2004 quelques mois au cofi‘re, il en résulte une baisse sur l'intérêt à percevoir par chaque actionnaire, mais cette diminu- tion est peu de chose, car il ne manque pas d'emprunteur, surtout pour de petites sommes et c’est ce besoin qui rend cette association si utile. Voici un cas qui arrive souvent; un Seigneur envoye un ordre par officier de justice, à un tenancier; il faut que ce tenancier livre 355.0 dans deux jours; il a deux pourceaux qu’il engraisse, mais il s’en faut qu’ils soyent assez avancés pour faire la somme voulue; il emprunte 35 5 de la banque et quand ses pourceaux sont très gras, il paye la somme et l’in- térêt avec de grands remerciements, 8. Pour le présent, nous ne prêtons pas de sommes plus fortes que t'- 50..0..0. Si quelqu’un veut retirer son Capital ou sa mise ou son action, il convient des l’entrée, qu’il se soumet à attendre les premiers argents rentrés après le jour qu’il aura donné notice au trésorier. Les intérêts des actionnaires ne se donnent qu’au bout de l’année, au règlement des comptes. Ceci pour bien par la suite se règler par quartier, mais comme parmi les fermiers, les gros payements ne peuvent se faire qu'après les récoltes, tous en sont convenus unanimement. Vous vous doutez bien que nous n'agissons pas encore sur une grande échelle. Nous sommes comme ces enfants qui ne pèsent qu’une livre à la naissance. Nous n’avons pas encore émis de billets; donc nous n’avons pas encore fait incorporer notre association. Nous attendons que notre capital se montre avec plus de suffisance. Pour nous qui sommes unis comme un seul homme, nous pouvons agir un an ou deux sous cette forme. Toute personne qui dépose de l'argent a la banque sans être actionnaire, reçoit 5 ’lg par cent, qu’il peut toucher par trois mois. Si la fin répond aux apparences, les fermiers seront riches cet automne, et nous espérons obtenir i'ineorporation de notre Banque à la prochaine cession. Nous espérons un autre ministere; celui qu’on enterre cette année était composé d’une clique de un'gs', seigneurs, et orangemen, dont un catholique ne pouvait rien espérer. Nous avons acheté trois terres dont deux de protestans, et une qui serait passée, sans nous, aux protestans, et dont une des plus belles terres près de l’Eglise. l’ai de plus en main le contrat d’une terre d’un pro- testant voisin de leur église et où se retire le ministre quand il vient ofi‘icier. Nous ferons le dernier payement cet automne où nous en prendrons possession; ceci se fait en secret, car les autres protestans n’aiment pas ces tours là. Ils l’ont fait assez aux acadiens, il est terns de tourner la carte; comme on dit, il faut partager les plaisirs. Tout cela n’empêchera pas l’Emigration. La dernière 1ère Communion que j’ai fait faire nombrait 102 enfants, et celle de cette année en contiendra presqu’autant; a ce compte, la moitié peut émigrer tous les ans et il en reste assez pour agrandir Rustico. Vous avez pu voir sur les journaux du Canada qu’on songe a établir un Crédit foncier, c’est en grand ce que faisons en petit; car vous savez qu’en Canada on fait les choses noblement. Les fermiers sont là ce que les nôtres sont ici; il ne font leurs argents qu’une fois l’an; il faut pouvoir emprunter pour rendre au bout d’un an; si non le fermier ne peut emprunter des banques.» Sourœ Lettre de Georges—Autoine Belcourt à Edme Rameau de Saint— Pere, Fondation Lionel Groulx, Fonds Alphonse De.sz rdins, P19/A,44. Le Centre d'études acadiennes de l’Université de Moncton possède une photocopie de cette lettre, 836—2. ' Pour en connaître davantage sur la Banque des fermiers de Rustieo dans la correspondance du père Beleourt, voir anriel Bertrond, Paroisse aca— dienne de Rustiro (Î.—l’.-É.) et la Banque des fermiers, recueil de citations épisto— laires du pi‘re (Îetmes-Antoine Beleourt, Moncton, Chaire d'études coopéra- tives, Université de Moncton, 1995, 101 p. PAGE l9 «Voud voua aoul‘ez bien que noua n’agàmolw pan encore dur une grande e’c/Jelle. Noue nommée comme (‘84 enfale qui ne pètent qu’une livre à la naàruanee. Nouo n’aviono pan encore e’nuîi 3e billetza; Banc noua Il ’avorw pan encore fiu't incorporer notre û? aonocz'att'on. » i2? A