C'est William Shakespeare qui faisait dire d'un de ses personnages: "The whole world was his oysterf. Ainsi, nous pouvons dire d'Henri Blanchard que l'Ile entière était son royaume. Animateur unificateur par excellence, opti— miste inébranlable, il oeuvrait dans toute communaute acadienne. La paroisse la plus abandonnée, la plus assi— milée se méritait sa sollicitude, son secours, tout comme celle oü la culture et la langue restaient florissantes. De Tignish ä Souris, il recrutait ses "protégés" qu'il enverrait aux études post—secondaires et universitaires dans les institutions françaises du Nouveau—Brunswick, du Québec. Peu lui importait que l'aspirant ne parlât que l'anglais... le français, on l'apprendrait "là—bas" et on l'apprendrait très tôt; Également, "le petit chose" qui, par malheur, s'exprimait en franglais saurait amé- liorer sa langue, tout comme le parleux de chiac ou de joual troquerait son parler abâtardi conte le beau langage de Lacordaire. . Grâce aux efforts d'Henri Blanchard, toute une pha— lange de gens instruits sont revenus oeuvrer auprès de la population acadienne de l'Ilesdu—Prince—Edouard. En terminant ce modeste portrait d'un grand Acadien, nous ne pourrons mieux faire que d'applaudir la descrip- tion qu'en donne l'abbé Charles Gallant dans le livre Histoire de la Société Saint—Thomas d'Aquin (1979) où, ä la page 18, nous lisons: "..., c'était un petit bout d'homme, au coeur d'or, au courage intrépide, aux paroles magnétiques, qui entreprenait sa mission de-sauveur...". JVW d 12mm D'aucuns diront la comparaison forcée. Et pourtant, je ne puis me rappeler la vie de J.-Henri Blanchard sans penser à celle de François d'Assise. Au 13e siècle, François d'Assise quittait la sécurité, l'aisance du foyer paternel luxueux pour aller par les routes de l'Europe "réparer la maison du Seigneur qui tombait en ruines". C'était, dit—on, le premier des "hippies", mais un hippy avec une cause non négative, mais bien positive. Il renonçait, en effet aux biens matériels, aux liens de famille pour embrasser une vie de pauvreté, d'amour. Toutes les créatures sont devenues ses frères, ses soeurs. François d'Assise a laissé son empreinte sur l'Eglise, sur le monde entier. .r J.—Henri Blanchard a laissé son empreinte sur notre peuple acadien, sur notre province entière. Il a été accepté et aimé de tous, n'importe l'origine ethnique. Au cours des années trente et quarante, ce patriote quittait le confort et la tranquillité de son étude pour aller réparer la maison acadienne. Il ne s'est pas contenté