; Ull‘ litcl‘ hall—‘- u'llä zllll' llll'” comme pas une. leur présentait un délicieux dîner dans l’intimité de la demeure familiale. Tous les témoignages offerts par ces anciens étudiants du Collège Prince-de-Galles parlent avec énormément de chaleur et de reconnaissance de ces moments si agréables passés au sein de la famille Blanchard. Ils en gardent de précieux souvenirs de ces rencontres avec leur professeur- ami et son épouse. gens si bons et si désireux de partager avec d‘autres leur existence quotidienne. Chez lui. Henri Blanchard veillait a ce que ses propres enfants soient sensibles à leur culture acadienne. ll voulait qu’ils soient capables d’accepter fièrement de relever le défi de garder longtemps intact le précieux héritage légué par les ancêtres. Ayant pu constater de près ce grand manque de confiance manifesté par les jeunes Acadiens avec qui il travaillait au Collège Prince-de—Galles. il ne voulait surtout pas que ses enfants grandissent à leur tour en se sentant inférieurs ou moins capables que leurs compagnons de jeu anglophones. C “était par conséquent un fait connu et accepté mais pas toujours compris par les voisins et les amis intimes de la famille que chez le professeur Blanchard on parlait l’anglais et le français. On veillait à ce que chacun des enfants sache se débrouiller dans les deux langues; certains jours. les membres de la famille communiquaient entre eux en français; d‘autres jours. on accordait la priorité a l’anglais. De nos jours. un tel geste serait considéré tout a fait normal et même logique vu l'importance grandissante accordée au_bilin- guisme 'au Canada. Durant les années 20 a 30. à l’lle-du- Prince-Edouard en particulier. tel n'était pas le cas. Mais Henri Blanchard et son épouse avaient déjà compris les avantages qu‘ils offraient a leurs enfants en leur faisant apprendre à vivre et à apprécier toute la richesse offerte par la connaissance des deux langues officielles et les deux cultures du pays. Parlant de llenri Blanchard. ami de longue date. monsieur (iordon Bennett de (‘harlottettrwn raconte qu‘il se rappelle l‘on bien que. certains jours en ellct. les enfants Blanchard ne pouvaient pas aller s’amuser avec les enfants (les voisins car ils devaient jouer ensemble chez eux afin de pratiquer leur français. Monsieur licrmett avoue qu'il trouvait, dans le temps, cet état de choses étrange et incompréhensible. Li! préférence démontrée par le professeur Blanchard Pu,“ les .leuncs étudiants acadiens, préférence trsscl. ÉVIdcnte aux yeux de tous ceux et celles qui assistaient il se” COUPS nu collège. ne fut pas du tout bien vue ou bien “cœl’léc par certains étudiants anglophones. (tu I'ttcoltle même comment cette attitude sympathique si apparente envers les étudiants qui parlaient le français cnnuyait quelques a“lèlophones. Il en suivit que quelques—uns ont Parfois tenté de rendre la vie un peu plus dil‘licile ai mon— “leur Blanchard, comme on peut facilement se l'imaginer. Néanmoins. croyant agir avec justice et équité a l‘égard B tous ses étudiants, le professeur Blanchard continuait LA PETITE soUvENANŒr- à enseigner comme il l’avait toujours fait. ll savait se faire respecter et pouvait s’imposer quand il voyait la nécessité de prendre une décision disciplinaire. Parfois il n’hésitait pas du tout à faire sortir de la classe un ou une élève qui aurait cherché à trop déranger son ensei- gnement. Sachant aussi que tout bon professeur doit posséder un peu d’humour en réserve. il était prêt a l’utiliser à son avantage dans les moments opportuns afin de remettre les choses en place ou pour regagner la sympathie et l’appui de ses élèves. Une telle occasion lui a été présentée quand il a eu à faire face à un incident plutôt banal en soi. mais qui avait une grande importance pour lui personnellement. c'est- à-dire le cas d‘un certain jeune qui avait pris l'habitude de mâcher de la gomme pendant les cours. Monsieur Blanchard détestait cette pratique au plus haut point et l’avait fait comprendre aux étudiants à maintes reprises. ll ne pouvait tout simplement pas accepter ce qu‘il voyait comme un manque de politesse élémentaire. Donc depuis quelque temps, il ne finissait plus d’avertir un certain étudiant qui se plaisait hardiment à mâcher sa gomme en sa présence. S’apercevant que le professeur exigeait leur confrère a mettre fin à un geste qu'ils ne considéraient que normal, les autres étudiants ont décidé d’apporter un appui «tangible» à leur ami pointé du doigt. Un bon matin. la plupart des étudiants arrivent a leur cours de français. tous gomme a la bouche. sauf celui qui avait été si souvent réprimande pour avoir posé le même geste. La surprise fut générale parmi eux quand leur professeur commença le travail régulier de la classe sans dire un mot de reproche. sans même faire une remarque sur ce qu‘il n‘avait pu faire autre que d‘observer. Réalisant que le geste posé en commun par les élèves avait été inventé pour qu’il réagisse. monsieur Blanchard a cru bon de le laisser passer inaperçu. pour le moment. \\ NOUS ‘Èt‘lï infi dll S‘Ulvli qufllk lît ‘LlS i(' VUUc FOUS. “ à l’assemblée annuelle de la SSTA à Mont—Carmel. 1951 J. Henri Blanchard : l,e lendemain. qunnd tout le monde fut assis pour le début du cours. monsieur Blanchard qui savait rire lui aussi a tout bonnement présenté un paquet de gomme à mâcher a l‘étudiant qu‘il avait si souvent visé les jours précédents. t‘e fut rm rire général de In part des étudiants! C‘était en même temps une des raisons pour lesquelles les étudiants de ses cours l‘ont considéré comme un type bien ri leur goût. ’nr rapport il ses nombreuses années alors qu‘il enseignait nu t‘ollégc I’rincealc-tlnlles. il ne t‘nudruit pas oublier l’intérêt peu commun qu‘il numifestnit pour les questions d’ordre politique et historique. surtout quand cela touchait sa chère province natale. (‘e penchant pour l‘histoire et la politique était bien connu de ses élèves. Comme résultat. certains d’entre eux en profitaient ti‘équernment pour interrompre ou pour couper court un cours de français. C ‘e’tait donc facile de ltri poser une question pertinente sur la vie PAGE 27 " -i rit 5:5 on>zoz>rwi amant: »'r—‘»m‘u «amena ’r‘e‘