1 Â ‘ L'IMPARTIAL,, JEUDI LE 27 SEPT, 1900. ze mi F F_ | et man —_———_— RS Bourreau et Martyre ee Assise près d'une petite table, depuis septheures du matin, la pauvre Claire tire l'aiguille en- core très tard dans la soirée a- veo toute l’activité que lui laisse sa faiblesse. De temps en temps, elle regarde si la lampe éeon- tient assez d'huile pour lui per- mettre de prolonger sa veille et par là même de finir une ocom- mande en lingerie qui doit lui rapperter quelques cents le len- demain. 1lest neuf heures et la jeune femme n'a pas mangé de la jour- née. 11 pleut à torrents et l'air froid qui péuétre dans son loge- ment la fait frissonner. Dans un coin de la pièce, sur une vieille paillasse, repose du sommeil de l’innocenoe son cher petit Francis âgé de cinq ans 11 a soupé, le doux ange, avec la seule tranche de pain qui res- tait à la maison. À #et ;} Bi tendre i! -…prend pas les augoisses qui étreignent lecæur de sa mère, il ne devine pas le long jeûne qu'elle s'est imposé pour lui épargner les horreurs de la faim. Enfin, la lampe jette ses der- nières lueurs et finit par s’étein- dre. Plongée dans l'obseurité, Claire est obligée de cesser son travailet voit s'envoler l'espé rance si consolante d'un gain rémunérateur. Enveloppé dans un iambeau de châle, la tête dans ses mains, l'infortunée voit défiler devant ses yeux le cortège de ses Jours de bonheur si vite évanouis. Elle se revoit, pendant sa quinzième année, fillette laberi- euse, faisant son apprentissage de jlingère et devenant très ha- bile en peu de temps. Quatre ans plus tard, elle as- siste au mariage d’une de ses a. mies. C'est pendant la noce qu’- elle reucontre François pour la première fois alers s1 joli garçon, si rangé et surtout si vertueux au dire de tout le monde. Quelque mois après a lieu son propre mariage. Oomme elle est joyeuse en revenant de l’église, au bras de celui qui vient de promettre si sincèrement de Ja rendre heureuse. Puis trois an- nées de bonheur sans nuage Son époux, excellent mécanici en, gagne un bon salaire et c'est un plaisir pour lui, à la fin de chaque mois, de causer une a- gréable surprise à sa femme Fantôt c'est un ustensile de eui- sine, tantôt un meuble nonvean qui augmente le confort du jeu- ne ménage. Mais l'événement qui met le comble à leur bon- heur conjugal est la maissance de leur Francois, beau cehérubin blond et rose qui lui ressemble tant. Mais après, hélas ! pendant la quatrième année, qu'arrivat il ? Les nouveaux amis de son ma ri, ses hideuses figures d'ivro- gnes qui lui font peur, les ab- senoes de plus en plus prolon- gees du compagnon de sa vie, sa mauvaise humeur et mêmes ces terribles colères après vha- que visite au eabaret. Et puis son travail négligé etla profon- de misère qui s’en suit. Maintenant, que va-t-elle de- venir ? oh ! elle le sent bien, à l'effrayante pâleur de son teint et à la toux sèche qui ne lui laisse aucun repos, depuis biene tôt six mois. Elle va mourir, mais son sacrifice est fait. Le d1- manshe précédent, l’héroique créature a communié avec la piété d'un ange ou plutôt d'une martyre et, da fond du cœurel- le a dit à Dieu : “Oui, prenez ma vie je vous la donne, mais en retour veillez sur mon fils, et sauvez, sanvez l'âme de mon époux.’ jraine de Franoïis, Mme. Benoit. Que tu as pàli depuis quei- que temps ma chére Claire, ne put s’ompêeher de s'écrier la vi- quiéter, tu peux te fortifier, ma fille, et. - Ne eraignez pas de m'effra- yer, excellente amie, Je Com- prends ma situation et je suis résignée à la volonté divine. Mais mon enfant.….et un terrent de larmes s’échappa des yeux de la jeune mère. —Oh ! pour lui, le cher a- gueau du bon Dieu, sois tran- quille : c'est moi qui l'élèverai et en ferai un homme... Mais où est-il, le mignon, que Ja l’em- brasse ? A l'appel de sa mère, Francis eourat se jeter dans les bras de celle-ci pressa l'enfant centre son cœur, Claire se 2ntit raseu- rée sur CRE 2 du cher petit. Zi est onze heures et le mal- heureuse jeune femme se sen- tant défaillir, tâche de gagner le grabat qui lui sert de lit. En passant près de son fils,elle Jui denne un baiser, mais oelui-ci ne dort pas depuis de longs mo- ments. À la clarté de la lumière électrique qui pénètre dans l’ap- partement, il s'est aperçu que sa mère n’est pas eouchée et, la voyant tri-te et pensive, il a compris qu'il ne faut pas la dé- ranger. —Tu ne dors pas, mon chéri ? —Non, maman, je te regar- dais et cela me taisait du bien. Vers oinq heures, l'enfant s'é- veille de nouveau : —Mamaun, j'ai froid, veux-tu reiever ma couverture ? ‘Et, comme il ne reçoit pas de ré- ponse, le petit garçon se lève et grimpe sur le iit de sa mère : “Ok ! que tu as froid ! dit-il en l’embrassant et il court aus- sitôt chercher son couvre pieds pour la réchauffer. Enfin, déses- pérant d’éveiller celle qui prend toujours s1 grand soiu de lui, le pauvret s’assied à son chevet et se met à pleurer. Bientôt, uu bruit de pas se fait entendre dans l’esealier, en même temps qu’une vaix fre- donne une de ces affreuses chan sons à boire qui révolte toute âme honnête, et la porte s’ou- vre avec fracas. —Que fais-tu là gamin ? dit june voix rude ! Je ne peux pas éveiller ma- man. —Ah !ah lil parait que ma- dame n'a rien à faire ce matin, dit l’ivrogne avec un rire hébé té et, prenant le bras de sa fem- me pour le secouer, àil recule saisi d'épouvante....€ette main glacée, ces yeax demi-clos et eette pâle et douce figure sur laquelle on oroit voir encere er- rer un sourire résigné, tont Jui révèle que sa victime est morte. Morte, cette Claire qu'il « pourtant sincèrement aimée avant sa malheureuse passion : cefte compagno Courageuse et fidèle, quai ne lui a jamais don- né un seul sujet de plainte... 1l descend l’esealier quatre à quatre et arrive chez madame B:noit. — Hélas ! je m'y attendais, dit la bonne voisine, en apprenant la fatale nuuvelle...…. Après les fuuérailles de Ja pauvre Claire, la charitable Mme. Benoit, selon sa promesse, emmena ! orphelin chez eile et les bons soins dont elle l'enteu- ra lui firent oublier peu à peu la perte cruelle qu'il avait faite. Quani à François, bourrelé de remords, il s'accusait tout haut |de la mort de sa femme. Quel- ques personnes le plaignaient d'autres le maudissaient, mais le bon curé de la parcisse, fide- le eonfident des peines et des raree joie” de la défurte, ent pi- LS Dieu lui prouva le jour mé il agréait le sacrifice. L : e 1 Mi aile regy et, par un vrai mira- arité 21 LL. ge _— siteuse ; mais il ne faut pas t'in- œuvre pour l'éloign.r des mau- sa marraine et à la manière dent oiation Ltd. Bristol, Kpgland. The Famous Brahmin Tea and | l'ivrognerie. Le bourreau de Claire, rede- venu an ouvrier sans reproches, ne Jaiese à la bonne marrai: que le soin matéri-l de son en- fant et veille sollivituce sar ce deruier, mettant {cut en AVe0 vuises compagnies qi lat ont été si fanestes. La tâche lui est facile, car à la sagesse de ses cowseils, il peut joindre la sa- Intsire influence de l'exemple. ! HORTENSE. / PAR LA AE, ETES-=VOUS $ Tous les cas de SYPSVTE où d'OREILLE DURE se guérissent meinenant par notre nouvelle inven- tion Les sourds-muets de naissance seuls sont } incurables. Les bourdonnements d'oreille cessent immé- | diatement. Décrivez votre cas. Examen et conseil gratis Vous pouvez vous guérir chez vous à un coût relativement bas. 596 La Salle Ave. | Dr. Dalton’s Aural Institute, °CniCAGO, 111. À fine assortment of SILVER GOODA WATCOHES CHAINN AND RINGS Now open for inspection. Rings made up with your own gold if desired. E. W. TAYLOR Cameron Block CHARLOTTETOWN SOAP! SOAP ge XX — Dox’t you want good Soap for you money ? Jf you do ask for ROYAL OAK AND r a F È à Ë : ‘ ë ; î e : : ë Fe Ë Ë x + FF à | : Le rhumatisme est ne maladie que l'on rencontre souvent chez l’homme avancé en âge, car chez lui, c’est presque naturel. Un homme dépassant soixante-dix ans éprouve des douleurs qui sont pour lui un signe certain que sa vie s'éteint. Mais pour le jeune homme courbé par les douleurs qu'il éprouve dans les reins, rendu infirme par des articulations enflammées, qui ne peut faire son ouvrage à cause de sa faiblesse et des dou- leurs de rhumatisme qu'il endure, c'est un avertissement pour lui que sa santé s’altère, que son sang s’appauvrit, que ses forces le laissent, et que sa constitution s’épuise, Il faut à cet homme de l'aide. j Les Pilules du Dr loro pour les hommes, en purifiant le sang, donnent À la constitution la force nécessaire et guérissent les douleurs et les rnumatismes. Elles donnent l'appétit, favorisent la digestion, régularisent les intestins. LÉ LLLELLLLLLL LES LE LE LES SLLELLLLLLLLLLLLL LL ESESLLLLLLLSSLLLELELÉS: Elles ont guéri du rhumatisme des hommes qui ne travaillaient qu'avec grande misère et D ] aussi des hommes qui n'avaient pu travailler depuis des années. Si vous souffrez de rhumatismes, prenez-les avec soin et persévérance et vous verrez vos dou- leurs disparaître et vous reviendrez à la santé. Voici ce que dit M. L. Charpentier, qui travaille au No. 222 rue St-Paul, Montréal, Can. : , ; ‘* Je souffrais de rhumatisme inflammatoire à lous les hivers, depuis bientôt cing ans. Malgré tous les “ remèdes que je prenais, rien ne semblait me faire du bien et à tous les automnes, j'étais obligé de prendre Le lit et ‘“ de le garder une partie de l'hiver. “* L'automne dernier, je commençai à prendre les Pilules du Dr Moro ct C'est avec plaisir que je puis dire que ‘j'ai passé l'hiver sans accident. Les douleurs que j'avais lorsque j'ai commencé à brendre ces pilules sont complè. ‘‘ sement disparues et je n'at pas cu de nouvelles allagurs, comme j'avais l'habitude d'en avoir. ; * Je recommande beaucoup aux personnes qui souffrent de rhumatisme de prendre Les Pilules du Dr Moro, “L. CHARPENTIER, ‘* No. 222 rue Si-Paul, Montréal. dd dc Le + LU «+ * Votre bien dévoué, het: sc ae ca Ht à a Je répondrai avec plaisir à toutes les lettres qui me seront adressées, et je donnerai des con- seils à tout homme qui m'en demandera, et pour faciliter les hommes malades qui voudraient me &. consulter, un blanc de questions leur sera envoyé, gratuitement, sur demande. db Mes consultations sont absolument gratuites. Je soigne les hommes seulement. 1 < ‘ : . 4 1 Les Pilules du Dr Moro se vendent soc. la boîte ou six boîtes pour $2.:0, et si votre l | marchand ne les tient pas, elles vous seront expédites sur réception du prix. Adressez vos lettres comme suit : SEPT PEVE PES P PP EPPEPE TES PETSPENFEPPENFPFTPPFPEFTEPEPPPEVPTTEET TI FrPFFFE PPT | JUBILEE They are the Best J. D. Lapthorn & Co. MANUFACTURERS Charlottetown, EE 2 E Horace Haszard INSURANCE & MANUFACTURERS AGENT Representing The Western Fire Assurance Company | ! The Commercial Union Fire Insurance Co. The Western Marine se: rance Co. | A'so agent for The Aeadia Sugar Refining Ce Ltd. The European Exporters’ Asso- Mesers Purnell Webb & Co PLANET F1 HORACE H'° dies, we propose this season to combine a display of CHRISTY'« LONBON ‘q display of HIGH OLASS FOOTWEAR {or Ladiss”. Gente’ and Ohildren à A TS nd a GRAND MILLINERY OPENING ! SATURDAY. APRIL 2IST This season’s Opening will be More Attractive than Ever The taste displayed by MRS. WRIGHT inthe selections of Gems of Paris and New York Millinery, this season ù ho to all who will visit us next stores. » must commend itself As our Miilinery openings have always been attended by Gentlemeu as well à L 5 La speaeil 1 é M bot. A 0 HOLMAN.} ?