dd: A PONMEE Ne L Re x CC TE PRET EN RESE UPS L ” ner mmeà &- LA MESSE DE REQUIEM \chainée contre la religion et les ‘de la tranquilie sérénité de ieur| ee — NOUVELLE Les morts, les pauvres morts {out de grandes douleurs ! Je ne puis jamais lire ce vers äe Beaudelaire sans songer à une histoire que me racontait ma grand-mère aux Villées de ia Toussaint, pour prouver, di- sait-elle, qe nous devons pen- TL'IMPARTIAL, JEUDI LE 4 honnêtes gens. N'était-il pas o bligé, à canse des malheurs des temps, d'aller seul et dans la nuit, prir là-bas pour les pau- morts, aloss que, au- trefois, la paroisse tout entière se rendait processionnellement à l'église, et de lä au cimetière, en chantant les hymes d'expiation et d'espérance ? Quel vent de folie et de crime avait sovfilé dant notre vie nous acquitter exactement de nos obligations, sous peine de trainer au-delà de la tombe de cruels soucis et de longues souffrances. La scène se passait dans un milieu agreste et patriarcat, sur le large plateau crayenx qui de- mine au nord ja plaine d'Albi. La famille de ma grand’-mère possédait là et faisait valoir de- puis des siècles le domaine des 1ssards, dont Ja vieille maison subsiste encore Bâtice presque an sommet d’un mamelon d’où la vue s'étend sur la vallée du Tarn, elle a, comme toutes ls anciennes habitations rurales du pays, upe galerie à piliers sur la facadé principale. Autour des piliers et le long de la rampe court et fcstonne une vigne que vendangent successivement les poules, les pigeonset les moi- eaux piilards. À droite et à gauche, le colombier au tout ai- gu courophé d'une poterie verte, je puits dont la margeile est ombragée d'un énorme figui?r, et, tout autour de quelques virux ormeux aux branch:s desquels s’enroulent des églantiers, des touffles de laurier, de lavand? et de roma- rin. Dans ce milieu grandit pen- dant des siècles une race de ro- bustes croyants et de travail- Jeurs infatigabies. Tons ces Ca- thalan—c’'é’ait leur nom de fa- maille—furent prêtres ou labou- reurs. 1l faut dire que l'idée re- ligieuse les enveloppait de tou- tes parts, étroitement mêlée à tous les actes, à tousles événe- xaents de ieur vie simple et fru gale. Des champs qu'ils ense- imencaieut, ils apercevaient là- bas, dans la plaine, la formide- ble sihouette de la cathédrale Albi qui pariait à leur âme par le :on de ses cloches et les reflets mystériscux de ses verri- «res. Relevaient-iis la tête et s'arrétaient-ils au bont du silon jour r'sgirer ? instinctivement leur regard aïlait comme l'oi la mason, sean mi“rateur se reposer sur la s haute tour de Sainte-Céclie, on bien plus près encore, sur lé- mise de Queye dont ls ruines s2 dressent sur le monticule op posé au domaine des 1:sards. Cette € œlise très ancienne, “insi que l'indique son style ro- max, doit son nom à la tradi- ‘on | onfirmée par de récentes découvertes historiques] d’anrès saquelle le champ au milieu du- quel elle s'élève était dès l'é- poque gallo-romaine un t:ère, an champ de repos queye”. Avant ia Révolution, cile ne se-vait plus qu'aux mes. ses d'obit, de sépalture ou d'an ivrsaire, C'est dire l’état d’a- bandon dans lequel elle se trou- vait en pieine Terreur, au mo- nent où s'accomplit le ruvsté- rieux drame qui suit. Dans Ja nuit du ler au 2 no- vembre 1795, eatre la Toussaint ut la fète des Morts, Pierre Ca- igalan, le chef de la famille des 1ssards, suivait le cheinin qui conduit à l'église de Queye. La distance n’est pas grande, un ki- lomètre à peine, mais le soi dé- trempé par les oluies d'automne était devenu glissant, et d'épais brouillards s'élevaient au dessus du raisseau qui coule au fond au vallon. D'autre raisons retardaient en- “ore la marche du brave paysan. 11 était profondement attristé, encore par la pensée de ce qui paseait. par Ja persecution dé cime- | : quies, | sur la terre, qu’il se vit con- {traint de se cacher pour remplir un pareil devoir ! Tout au moins espérait-il l'accomplir sans dan- ger et rentrer aux Issards avant le lever du jour. Mais comme il franchissait la pas+erelle établie sur le ruis- seau, il lui parut que là-havt les fenêtres de l’église étaient é- clairées et qu'il entendat jes voix chantant les psaumes de ja Pénitence, Instinctivement, il recula de quelques pas au délà du ruisseau ; les tenêtres ne brilaient plss et les voix s'é- taient tues. Maïs avant traversé de nouveau le ruisseau, les clar- té réapparurent et les chants recommenvèrent. Il se dit alors que d’autres fi dèles avaient eu sans doute -Ia même pensée que lui, et qu'il allait se trouver dans une réu- ion nombreuse. Cette idée le rauima, ot il gravit d'un pas a- lerte le mamelon sur lequel cst bâtie l'église de Queye. Parve nu au sommet, il aperçutsous le veux épars, tenaut un cierge al- lumé, qui lui dit d’une voix profende : — Dieu soit loué, voilà bien longtemps que Je t'attendais pour me servir la messe...Suis- moi, car je dois avoir fini avant l'aube. Puis, poussant la porte, il tra- versa l’église pour aller à la sa- cristie revêtir les ornements sa- cerdoetaux. En se trouvant seul avec le prêtre dans une nef qu'i: avait crue remplie de fidèle, Catha- chinale au dernier degré du sanctuaire, se recueiljit pour tà- ch°r de comprendre mais il n’en eut pas lie temps. L'ofliciant lui adressa au sujet de la messe qu'il allait dire di- verses recommandations, une entre autres assez troublant : — Songe, dit-il, qu'il y va du repos d’une àme qui doit t'être | chère …… | Et la messe cowmença. | | k* x | Tout en s'appliquant à répon- | dre de son mieux, Pierre Catha- | lan ne pouvait s'empêcher de Lré fléchir et de se demander no- |tamment pour qui et par qui, |cette messe était dite. | Tout d'abord, le céiébrant de | jui rappelait aucun souvenir ; 1l le voyait certainement pour Ja | première fois, et assez mal, du! reste, à ia lueur vague des deux vierges qui brülaient sur l'autel. | C'était .n homme grand, mai. igre, pâle, aux cheveux .lancs flottant sur les épaules, et réci-| |tanc ses prières d’une voix pro- | fonde, qui retentissait d'une ma- inière étrange dans le nef obs- | cur2 et déserte. Ce n’était pas non plus un de ces prêtres du pays qui, au pé- ril de leur vie, venaient parfoii, |sous des déguisements, consoler ‘un mourant ou bénir l'union complètement inconnu, et pour- tant il lui avait parlé en termes | presque familiers : “Je t'atten- | dais,” avait-il dit, on bien en- 3 core : “Songe qu'il y va du re- | pos d'une âme qui doit têtre| chère.” Quelle était donc la pauvre àme qui n'avait pas encore ac- quitté sa dette ? | Hormis son oncle l'abbé, dont H etait le filleul, mais dont il non seulement par le souvenir n'avait gardé aucun souvenir. | d: ceux qu'il avait perdus, mais Pierre Cathalan avait assisté tous les siens à leurs derniers moment, etilavait été frappé . A | porche nn vieux prêtre, aux che- de deux jeunes cœurs. Tout| conpte fait, cet homme lui était | fin. L'aieul, l’aieule, son père, sa mère, s'étaient éteints donce- ment, presque le sourire aux lè- vres, en bénissant leurs enfants let en leur donnant rendez vous au ciel. Une de ses soeurs, fauchée en pleine jeunesse, était réellement morte en odeur de sainteté, ré- pandant autour d'elle un par- fum céleste, jusqu'à l'heure de l'ensevelissement. Tous étaient morts comme des prédestinés, avec une foi absolue en Dieu et en la vie future; 1ls s'étaient doucement endorinis en mur- murant le Symbolé des apôtres, avec un reflet d'immortalité au front. De ces âmes si calmes de- vant la mort, quelle était donc celle qui se trouvait en dé- tresse ©? lostinctivement, Pierre (Ca- thalan se retonrna plusieurs fois. comme pour chercher des yeux celui pour lequel le sacrifice é- tait offert. Mais le nef restait vide, du moins en apparence, car la porte criait sur ses gonds comme si «ile livrait passage à une foule et lé vent qui péné- trait de toutes parts traimait a: vec lui des plaintes, des gémis- sements qui semblaient venir de voix humaines. Plusieurs fois même, tandis qu'il était a- genouillé près du prêtre, il a- vait éprouvé de véritables fris- sons eu se sentant froié douce- ment comme par l'aile d'un être iuvisible, immatérie!. Evidemment ils n'étaient pas pression méridionale, n'était ce pas ‘‘fète d'âmes” ? Aussi, mal- gré les apparences, cette nef vide et déserte. était-elle rem- plie de miliers d’esprits. Tous plus recuiés dormaient dans le cimetière de Queeye, dans ce champ de repos, tous étaient à, allégés àe leur corps et vêtus d'immortelité. Et peutêtre à cette heure était-il, lui Pierre Cathalan, le seul être vivant 1 . ., ® ® + y. A 1 lau, qui s'était agenouillé ma-{4ans cette église, car le prêtre | de deuil. (luimême se mouvait avec Ja légèreté et la fluidité d'un être [qui n'est pas de la terre. À l'of- | fertoire, pendant le lavement |des nains, lorsqn'il faisait face lan celébrant, il avait essaye de Idée uvrir l'expression de ses | | | veux enfoncés sous l'arcade soureilière, mais à ce moment, ua coup de rent avait ébranlé les vitraux du sanctuaire el cilé. Par contre, ce qu'il vit bien |l'ineffable émotion du vieux Î |'a flamme des cierges avait va | | | | | | , prefect au moment de Îa com- |munion et les deux grosses lar-| mes qui roulerent de ses yeux dans le calice qu'il portait d’une [main tremblante à ses lévres. |1i vit aussi la clarté errante qui se fixa comme une sorte d’auréo- | le sur son front, au moment où, d'une voix tonte pleine de la joie du triomphe, :ïl ronca la formuie du pardon su- “Cum Sanctis tuis in lacternum, quia plus es.” } 1 ] | 1 | | prème : ainsi qu'un oracle veuu Ges con- fins de l’étervité, Pierre, Catha- | lan comprit que le sacrifice d'ex- |piation auquel il avait été obs- |curément mélé venait de s’a- ichever. L'âme en détresse avait fini d’expier ; elle avait été li- |bérée, rachetée par les deux lar- imes qui avaient brillé un mo- |ment sur les paupières du prê: itre. Ces larmes avaient été la ‘rançon de l'oubli, de la négli- ence, et les yeux qui avaient | pleuré étaient désormais ouverts à la lumière éterneile. La messe finie, Pierre (Catha- lan sortit de l’église et s'arrêta tout songeur sous le porche. Une faible iveur d’aube clignotait au fond d’un ciel bas, humide, chargé de brouillards. À peine pouvait-on distin- œuer les premières tombes du cimetière. On eût dit que le so: Jeil hésitait à succéder à cette} main elle désignait un oiseau seuls. N'était-ce pas ia belle ex-| ceux qui depuis les temps les] pro-| Lorsque ces mots retentirent: | ciel, au fond d’un couloir de TRY. for anything you He keeps everyt as well as the F Le TELEGRAPH. TELE À few fat Herring NOVEMBRE, 1897- ms PHONE Of tonish you for cheapness and qualitÿ:#Wiil please: ÿou beyond your expectations. sm è TA rte APR. RTS CO AE 7 A PR 3. want. cts ofthe Sca = . ei 4: * still to sell. ROBT. T. HOLMAN His Fall stock_is now arrived and is larger than ever. ii ig and buys all‘farm produce for cash WRITE for your wants and prices will as- A few Organs left. A few:Sewing Machines remain. SO FROM MUSIC TO HERRING is a wide range but the gapis well filled by OBT. T. HOLMAN Summerside, Sept. 2nd. 1897 ALTON & GALLANT - DRUGGISTS TIGNISH, P. E. I. Are known 1e sellnothing but pure DRUGS, The best that money can procure is to be found at the TIGNISH DRUG STORE. NEW Stock weekly. Tout à coup la port s'ouvrit ss le célébrant, dépouillé de ses vêtements sacerdotaux, repa- put: - | —Je te remercie, dit-il ; grà- ce à toi j'ai pu dire une messe | pour laquelle j'attendais -depuis de longues années un servant. C’est à ta piété envers les morts que je lois a délivrance...Ton oncie priera pour toi dans le ciel. Adieu !...…. Et saus plus lure assez vive, les cheveux au | rent. 11 | Mais après avoir fait unè vingtaine de pas dans Je cime- |tière, il s'arrêta, el disparut tout | à coup, somme si la terre s'était |entr'ouverte sous lui. | ; |: Lorsqu'il fut revenu de-.son | émotion et de son étonnement, | Pierre Cathalau parcourut le cimetière dans tous Îss sens. Ii | ne trouva aucune trace de terre | fraicheme t remuée. Toutes les tombes abandcnntes, efferidrées, | étaient reliées entre elles par ün rude linc:ul de rouces“et recou. vertes d'épaisses touff-s l’absin- the sauvage, symbole de Yamer- ra valde”. Mais à l'endroit où. l'abbé Cathelan avait disparu, il vit une petite fleur agreste qui, par cette aurore frileuse cueillit et l’ensevelit pieusement entre deux pages de sou psau- tier. Puis, craignant d’être sur- pris ar les jour, il reprit le chemin des Issards, repassant dans son esprit les incidents de cette nuit désormais inoubliable. | En arrivant, il trouva sa fem- me debout, appuyée à un pilier de la galerie, immobile, comme perdue dans uu rêre, tenant les yeux fixés sur la soleil qui se 'levait là-bas, dans un coin du Î nuages gris et roses. —Regard, fit-elle, et de la nuit de larmes, de tristesses et'| | Gladiators of the Prize Rin g attendre, le vieux prêtre partit d'une. al- | ture, de la mort même, ‘ama:| venait d'onvrir son calice ; il ia| CAN en0)tS AT HEROES ALL AENRTONE BILLY EDWARDS NE ful compilation of official data. Every counter down to the great batties of the present d or sketches from life. Special.æ Features were in their prime. aux grandes ailes blanches qui volait vers le soleil. + Elle reprit: : à ….—Je. Fai vu tantôt lever au- dessus’ de l’église de Queye et, après avoir tournoyé, se diriger ver le Levant, “C'est un-oisau. étrange com- me je n'en ai jamais vu ; on di- rait parfois qu'il a des ailes de feu ‘1l-ne cesse de monter ‘ en- core un peu et il se cofondra axec le soleil. : Depuis ce jour, la véillée de la Toussaint avait, au hameau des ‘Issards, un caractère Darti- culier de gravité et de mystère Avant la prière du soir qui rén- nissa.cnt maitres ct servitenrs, l'ajeul racoutait la messe de r, A MAGNIFICENT WORK e FOR SPORTSMEN « 96 Large Haïf-Tone Portraits of All LNOTED PUGILISTS From Hyer to Corbett Together with their Records in Battle and the Histories of their Lives. er BILLY EDWARDS The Famous Ex-Champion Light-Welght Pugilist. 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