ques es e-snbesée oo LE GRAND VAINCU { [suite de la 1ère page] main et fumeront avec eux le calumet de paix. Nos longues pirogues sont préparées pour les recevoir et les mener au vamp de notre père, le grand Ononthoo. Ces nouveaux venns étaient, on l'a deviné, Jean d’'Ar:a- monde, Saint-Preux et le vi- comte de Frontenac. Ouinnipeg et David le Chas- seur étaient entrées le matin dans l'auberge de Québec au moment où Frontenac et d’Arra- monde achevaient leur repas. L'aide de camp de M. de Vaudreuil connaissait de longue date le cheï sauvage et son ami ie chasseur. La conversation s'était donc cngagée entre eux: Ouinnipeg avait annoncé qu'il allait remon- ter le Saint-Laurent le soir même pour conduire ses guer- ziérs au camp de M. de Mont- calm. Frontenac lui aväit aussi- tôt demandé s'il ne pouvait pas ce charger de guider deux jeunes officiers qui avaient un graud désir de rejoindre l'ar- mée le plus promptement pos- sible Et le chef sauvage ayant consenti à se changer de cette mission, il avait été convenu que ies deux gentilshommes faançais se trouveraient à qua- tre heures de l'après-midi à l’anse de Foulon pour s’ambar- quer avec leurs domestiques et leurs bagages sur les pirogues des guerriers abénaquis. Jean d'Arramonde n’eut pas assez de paroles pour remercier Frontenac et Ouinnipeg ; ce dernier, peu habitué à ces ef. fusions geçconnes, répondit simplement que les guerriers français trouveraient toujours en lui un ami dévoué. Saint-Preux et d’'Arramonde avaient été exacts an rendez. vous, Le vicomte ae Frontenac avait voulu les accompagner pour leur dire, au moment du départ, un dernier adieu. Sur un signal le Ouinnipeg, les feux furent ételnts. les tentes de peaux roulées et jetées dans le jond des pirogues amarrées au bord du fleuve ct où les guerriers indiens prirent place avec un empressement si- Jencieux. Deux barques plus larges que les autres furent ensuite appro- chées du bord. Dans l'une, Ouinn'peg devait prendre place avec Jean d’Arra monde. L'autre était réservée à Gas- ton de Saint-Preux et au chas- seu’ canadien. Paterne plaça dans la premi èreie petit porte manteau de son maitre, et Léveilié fit glis- ser dans la seconde les caisses que deux hommes portaient a- vec peine et qui contenaient les élégants vêtements de Saint- Preux et les mille objets néces- saires à sa toilette. Au moment de monter dans les pirogues qui allaient les em- mever vers des terres inconnues, les deux Français se tournèrent vers M. de Frontenac et, met- tant chacun leur main dans l'aue des siennes, le remerciè- rent une dermière fois des atten- tions courteises dont il n'avait cessé de les combler depuis leur arrivée à Québec. — Adieu, messieurs, répondit le jeune officier d'une voix un peu émue, adieu, ou plutôt au revoir, car je sens que nous nous reverrons. Si j'ai un re- gret, au moment de vous quit- ter, c'est de ne pouvoir réunir en une même étreinte ces deux mains loyales qui sont entre les miennes. Permettez-moi d’espé- rer que j'aurai an jour cette joie de vous retrouver frères par le cœur, comme vous allez l'être bientôt par les armes. RE Les deux gentiishommes évi- tèrent de répondre à ces derni- ères paroles de M. de Fronte- nac. Après avoir serré une der- nière fois les mains du jeune ef- ficier, ils se tournèrent brusque- ment le dos et chacun d'eux monta dans la barque qui lui é- tait destinée. À un nouveau signal donné par l'Aigle-Noir, les rameurs se couchèrent sur leurs longues pagaies. Bientôt, au son lent et cadencé des rames, les pirogues s’'éloignèrent du rivage, et leurs quilles effilées découpèrent sur la surface du fleuve de minces rubans d'argent. | Ouinnipeg s’approcha alors de Jean d'Arramoude et lui dit de ce ton doux et gravement poli qui formait un si étrange con- traste avec la physionomie fa- rouche du chef sauvage et son extérieur guerrier : —S$Si mon frère bianc désire se reposer, qu’il s’'étende au fond de la pirogue sur ces peaux a- moncelées. 1] peut avoir confi- anve dans la force et l'adresse de mes jeunes hommes. Il ne s'apercevra ni des sauts ni des L'IMPARTIATL, JEUDI LE qu’au jour où, par un fatal avci- dent, le feu prit au voinme qui la renfermaient. Mon père avait eu toutefois la précaution d’en faire un dessin, je vais te le con- fier. Si tu trouves la ‘campaunla rubra’, et si tu me la rapportes, je te donnerai trois mille livres. Cette éblouissante perspective avait avait mis fin aux hésita. tions de Paterne 11 courut chez d'Arramonde et le supplia de l'emmener sans tarder. Pauvre Pat?rne ! En entendant l’apostrophe que so2 maître venait de lui a- dresser au sujet du développe- meut extraordinaire que sa che- velure avait pris depuis le ma- tin, le brave garçon rougit jus- qu’au blanc des yeux, et, se rap- prochant du gentilhomme béar- nais, lui dit mystériousement —Pendant que monsieur le marquis déjeunait tantôt, je suis descendu à l'offlics de l'auberge et là les gens de service m'ont averti charitablement que les sauvages de pays ont la mau- vaise habitude d'enlever les che- velures de leurs ennemis vain- portages, et pourra dormir tran- quillement jusqu’à ce que nous arrivions au camp du Grand- Marquis. S'il a quelque désir, qu'il parle, mes jeunes hommes s’empresseront de le servir. —Merci, chef, dit Jean d'’Ar ramonde touché de ces préve- nances. Je n'ai besoin de rien, et d’ailleurs voici mon domes- tiqué.....…: En prononçant ces mots, il je- ta les yeux sur le tranquille Pa- terne qui se tenait sur un des bancs de la pirogue entre deux guerriers sauvages et lançait à tous moments des sins étaient armés. de Paterne avait pris depuis peu des proportions tellement formi-| dables que son chapeau tenait à | cus. Si encore ils ne prenaient que les cheveux, mais il parait ‘qu'iis coupent en même temps la peau du crâne !… Et, en disant ces mots, le pau- vre Paterne frissonna des pieds à la têtê. — Aussi, conutinua-t-il, pour é- viter cet accident, j'ai été me faire raser soigneusement lies cheveax et j'ai acheté cette per- ruque. Si nous tombons entre les mains des sauvages, je la leur offrirai immédiatement et la peau de mon crâne sera sau- | vée. regards in-| quiets sur les con eaux et les cide du valet s’anima d'une ex-| haches dont ses terribles voi- | pression triomphante et ïl ca-|! La figure rougeaude et pla- ressa avec satisfaction les lon- tique d'un barbier de Qaébec. — Vous n'êtes qu'un drèle, monsieur Paterne, riposta Jean | Dr cieuse. Le jeuno Français, conforta- blemint installé à l'avant de la pirogue, se laissait aller au plaisir de goûter. un,repos bien nécessaire après. les évrasantes fatignes qu'il vait eu à supporter. | Debout au milieu de la bar- que, David Kérulaz dirigeait | constamment ses regards vers le | |rivage. Saint-Preux n'avait pas enco- re enteudu sortir une parole des lèvres de ce mystérieux per- sonnage. C’est à peine même s’il lavait pu distinguer ses traits cachés par J’ombre d’un large bonnet en peau de castor. Néanmoins, l'air de profonde méditation où semblait plongé le chasseur, et deux ou trois soupirs qui s'étaient échappés :| avec effort et comme malgré lui de sa large poitrine, indiquaient qu'il se trouvait sous le coup d’une préoccupation grave. Tout à coup il fit un mouve- ment si brusque que la barque vacilla, puis, saisissant son bou- net, il l’agita à plusieurs repri- ses dans la direction du rivage. Surpris d’une démonstration dont la vivacité semblait en de hors des habitudes de set hom- me silencieux, Saint-Preux tour- na aussitôt ,a tête vers la rive. Le spectacle qu'il vit alors lui arracha à lui-même un cri d'é- tonnement. : Une émotion indicible, déli- cieuse, mélange de surprise et de joie, fit tressaillir toutes les fibres de son coeur. Les hautes falaises qui avaient borné la vue jusqu'alors ve- naient de disparaitre subite- ment. Un paysage lointain se déro:. lait maintenant sous les yeux des voyageurs. Dans des plaises d’un vert Any: ne , | 2 . | . , —Ah ça ! s'écria Jean d’Arra-|gues boucles de sa perruque gras et luisant, bordées d’ose- monde en remarquant pour la Luis X1V, monument antique | raies et des et de chôns au ten- première fois que la chevelure qu'il avait déterré dans la bou-|dre feuillage, de beaux trou- | "or p’aux paissalent !ment. Plusieurs fermes aux tranquiile- murs peine sur sa tête, qu'est-ce que d'Arramonde en fixart sur sen | blanchis enserrés dans les che. cela veut dire, maitre sot ? Est- | valet un regard courroncé. Cro-|yrons noirs des charpetes éle ce l’air de ce pays qui, par une|yez-yous donc que, tant que | vaient ça et là, au milieu du vertu spéciale, vous à fait pous- | vous serez avec moi, vous aurez | feuiilage grisâtre des sau'es, ser cette forêt de cheveux ? ou à craindre pour la précieuse (leurs toits de chaunme couverts bien avez vous vris, au moment | peau de votre tête ? Eh quoi !|de mousses et de hchens. Des de partir, un pot de la pommade | pensez-vous que j'aie envie de | fossés étroits, où se dressaien de Lion chez votre ancien pa- me laisser prendre par les chas- | des touffes de jones aïiwus, cou tron ? : seurs de chevelures ? Je vou-| paient jes pâturages et y por 11 faut dire que l’honnète et drais bieu voir que ces mendi-|jaient la fraicheur des sources pacifique Paterne, avant de se |ants léguaeuillés osassent porter | Aa loin, le soleil desceud:n: lancer dans les grandes aven-|la main sur un d’Arramonde ! |Qans un ciel sans nuages répan- tures à la suite d’un gentil.’ Un mouvement que fit : uin-|dait sa Jumière étincelante sar homme béarnais, avait, pendant nipeg en entendant Jean d'Âr-}cette charmante verdure du quinze ans de sa vie, pilé du) ramonde traiter si légèrement | printemps et jetait des tons do- camphre et pesé du julep chez|les guerriers Peaux Rouges a- és sur la robe fauve des bœuf. . | : ° ' | un droguiste de la rue des Lom-| vertit le jeune gentilhomme que | ;nminant dans la plaine. bards. son étourderie venait encorenne, (était un voin de la frti'e . , | PC . . . Dans la précipitation de son | fois de lui jouer. un mauvais Normandie qui venait d’appa départ, Jean d'Arr:monde avait tour. Iraitre aux regards etonnés de mis la main sur ce paisible ser- | —Je te pardonne néanmoins, Gaston de Saint Proux. viteur qui se trouvait alors {ort| Paterne, dit 1l en riant, car en) C'était la Fisnce, la France brouillé avec dame Fortune, et | vérité, si les sauvages ennemis |elle-même, calme, verdoyante, . . ” . . , | : : nd ° lui avait propose unne somme | avaient quelque envie de S ap- | lumineuse, qui se montrait à jui très respectable s’il consentait à | pur e nous, 4 D | à quinze cents lieues de Ja pa- le suivr: an Canada, où il ne de- _—. res : orri , e ss | Subrie. né RS ' nit Li : veit seJourner qu une ou deux | Tu ee sé VA VISE RRITON | Ses yeux se remplirent de svinsisse | Qu'en dites-vous, chef ? ls : FR 6 di st Si Ontnnls UE La distance qui le sépa- é ee = C 1 Partagé entre le désir de Bè"| ;l P se e |rait de son pays sembla dispa- L eg, il lui racon pe Nr. à gner de superbes gages et Ja | P . ù ni lraître tout à coup. crainte de quitter la terre ferme | MTS Ne ce | 1] éprouva cette joie inetfable FRA 8 terne r pré- poèt s'avoMiE rer. Qur qu 667 PO POP Te |que l’on ressent lorsqu'on aper- ment perfide où on s'exposait à | Server son cuir chevelu du cou- | ni ini |çoit soudain devant soi un être > MDÉ au à scalper. Foi 2 ni < rencontrer des tempêtes où des pi on | bier-aimé -que l'on n'espérait boulets anglais, Paterneavaitété, Le grave figure du che SA | pins revoir | vage se dérida peu à peu et) ds | ve MD Verdureau, son | prit eh ie d'Arr | A quelque distance du riva- ancien patron. , ?T, : , P | de it nee e et|8° devant une maisonaette —On t'offre d'aller au Cana-| monde prit entre 16 pouce et! da, mon garçon ! s'était aussitôt | l'index le faite du majestueux 1 | dont le chaume apparaissait à travers un rideau de peupliers, éonif l'aërt : : édifice et montra, en le soule- + écrié l'excellent droguiste, qui De "|deux femmes agitaient leurs était en même temps un bota-|vant, cette tête ronde et rasée hu 8 niste passionné, eh bien ! l’oc-lencadrée d'une paire d'orciiles | MoN ni dist Qaint à à à . | | Malgré la istance Salnt- casion s'offre à toi de faire for- larges comme des pelles de pa-\ 8 ' tune, ne la laisse pas échapper. |gaies, le rire qui épanouit tout | Preux ES D men, Ecoute-moi bien et grave dans /|à ceup la physionomie sévère | °°° ser se ba 2 EE _n ta mémoire ce que je vais te|de Ouinnipeg fut si bruyant i ln rene . dire. 11 y a deux cents ans, un/que les guerriers indiens s'entre- | Les formes me 7 ee missionnaire français a rapporté |regardèrent avec stupéfaction. pire s : kr 5 du Canada une plante rare, u-| C'était la première fois qu'ils “es 4 Lu. +. y one nique, merveilleuse, qui ne se entendaient rire leur terrible | Curte, le Hthu brodé et la c trouve dans aucun herbier de!chef. fe blanche des. Normandes, ” France si d'Europe. 11 la donna! La barque où se tenaient | ce costume national complétait à mon arrière-grand-père et elle | Saint-Preux, Léveillé et le chas- | encore l’illnsion charmante qni resta dans notre collection jus- |seur canadien était plus silen-| s'était emparée du jeune gentil- { l RQ 2 TRT. EE OT 20 OCTOBRE, 1898. POINTERS TO CAN MAKERS Since: we havre tarted in business we have done 80 p. c of h Making & Repairing Jan-Makers’ Tools on the 1sland. REASONS WHY We have the best equipped Machine Shop in this Province e using none but the best material precurable, and our char- ges being as low as is consisteut with First Class work. ive us a trial and be convinced. Satisfaction Guaranteed Bruce Stewart & Co. Engineers and Machinists Steam Navigation Cos Wharf CHARLOZTETOWwN P,E. I. UNDERTAKING I am still in the Undertaking business and am prepared 0 attend to all business promptly. 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À reporter who went there to learn how Ripans Tab- ules were selling boughé a five-cent carton and asked : ;: ‘Do you have much call for these ? ” He was referred toagentieman who roved to be the Lot of the depart- ment. He said: “The sale of Ripans Tabules is employed a physician and did so on the last occasion I had for one, but at that time obtained no results. Ihad never had any faith in patent medicines, but having seen Ripans Tabules reco highly in the New York Æera/ con. . cluded to give them a trial, and Dr demanded. were just what my case I have never TN TA OS storekeepers, news agents and at some liquor storesand constant and is increasing, due | testimonial which should Lee especially totheinfluential character | name in the newspapers, to do of thetestimonials in the daily press, | this the elder lady argued : “There and growing out of these, through | may be other cases just like mine, { the recommendation of friend to I am sure I take pleasure friend. Satisfaction with them is recommending the Tabules to any * very general. When once they are | one aflicted as I was. If the telling begun Inotice that a anent | about my case in the papers enables customer for them is made. This, I | some person similarly affected ; believe, is through their intrinsic | to be as benefited as I have merit, which proves the bona fide | been, Iseeno . DER character of the advertising. Ithink | ters, knowing how earnestly she them specialiy useful inthe general | about the benefit she had received, run of stomach troubles.” decided she was quite right, , sages À PAP PSS PSP PP SE # NS VA v #1 = po RSS Tome EU tiere ON FIVE CENTS, This low prioed s0ë$ le Ittended Tor to Sooe dur ù econortienl. One Gozen of the CO EUR pme res by forty _ : (TEN LADULES ) DA bo ciet D'ou Rire Fame may go be ad of 20e ge Sun ‘ », € homime à l'aspect de ces campa- gnes vertes et profondes. C'était vue de ces deux femmes qui avait arraché Île chasseur canadien à ses médita- tions et Îui avait causé une si vio.ente émotion. Le conrant était rapide à cet endroit du fleuve ; les pirogues avauçaient lentement. la La maisonnette au toit de chaume et les deux personnes debont sur la rive restèrent donc longtemps en vue. Teut qu'on put les aperce- voir, David ne cessa d’agiter son bonuct de castor. Eufiu uu détour du fleuve ‘aasqua les femmes et la mai- son. On v+ vit plas que la poin- te effilée des peupliers. Le canadien laissa retomber son bras ; inais le regard de ses israuds y-ux noirs ne cessa de s'attacher sur ces arbres qui lui rappelaisat sans doute les plus chers sonvenirs le sa vie et les! objets de sa pius tendre affec- \1pn. Quelques minutes encore et No. 185 rue St, J l ——, les peupliers dispararent à leur tour. : Alors David tomba assis sur ‘un des banes de la barque, Je visage tourné vers Saint-Preux, et cacha longtemps sa figure dans ses larges mains, peut-être | pour garder plus longiemps la dernière impression de ce ta- bleau riant, peut-être pour ca. chér une larme. _Saint-Preuu respecta ses mé- ditations. Luimême rêva quelque temps, les yeux fixés sur la voûte bleue des rameurs in diens. Puis, à mesure que les teintes célestes s a:sombrirent, ses pen- sées devinrent plus vagues, et il s'endormit bientôt d'un pr'o- fond et paisible sommeil: (à contin+er) venteurs.” Nous obtenons ve Le SL pour les inventeurs que tous les suites md | nieurs ensemble, et nous faisons une spécial] té | des applications, que les autres à nts n' , pas réussi à obtenir. OR | Pas de vetente, | MARICN & MARION, EXPERTS a&ques, Montréal, s Aentin- 4 Re PÉE, DONRS NAT