EE Les Soirees de Paul et Andreas Je m'étais endermi, en lisant, sur le canapé derrière le poèls où, je dirai, en parenthèse, j'avais aussi eu soin de me piacer en veillant l‘avénement du premier jour de l'an, car j'aime men coin. Bes rêves d'or se snecé- daient dans mon esprit, je me crovais transperté au foyer pai- sible où dans mon enfance men imagination 3e plaisait à former les plans d‘un avenir riant, et où tont, jusqu'aux taillis, aux petits sapins qui croissaieat avec moi, avait un charme, un je ne sais quo: d'‘attrayant qui vient encore hanter mon âme quand je parviens à la dégager des as- perités de la vie. Je me figurais être encere, avee men ehien et men livre d‘éeele, assis à l‘em- bre d'une vlèture faite de vieilles souches de praehes qui depuis, comme tout ee qui est terrestre finit, a disparu pour faire place à une ceonstraetion plus eom- mode ei meins primitive. Je sens sur mes lèvres mne légère impression, pareille à celle que les kerbes, se balangant jadis audessus de ma tête quand je m'‘endormais dans ves bereeaux champêtres, me faisaient sentir quand une brise soudaine les foreait de s‘abaisser et d‘effleu- rer mon visage. Je me réveiller en sursaut eroyant revoir les beaux jeurs de mon enfanee. Mais hélas ! ee n'était que Paul qui se penchait vers meiet qui me touchait du bout de ses barbes rudes. — Paresseux, dit-il, que n’'es-tu à faire ta toilette, à te raser, à te mettre uue chemise fine pour aller à Miseenche veir la eomé.- die ‘qu'ils vont y jeuer 0e soir. 1ls ont enveyé des affiches à la maitresse d'école pour faire dire à tont le mende au moyen des enfants que le club dramatique de Miscouche va fêter la Saint Patrice en jonaat Handy Andy. Ce n’est pas qu'ils seieut 1rlan- dais, mais 8t Patrice esi un des patrons de la société de la Ligue de la Croix et le elab dramati- que doit son existence à cette so@iété. Mais attends done que je te conte ma peur. J'en ai en une hier soir et j'en suis ensore pâle. J'étais dans ma ehambre en frais d'écrire une lettre à ma tante Zabelle, qui réside à L’E- tang des Cious. Susane était couchée et le silence régnait partout. J’entendis quelqu'un monter l’esealier puis redescen- dre. @reyant à ee que quelqu'un des enfants n’était pas encere au lit je ne dis rien. Mais Susane. qui, avec une vigilance tente maternelle, avait fait la ronde des couchettes, remarqua le bruit et se levant sur un coude me cria d’une voix inquiète : “Paul astu entendu menter quelqu'un.” ‘Oui, eertes, mais qui est-ce ?” “Je n'en sais rien ; vite, va voir.” Je descends tout en tremblant, mes cheveux se dressaicat su: ma tête et çe n'ée- tait qu'avec un eflort surhu- main que je pouvais me tenir sur mes jambes chaneeillantes. J'arrive à la chambre de mon Antoine et je l'appelle. J'en- tends au lieu d’une réponse deux voix sourdes derrière mei. Je n'ai jamais eru aux reve- nants heureusement. Mais cerm- ment m'expliquer la présence des veix. Mille pensées m'ebsè- dent. À défaut de eanon j'allais menter la boite à violen en obu- sier sur le tabouret que Susane se met sous les pieds quand elle cond, j'allais m'imaginer que l’archet da violon était ane ar- quebuse menaçante et j'allais demander aux intras de lever les bras sinon je leur faisais goûter de ia mitraille, je les re- duisais à l'instant en viande à pâté. Mais le mystère s'explique. {Antoine entre à sa ehambre a- | ET L'IMPAERTTIAE, JEUDI LE 29 MARS, 19900. vec an petit gros homme que je reconnais pour notre ami le docteur Esculape. Je me remets par dégré. Alors on me racenie que l'’aimable docteur était arri- vé depuis dix minutes et que mon Antoine lui eherchait un lit peur la nuit, et aussi du feu pour se chauffer. Je fais un dé tour à gauche, et tisas, une autre figure se découpe dans la pérombre de la pièse voisine et cette fois, je tembe à la ren- verse. 1l était meir, o’était suffi sant. Et pense done, c'était le / nègre du dosteur ; il était ebli- gé comme sen maitre de s'intro- duire sans cérémonie Un aoei- dent dans les mauvais chemins: voilà la cause de oette étrange apparition qui m'a tant boule- versé. Mais je n'aurais pas dû avoir peur du nègre, je l'avais vu à Mont-Carmel. 1] chantait, tu te rappelles, comme une mu- sique. N'importe je leur apporte un pot de lait e un peu de pain, ear ils ent faim. Tout en man- geant le médecin, qui n'avait pas va son lit depuis 63 heures, nous eontait des histeires peur se tenir éveillé. Je riais mais malheureusement le nègre me | jetait souvent un œil pour voir. si j'appréeiais son maître et ses histeires, et j'en frémissais. Par- lant d'un lit le ben Esculape me conta un petit quolibet que las Acadiens seuls peuvent eom- prendre : | Trois garçons étaient souchés. sur an grabat improvisé, à dé- faut de souehette, sur le plan- eher et daus un cein de j’ap- partement. Comme de raison, un était au fond ou contre le mur, le deuxième au milieu, et: troisième au bord du lit Le garçon du fond demande à ce- lui du bord : ‘‘Astu assez de place, là, Sylvestre ?” “J'ai un grand coup plus de place que! de lit,” répondit Sylvestre. Mais ii nous faut aller à Mis-| couehe. Vate raser, et tâche de te bien peiyner ear le vieux Beek, le critique, n'est pas en- core au bout de sa carrière, et tu pourras avoir une mauvaise marque dans le rapport hebde- madaire qu'il fait aux autorités munieipales de sa viile. On dit toutefois qu'il est plus indal: gent depuis la disparition du quaterzième chat de cette ni- ‘éhée que lui présentèrent les gens du village lors de sen élé- vation au poste de dispensateur des esprits cordiaux et éleeto- raux. Je m'en vais pour amener mon cheval et nous partirons daus un quart d'heure. (A Buivre) ANDREAS. HOROSCOPE a — Un train empertait, dans un modeste compartiment de tyoi- sième classe, un ecelésiastique et einq ou six jeunes bohèmes en blonse et en hourgeron Geux-oi tinrent mille prep>s de nature à afliger M. l'abbé, tour nant ia religion en dérision, et rasontant les plus eyniques his- Itoires. | Le prêtre endura tout, enten- dit tout sans répendre, saas s'é— mouvoir. Arrivé à destination, ii desvcendit à Caen, et se borna à dire : -Au revoir, mes enfants: le gouailleur &e la bande. -Paree que je suis aùmômier des prisons. gnerait-elle ? être terminée qu'avec le censen- tement de toutes les grandes Lelle me peut même pas mettre en valeur celles qu'elle a asquis mais cette indemuité, si élevée -Peurquei ‘‘au revoir ? ” dit |th Chronique de Paris La guerre entre la France et l’An- gleterre de | Se préoccupe-t-en à Paris de la guerre avec l’Angleterre. ? Aesurénient. Ce n'est pas en vain qu'une partié de la presse de Londres et que trois on quatre journaux parisiens, jingoïistes là-bas, / chauvins ici, s'efforcent tous les jours d'exciter la partie la moins intelligente de la population sans qu‘on mouvement se soit produit. Ces journaux se livrent à une besogne qui est mau- vaise. Une guerre entre la France et l‘Angleterre serait crimi- nelle paree qu'elle eet la guerre d'abord, et paree qu'elle serait sans résultats des deux oôtés qu'elle qu'en fat l'issue. Il est d'abord un fait eertain, c‘est qu'à part quelques brail- lards, la pepalatien raisonna- ble et saine de la France ne veat pas la guerre, bien au con- itraire et ne l'aeceptera que si ellene peut pas faire autre- ment. Supposons une guerre hen- reuse pour la France qu'y ga- La solutien de la question d'Egypte ? Nullement ; eette question est devenme une af faire internatienale et ne peut puissances. Des celanies ? Mais la France en a assez; ees viugt dernières années. Supposons maintenant une guerre heureuse pour l'Angle- terre ? Quels avantages cette nation pourrait-elle espérer ? Une indemnité pécaniaire : que vous la supposiez, compen- serait-elle les pertes qu'elle au- rait sûrement exigées. Veudrait-elle prendre les co- lonies de la Frauee ? Mais les Anglais devaient comprendre qu‘entourés, eomme ils le sont, de l‘antipathie géné- rale, ils m'ont aucume raison d'augmenter encore le membre de pays qui leur sont seumis et qui sent autant d'ennemis. La guerre du Transvaal entre. prise pour s'emparer des mines d'er des Boers a été blämée par toute l'Europe. L’Angle- terre veut elle eontinmer ce sys- tème en déclarant une guerre à la Franse pour s'emparer des colanies qui ne lui appartien- nent pas ? D'un côté comme de l’autre, on ne peut alléguer aucume bonne raison et il faut que tons les honnêtes gens de tous les pays s'entendent pour flétrir an sem- blable pojet qui serait une abe- mination et ne peut être soutenu que par les esprits mauvais et saus scrupules des deux pays. Women's Aïlments. Women are com- ing to understand that the Backaches, Hsadaches, Tired Feelings and Weak Spells from which they suffer are due to wrong action of the kidneys. DOAN’S Kidney Piils are the most reliable remedy for any form | of kidney complaint. They drive. away pes and aches, make women healthy and appy—able to enjoy life to the fullest. Mrs. C. H, Gillespie, 204 Britain Street, | St. John, N.B., says: ‘I had severe kidsey trouble for which I | doctored with a nuw'r of the best physi- ! cians in St. John, but receiv@d little relief. | Hearing of Doan's Kidney Pills, I began | eir use. Before taking them I could not stocp to tie my shoes, and at times suffered such torture that I could not turn over in bed | without assistance. Doan’s Kidney Pills have rescued me from this terrible condi- | tion, end removed every pain and ache."” MAS. GED, TRAILL, & Well Known Lady of Thorahill, Man. Got Almost Instant Relief From Heart Trouble by the Use of Milburn’s Heart and Nerve Pills, It is siraply wonderful the number of western women who are coming forward to tell of the curative powers of Milburn’s Heart and Nerve Pills. This time it is Mrs. Geo. Traill, à highly ! respected lady of Thornhiil, Man. ., who ves in the following words the history of Fe case: “I obtained from Mr. J. A. Hobbs, drug- ist of Morden, Man., a box of Milburn’s | eart and Nerve Pills, as I was very bad with heart trouble at the time. “I used the one box and got almost instant relief, I then bought another box, but only had to use a few of the pills, as I have never been troubled with palpitation gince using them. “I am very thankful that I got the pills, and if this will be of any use to others suffering as I did you may publish it in the papers.” À fine assortment NILVER MOOD WA'TCHEN CHAINS AND : RENGS | Rings made up with your owu gold if desired. E. W. TAYLOR | Cameron Block CHARLOFTTOWN XMAS GOODN —JX— We do not boast of our goeds, but we claim that our store is as attractive as any, and eur goods superier to many. Faney Cups and Sameers. Le- monade Setts, Vases, ete. The finest and only assert- ment west. Priee just right. Call in and see, The only econfestionery and fruit store here. We keep the bést, the purest to be had. Al ways well stoeked. A fine line of cigars and ciga rettes in stock. W.J. Crockett ALBBRTON sie PR 1 RE RACE LL LL LEE LU LU ELEC EPA TYLISH, RELIABLE ARTISTIC-e- Recommended by Leading -Dressmakers. La: 1 Always Please’ 'NONE BETTER AT ANY PRICE sur neagiy PR EME ( THE on GOMPANY, 188to 146 W. 14th Street, New York ES ue Ke Qiss DRM cisco. = MS CALL: | : Brightes En Published ntains Beautdfii Gvlored Fiatez- fins rate PF 1@hs, #2 Es À Wagrefaf O6 th Sr LA Z - C McGALL co., “ses de 14th St., New York d | AH. 0. (ALBERTON H EADQUARTERS) WOOL SEASON 1899 We are in the market to bay weol as soon as the clip is ready. We bought a great deai last year, and those who sold to us were well satisfied. We want te handle au inereased quantity this season, and would be glad te have the offerings of all who read this. We promise the highest possibie price, aud in exehange an assortment of goods of ail kinds, that is net equalled— or even approauhed —in any other store in the Riding. Ray Ma»E OLormine.—This 18 a business ihat has been growing fast with us. Bach yeer Suds ns handling mere. For men and youths we show Sherey's make, sknowledged te be the most honestly made stuff in Canada. This year it is 0xesp- tionally stylish and waæl made. Our Beys's and @hildrens Suits are abso!ntely right in quelity, style amd pries, aud our stoek will be found twice as large as any ethor in West Prinee. Crerus.—Tryon and Eureka Twoeds, Canadian and English Tweeds and Ser ges. Gunrzeuen's Havs.—Sposial values in Soft Mats at 65c. 85. 41.00, $1 10 and $1.50, all new goods. Nevwrest shape in fine soit and stiff hats up te $#2.60. 1f lu need eall and see our stosk— the largest in West Prinee. Bverythiag yeu need in Shirts, Nceckvreur, and the small aesesseries ef dress is ready for your inspeetion. FoorwEAr —From the ekaapest te the best our line is com- plete and large. Women's Svrong Boots, Te. up. Fine Boots, $i.25 up. Special value in Mem’s fine goods, and the most complete as- sertment of infauts’ and children’s shees we have ever :howu. SUMMBR HoslERY AND UnNpsawmar —Ladies Cotton Hos, 5e. up. fadies Cotton Vests, 4 for 26e. Boys strong Seamiess Hose 15e. to 2%e, Full range of sises all direet frem the mill, saving vur customers one profit. New Hardware, New Crookery, New Windew Shades, Now Tin and Gtraniteware just opening. Highest prices paid for Bggs rnd Wool ROGERS ALBRRTON Wonderful Stock-taking bargains ! . _ ps, de ÊT à SEE ee er } SE NES Ph Lt NT. While stocktaking or during the month of February we want to clear out a lot ot different classes of goods at nnusually low piives. We havre to make away with them therefore do not miss this-opportunity if you want to make $1.00 buy $3.00 worth o1 goods. Those who will come first will have first choice. We want your Oats, Pork, Wheat etc. aiso your cash and you want our Dry Goods, Groceries, Boots & Shoes, Crockery ware, Clothing etc., etc. À very superior line of dress goods which will go at a sacri- fice. Remuants in Cloths, Cashmeres, Fancy Dress Gocds, Flan- neile’s, Ginghams, etc., etc. The balance of our fur Caps, fur celiars an: other furs must be sold. Come and see and be convinced that we mean business. Às it is Gur intention to make a change in our bu:in:ss after the first of March we want all parties who have not made a settiement of th:ir a:counts last fall to come forward and sett'e at elice, D» 3 ARSENAULT & W ELLINGTON SON + À dy A 0. ” d Le me Ps F ” RUE MTMCR ERA PE TON SATIPONE OO REIN, APE EE EPP RES RE PORNNEN FAO. CAE LT OUEN EE ‘ ï . as ; F ” ; PTT MES FE en TENTE A a