est un tribunal ecclésiastique, exclusi- vement composé de Français, qui l’a jugée. Il 7 avait une part de vérité dans une pareille remarque, mais cette judicieuse observation ne suffit pas pour décharger les An- glais de toute responsabilité devant le tribrnal de l’histoire. Ils n’ont pas pris Jeanne d’Arc, c’est vrai, mais ils l’ont achetée aux Bourgui- gnons et, s’ils ne l’ont pas jugée eux-mêmes, cette précaution qu’ils ont prise pour sauver les apparen- ces était singulièrement facile à percer à jour. Pierre Cauchon, qui a réglé la mise en scène et dirigé les péripéties de cet abominable crime judiciaire, n'était qu’un ins- trument entre les mains de Bedford. Et le bûcher enfin, où la martyre a été brûlée vive, qui donc s’est chargé de l’allumer, si ce n’est les Anglais ? Aucune trace de ces faux-fuyants ne se retrouve plus dans les hom- mages que les Anglais sont mainte- uant unanimes à rendre à la vierge de Domrémy. L'anxiété, que les retards apportés aux fêtes du cou- ronnement d’Edouard VII, dans un pays protestant, où la foi mo- narchique est depuis longtemps en décadence, a permis aux Anglais de se faire une idée exacte de la France du seizième siècle et de comprendre la mission de Jeanne d'Arc. En racontant à ses compatriotes l'épopée qui commence dans la modeste maison de la bergère et «| termine sur le bûcher de Rouen, après avoir passé par Orléans, par Reims et par Compiègne, un écri- vain anglais, M. W. Helnemann n’essaye pas de nier le caractère surhumain du rôle de l’héroine et d’atténuer la responsabilité de Bed- fort et de ses complices dans un crime qui pèsera éternellement sur la conscience de l’ Angleterre. Avec une impartialité dont ne peut plus s'affranchir aujourd’hui l’auteur d’un ouvrage d'histoire l'historien anglais a mis sous les yeux de ses lecteurs les documents qu’il invo- quait à l’appui de la glorification de l’héroine nationale de la France. Cette publication n’était pas né- cessaire pour provoquer un verdict déjà rendu depuis quelques années au fond de la conscience du peuple britannique mais la recrudescence de controverses engagées sur la mission de la vierge de Domrémy a provoqué en Angleterre un curieux mouveiuent d'opinion qui mérite d’être signalé. Il se trouve aujour- d’hui des Anglais qui poussent l’admiration-pour Jeanne d’Arc au point de proclamer qu’elle a rempli | une mission également providen- | tielle, pour la France et pour l’An- | gleterre. rendu à l'Angleterre un peut-être plus précieux encore en l’expulsant du continent européen et en l’obligeant à redevenir une: puissance infulaire appelée par sa situation géographique à exercer | l'empire des mers. Abonnez-vous a l'Impartial. Elle a, disent-ils, délivré | la France du joug étranger et service | | Matepedia (De notre Correspondant Spécial) Nous avons eu un automne re- marquablement beau ici cette an- née et les cultivateurs en ont pro- fité pous terminer leurs labours d'automne. M. Joseph Arsenault, de la mai- son Blaquière et Arsenault, était à Québec, voilà quelques semaines et a visité l’asile de Beauport. Il a vu Athanase Pineau, anoien insti- tuteur de Toronto, Lot 23, qui l’a reconnu et qui s’est informé des gens de St. Alexis et de St. Fran- çois d'Assise, Ii lui a dit qu’il é- tait très content d’être là et qu’il ne voulait pas en sortir. Pendant l'entrevue qu’il a eu avec lui, M. Arsenault dit qu’il ne lui a pas connu aucun dérangement d'esprit. MM. Blaquière et Arsenault ont chargé, la semaine dernière, un char de patates et ont payé $1.05 le quart. L'avoinese vend un cen- tin la livre, le lard de 8 à 9 centins la livre. Depuis ma dernière correspon- dance L'IMPARTIAL arrive à St. François régulièrement, et vu que le gouvernement a changé notre malle de vendredi à samedi, cela donnera à ces gens là, durant les mois d’hiver, de meilleurs avan- tages. M. Joseph Doiron, fils de Feu Pacifique Doiron, doit partir la se- maine prochaine pour le Nord- Ouest, rencontrer son frère Tho- mas qui est parti le printemps der- nier. L'AUTEL :—Mardi, le 18 novem- bre dernier, M. le curé J. KH. Pel- letier bénissait l'union de M. Jéré- mie Blaquière et Mile. Hélène Gal- lant récemment de Bloomfield, I. P. E.; et mardile 25, il bénissait celle de M. Aïphée Blaquîère et Mile. Marie Doiron, fille de feu Louis Doiron, de St. Alexis. Les paroissiens de Mont-Carmel apprendront avec plaisir que leurs anciens amis, M. Paul Poirier et sa dame, jouissent d’une parfaite san- ’ te. 6 Déc. .o2. ABNER L'Agitation Religieuse en France A un conseil de cabinet tenu au palais de l'Elysée, le président du conseil des ministres, M. Combes, a annoncé qu’il avait suspendu le traitement de l’archevêque de Be- sançon et des évêques d'Orléans et de Séez, qui, aiasi que la majorité de l’épiscopat français, ont signé au mois d'octobre dernier le mani- feste des évêques. Dans ce mani- feste, qui devait être présenté au sénat et à la chambre des députés, la loi sur les associations était dis- cutée longuement et les signataires réclamaient le retour du concordat comme étant le seul moyen d’assu- rer la paix religieuse en France. L'affaire a été soumise par le gou- vernement au conseil d'Etat qui a décidé que les signataires avaient commis un abus d'autorité. Quatre-vingt-dix-sept mille habi- tants dela tégion de la Grande- Chartreuse ont signé une pétition qu'ils vont adresser au parlement et demandant l’actorisation pour le monastère. La municipalité de Grenoble s’est jointe à cette dé- monstration. L'archevêque de Besançon et les évêques d'Orléans et de Séez ont été frappés parce qu'ils se sont spé- cialement employés pour recueillir des signataires au manifeste. Il y a | maintenant sept archevêques et é- vêques dont les traitements ont été suspendus pour des actes se ratta- chant aux mesures prises contre les congrégations religieuses. } We have not advanced the price ‘of our tobacco, tobacco. Bobs, Currency and Fair Play chewing tobaccos are the same size and price to the | Consumer as formerly. We have | lalso extended the time for the| |redemption of Snowshoe tags to, January ISt., 1904. THE EMPIRE TOBACCO CO., | Limited | Amber smoking |las A MAMMOTH DISPLAY CHRISTMAS GOODS “Tis sometimes difficult to just know what to give as a present at this festive season. A see many things usefu First Store Second Store Third Store Do "are" ef Fourth Store titi, Fifth Store visit to our Six Full Stores will enable you to l, durable, pleasing and cheap. 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