français. L’on discuta donc des démarches nécessaires pour mieux combattre et pour vaincre cette passivité trop répandue chez les élèves acadiens. l l fut alors proposé que l’Association organise un premier concours de français dirigé vers les élèves des écoles acadiennes de la 7° à la IO‘ année; dans les années suivantes. le concours serait modifié de sorte que tous les élèves à partir de la 3° année puissent y participer. Le premier concours devait avoir lieu au printemps de I930 dans chacune des écoles acadiennes. L'organisation même du concours fut laissée aux bons soins de monsieur Blanchard. assisté de monsieur Martin Gallant. inspecteur des écoles acadiennes à l'époque, et de l'abbé Nazaire Poirier. professeur au Collège Saint-Dunstan. a Les dangers Pour notre langue sont. : la Prédication en anglais, les journaux. les relations commerciales et sociales cf la l'ionte qui existe Farmi les. nôtres deleurnonideiamde.» J. Benri Blanchard z au Congrès des Instituteurs acadiens à Tignish en 1924 On peut se demander avec raison comment monsieur Blanchard allait s‘y prendre pour trouver le temps pour voir à la préparation et à l‘administration d'un tel projet. Et surtout de voir à la correction de toutes les copies des élèves participants! Mais pour lui, la question n‘était pas là: il fallait que le concours soit organisé. et il fut prêt à s’en occuper. Ce premier concours a remporté un franc succès! Au bout de quelques années. ce fut une compétition entre élèves et entre écoles pour remporter les prix accordés aux vainqueurs. Pour arriver a faire la correction des feuilles d'examen. quelques professeurs dévoués se réunissaient a la maison de monsieur Blanchard et. autour d‘une grande table de travail. ils corrigeaient avec lui des pages et des pages de compositions et d'exercices. Ces personnes méritaient bien (les félicitations. ll n‘y avait pas de récompense pour eux sauf peut—être la satisfaction personnelle d‘avoir passé ces heures ensemble en présence de leur éminent chef et modèle. lit parlois. il faut bien le dire. ils s'amusaient follement. léréinie Pineau racontait comment lui et Albcrt (iltlltllll se mordaient de rire de Voir monsieur lllanehard chercher désespérément. parmi les tas tlc papiers et (le livres sur son bureau. sa fameuse loupe sans laquelle il ne pouvait lire les pages qu'il avait a évaluer. S’apercevant de leur hilarité qu‘on cherchait a lui cacher, le bon professeur Blanchard ne pouvait faire autrement que d'éclater de bon cœur lui—môme. On partageait ainsi des heures inoubliables de joie et de cmnaraderie ce qui chassait de l'esprit fatigué la monotonie et l'ennui laissés par le travail de jours loings cl parfois frustrants. ‘À l'été de l933, monsieur Blanchard est allé poursuivre d autres cours d’été. cette fois à l'Université Mount Allisou à Sackvrlle, Nouveau-Brunswlck. Pur la suite. les autorités LA PETITE SOUVENANCE—w . de cette institution lui ont confié l‘administration de leurs cours d‘été à l’Université. fonction dont il s'acquittajusqu‘en l938. Les années I930 ont vu monsieur Blanchard surchargé de travail résultant de son attachement et de ses liens avec les nombreuses organisations et les différents comités auxquels il siégeait. C'est en ce temps-là qu'il avait vraiment commencé à comprendre l'urgence qui existait d'aller à l'extérieur de l'lle chercher l’aide et l'appui nécessaires à seconder ses efforts déjà déployés et les autres leaders acadiens de la province. En 1937. monsieur Blanchard fut invité à assister au Congrès de la langue française dans la ville de Québec. C ’est à ces assises que le Comité permanent de la Survivance française en Amérique fut fondé: aujourd'hui. ce comité se nomme le Conseil de la Vie fiançaise en Amérique. A cette occasion. les organisateurs du congrès avaient demandé a monsieur Blanchard de faire. lors de cette réunion plénière. un exposé de la situation des écoles acadiennes et de l‘enseignement du français dans les écoles publiques de l'lle-du-Prince-Edouard. ll a profité de cette chance unique que l’on lui accordait pour faire voir aux congressistes la situation précaire et difl‘icile des Acadiens de sa province natale. Il a tracé pour son auditoire fort attentif le triste bilan de la vie de ses ancêtres et la lutte acharnée et inégale qu’ils ont dû livrer dans l‘espoir de conserver leur langue. leur foi et leur patrimoine. Ses auditeurs l‘ont écouté avec émotion et avec un intérêt particulier car il a su toucher le point faible dans l’âme de ses frères et sœurs francophones qui. eux aussi. avaient autrefois connu et vécu l‘incertitude et la possibilité réelle de la perte de leurs traditions et leurs pratiques culturelles et religieuses. lnsistant en paticulier sur la grande difficulté que les élèves acadiens éprouvaient a poursuivre leurs études dans la. langue maternelle après leur sortie des petites écoles de l'lle. monsieur Blanchard expliqua que. sans plus d'instruction fonnelle dans Ala langue française. la cause acadienne pamii les Acadiens de l‘lle serait bientôt complètement perdue. << Depuis un demi—siècle: leur dirait-il. la lutte pour la conwrvation du l'enseiwicriieitl du lu longue vtiunçoisc chu: nous a tlii colitpler pur—desrnx toute autre chose sur le palriulisntt'. le travail constant et la lionne volonté de nos instilulcmtr et de nos institutrices qui. une joix leur l‘I‘L't‘t‘! il'enxi'igncmunl derme/té. se mettent (i I 'o'uwt‘ cl par un trtmril pr‘t'xmttk'l. opinitim' et difficile. réussissent plus ou moins à se pré/nuer à l't'im’igncnicnl du français en autant que les t'll't't’ll.\'ftlflt‘t'.\' le leur permettent. u lmprcssiounés et émus par le contenu de son discours et par la conviction de ses paroles si sincères. il fut tout de suite encouragé par ses confrères congressistes d‘aller frapper aux portes des collèges et des maisons d‘enseignement à travers la province du Québec et de demander aux administrateurs de ces institutions d‘accorder aux jeunes Acadiens des bourses d‘études. moyen par lequel ces élèves insulaires pourraient s‘instruire et se perfectionner en français afm de pouvoir mieux assurer“ le développement de la communauté francophone à l‘lle-du-Prince-Édouard. 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