27 sortit une poignée de chapelets bénits qu'il avait apportés pour distribuer aux hommes du chantier. Il les déposa sur la fenêtre; ils disparurent à l'instant. Pendant que le prêtre récitait les prières liturgiques, le vent cessa et tout devint calme et tranquille. Il donne une forte exhortation au vieillard et l'engagea à mener une vie plus chrétienne et à faire ratifier son mariage au plus tôt. En se levant pour partir, il constata que son chapeau, ainsi que celui de monsieur R., avaient disparu. On les chercha partout, mais en vain. On monta pour voir s'ils étaient en haut. Il y avait une baratte vide près de l'escalier et quelques vieux meubles cassés, mais pas de chapeau! Le Père M. et Monsieur R. sortirent dans la cour et ils virent tous les chapelets rangés sur le bûcher. Dans la grange, il y avait un tonneau qui avait été rempli d'avoine, il était alors entièrement vide et le grain était répandu partout dans la grange et même dehors. Le prêtre, ne voulant pas partir sans chapeau, rentra dans la maison pour le chercher encore une fois. En montant de nouveau, il trouva que la baratte était remplie de vieux linges. Il la vida et trouva, au fond, les deux chapeaux. Non moins remarquable est l'histoire de la maison appartenant à M. D. de Maisonnette, Nouveau—Brunswick. Cet homme_se procurait des provisions chez un Ecossais qui avait un petit magasin à Caraquet. Il achetait beaucoup à crédit et il ne tenait pas de compte. Quand lenmrchand voulut lui faire payer ce qu'il lui devait, le débiteur fut fort étonné de constater que le montant était très élevé; il ne pouvait payer son créancier. On l'avertit‘ que tout ce qu'il possédait serait saisi et qu'il lui fallait quitter sa maison dès le lendemain. Quand l'huissier vint pour forcer l'homme d'évacuer son habi— tation, il en vit l'emplacement, mais il n'y avait pas de maison; il n'en pouvait croire ses yeux, le bâtiment avait disparu pendant la nuit. Il en chercha les débris, mais il n'en trouva aucune trace. Plusieurs personnes de Caraquet se rappellent très bien cette maison. Dans le Nouveau—Brunswick demeurait autrefois un homme du nom de Télesphore Brindamour. On croyait qu'il avait commerce avec le démon, car lorsqu'il voulait faire une promenade dans l'Ile—du—Prince—Edouard, dans la Nouvelle—Eccsse ou au Cap—Breton, il y allait en très peu de temps. Il vient un soir trouver un de ses amis, Dominique à Pierrot, pour lui demander: "Veux—tu venir ce x soir te promener a l'Ile—du—Prince—Edouard voir les filles?" "Je le veux bien", fit Dominique. "Alors", lui dit Brindamour, "assieds—toi sur ce billot, ferme les yeux et surtout prends garde de parler".