cA PERTE SQLtVENA N CE «s :—— 1755 * 1763 ——-z Shane P. Landry PAGE 41 «A ......M .....n w .tsapmmw a et: lies; patates «: a rot Yahvé dit a Caïn : « Où est ton frère Abel?» Il répondit : « Je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère?» Yahvé reprit : « Qu'as-tu fait! Écoute le sang de ton frère crier vers moi du sol! » - Genèse 4 : 9-10 Sans les paroles rassurantes du Roi (George lI). il est fort probable que de nombreux Acadiens auraient quitté la colonie de leur propre chef. emmenant avec eux leurs biens meubles et le produit de la vente de leurs terres. Les familles seraient restées ensemble. elles auraient conservé leur richesse et l'intégrité de la collectivité n'aurait pas été attaquée aussi profondément. En outre. on aurait pu prendre des dispositions pour les vieil- lards et les faibles. minimisant ainsi les décès et maladies qui survinrent en grand nombre chez les Acadiens les plus faibles durant les déportations précipi- tees. Certains soutiennent que les Acadiens avaient toutes les raisons de se fier a la parole solennelle de Sa Majesté britan- nique. La parole du Roi tient sa force de la notion ancestrale que le monarque est « Roi par la grâce de Dieu ». Les idées occidentales de la royauté trouvent leur origine dans les institutions franciques de l'époque carolingienne. Des le neuvième siècle, le concept germanique de munt est fondu au concept romain de Iutvlu pour prendre le paradigme de la royauté chrétienne. Le roi était le turnr regni. le protecteur de ses sujets. Cette fonction tutoriale du roi était renforcée par l'onc- tion sacramentelle. Dire que le monarque chrétien devrait tenir ses promesses. c‘est une tautologie. Pourtant l'histoire de la dép<,>rtation des Acadiens montre un degré élevé de math vaise l'oi de la part de la Couronne. Peu importe que ce soit le résultat d‘une méprise de la part de la Couronne ou non. En I760, les Acadiens ont présenté au nouveau Roi (George lll). qui venait d’être couronné. une pétition dans la— quelle ils demandaient réparation. mais celui-ci demeura sourd a leurs prières. Cette attitude équivalait a un assentiment. Depuis lors. l'institution monarchique a chaque fois refusé d'entendre le peuple acadien. Les rois George lI et George lll. ainsi que l'actuelle reine Élisabeth lI. ont tous fait essentiellement à leur couronnement le même serment que voici : L'Archevéque : Allez-vous faire en votre pouvoir qu'avec clémence soit appliqué le droit et soit rendue la justice dans tous vos jugements! Le Roi / La Reine : Oui. Pendant près de deux cent quarante— cinq ans. la Couronne britannique a prive le peuple acadien du droit. de la justice et de la clémence. La seule apparence d'une telle mauvaise foi est un affront au caractère sacré de la Couronne et une souillure de la monarchie. La Reine le doit à Dieu et a son pays de deman— der à son gouvernement de soumettre l'affaire a une sorte d'enquête équita- ble. merovaisCâ‘t‘a/nmcmn motion à la Chambre des communes du Canada le mercredi 7 février 2001 « Qu’une humble adresse soit présentée à Son Excellence la priant d’intervenir auprès de Sa majesté afin que la Couronne britannique présente des excuses officielles pour les préjudices causés en son nom au pe’uple acadien, de 1755 à 1763. » Stéphane Bergeron, député, Uerchères—tes Patriotes