Er : : : : È : Î . LE Me me. ù ” - * ’ ne. LES G ne EE Age : “ ï L'IMPARTIAL EEE mmnememnemmmennatmeenmmememmmmmens NOEL EN MER Par Réné de Pont-Jest. C'était un superbe trois-mâts que l’Arc-en-Ciel. Construit su le modèle des grands clippers américains, fin de l'avant, bien assis sur l’eau, la mâture légèr. et solidement tenue, comman- d5 par un des meilleurs marin: de Nantes, le capitaine Yves Lamenck, et monté par vingt solides matelots bretous, le co quet bâtiment semblait un gi- gantesque albatros, caressant les flots de ses ailes de neige, lors que, toutes voiles dehors, il fi lait grand largue, avec une vi- tesse de dix milles à l'heure. Son chargement fait et ses passagers embarqués, parm) lesquels un révérend père ma riste, qui venait de passer cinq ans en Océanie, l'Arc-en Ciel avait quitté Vaiparaiso av commencement de novembre, c'est-à-dire au milieu de la belle saison sur les côtés du Pacifique, avait double le cup Horn et remontait au nord pou) gagner Buenos-Ayres, son es cale accoutumée. Le capitaine Lamenek espérait que son voy- age se poursuivrait aussi heu reusement jusqu'en France, quand, par le travers de ile: Falklank, à la hauteur du dé troit de Magellan, se produi sit à bord un évènement qui cause toujours aux marins Îa plus profmde émotion lorsqu'\l arrive en pleine mer : un décès. Au nombre des passagers di seconde, pris à Valparaiso, se trouvaient une jeune femme ct son enfant, de dix à douze mois. Sur le ivre d’embarque- ment ils étaient ainsi désignés : veuve Marie Nollet et son fils Henri. La mète avait vingt-| cinq aus à peine, elle était | blonde, de physionomie agré | { | able, douce, mais un peu sau- | vant avait les mamelles pleines. vage. Bien de ses campagnons | De plus, les matelots l'avaient de voyage et les matelots fus-|en quelque sorte adopté. Le sent remplis de prévenanoes | pour elle : bien que I: comman | dant de l’Arc-en Ciel ne man | quät jamais, lorsqu'il venai: faire un tour à l'avant, d2 lui dire un met aimable et de s’in former du b‘bé, malgré tout ceia, elle se livrait peu et rc- pondait ave: réservé à toutes les questions, peut-être avec timidité, peut-être parce qu'elle n'avait que de tristes choses à raconter. On savait seulement qu’elle était Normande et craignaient de se communiquer fphelin. | | OGela constaté et a’ayant plus les pensées qui les obsédaient. Un jour succombant à la ter. qu'un seul espoir, c'est que Marie Nollet avait annoncé son \reure secréte qui l’oppressait retour en Fiance et que, pro- Madame de Lussay laisser tom- bablement, il arriverait à son |ber sa tête sur. l'épaule de son adresse quelques lettres à Saint! mari, en lui disant tout bas, Nazaire, le capitaine dut tout d’une voix étranglée : disposer pour ses obsèques. “Pourquoi retouruons-nous Elles ne pouvaient être que ce) là-bas, puisque Dieu nous a en- que sont les funérailles à bord, | levé l'ange de pardon qu'il aussi bien pour les grands que | nous avait donné ? Ne va-ton our les humbles, lorsque la | pas de nouveau me chasser et torre est loin. Le charpentier| me mandire. bâtir en hâte un cercueil gros-| —Ma Raymonde, bien-aimée, sier: une excellente femme./ répondit vivement M. de Lus- passagère de l'avant, y Coucha|say en pressant la jeune femme sa compagne de route, et le|sur son cœur, chasse ces horri- soir, quand la nuit fat venue, | bles craintes. Rien de sembla- le capitaine donna l'ordre à|bles n’est possibles! Le mal- deux hommes de présenter à |heur même qui nous a frappés l’un des sabords le coffre au-|ouvrira pour nous toute grande quel on avait solidement amar- la porte qu’on nous asi cruelle- ré, pour qu'il ne surnageàt pas, | ment fermée jadis. Eloigne ces un pesant boulet. souvenirs et sois au contraire Le père mariste récita à haute pleine de confiance en l'avenir. voix les prière des trépassés;| C'est que ce drame de famille puis “A la mer!” Yves La- don: la désespéré gardait ainsi menek. mémoire n'avait pas été pour Le missionnaire dit une der-|cile moins outrageant que dou- dière prière et aussitôt, poussé | loureux. 11 peut se raconter en dehors, le coffre ouvrit les flots | quelques lignes. avec an bruit sourd. Les t6-| Fils d’an colonel de cavalerie moins de cette scène n'étouffè- sans fortune, que sa mauvaise rent pas un cri d'épouvante et, santé avait fait rentrer dans la du panneau de l'avant, un va-| vie civile à moins de cinquante gissement leur répondit. L'or-|an5; et d’une femme orgueil- phelin s'était réveillé et ses pe-| leuse de la noblesse de sa race tites lèvres avides appelaient plus encore que ne l'était son instiuctivement le sein de Ja | mari lui-même, Jacques avait disparue pour toujours. is destiné tout jeune. par son Le lendemain, ies choses re-| père et sa mère, à redorer leur prirent à bord leur cours ordi- | blason à l'aide d’un riche et naire : le temps devint meilleur | grand mariage, auquel il pou- et l’Arc-en Ciel put faire bonre | vait d’ailleurs prétendre, en route vers Buenos-Ayres. Quant | raison de son nom et de ses mé- à l'enfant de Marie Nollet, il|rites personnels. Mais le jour avait été confié aux soins de la Où la comtesse de Lussay avait brave femme qui s'en était |annoncé à son fils qu’elle allait spontanément chargée. 11 ne | lui donner, dans leur monde, devait manquer de rien: Ja! bien ntendu, une épouse deux chèvre qui vivait avec deux| {is millonnaires, Paques mn moutons sous le gaillard d'a-|aYoué à sa mèro qu il s'était fiancé à Mademoiselle Ray |monde Bernier, sœur de l'un de ses ancien camarades de l'E- cole polytechnique. Mademoi- ils le prenaient doucement dans |S°7 Bernier était roturière et leurs mains calleuses et le fai-|Sans fortune, il est vrai, mais il saient sourire en lui fredonnant | l'aimait et en était aimé. Elle seule serait sa femme ; il le lui | soir, le moment du repos venu, des airs bretons. Une huitaine de jours s’écou- ; 4Vait Juré | ièrent ainsi; puis le comman-| Le comte et la comtesse de ail Lo ‘an.! Luseay tentèrent d'abord de dant Lamenek vint jeter l’an-. “ay ore aDOr pour ne rester eu rade que fils, mais ce fut inutile. 1] était juste le temps de compléter son/engagé d'honneur et tiendrait chargement et d'embarquer Sa parole, à quelques prix que une demi-douzaine de passa” | ce fut ! gers Quarante-huit heures plus! Alors la rupture entre le que son mari, employé dans uue grande exploitation d'une mines d'argent de Cord llières, | était mort six mois après la! naissance de son fils, malheur ! Î | | qui avait décidé sa veuve à re- tourner eu France, dans sa fa. | mille. Quant au petit] Henri, c'était un poupon frais | Î et rose, avec les grands yeux! bleus de sa mère, et souriant déjà aux hommes de l'équipage qui le caressaient. Or, an soir, la Dauvre femme qui était bien un peu pâle, mais dont la santé cependant. paraissait bonne, fut prise de, sufications et mourut brasque ment, enlevée par une angine de poitrine ou par la rupture! d’un anvévrisme. Le comman- | dant Lamenek dressa, selon les | formes usities à bord, l'acte de décès de sa malheureuse pas-| sagère et mit les scellés sur sa maile, où il couvert de nature à la renseig- ner à l'égard de l'état civii de la défante. 11 y avait cherché vainement son acte de mariage, un passeport, un document quelconque : il n'y avait trouvé que l'extrait de baptéme de l'enfant, dans la chapelle des | jésuites de Valparaiso: mais! cetie pièce ne mentionnait pas | même le non de famille de la ! | l n'avait rien dé- { tard, il dérapait pour sortir du|jeune homme et ses père et majestueux estuaire du Rio de mère fut complète, brutale. la Plata, mettre le capau Nord- l’effrondement de ses espè- Est et faire route directement | rances poussa la comtesse jus- vers notre hémisphere. qu'à maudire son enfant, et Au nombre ‘les nouveau pas-| Jacques, chassé de la maison sagers de l’Arc-en-Ciel étaient | saternelle, ne put se marier deux Français, M. et Madame | qu'après nvoir-fait dé se” de Lussay, qui revenaient en/iins respectueuses France après un assez long! Cutte nnion accomplie, il fit RS : Li : séjour dans le République Ar-| 4, 1ombreuses démarches pour gentine. Le mari, Jacques de revoir son père etsa mère, mais dé 7 10 fic. he. | s * ou À es de VE Lelles furent inutiles, leur porte vole polytechnique et igné-|jui resta impitoyablement fer- mérite, avec trente! ge, Alors, le cœur brisé, il à sininn Me ES b= . “PRE C'était un Ê embarqua avec sa jeune fem- bon cavelier, de tourneur dis-} me pour ailer chercher fortune P 6 a NE Fe Yu | » | £a . tinguée. Sa sea Raymonde, dans la République Argentine, n'avait pas dépassé vingt-cinq |et nne fois installé à Buenos- aps: elle était remarquable- Ayres, il essaya de renouer ses ment jolie avec son tient chaud ;6]ations avec sa famille. Mais de méridionale, ses grands yeux pendant près d’une année, il ” 9 bruns frangés de longs cils so- reçut pas un mot de répon- dE À ÉRE. i is Fe : : 7. et ” lourde chex clure se à ses lettres. Enfin, un jour, d'ébène. Ce qui frappa tout d'a- on père lui adressa quelques !i- bord, ce qui trahit immédiate- ‘gnes, entre lesquelles Jacques ment les allures des deux <- poux, ce fat ieur tendresse ré- ciproque, la communauté de Lieur de deux ans :crut pourvoir lire un peu de Ja tendresse qu'il inspirait autre- 5 AL de fois Bien vite il multiplia sa leurs idées, leur désir évidente | Mi he 1 bol n | S0ITEs Po?! ance et le comte lui de ne vivre à r un. 7. répondit avec plus d'abandon our l’autre, d'éviter tout -. — 5 ® ** | Madame de Lussay seule, bien lation de nature à interrompre! , ra É " qu'elle fut devenu ‘rès souf- leur chère intimité. Après le! FRE , ifrante, restait inébranlable repas, au lieu de rester dans le! à à | dans sa rancune, lorsqu'un évé- méler sur Je! |nement impatiemment attendu lai reudit l'espoir d'obtenir en- salon ou de se pout à leurs compagnons de ere devant Buenos-Ayres, mais lutter contre le projet de leur) à u © . lwnvso " ‘ a d, F "1 1a t à l': un mère ; puis quelques lettres in- | Voyage, ils se réfugiaient à l’ar-|° È Pr Ve rie “oi Là ; dulfin son pardon : Raymonde signifiantes, adressées de France TIère de la dumnette, pres du ‘ | x Idi: Soie su 2 1s. à M. Nollet et en renfermant | couronnemeut, et là, les mains | È | . da * | aucun détail de nature à aider! dans les mains, s'isolaient du à la recherche des parents pa- | reste du monde. 1ls révaient, (a continucr) 1 *: ipA iliousness. ternels on maternels de l'or’ demeuraient musts, comme s'il,! Riprns Tabules cure bilionsness Ripans Tabules cure constipation. CR RE < NRC EE UNE LECON MERITEE Le duc Charles-Guillaume de Brunswick qui vivait il y a une soixantaine d'années. at- tachait un grand prix à la stricte observation des fêtes et des dimanches. Un jour, il ap- prend que les paysans d’un village avait l'habitude de se réunir à l'heure de i'office dans un cabaret, et de passer à boire tout le temps qu'ils auraient du être à l’église. Le due, vêtu d'une redingote grossière bou- tonnée jusqu’au menton, se rend le dimanche dans l'au- berge qu'on lui avait indiqué Au moment où a :loche a: plait les fidèles à la prière la troupe des mécréants précéd’s d’un large ct lourd personnage que. à son nez rubicond, à sa figure enluminée, on pouvait aisé. ment reconnaitre pour le prési- sident de la bande joyeuse. 1l s'assied au bout de la table et fait asseoir le duc à côté de lui, non toutefois sans jeter un é- gard de défiance sur ce convi- ve que personne ne se rappe- lait avoir va dans la chère en- ceinte de cabaret. Cependant l’aubergiste apporte devant le président une énorme cruche d'eau de vie. Celui-ci la prend avec ses deux maine, en avale une bonne dose et la remet au duc en disant : Passe c2la à ton voisin. La crache revient en- suite au président, qui, après lui avoir donné une cordiale .accolade, la remet en circula- tion. Chaque convive la saisit successivement avec bonheur et ia quitte eu disant : Passe cela à ton voisin. À la troisiè- me tournée de la bienheureure cruche, le duc se lève avec co- 1ère, deboutonne sa redingote, et, laissant voir à tous les re. | gards son uniforme bien connu et ses insignes de souverain il | donne de toutes ses forces un isoufflet au président, en lui disant : Passe cela à ton voi- sin- Comme celui-ci hésitait le duc saisit son épée en disant : “Que celui de vous qui frap- pera trop doucement ou trop lentement prenne garde à lui, car j'en ferai bonne jus- tice.” À ces mots, tous les bras se lèvent, les sonffiets pleuvent d'un bout de la table à l’autre, ciuq ou six fois de suite, jus- qu’à ce qu’enfin le duc, satis- | fait du châtiment qu'il vient d'infliger à cette incorrigible troupe de buveurs, les laisse en repos- On dit que, le dimanche suivant nul d’entre eux ne fat tenté de retourner au caba- Tet. MA GANEN POPULAIRE L'endroit le plus populaire et où vous trouverez le plus de satis{»ction est à notre magasin. 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