SE a Mr Lost … Souhait Temeraire Une toute petite maison, faite de sage était éclairé d'une mysté- joucs tressés et couverte de chau- rieuse lumière, et ses yeux pro- fonds rayonnaient. Et, comme la veuve le regardait avec surprise, 3] mes, s'élevait sous les arbres, au- près d'un lac dont les eaux bleues frissonnaient au soleil. Autour de la maisonnette une vraie forêt de fleurs sortait de terre, et l'endroit était si doux que le bonheur semblait y séjourner. Or, la maison aux fragiles mu- railles de jonc était habitée par une femme âgée dejà, dont le mari é- tait mort, et par sa petite fille, pius rose et plus jolie que les fleurs épa- nouies. Lineïra filait le chanvre pour gagner sa vie. Elle était bien pauvre et luttait difficilement contre les difficultés de l'existence, si bien que, dans les mauvais jours, parfois elle soupi- Trait : ‘Pourquoi le sort m'a-t-il faite si misérable ? Je travaille et je souffre pour nourrir mon enfant. (Certes, je ne demande pas la richesse, mais du pain pour chaque jour ! Toutefois, la fileuse dissimulait ses plaintes et ses inquiétudes, de peur que sa fillette ne les aperçût. Et Vellina—c’était son nom—con- tinuait à jouer parmi les fleurs, dans toute l’insouciance de ses dix aus, riant d’un rire si pur qu'il se confondait avec le chant des oi- seaux. À quelque distance, parmi les champs de maïs, redressait la ferme de la vieille Hurta. (Cette femme était aussi riche que sa voisine é- tait pauvre. Mais elle n'avait pas pour les misérables la même dou- ceur acueillante. Elle leur refu- sait le riz et le blé. Ceux qui vivent d'aumônes ne frappaient plus à la porte, et la bé- nédiction divine n'était pas sur cette demeure. Bien souvent, 4e sa voix aigre, Hurta raillait Li- peira. “Hé quoi, disait-elle, vous pos- sédez donc des richesses qu’on ignore pour recevoir aussi favora- blement les vagabonds et ies infir- mes ? Ou bien trouvez-vous à leur visite quelque profit caché ? ”’ Mais Lineïra répoudait avec une douceur calme. ‘* Nul ne sait si quelque jour le malheur ne s'appesantira pas sur soi. Si l'infortune doit m’accabler, puisse-je, dans les jours de tris- tesse, trouver auprès des hommes l'accueil que les pauvres trouvent auprès de moi ! —Oh ! ricanait, Hurta, je n’ai pas à craindre, quant à moi, de traîner un jour la besace. Mais je comprends qu'il n’en soit pas de même pour vous.” Lineïra ne répondait pas. Elle contemplait le visage rose de sa pe- tite fille, ses grands yeux de ve- nuit, Le lendemain matin, lors- qu'il se leva, il sembla à ses hô- L'IMPARTIAL, JEUDI. LE 24 MARS 1904, parla d'une voix grave : ‘‘Je n’appartiens pas à :a race | Mouni, le dieu puissant des In- dous, m'envoie sur terre pour son- der les cœurs des justes et recon- naître les méchants, Je vous ai trouvées bonnes et charitables, vous en serez récompensées. Après mou départ, femme, quelle que soit l'occupation que tu entreprennes, tu la continueras huit jours durant, sans arrêt....Souviens-toi !”” La veuve et l’enfaut s'étaient prosternées pour l'écouter. Lors- qu'elles relevèrent la tête, le vieil- lard n'était plus là. Quelques instants après, la vieille femme, tout en réfléchiassant aux singulières paroles qu'avait pro- noncées le mystérieux personnage, prit, d’un geste machinal, une pièce de toile qu'elle venait de filer et entreprit de la mesurer. Mi- racle ! La toile s’allongeait sans fin sous la baguette légère ; l’étoffe s’amassait sur le sol, en plis im- menses : et la nuit viut, et le jour se leva, et huit,fois le soleil accom- plit sa course, et la fileuse, sans se- lasser, mesurait toujours la toile inépuisable. Lorsque la huitième crépuscule arriva, sa tâche fut ter minée. L'étoffe s’allongeait au dehors de sa demeure, sur la rive du lac, par milliers de coudées. Alors, Lineiïira et son enfant se prosternèrent et, par trois fois, re- mer cièrent Câkya-Mcuni. Puis Li- neira se rendit à la ville, et les mar- chands, sur sa demande, vinrent avec des chars nombreux. Contre les pièces de toile qu'elle leur dé- bita, ils lui temirent par pleines poignées la monnaie d’or et la mon- naie d'argent. Puis ils reprirent, émerveillées, le chemin de leur de- meure. l'humble logis de Lineira. La nouvelle s’en répandit dans toute la contrée. Partout, elle fut ac- cueillie avec joie. On aimait la fi- leuse, pour sa douceur et sa bonté. On aimait la petite Villina, dont les yeux et les lèvres souriaient si joli- ment. Et l’on fut heureux de leur bonheur. Seuie la vieille Hurta s'en indigna en son cœur avare. La jalousie l’étreignit. Elle aussi voulait avoir part aux présents mystérieux du ciel. Elle se fit donc expliquer par Li- neira cette aventure surprenante. Et Liueïira ne la repoussa pas ; elle oublia les méchancetés passées de la vieille pour lui répondre avec complaisance et empressement. Rentrée dans sa ferme, Hurta, à lours pleins de lumière et de cares- ses, toute la joie qui semblait ra- yonner de cette âme enfantine, et l'ivresse emplissait son cœur. Un jour que Vellina, assise au- près du lac sous les arbres qui l’om- brageaient, tressait un panier de jones légers, elle vit, de loin, venir dans sa direction un vieillard courbé | grand renfort de cris et de génu- |flexions, supplia Câkya-M ouni de | lui accorder la même grâce qu'à sa |voisine, qu'elle voyait avec ir- (ritation acheter des champs et des rivières, faire construire une now. | velle maison, remplir ses parcs de troupeaux. Et Hurta, furieuse, |criait toujours. d : ; vers le sol, qui marchait d'un pas! Comme le soir tombait, elle vit lent. Elle le regarda avec curio- s'approcher un vieillard qu’elle re- sité, Arrivé auprès d'elle, il lui | parla : “Petite, dit-il, je suis las et j'ai, faim. Connais-tu quelque demeure | où l'on puisse m’accorder l'hospi- | talité ? | —Vieus !”’ dit l'enfant. | Elle se leva, prêta au voyageur l'appui de sou épaule, et le con- duisit en suivant les rives du lac. | Elle bavardait gaiement et 1: vieux | souriait. Arrivée devant s1 chau- | mière, la fillette appela Lin :ira. | “Vite, mère ! Du riz, du lait | Puis une bonne natte de joncs pour | l'ami que le sort nous envoie ! connut grâce à la description qui lui en avait été faite. Il lui parut cependant plus sévère que Lineira ne le lui avait dépeint et, devant lui, un étrange malaise la saisit. En termes brefs, il lui demanda l'hospitalité. Gémissaat fort sur ia dureté du temps et sur sa pau- vreté, Hurta la riche, Hurta l’a- vare, conduisit son hôte devant une table chargée des mets les plus somptueux. Mais il s’en détourna avec un frisson de dégoût. ‘Un peu de farine et d’eau, dit- il ; je ne mange rien d’autre.”’ La vieille femme protestait. |aussi au Japon des missions floris- tuese days, when catho':c doci:ines suppliant : La richesse était descendue dans Le matin venu, le vieillard se le- | va. Puis il s'éloigna, reconduit par Hurta jusquà la perie du grand |évangélisés oar des Françus : enclos où passaient ses oies et ses ! des évêques est Mgr Lalouyer. mortelle des hommes, dit-il, Câkya-, troupeaux. Arrivée à cette issue, Ja vieille avare murmura d'un ton ‘‘Je suis pauvre, bien pauvre ! Sans donte, j'eieu de la joie à te recevoir. Mais ne mérité-je pas une récompense ? Accorde-moi, je t'en prie, le même bienfait qu’à Lineira. —C'est toi qui l'aurais voulu, répondit l’inconnue, qu'il soit fait selon ton désir ! Folle de joie, Hurta revint en dan- sant. ‘Bonheur ! Bonheur ! songeait- elle. Rentrée dans ma demeure, je vais compter quelques pièces d’- or. Et, par la vertu magique que le vieillard m’accorde, j'en comp- terai sans arrêt pendaut huit jours, et huit nuits !” Comme, en s’en revenant elle passait près du puits, elle remarqua que le seau était resté an fond. Et, l'avarice, étant toute puis- sante en elle, malgré sa joie Hur- ta s’emporta. ‘‘Serviteurs infidèles ! grondait- elle. Cette corde va pourrir, à sé- journer ainsi dans i'eau !”? D'un geste machinal, elle saisit le câble, letira, ramena un seau d'eau qui se répandit aussitôt sur le sol. O rage ! Une force mys- térieuse, irrésistible, la poussa à en remplir un second, puis un troi- sième, puis un d'xième, sans fin, sans fin ! ‘Ce que tu feras à ton retour, tu l'accompliras pendant huit jours et huit nuits ! avait dit le vieillard.”’ Durant huit nuits et huit jours, Hurta, blême de rage, retira du puits des milliers de seaux d'eau. Et l’eau inonda ses enclos, entraîna ses-meules, effraya ses bestiaux qui s’enfuirent, pénétra dans sa de- eut pris fin, la vieille avare était ruinée en puuition de sa dureté, de sa sottise et de son égoisme. ... Les vieux contours indiens a- joutent que Lineira secourut sa voisine, autrefois arrogaute et maintenant malleureuse, que Fun corrigée, ayant reconquis une modeste aisance, fut bonne pour tous ceux qui l’approchaient, et que Vellina, d'année en année plus merveilleusement belle, deviut un jour la femme d’un prince. A. BAïILLY Les missions catholiques en Extreme- Orient Il u'est pas inutile, en présence de la guerre entre la Russie et le Japos, de ragpeler la situation des missions catholiques en Extiêne Orient. Au Japon, il y a quatre diccè- ses, ceux de Tokio, dont l'évêçu- est Mgr. Osouf, d'Osaka, évêque Mgr. Chairon ; de: Nagisaki di rigé par Mgr. Cou-in, et FHakodaté dont le chef est Mgr Berlioz. Ainsi quoule voit, quatre de ces évêques sout Français et appar tiennent à j'Institut des missions étrangères de Paris. Beaucoup d'autres missionnaires et presque tout:s les sœurs de Cha- rité qui cu eignent dans Îes écoles o1 soignent les malades de l’hôpi tal et de l'orphelinat sont aussi de nationalité française. Les catholiques au Japon: sont plus de 90,000. Les orthodoxes russes possèdent —Il ne me faut ni tant ni de si! Mais, d'un geste, illa réduisit au|santes. bonnes choses répondit le vieillard. | Un peu de farine et d'eau me suf-| fisent, et je couche volontiers sur la | ta le mena auprès d’un lit couvert |il existe un vicariat apostolique à they a:e and what aïe the doctriies de soie et de velours. Sans un |Soul, créé en 1831, géré par Mgr} f {he church. terr dure.’’ silence et elle obéit. Son frugal repas terminé, Hur- En Corée, le catholicisme s'est implanté depuis plus d’un siècle ; Mais, malgré ses protestations, | mot, le vieillard jeta sur ces étoffes| Matel, un Français des Missions {a veuve et l'enfant s'empressèrent | Précieuses son bâton et sa besace, étraugères ainsi que les 40 mis- autour delui. Je voyageur dut goûter au miel, aulait tièce et| mousseux, et ce fut sur une natte | même, elle songeait : Si j'avais su, je n’eusse pas fait Let s’étendit sur le sofa, Hurta n’o- sionnaires. Isa pas murmurer. Mais, en elle- Il y a aussi à Séoul un couvent de sœurs françaises. Les catholiques de Corée sont épaisse qu'il étendit ses membres tant de frais pour ce vieillard stu- 142,000 ils possedent un séminaire, Et ïil s’éloigna sous les arbres. { meure qu'elle saccagea. Si bien que, lorsque le supplice 4’ Hurta engourdis. Il dormit là toute la { pide, qui n’apprécie pas à sa valeur 50 églises, 50 écoles élémentaires, Ar! l’hospitalité—si coûteuse !—que je 2 orphelinats et un couvent de }4 \ \ALT TEA an (il lui offre. N'importe : iline lais- Isœurs de St. Vinceit de Paul de k 1 e tesses qu’il avait rajeuni. Son vi-|sera, je pense, la même récompen- | Chartres. | se qu’à Lineira, et j'en saurai faire ; un meilleur usage. ’” | Dans la Mandchourie, on a cons- a tué deux vicariats 20 100 Bbls well cured Island Herring qui comprennent 34,00 cathioii ques. Ces vicariats sont diriis et 690 Sacks salt lux lo Chest Best Tea lo Casks American Kerosene oil Lumber and Pailings, Mat- Les tnuissions mandchouriennes , :, otof Laths, furenten grande partie détruites 1,4 Boards and Hardwood Planks, Boots pendant la guerre de 1900. Donahoe’s Magazine ——— MARCH, 1904. “Is John Hay Backing fapan ?”’ is the question that furnishes the theme of the opening number of DONAHOE'S MAGAZINE for March. position he takes in regard to the action of the Secretary of Siate. Nora Tynan O'Mahony writes of! ‘AI Halilows Missionary College," describing a recent visit, and rela- ting ‘he history of the college and the heroic efforts of its founder. The progress of ‘‘The Irish Na- tional Literary Theatre’’ is the sub-; ject of a paper by Mary E. Butler. Anna Seaton Schmidt contributes an interesting account of the ‘Grand Beguinage of Ghent.’’ In ‘‘A Disastrous Dramatic Sea- son,” John Talbot Siuith sums up the losses of the theatre managers, and poiuts out practical ways of lessening the danger to life through fire or pauic. Mary Agues Tincker, author of ‘‘Grapes and Thorrs,’” ‘‘The House of Yorke,’’ etc., tells of a | visit made to Moute Cassiro in | company with Kiiza Allen Starr.! Katherine E. Conway contributes au appreciative sketch of ‘Margaret F. Sullivan, Jourualist and Au- thor.”’ Anna T. Sadlier, in a paper, ‘‘Reflections Awakened by St. Pa- trick’s Day," censures the stage Irishman and that equally impos- sible creation exploited by some publications as the typical Irish- man. Other notable features with special reference to St. Patrick'’s Day are, ‘‘Memories of St. Pa- trick's Dav.'’ by Alice I. Miili- gau ; ‘‘The Shamrock,'’ by D. A. ‘ *:: 4, np Ta::: ‘ 2 En du land, by ie, Ja io B. DoOitar:i nt net PTT Ph ane marre pente orage rm 7 PE [EFFICACESS € En tous climats et en toute saison. DE NOIX LONGUE de MeGALE. Elles stimulent le Foie et les Rognons, À guérissent les Maux de tête, les déran- À gements d'Estomac, la Constipation À chronique ; elles nettoient et purifient È le sañg, et rendent la peau claire et © fraiche.Elles sont purement végétales. Ê EN VENTE PARTOUT, 25C. LA BOITE, OU 4 EXPÉDIÉES FRANC DE PORT SUB RÉCEPTION DU PRIX. 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