ét d: AA HAE EN NE UN OORIUES CE CBC EL “SR + SAP EEE : L: | 2 re BE TEE FEUILLETON. PAUYBRE FILLE. Qa pensait généralement que les aveux de ce dernier tuhliient de éclair- cissements.qui prouveraient jl'inno- cence de sa pauvre file. Celle-ci subis- sait sa captivité sans se plaindre; sa téstgnation même n'empruntait rien à la douleur. Décidée à sauver la vie de son père aux dépens de la sieone, Jeansette puisait dans la yéné:ositè de sonsaciifice une force qui élorgnait d'elle la ples grande amertume de l'epreuv: qu'elle était appelée à subr. L'absence de son père était aussi la seule consolation qu'eile put recevoir dans les circonstances cruelles ou elle se trouvait en ce moment. Il écait {m- possible de voir la jeune fille sans se sentir éœu; on devinait sur ses traits le calme d’une censcience irrépro- hable, st dans son maintien la mo- destie d’une ame qui prend son guide au ciel. Jeannette, humble dans son eourage, rexwerciali Dies chaque jour de n,avoir pas faibii;, eile possédatt cette foi naïve qui, dans tous les temps, a fait des martyre et enfsnté des miracies. Jeannette, qui ne savait mÂmejpas ce que c'était que le code, qui ne con- naissait aucun des moyens qu,on p«u- tait employer pour éiuder l'application de la Li; qui ignocait em tout l'art du mensonge, adopta, malgrétsa grande simplicité de jngement, ie plan de condsite le plus certain pour empécher les juges de pouveir se rendre un compte bien exact de ia manière dout le meurtre avait 6.6 commis. Be espérait que le mystère dunt les laits resteraient envel-ppés, affaiblirait la rigueur de la senteace qu'on porterait sur Jérôme et Reboulat, et par con- séquent sur elle même. La magnanime entant s'était dit qu'en ne séparant pss sa cause de celle de son père, elle ferait bénéficier ce dernier de 1 iniè:ét que sa beauté, «x jeumesse el sa piété d'ange lui avaient valu daus tous les cœurs. Une personne d'une cons- cience moins timorée qu'était celle de la jeune fille, eut certainsment cherché à diseulp -r entièrement son pé:e, en accusant Jérome; mats Jeannette, dans le silence de la méditation et de la priére, s'était demaudé avec effrai quel serment elle pouvait fuise pour affirmer ce dont etle n'avait pas élé moin! Ce que Jeancette savait du crime, elle le tenai!: de la bonmche de Rebeulat, de son père dont les habits étaient encore ceuverts dusang de la viciime Ua aveu complet des c'rconstances que le sabotier lui avait aarré:s dans cette horrible auit de son départ, sg- gra vait la position desfhommes en ne diainuant les charges qu'à son prof; elle résolut donc de laisser les jnges s'éclairer seuls, s’en remettant à Dieu pour ce qui la regardait danscet afireux procés. | L'affaire devait êtreijugée aux pro- chaines :ssises; trois semaines Avant cette époque, Reboulat n'avait point | encore éié retrouvé: toutes les person- nes qui cennaissaient Jeannette, : étaient au désespoir. Quel sert serait fait à la pauvre fille, qui s'obatinait de plus en plus dans son dérosement ? Cependant, quelques jours avant la convocation du jury us dimanche pendant l'office,ua hommeen guenilles se présenta poss le porche de l'egiise du bourg de B......Il avait la barbe ncelte, les yeux hagards ; un sourire Strange errait sur ses lôvres en deman- dant de pain. . J'ai faim, jeannette, adieu, s'écriat- il. Ce mendiant en’’hsillons, c'était Reboujiat, que chacun recon- nu malgré le désordre de ses vêtements et la maigreur de + son corps; de plus, il était devenu complètement insen- sé. D'ou venait-il? Comment avait-il échappé aux gen- darmes? C'est ce que l'avenir ne dévoils pas, ear Reboulat ne recouvra jamais la raison; il n‘avait retenu du passé que ces mots qu'il répéta tant u‘il vécut d'une voix à demi- teinte: “ J'ai faim, adieu, Jeannette!" L'entrevue du père et de la fille fut déchirante. Jean- nette frémit en voyant son père idiot. Désormais Dieu seu) savait positivement avec Jérôme qu'elle étaitinnocente Ce fut en vain que son avocat la pressa de parler, de Jui donner quelques détails qui pussent servir à sa défense. Jeannette sentait qu'il n'etait plus temps de le faire, que ces tardifs aveux seraient sans effet sur les juges, simple de la qu'ils ne convaineraient pas; e- qu'ils deviendraient encore une preuve de plus contre Jérôme, dont la femme venait de mourir, disait-on, de honte et de douleur. Monsieur, répondait Jean- nette aux sollicitations de son-avocat, monsieur, je jure devant Dieu et devant les hommes que je ne suis point coupable du crime dont on m‘accuse. Mon serment est ma seule défense, et ma con- fience au ciel, mon seul es- poir! Puis, elle priait tout bus pour que le repentir vint à Jérôme: maie celui-ci, qui avait tresçailli d'aise en ap- prenant l'état mental de son ancien compaguon, ne se fit scrnpule alors de l'accuser tout à fait, ainsi que sa fille, de l'assassinat du fermier des Grands-Ormeaux; par ce moyen, il espérait se discul- per, et échapper au châtiment qui l‘attendait. Après Dieu, ce qui adoucis- sait certainement le plus la position de Jeannette, c'était le souvenir de Victor Dauier, et l'illusion qne la pauvre fille conservait encore de son attachemeut, bien qu’elle n‘eut reçu aueuue nouvelle directe de son fiancé depuis arrestation. Mais jugeant de son cœur par le sien, elle ne conceyait aucun doute sur Ja constance de ses sentiments: D'ailleurs, les sœurs de Cha- rité, et quelques -unes de ses amies qui étaient venues la voir à la prison, l'avaient en- tretenue dans cette erreur, pensant judicieusement du reste que Xinfortunée avait assez de meux à supporter, sans y ajouter encore un sur- croit de douleur. Jeannette se eroyait done toujours aimée par Victor, et pensait avec bonheur que si l'avenir la forçait, par une condamna- tion quelconque, à renoncer d'elle-mème à son mariage, du moins larmertume de l'a- bandon lui était jusque.là épargnée. Hélas! l'ame chaste et uvre fille ignorait encore à quel degré les fibres de l'amaur-prapre sont sensibles chez l'homme, et quelle part puissante l‘or- gueil a presque toujours dans le plus doux de ses senti- ments. Victor Danier, qui se sentait intérieurement sur de l'innocence de Jeannette, fut moins touché de son infortune que honteux des liens qui l'attechaient déjà à une fille sous le poids quoique injuste d‘une sentence publique. Il eut même tant de crainte qu‘on put le croire capable d‘épouser Jeannette si elle était acquittée, qu'il se hâta, afin d‘en éviter le soupçon de rechereher enmariage, une jeune personne des environs de B..,,, qui l‘accepta pour époux au grand scandale de ses compatriotes. La conduite de Victor Danier en cette occasion fut généralement blämée par ceux-là mêmes qui en eussent peut-être fait autant à sa place. Jeannette avait la sympa- thie de tous ceux qui la connaissaient; le maire de B,... surtout dont la femme était la meilleure amie de la jeune fille, disait sans cesse au curé de la paroisse: Est-il bien possible, mon- sieur le curé que vous laissiez condamner notre panvyre petite Jeannette, sans avoir trouvè le moyen de la ssuver [a eontinuer.] de Re ST Tree ne ve Gun aus ce mn. L'IMPARTIAL J # NOEL ENT A l'époque où Monseigneur de Ségur évangélisait, avec plusieurs prêsres dévoué, les taubourgs de Paris, mn fait originai et :ouchant marqua l'une de ces missions Deux ou irois jours avant la clôture, une pauvre ouvrière était venme se confesser et ‘émoiguait une grande joie de se voir ca paix avec l: ton Dieu. Ah! monsieur, disait-elle aw mis- sionaire qui venait de l’absoudre,, que je +uis donc contente ! Je n’ai jamais 6 6 aussi heu,euse de ma vie. S1 vous pouvi:z ‘“’pincer” mon mari! c'est un homme, mais il ne veut pas entendre parler de religion. ]l vient cependaut presque tous les jrs à la mission ; il est tait de telect telle maniére. à un” grosse barbe. Tachez donc d'aiies à lui sil n’est pas méchant au fond ; jeu! ê re se latssera-t- 1 prendre? Seule ne: t ne jui dites pas que je suis venue me conf-sver, il mz tuerait | Le lendermain, un ouvrier avec une grande barbe, venait se confesser, il avec beaucoup d'auires ; c'ésit le ori. Quand il cat fini. Monsieur, dit-il au prére, je suis marié et mi (mm: n'est pas dévote, bien ini de là. Si vous pouvi-z aussi la ‘‘prendre ! ‘je t:cherai de l’smener demain «+ous pré exte de ‘“quéque- chose. ” S-ul:ment, ne lui dites pas q'ie je suis venu à confesse, e:lz se mo- querait de moi ! Les deux pé itents arrivent en e ff:: au rendez-vous \ Que l'on juge de icur surprise et de leu: juie. quunid :ls ap prirent qu'ils é aient réc nbiliés l’un et l'autre Vous êtes tous deux des rig:uds d'avoir tardé et de vous & re mé£é: run de l’autre, leur dit en riant l: bon prê re. Embrass:z vous et «€ crmais servez ensemble le bon Dieu Et quand ils se furent cmhrassés en pleurant,1l leur donna, comme sou- venir, un Christ, une stat: de la sainte Vierge et deux maruels du Chrétien. me Le Sommeil de l'Enfant Devant le berceau ou rep'se un tout petit enfant, notre ame est saisis des plus douces émotions. Ce frou: d'asge si calms, si pur, ces yeux aux longs cils hiissé, ce: j es fraï he: c mir la rose. c slèr:es v:r- meilles d'u s'écnappe 1: sourire, to t cel:, en effet, n'est-il pas de nature à exciier Ao're admiration, À provoquer l’attendrissement | Le sotameil d'un enfant! quoi de plus suave, de plus charmant sur la terre et quel spéctacle serait plus pro pre a nous toucher, plus cipable de nous faire regretter cet ag: heureux OU uOUs ne savions rien encore des tristess:s de la vie. La sérénite de sun visage, sa pise pleive ds gracieux abando: c:ptivent le regard et témoignent hautem:nt de sa candeur et de son innocence virginale. Parfois, il tend ges petits bras en avant et pousse des exclama- tions joyeuses. Cher enfant ! il est heureux dans son sommeil ; sans dou- te; il pense à sa nière, a tous ceux qu’il aime et son petit coeur dilate. Peut-être même, voit-il dnns ses 16. ves les anges qui veillent à son ch- vet : ce sont ses frères, il les reconnai. ct leur fait fête à sa mavière. Mais cette joie naïve qui illamine son gracieux visage et l'entoure d'une céleste auréole, n’a-t-elle donc pas une autre cause ! Ah ! est-il besoin de le dire, c'est que le génie du mal ne l'a pas encore frôlé de son aile impure ! Les noirs chagrins n'ont pas assaillis son ame ; les passions dévaranties n'ont pas atteint son j:ane coeur ! [1 ne con- nait encore que les agréments de l'ex istence ; jouer, folatres, aimer cares- ser, composant gniquement les chai- xons d'or de sa radieuse enfance, Pourqui donc alors ne jouirait-il pas pleinement de son léger repas! pourquoi ne sourirait-il pas au milieu de j'enchantement de ses rêves ! Ah! pauvre enfant, fasse je ci:l que tos paisible sommeil ne soit ja- mais troublé par les angoisses et Îles tortures duremords. Si ce raalheur te frappait un jour, eh ! c'est qu'alors tu aurais trempé tes èvres avides À la coupe empoisonné: du vice, oubiié tes devoirs, manqué à tes engagem-nts. Et à partir de cette heure fataie. plus de repos, plus de félicié Désormais la'source du bonheur serait tarie pour toi, et tou ange gardien, en gémissant, se voilerait la face. La barrone de San Tartico, qui a eu le malheur de perdre ses dents dès sa première jeunesse, sonne furieure- ment sa femme de charabre. Mo ratelier! Ou est-il, mon rate- hdi. La bonne, confuse: Je l'aurai peu'.être emporté en même temps que les bottines! 1 , Une Banontrs on san, EXCELSIOR | | | OINTMENT. AUX FERMIERS J'ai tout qu'il faut en fait d'Instruments aratoires : Charrues, Herses, Cultivateurs etc. | FERBLANTRIE de première GROCERIES Un bon stock de thé, sucre tabac, etc- ete- Fournaises les meilleures dans le MARCHE, ES.N ,:u'lez nas qu'en vesant acte ler à mMOR m'gasin, vous souveres sic "1gent A. J. Bernard, | TIGNISH, 1. PF. 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