OR LARERE RL LA MERE JOB (Suite de la 1ère page) fan! ; mais dès que Rosine eu- tendit la voix de sa mère, elle s'élança vers elle et s'éeria : — Ok, est-ce fini ? Hugo est-il délivré ? —kRéjouis-toi, et sois revonnais- sante envers Dieu, Rosine, dit la mère Job en serrant l'enfant dans ses bras ; dans denx hen res, nous aurons l'argent ! iv En revenant de sa visite ehez le notaire, la mère Job s'était eneore entretenue pendant quel: ques instants avee se fille, et s'était eflereée de lui inspirer du courage et de.verser dans son cœur la eonfianee en un avenir meilleur. Vraisemblablement la brave femme était en proie à an indieible chagrin, st les pareles de eonsolation qu'elle adressait à Rosine lui servaient prinoi- palement à lutter sontre son propre désespoir ; car si elle n'eut pas fermé les yeux avec effort sur sa sitnatien, qu'eht- elle aperçu sinon la plus terri- ble perspective ? Son enfant luttant contre la mort, sa fille brisée par an ceup qui devait pour toujours détruire les plus dences espéranees de sa jeunes- se, son fils menaeé de la prison et du déshonneur..et son mari et ses enfants de l'humiliatien et de la misère ! Enfin la force de continuer ses conselantes exorts tions manqua aussi à Ja mère Job ; peu à peu sa voix baissa de ton et ses paroles de- vinrent plus rares. Bienièêt Ja mère et la fille tombèrent toutes deux dans une sombre préoe- cupation, et il se fit un iong si- lence, qu interrompait seulement la faible respiration de l'enfant endermi. Tout à coup elies entendirent dans la rue, et immédiatement dans la chambre voisine, une voix qui grondait et menagait. Toutes deux bendiront en même temps, et les mets :— Le père! voilà le père ! retentireat joyeu- sement dans l’appartemeat. Rosine sourut vers la perte, le visage teut épanoui ; quant à la mère Job, elle resta immeo- bile, pälit, et se mit à trembler, Prévoyait-elle peut être que la présence de son mari la con- damnerait à une pénible lutte, à une épreuve plus rude encore que eelle qu'elle vemait de sup porter ! Quei qu'il en seit, l'ex pressien de sa physienemie changea à l'instant, et, seceu- ant la tête eemme siellese re prochait sa faiblesse, elle s'’avan- en ayee an doux sourire à la rencontre de son mari. Baes Job poussa violemment la perte, eourut au lit de l'en- fant et le centemplant pendant an instant ; puis, frappant du pied, 1l s’éeria : — Je suis maudit ! C'est tou- jours la même chese : je me puis me retourner qu'il ue me toem- be un malkeur sur la tête ! Ue- la vient enaore de là! Ne vous l'ai-je pas dit ? Deviez-vous lais- sez courir cet enfant dans la rue ? G’est votre faute ; ls vei: là maintenant quia le fièvre searlatine. @'est fait de lui ; eh ! mon pauvre Engelbert ! La mére Jeb penchait silen- eieusemenut la tête ; ses lèvres se remuaient convulsirement et il était faeile de voir qu'elle luttait pémiblement contre ses larmes, qui commençaient à couler à flots. — Qui, oui, taisez-vous ! s'é- vria baes Jeb, qui arpentait la chambre avec désespoir et je. tait sur l'enfant des regards émus. Taisez-vous. Vous voyez bien maintenant que nous sem- mes nés peur le malheur. Fai- tes faire um cereueil pour #otre rmaalheureux Engelbert. Je l’ai- mais trep ; j'en étais trop fom ; pti , 7” Î L’IMPARTIAL, JEUDI LE 81 MAI, 1800. Pieu derait m'en panir!.… Si oe n'était mon enfant,il guéri rait ; mais tout me tourne mal. Eh biee., que devion:xotre éter- nel chanson : “Cela ira mi:ux' ? Parlez denc, vous ne sayez mê me pas dire un mot pour me, consoler : on dirait que vous vous souoiez peu de mon cha : grin. Parlez donc, vous dis Je ! Le brasseur s'eflorgait ainsi, par aeousations contre sa femme et par des exclamations de dé- sespoir et de colère, de donner eacrière au sentiment de sin- cère douleur qui, en réalité, op pressait son cœur. Quand sa l|a- mentation prit fin, la mère Job arrêta sur ses yeux un doux re gard de ocempassion et d'a- mour. Lui, en remarquant sur les traits de sa | femme que tout espoir nel l'avait pas encore abandennée, parut tomber dans un nouvel accès de soière. —Teujeurs la même ! grom- mela-tilavee un geste irrité. La voilà qui sourit maintenant ! Je souris ! dit la mère Job ea soupirant douloureusement. G'est bien sans le savoir alors. Peut être men cœur de mère se réjouit-il....….. — Comment ? comment ? Qu'o- ses tu dire? s'éeria le mari d'une voix tonnante, tandis qu'il s'arrétait devant le lit, les bras croisés sur la poitrine et. l’œil immobile et fixé sur l'en- fant. Tu te réjouis ? Mère in «| sensible, tais-toi ! tais-toi et rou-| gis de honte ! Oser dire de ielles surslon devant un enfant à l'a-| gonie ! | La pauvre femme, qui ne vo- yait auenm moyen de parler d a malhear de Hugo, succomba sœus la douleur et sous les dures paroles de son mari. Elle se laissa tomber sur une chaise, et, muette, elle se voila le vi. sage des mains et se mit à pleu- rer. Resine qui jusque là m'avait pas dit un met, s'éeria d'une veix navrée : —Æher père, vous êtes in- juste. En quoi est-ee la faute de ma pauvre mère si Engelbert est si malade ? Si veus saviez ce qu'elle a enduré eette nuit, vous auriez pitié d'elle... —-De quoi te mêles-tu ? dit:il d'an ton brusque. Oui, oui, ligue-toi avec ta mère centre moi : o’est l'ordinaire. —Àh ! veyez dons, mon père, comme veus la faites souffrir ! Pour l'amour de Lieu, ayez eompassion d'elle ! Baes Job se retourna et s'a- | perçeut que les jeues de sa femme étaient baignées de larmes. —Des larmes ! des larmes ! dit il aveo dépit. Voilà tout ce que tu peux. @ela nous aidera jeliment ! Cesse de pleurer ; tn auras assez besoin de larmes de. main ....…. Mon Dieu, mom Dieu, mon pauvre Engelbert va mou r ! Quel mai at il fait depuis qu'ilest au monde ? Auoun ! aneun ! Mais e’est men enfant : seia suffit ! La mère Jeb leva la tête et dit d'uns voix suppliante et en- treseupée de larmes : —Jeb,tu ne fais pas bien. J'entends et je veie que tu sout fres beaucoup. Laisse-mei par: ler : je te eonsolerai. —Me consoler ? —Bh, oui. Tu te trompes : Dieu permettra que notre En- gelbert guérisse. —Je le préveyais! Cela ira mieux, n’est ce pas ? gronda je brasseur irouiquement. La femme comprima ses larmes et saisit la main de son mari. @elui-ei retira la main viveinent et avec colère ; mais la mère Job ne parut pas faire attention à eette rudesse, et re— prit d’une voix doues : (à contiauer) for acceptable ideas. State if patente. THE PATENT RECORD, Baltimore, Md. Subscription price n* {+ PATENT REcoRD $1.00 ‘ per ann :1mples free, sr pi ET à U W. a y CG A == l \ALE e 7. 4 Napoléon, Montréal. ze LOusc- Does. Docs BOB 000.080... Adressez : Personne n’est autorisé à . sas des Etats-Unis et malgré tous leurs soins et e:3 les toniques que j'avais pris, je ne prenais pas MS de mieux, Une de mes tantes de Montréal, A S Mme Héroux, qui s'était guérie avec vos PI- 4 lules Rouges, me conseflla de les essayer, ce 1 que je fis. Maintenant, je suis bien et les mé- 43 äecins qui m'ont condamnée seraient bien sur- % pris ée me voir grosse, grassé et en parfaite santé. — Mile ROSE SABOURIN, No 68 rue CONSEILS Nous conseillons fortement aux jeunes filles qui souffrent ainsi, de tenir leurs intestins bien réglés au moyen des TABLETTES PURGATIVES, ceci est très important. Une Tablette prise le soir au coucher assurera le fonctionnement régulier des intestins et du foie. 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