9 ] Nr: FE rs 2 0 Pose mire Pare EEE MM; Ce CEE PRES TE ORNE Ml er espere cn. Ré Bons 46 lique du seleil d'ectobre, sans rencontrer un êire humain, sauf! Sur la Digue J'avais parcouru la lande tout le jour, sons la gaieté mélanco- la vieille femme qui m'avait pré- paré une omelette dans un tout petit cabaret, perdn aw fond d’un bois noir, et un paysan qai chargeait une ehariette de tourbe au bord d'un marais. Ce long bain d'air, de solitude et de tranquillité m'avait momenta- nément randu presque étranger à tout ce qui pouvait conver on bouillonner là-bas, dans le ereu- set des villes. Je ne songeais plus qu'il y avait peut-être quelque part des avoeats oceupés à forger des lois auxquelles il me faudrait obéir, à établir des impôts qu'il me faudrait payer, à créer des fonotionnaires char gés d'entraver quelque chose on de gêner quelqu'un. On m'eût désagréablement impressionné en me rappelant qu’en ce moment même de très honnêtes gens se déchiraient peat-être mutuellemant, à coups de plames enfiellées, à propos d'an opéra ou d’un tableau, et que d'autres se renvoyaient fié-, vreusement des sarcasnes cor- resifs à l’oecasion de quelques pages de pross on de vers inu- tiles. Ce que je savais, c'est que le susurrement du vent dans les pineraies était très doux et qu'il n'y avait rien de charmant comme ce groupe de massettes mirant dans une flaque d'eau lours spadices de velourset les longs glaives de leurs feuilles perses. Le soir approchant, je gaguai le eanzi, pour retourner au vil- lage en suivant la digae. Bien loin, prodigiensement loin, tont au bout de cet inter- minable ruban reetiligne d’eau plate, entre des talus verts, le soleil s'éteignait dans nne mer de oarmin incandescent. Pen- dante quelques instants, tout le paysage fat noyé dans une fal- L’IMPARTIAL, J manda en très mauvais fran- çais : —Y at-il encore bien lon jusqu'au premier village ? — Une demi-heure de marche, lui répondis-je en allemand. -—Ha!fitil en sonriant. Et jusqu'au suivant ? — Deux heures. —J'irai jusque-là, dit-il, comme se parlant à lui même. Et s'adressant de nouveau à moi : —Alors, serai je encore loin d'Anvers ? — À six bonnes lieues. —Bon, J'arriverai demain à midi et je trouverai bien dans le port quelque bateau, où l'on pourra m'employer comme chauffeur ou matelot en échan- ge de mon passage. — Probablement. Il rechargea sur son épauie la valise qu'il avait posée à terre, et, comme je me remettais en chemin, il se mit à marcher à côté de moi. Je ne sais pourquei ce panvre diable inconnu, cet aventurier peut être, ne n'inspi- rait ni erante, ni défiance ; mais plutôt une vague sympa- thie. Devina-til qu'obseuré- ment, inconsciemment, je me surprenais à prendre quelque intérêt à ertte humble destinée qui, pour un moment, côtoyait la mienne ? On bien obéit:il tout simp'ement à ce besoin d'expansion des gens qui pen- quelque temps ont été forcés de vivre seuls avec leurs pensées ? Quoi qu'il en soit, après avoir hésité un instant et m'avoir re- gardé de nouveau, 1l m’apprit qu'il était le second des huit en- fants d'un fermier des environs de Cassel, et que som père, qui jouissait jadis d'une certaine ai- sanée, avait tenu à honneur de faire douner une bonne éduca- tion à ses fils. — Mon trère aîné, dit-1l, a fait toutes ses classes à Ia ‘‘Roals- ehule”, et il est aujourd'hui em- pleyé dans mn grand comptoir de commerces à Hambourg. Moi, j'atlai au gymnase, et l’on me destina à devenir pasteur. J’a- gurante lueur d'incendie. Puis, ' l lentement, la fournaise | brit, l'ombre monta comme mn flot, effaçant dans la bruyère brune le sillon grisätre des sen- tiers et la silhouette vague x bois lointains, derrière lesquels, dans une ferme invisible, s'en-! tendait, par intervalles, un a- | boiement, rendu très clair par la pureté de l'air et très doux par la distance. Sur la digue, les petits chênes maigres alignés prirent des formes fantastiques, et se mirent à frisosner au vent | du soir. | Comme js cheminais lente- ment, rêvant dans la calme tris- vais peut de goût pour ee métier, mais on ne discutait pas avec mon père. Vinrent les années difficiles. La récolte manqua, puis l'épizootie dépeupla l'éta- ble. Mon père ruiné, dut ren-! voyer ses valets de ferme, et je laissai là César et Tite-Lire pour prendre le manche de la eharrue. Ma foi, cela ne me fit pas de peine.—J'aimais le tra- vail da corps, le monvement, le gran 1 air, le soleil qui vous ca- rcsse l'échine, le ventet la pluie qui rafraichissant la jous en sueur. Quand j'eus l’âge, il me fallut aller dans la caserne manger le le lâchai et je pris la fuite. Je compris touts de suite que mon affaire était mauvaise. 11 y allait poar le moins de quel ques années de forteresse. Je connaissais, à cologne, un gar- çon de mon village, qui était empleyé dans uue administra- tion. Je coarus chez lui. 11 me qenna des habits et quelques marcks, et';e pus prendre le train jasqu'à Gladbach. De Jà, faute d'argent, je suis venu à pied à travers le Limbourg, vuis le long du camai, le chemin des dans quelque grange. 11 est ra- re que les fermiers me refusent uue tranche de pain et une écu- ellée de pommes de terre. Quel- ques-uns y ajoutent un verre de bière et un morcean de lard. Les uns m'assistent par charité les autres par erainte. . Voilà pourquoi et comment je m'en vais tout seul à la Plata Il se tat un moment. Il avait parlé clairement, simplement, en homme sachant ce qu'il vou- lait dire, sans ces redites, ces paroles ‘nutiles, ces détails fami liers aux gens du peuple. —Et là-bas, lui demandaije, que comptez vous faire ? —Ue que fit Adam quand il fut chassé du Paradis terrestre. Moi,ce n'est pas l'Eden que je laisse derrière mo:, mais l’Alle- magne de Guillaume 11, où les alomettes ne vous tombent pas toutes roties dans la bouche. Je travaillerai, je retournerai la ter re, ça me connait : …e suis-je pas un paysan ? J'aurai la liberté, et je tâcherai d'avoir le bonheur —Qu'est-ce que le bonheur pour vous ? -Manger à ma faim, boire à ma seif, avoir un toit à moi pour m'abriter, une famille à moi pour me donner du coeur à l’ou- vrage: (l'est avoir le droit d’al- ler et de venir, de rire et de pleurer, d'agir et de parler, sans qu'une crosse de fusil menace mes orteils, ni nne botte ferrée mon derrière. —Et vous ne regrettez rien ? Il haussa les épaules. —Que voulez vous que ja re- grette ? mes parents ? 1l8 pour- ront me rejoindre si je fais for- tune. — Vous n'avez pas de fiancée ? 1l tarda un moment de ré- pond:e, eomme s'il voulait 8e donner le temps d'étoufler une émotion. Puis, très ealme : | — J'en avais une, dit-il. Mais elle hésitait toujours et ne peu- Ivait se résoudre. Elle crai- :gnait la pauvreté et le labeur à | denx. Elle m'eubliera et je l’onblie- rai. Il y a des femmes aussi au delà de la mer. J'en: trouverai bien nne qui voudra partager a- . , Lu : : nn tesse erépusculaire, le regard /|pain de l'emperenr. On ne meet mot les biens et les maux trainant le long de l'eau unie, trouva aucun délaut corporel : ide la vie. d’où paraissait se dégager de la mon père m'était p'us assez ri-| Nous avions atteint le pont . . ° . . 7 | 1 a! 1t ES lumiére en miroitement blafard, | che pour cela ; car venus saurez qu il me fallait passer pour ga J'eutendis derrière moi, sur Ja digue, un bruit, quai bientôt se précisa. J'était ie choc cadencé que. dans notre pays, On a au- tant de soldats qu'on veut ; ma!s pas tonjours assez d'argent gner ma destination. En souhai- tant bon voyage à l’émigrant, je [ui tendis nne pièce de monuaie. d'un pas à la fois lourd ot ra.| pour les neurrir, les vêtir, les | Il l'a prit sans hésiter. pide. Je me retonrnai et je vis se dessiner. dans la pénombre, une forme humaine. C'était un armer. Aussi exemptet-on assez faoilement ceux qui ont de l'ar- gent et des amis. Pour moi, on .. —Je Ja rendrai là-bas à quel- | ‘ FÈRT . que malheureux, dit-il simpie- | ment. grand gaillard aux formes ath |m'ineorpora dans un régiment | Aceoadé à la barre de fer du lét'ques. | d'infanterie qui était en garni-|garde-fou, je vis la grande sil- dl étés vois d'une longue ee. | “on à Cologne, et pendant six houette de l'Allemand s'eflacez pote de couleur sombre, serrée Lasqné Je sab!s« régulièrement les daus l’embre, tandis que reten- avait la forme de celle des ou- vriers et des paysans allemands. | Sar le dos, il portait ane pe-| tite valise au moyen d'ane | corde passant sur l'épaule et roulé autour de la main. Comme je m'écartais du sentier pour le laisser passer, il tourna vers moi son visage, quai, aux dernières lueurs flottant encore dans l'air, me parut dur, mais ouvert, avee des moustaches très blondes qui tranchaient en clair sur l'épi- derme hâälé. —"Bouzuar, monsieur l’ dit- il. 1 ft encere deux ou trois pas, Puis revint vers moi, et moe de- nait pas d’être mieux élevé et | plus instruit que lui. Un jour, à l'exereice, il me soufleta si ‘ru- |dement qu'il me mit la bouche en sang Je me plaignis au capi- taine qui m'envoya au cachot pour quatre jours. Quand j'en sortis le premier que je rencontrai ce fut mon sergent, qui me rit au nez, et se mit à me railler si grossière- ment que je perdis la tête, Je | me jetai sur lui, et le prenant à | Rte : | la gerge, je l'acculai au mur, ou |je lai sognai trois ou quatre fois ‘la tête. Li devint tout bien, et| l'écume lui monta aux lèvres. Î T . Des soldats arrivant. le à la ceinture. Sa easquette plate | 2"°° mots et les bourrades d'un \tissait encore le bruit de sa jinstrugteur qui ne me pardon- marche régulière. Puis je me mis à contempler le ciei noir où les étoiles elaires et froides s’al- lumaient, phares inutiles d'une mer sans rivages. Et, comme ma | pensée triste et résignée, s'abi- ait dans l'horreur grandiose du vide insondable, j'entendis au loin sur la digne la voix. | pleine et sonore de l'exilé. 1 chantait sur un rythme de can-. tique des vers de Schiller : | Uu bon père habite à coup J ‘ RS CL ET ne. LT chatatennt he EU DL 3 AOÛT, 1899. Mme. lMarie St. Laurent pauvres gens. La nuit, je ders | | nn Pme emmener me Pas NE ASE CESR À SR tt cat, u e E PE AR « î PERRET Eee EUR IRAN EG « ; : : ee: Sven PENDANT SEPT Dans tout le monde, et dans toute l’histoire du monde, aucun médecin et aucun remède n’ont pu guérir et sauver la vie à un si grand nombre de femmes que les Pilules Rouges du Dr. Coderre. Elles sont pour les femmes seulement et elles agis- sent directement sur les organes spé- ‘cialement féminins des femmes, qui, quand elles sont en santé les rendent si attrayantes, mais quand elles sont malades, font qu’elles sont un objet de pitié Ne voulez-vous pas encore être bien comme quand vous étiez p*tites filles ? Les Pilules Rouges du Dr. Coderre vous rendront ainsi. Telle est l'opinion de Madame St, Laurent, qui est une dame intelligente et tout à fait digne de foi. Voici ce qu’elle dit : “ La misère et le travail “ ont été la cause qué j'ai contracté ‘une grave maladie qui m'a fait “ souffrir pendant sept ans. Le “ de tête, douleurs dans l’estomac, le “ pâle ; quatre médecins me soignèr “ suis bien, forte et alerte comme à ] “ je dois la vie aux Pilules Rouges Mme. Marie St. Laurent, Lac Edou Que pouvons-nous ajouter de plus a auss! éloquent ? N'est-il pas clair, aux femmes ne peut résister contre ! pour entreprendre les Juttes et les Je beau mal, la leucorrheé, les irrégu 4 1 ? J ) £ beau malme rendait martyre, Je souffrais de maux |ne leur cachez rien, car toutes lettres adressées au ! , ° Lo . os . . . ; . ‘d'appétit. J'étais si faible que j'avais de la misère | sont ouvertes, répondues et tenues confidentielles par ‘# à marcher seul:, j'avais l’air d'une morte -tant j'étais | eux. ‘ cès, j'étais tout à fait découragée, “ charitables qui connaissaient les Pilules Rouges du Dr, mes, au No. 274 Rue St. Denis, tous les jours (excepté # Coderre me conseillèrent d'en prendre. “ remède, car jenc me sens plus du beau mal, je fais mon | bliez pas, consultations gratuites. “ouvrage comme si je n'avais jamais été malade et je! “suis heureuse de vous envoyer mon témoiïgnage, car | la 2,1 1 1 n € LT ndña +R ce : ! : que les Pilules Rouges du Dr, Coderre guérissent ? | Refusez toute imitation. NN? : . » . . 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