i , , l wwääl-II-mw* 2003 de ces espèces. Un problème supplémentaire pour n’importe quel explorateur ou colon européen essayant de nommer ces conifères peu familiers du Nouveau Monde. était que bon nombre d‘entre eux se ressemblent. Cette similitude a donc présenté des problèmes dans leur différentiation. Même aujourd‘hui combien de personnes peuvent différencier en toute certitude le sapin du prusse‘? Pour rendre la tâche encore plus difficile. il n’existait que quelques noms d’usage dans le français standard pour les conifères. [l y avait pin, sapin et if (pour un conifère distinctifl. ainsi que genévrier et cèdre connus dans quelques secteurs de la France. C’est pour cela que lorsque les premiers explorateurs et fonctionnaires (auteurs des documents qui nous sont parvenus) ont trouvé dans le Nouveau Monde des conifères qui leur étaient peu familiers. ils ont dù ou se servir de cette gamme limitée de noms. ou bien imaginer de nouveaux noms tels que prusse. épinette, héricol et violon. Certains de ces nouveaux noms apparurent en France en même temps. ou à peu près. que leur premier usage dans le Nouveau Monde. D’autres noms ne furent employés que dans le Nouveau Monde, quelques-uns étant circonscrits à des régions très spécifiques. telles que l’Acadie ou le Québec. En fait. seulement un des six genres de conifères qui se trouve dans l’Île-du—Prince—Édouard ne semble avoir présenté aucun problème pour son identification et dans l'attribution d’un nom Il s’agit des pins. Le nom pin a ainsi été aisément transféré à toutes les espèces de pin trouvées sur la côte est de l’Amérique du Nord Cependant, pour toutes les autres espèces, il y a des variantes majeures dans les noms utilisés dans différentes parties du territoire où le français est parlé, ce que je vais décrire maintenant 5Michel Bideaux, Jacques Cartier Relations sMassignon, pp. 170—71. ’Massignon, p. 171. aBien que œ mot épineae n’aitjamais atteint un Sapin et prusse Les arbres appartenant aux genres .'l”lt,'.\' et Pit‘ea se ressemblent beaucoup, et c‘est pourquoi il y eut confusion dans leur appellation dès le début de la colonisation. Le nom courant pour le genre siliies est sapin. terme utilise en acadien. québécois et français. En revanche. le nom vernaculaire pour le genre Picea diffère dans chacune des trois régions en Acadie c'est prusxvc. au Québec épineltc et en France epiccu. Ça peut surprendre que c’est le nom acadien prust (parfois enregistré. pruch dans quelques documents) qui semble être le premier cite des trois. C'est d‘ailleurs Jacques Cartier qui lors de sa première visite sur la côte de la Gaspésie en l534 a inscrit dans son joumal lc terme pruches. Prusse est en fait le mot français pour l'état de Prusse (aujourd‘hui une partie de l‘Allemagne et de la Pologne). Le nom d’arbre pmsse est un raccourcissement de sapin de prusse. indiquant que cette espèce a été. dès le début, considéré une espèce de sapinb. La Prusse (par l‘intermédiaire de la mer Baltique) était la source principale d'importation en France du bois de cet arbre qui était en grande partie étranger pour les Français (il ne pousse que le long de la frontière alpestre orientale de la France). Il est intéressant que Cartier a utilisé le terme pruche bien avant la première attestation écrite du terme anglais spruce en 16707. Il est donc possible que le nom anglais ait été influencé par le nom français - plutôt que l’inverse. comme on a souvent pensé. En revanche, en québécois, le nom pruche fut assez tôt associé au tsuga (un arbre qui porte un nom unique en acadien, comme nous le verrons ci—dessous), et un nouveau nom d’origine incertaine, épinetteg. est devenu le . édition critique. Université de Montréal, 1986. usage très répandu en acadierLj'ai trouvé le mot dans deux dmmiems du lS‘siècle de l’Île Saint-Jean, où il semble avoir été employé pour les prusses et le sapin baumier. sans distinction (Soucy, p. 128). I-I-I-flÿ %%%Æ--'%%%%%, PACK 33 . u, ,yÎls'onff , v, dût-,uimogîrignÿ > ï de "9.,er N& Ns &N