délibérer en convention sur les moyens les plus propres à asseoir son existence sur des bases solides. Ce fait est bien de nature ä réjouir tout coeur français. On a beaucoup parlé de notre manque d'éducation; mais nous pouvons nous glorifier, même sous ce rapport. Les Aca— diens sont demeurés, malgré leurs inérrables infortunes, instruits dans la grande, la principale chose, la religion, à laquelle ils sont restés fidèles et soumis. On objecte contre l'Assomption pour fête nationale, qu'il fait trop chaud ä l'époque où elle tombe. Ne pourrait—on pas choisir un jour d'hiver, afin de donner à ceux qui n'aiment pas la chaleur l'occasion de manifes— ter leur ardent patriotisme à la faveur du froid! Je regretteraisde voir la politique s'insinuer dans cette convention et en amoindrir les résultats. J'aurais beau ä répondre aux insinuations qui ont été faites hier du haut de la tribune, ä propos de l'anglification. Je suis Acadien, et je necrainSpas de le proclamer. On nous a fait reproche de traduire nos noms. Vous le savez, messieurs, il fut un temps où tout ce qui sentait le français dans nos provinces était le point de mire, l'objet de haines et de malveillances auxquelles il n'était pas facile de se soustraire. Au sujet des al— liances, auxquelles il a été fait allusion, je suis plus libéral qu'on ne s'est déclaré, je suis d'opinion que le jeune Acadien doit être libre de prendre sa femme là où il l'entend. J'espère que la prochaine convention aura lieu sur l'Ile Saint—Jean et qu'il nous sera donné ä nous, insu— laires, de vous rendre l'hospitalité toute fraternelle que Memramcook accorde ä nos délégués, qui en remporte— ront le plus précieux des souvenirs.