, rene en cl os A SR an me + à 2 doai bug ” F 7, ge mere og nat ee ro hd di 1 L’'IIMPFARTIAI 1907 En (Suite de la troisième page.) aussi cruellement inflissées que cel- les qui accablèrent les colons fran- çais de l’Acadie’’. Telles furent les épreuves des A- cadiens, telles furent celles aussi d’'Evangéline et de Gabriel, épreu- ves qui font le sujet du poème dont j'aborde maintenant l'étude. 2: : Le poème d'Evangéline se divise en deux parties dont chacune com- prend cinq chants. Dans la première, l'auteur décrit l'Acadie et raconte la vie d'Evan- géline jusqu'à la dispersion. La seconde embrasse les longues années d’exil jusqu’à la mort de Gabriel. Evangéline, fille de Bénédict Bel- lefontaine, habitait le coquet village de Grand-Pré et passait pour la plus jolie fille des alentours. Un jeune homme la venait voir qui était tou- jours bieu accueilli ; c'était Gabriel Lajeunesse, fils de Basile, le forge- ron. Bénédict et Basile étaient deux vieux aïnis. Leurs enfants se connaissaient depuis le bas âge, ils avaient été élevés ensemble, en- semble ils avaient joué et grandi, aussi bien, s’aimaient-ils d'un mu- tuel amour. Vint le jour des fiançailles ; c’é- tait la fête sans lendemain ! Ce jour- là même, par proclamation du roi d'Angleterre, les Acadiens étaient convoqués dans l’Kglise de Grand- Pré. Sans défiance, les Acadiens se rendireut à l'appel, curieux de convaître les volontés du roi. Un officier gravit les dégrés de l’autel et eur annonce que par la volonté de sa majesté le souverain d'Angleterre, tous leurs biens sont confisqués et que tous les habitants constitués prisonniers seront trans- portés hors de l’ Acadie. On ima- gine leur stupéfaction et leur rage impuissante. C'était le 5 septembre. Cinq jours plus tard, les Acadiens prenaient les routes de l'exil. Evangéline partira comme les au- tres. Mais auparavant, elle verra mourrir de douleur son vieux père que l'épreuve soudaine a terrassé. ‘“Evangéline, disent ses compa- gnons, enterrons-le ici, su r les bords de la mer, et si jamais nous reve, uons au beau village de Grand-Pré - nous transporterons ses restes dans le cimetière’. La veilà seule, pau- vre enfant, bien seule, <ar un navi- re la reçoit, et un autre vaisseau emporte Gabriel, son fiancé. Evaugéline arrive sur les côtes de la Pensylvanie, où elle descend. Elle est sans parents, sans amis, sans soutien, Par bonheur, elle rencontre un bon vieux prê:re qui l’accueille, la protège et finit par l'accomragner dans la recherche de Gabriel. Ils parcourent le Dele- ware, le Massachusetts et le Maine, iwais en vain. Ils Mississipi, que remonte Gabriel. Ils se rencontrent sans se voir ! A la Nouvelle-Orléans, elle apprend ce qui en est. À nouveau elle repart, s'en va jusque dans les vrairies de l'Ouest. Toujours en vain. briel sans le savoir, se dérobe com- me un fantôme. descendent le cs 2 Ce que je remarque tout d'adord, c'est l'accent religieux du poéme, la piété qui sien dégage et le par- fum, Longfe!lew a senti d'instinct la beauté souveraine du catholi- cisme et il lui doit l'une de ses plus belles inspirations. ‘‘Tout sent ment vrai et profond est essentiellement catholique’', dit M. Kurth; Le joète a puisé à la vraie source, grâce à cela une morale profonde, une morale grave inspire et conduit son oeuvre. Le poète a fait jouer les passions nobles, l'a- mour humain exquis et pur, l’a- mour dun prochain, l'amour du de- voir l’amour de Dieu, il a fait ap- pel aux sentiments : de charité, d’attendrissement et de résigaation. Longfellow, poète, vibrant d'’e- motion, est bien le poète des coeurs purs et des âmes tendres. Ces qualités ont assuré le succès d' ‘‘'Evangéline’’, car ce poème est populaire. Il est connu, loué par- tout. On l'a traduit en différentes laugues parce que ses beautés sont de celles qui s'adressent à tous, que tous peuvent comprendre et goû ter. Toujours Evangéline éveillera une sympathie sincère. Le conte acadien de Longfellow ne pâlit pas en face d'oeuvres telles que ‘‘Paul et Virginie’ et ‘‘Her- mann et Dorothée’. Appuyé sur l'autorité de M. Kurth, je dirai que ‘‘Paulet Virginie ‘‘l’emporte par uue simplicité parfaite, par l'unité d'harmonie et une diction plus sobre mais qui n’en est pas moins riche. ‘‘Hermann et Dorothée’’ révèle un génie plus puissant, plus maître de ses émo- tions, ses personnages dépeints d'une mauière frappante sont inoubliables. Comme oeuvre d’art, ‘‘'Evaegéline’”’ est inférieur à ses rivaux, mais possède des qualitiés caractéristiques qui relèvent de beaucoup son mérite. L'amitié et la tendresse sont exprimées avec plus de force, la moralité est incon- testablement plus élevée. La morale de Lougfellow montre où et quand le sentimeut de résignation devient ‘‘avouable, légitime et chrétien'’. Il possède le sentiment du devoir mais du devoir accompli par une consciénce éclairée. C'est pourquoi le sentiment religieux plane partout : dans le récit lui- même ; ici, dans un tableau, là, par une comparaison, Longfellow fait intervenir la Providerce, nous la montre qui veille et qui agit. Aussi bien, les caractères dessinés avec art et vigueur s’iuspirent dans leurs actes de l’amour du sol qui les guide, les réminiscences bibliques dont Lougfellow émaille son poème accentuent la note re- ligieuse. , Par exemple : urbres de la forêt Iuttaient avec rage contre les vents de s2zptembre ainsi qu'au temps anciens, Jacob avec l'ange’., Puis eucore : ‘‘Au- dessus d'eux s'étendait large et haute la coupole d‘un cèdre, et, se balançant à ses grands bras, le convolvulus et la vigne vierge lais- saient pendre dans l’air leurs échel- les de corde, semblables à l'échelle Ga-!de Jacob, où les anges qui mon- |taient et descendaient leurs échelons APE | aériens ; c'étaient les léger s colibris Après de longues | voltigeaut de fleur en fleur. Telle années de recherches er d'attente, | fut la vision d'Evangéline, endor- elle désespère de revoir celui à qui elle a voué son coeur ; elle est âgée déjà ; elle se consacre à la vie reli- gieuse, et se dépen<e, sans compter, aux oeu7res de miséricorde. Mais un jour qu'elle visitait une mie, à l'ombre de l'arbre gigantes- que”’. Poui terminer ce petit parallèle, disons que les impressions qui nous restent après la lecture d’‘‘Evange- line’’ sont profondes et agréables. salle de malades, uu moribond at- Elles plaisent à la fois au coeur et tire ses regards. souffrance et l'épuisement. c'est Gabriel !. Il était atteint de la peste : sur ss traits, se lisent la | ble qui règne dans ‘’Hermaun et ille Dorothée’”’, nice malaise profond croit le reconnaître, c’est bien lui, ! à l'imagination. Ce calme immua- que produit le récit de Bernardin : de Saint Pierre ne sauraient égaler Gabriel mourant ue peut proférer | ‘‘cette émotion religieuse qui nous uue parole, mais ses yeux disent la charme da‘s l'oeuvre de Longfel- joie de son coeur, ils disent qu’il, l0W.” eutend murmurer ces douces paro- les de tendresse : bien-aimé !”’ Et comme si l'émotion eût hâté| le trépas, il expire. Une dernière fois, Evaugéline serre contre sa poitrine la tête! inanimée de Gabriel et murmure, reconnaissante : Q Père, merci ! Pâle et brève analyse du poème, qui permet, je l'espère, d’en saisir | la beauté. Une étude détaillée, va | ' nous permettre de pénétrer plus avaut. “7 | ‘Gabriel, Ô mon! VI Dans le poème d'Evaugeline, l'intrigue n’est pas compliquée l’in- térêt s'attache plutôt à i'àme des | personnages ; l’action marche sans écart, sans arrêt. On remarque toujours un progrès de tendresse, mais l'amour des fiancés n'est pas porté à l'excès. Longfellow a le sens de l’art : sans trop multiplier les situations critiques, il complique habilement les faits et tient le lecteur en sus- pens jusqu’à la fin du récit. Le poète a eu raison de la ncer Evangeline à la recherche de son fiancé : car Evangeline, mieux et plus que Gabriel, pouvait être le thème d'un récit émouvant : nous sommes plus touchés à comtempler le courage toujours déçu de cette jeune héroïne. Combien l'intérêt gagne à ce procédé,. Et comme Longfellow a bien ménagé les sur- r'ises du lecteur : Evangeline et , Gabriel se rapprochent ; vont-ils se rejoindre? Non; c'est fini. Tout semble perdu, et, une lueu: d'espé- rance scintille encore; puis une non- velle déception ainsi en arrive-t il jusqu'à ce que Evangeline, embel- lie et par le malheur et par une couronne de cheveux blancs retrou- ve enfin Gabriel. L'entrevue ne du- rera qu’un instant ; Gabriel part de nouveau ; c'est la dernière étape, il s’en va au ciel attendre Evangeline. Longfellow est un poète sensible; il appartient à l’école de Virgile et de Racine ; comme eux il sait tra- duire ses émotions, les communi- quer. Son imagination féconde eu- fante les images délicaies, Il excel- le dans l'emploi de l’antithèse, mais figures et images sont au service du sentiment et de la sensibilité. Au miliieu d'une réunion d'Acadi- ens sur les côtes ies Etats-Unis, Longfellow nous peint Evangéline retirée à l'écart, triste, ne voulant point se mêler aux manifestations bruyantes de joie; elle est séparée de son fiancé, elle ignore où il est, inconsolable ; pour elle point de plaisir. Ailleurs le poète met en op- position le bouheur d’autante et sa tristesse actuelle, Puis, après ce contraste il ajoute : ‘‘Elle était bel- le et jeune lorsque pleine d'espé- rance elle commença son long vo- yage ; elle était vieille et flétrie lorsque, pleine de déception, elle le finit La marche du poème irrépro- chable littérairement, quant au fond et à la forme se déroule en une double action où se mêlent et se fondent l'histoire et la fiction. L'auteur esquisse deux tableaux à la fois : un tableau général où il nous montre la situation des Acadi- ens, leurs malheurs, leurs souffran- ces, et un tableau particulier où se meut Evangeline toujours à la re- cherche de son fiancé. C'est à propos des malheurs aca- verrons plus nos maisons dans le ue de Grand-Pré’”’. Les vais- seaux soulevés par la marée, s'é- loignent de la terre acadienne, lais- sant derrière eux la mort et des ruines. Après les couleurs sombres des récits merveilleux où la grâce de; paysages embellit la trame du poë / me, des métaphores pures, aimables et délicates . Lougfellow chante les vents fatigués de voyager, la noble et radieuse lumière de la lune qui ruisselle à travers les fenêtres, etc... Combieu exquise cette page : ‘Cependant ses pensées allaient à lui, er par moments, un sentiment de tristesse passait sur son âme cott- me l‘umbre errante ‘les nuages qui, au clair de la lune courait sur le parquet ef obscurcissait un instant la chambre. Et tandis qu'‘ulle re- gardait en rêvant, par la fenêtre, elle vit la lune sortir sereine des plis d'un nuage et une étuile suivre ses pas, comme jadis de la tente d'Abraham, le jeune Ismael s'en allait avec Agar........... Pauvre Evangéline, Infortuné Gabriel ! vous ne vous êtes rejoints que pour la séparation définitive, mais quelle leçon vous avez donnée, leçon d'at tachement au foyer domestique, leçon de constance dans je devoir. Vous avez tous deux incarné votre peuple, sur le front duquel brille l’auréole du martyre. Maintenant, neus pouvons écou- ter les plaintes désolées de l'Océan: après les lugubres échos de la mort se font entendre les acc amations triomphales de la renaissance aca- dienne. ‘C'est toujours l'antique forêt vierge, mais, bien loin de son om- bre, les amarts sommeillent, côte à côte, dans leur tombe sans nom. Derrière les humbles murs du petit cimetière catholique, au coeur de la cité ils gisent inconnus et ignorés. Tout les jours, les flots de la vie font leur flux et reflux à côté d'eux: ce sont des milliers de coeurs palpi- Itants ; des milliers d’'esprits qui souffrent quand les leurs ont re- noncé à la lutte ; des milliers de | mains affairés ; quand les leurs ont cessé tout travail, des milliers de pieds fatigués quand les leurs ont achevé leur voyage. | ‘C’est toujours l'antique forêt vierge, mais sous l'ombre de ses branches demeure une autre race, aux moeurs et au langage diffé- rents. Seulement, le long du triste | dispersé ainsi jusque dans la mort tier à tisser sont toujours en mou- | diens que Longfellow, d'un vers, à €t brumeux Atlanti que, languissent peint toute l’histoir: des exilés : Quelques paysans acadiens dont les ‘‘Leur vie est écrite sur les pierres | pères sont revenus d’exil pour mou- des tombeaux.”’ Quelle mélancolie ! rir dans le sul natal. Dans la ca- et quelle vérité ! Quel peuple a été | bane du pêcheur, le rouet et le mé- natal, on devine que c'est la foi ‘Les, et devrait pour retrouver les os des chers disparus chercher les tombes qui s’échelonnent sur les côtes des Etats-Unis et de la Nouvelle-Ecos- se depuis la Nouvelle-Orléans jus- qusqu'à Port-Royal qui se cache sous le nom d’Anuapolis, Oui, c'est vrai, douluureusement vrai—leur vie est écrite sur les pierres des tombeaux. La partie descriptive est incom- parablemeut belle. Longfellow se plaît à dépeindre le ciel d'Acadie, la nature riante, qui se couvre d'un voile funèbre au départ des Aca- diens. Lougfellow comprend la nature : sans cela, serait-il poète ? Il a tout vu, tout contenpler ; les traits qu’- il dessine sont si frais et si exacte q ‘on en savoure la poésie aussi bien qu’on en pourrait à constater l'exactitud2. Parmi tant de belles descriptions, je mentionnerai le dernier jour pas- sé en Acadie, la mort de Bénédict Bellefontaine sur les bords de la mer : ce dernier récit est une des pages les plus touchautes et les mieux senties de tout le poème. Et la scène du départ où l’auteur se surpasse et met en jeu avec un rare bonheur les sentiments de ten dresse, de douleur et de résignation. Quelle peinture désolée fait le poète quand s’en vont les prison- niers. La nature elle-même s'émeut de ce malheur : 1:s images tristes succèdent aux tristes images. Le soleil rougeâtre se couche le soir dans les nuages sombres, des mai- sons en feu, s'élève une épaisse fu- du bétail, interrompu par les aboie- ments des chiens, et les troupeaux affolés s'enfuient à travers les prai- ries ccmme chassés par l’ouragan ; » à la vue d’un tel spectacle, les pau- vres exilés s'écrient ; ‘‘Nous n | ee og dre ér DR ne aan. se. _ RE RÉ qe er" dos Gin : hs : 5 “RH vement ; les jeunes filles portent toujours leur bonnet normand et leur tablier de ménage, et le soir, au coin du feu, elles redisent l'his- toire d'Evangéline pendant que du fond de ses cavernes rocheuses, la voix profonde de l‘Océan voisin |s‘élève et que la plante de Ia forêt Jui répond avec des accents deses- pérés.’’ Tant qu'il y aura des artistes pour sentir la nature, des jeunes coeur à rêver la poési:, d:s Âmes fortes pour pratiquer la vertu, E- vangeline vivra. Et si les vers de Lougfellow cessaient d'émouvoir ces âmes d'élite, il y aura toujours les Acadiens dont les espérances resteront nuancés des mélancoliques souvenirs racoutés dans Kvangeli- ne. GUY VANIER, du Collège Saint Marie, Montréal. TENDERS. Vernon River Bridge, : DEPARTMENT OF PUBLIC WORKS, Charlottetown, January 10th, 07 Sealed tenders will be received at : this office untiil noon on MONDAY, January ?28th, 1907. from any person or persons willing to contract for the building of substructure and ap proaches of Vernon River Bridge, ac- cording to plans and specification to | be seen at this oflice and at the store ful performance of contract, must ac- company each tender. The Department is not bound to! accept the lowest or any tender. | Tenders to be marked ‘‘Tender for Vernon River Bridge.” L. B: MCMILLAN Secretary of Public Works. . | | £ 2 l En + ÿ 1 , + ch . 4 in a mée, les coqs effarés chantent bru- :of George Forbs, Esq, Vernon River! d’une éducation supérieure. yamment dans les basses-cours, la Bridge. . . Î brise du soir apporte le beuglement | Names of two responsible persons willing to become bound for the faith- | } LPS de Lance de tm — SE ‘4 pe PRE per rep jee A RP Tr tit matter te ll MEILLEUR POUDRE A LAVER Er D chose sans exception Nettoie toute | Si votre épicier ne DUST, envoyez son nom à THE N. K. FAIRBANK enverront un échantillon d’un FAIRBANK COMPANY, LEE RCE AC vend pas la poudre à laver GOLD et son adresse ainsi que la vôtre Company, Montréal, et ils vous 1 de livre THE N.KX. 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