C'est aux îles de lu Madeleine par gorges jrdenau/Ï La chanson que je présente ci—dessus est peu connue des folkloristes. Je n'en connais moi—même que deux versions. De composition locale, elle fut possiblement composée aux îles de la Madeleine vers 1855. Elle raconte la tristesse que ressent une jeune fiancée qui devra quitter le toit paternel afin de suivre son futur mari chez lui à l'île Saint—Jean (île du Prince-Edouard). Plus précisement, i1 s'agit d'une demande en mariage où Eusèbe Gallant demande la main de Geneviêve Briand. Le mariage s'est déroulé aux îles de la Madeleine le 9 jan- vier 1855. La mariée, née à Miquelon le 2 septembre 1835, était la fille aînée de Pierre Briand, et de Louise—Elisabeth Boudrot. Quant au marié, Eusèbe Gallant, de Rustico, il était le fils de Marin et d'Edesse Gallant. J'ai pris connaissance de cette chanson pour la première fois en 1974 lorsque Mme Eulalie (Arsenault) Blacquiêre, d'Abram*Village, me l'a chantée. Elle en connaissait quatre couplets. A ce moment—là, je n'ai pas pensé que cette chanson pouvait avoir un lien direct avec l'Ile-du-Prince—Edouard car, comme on le verra plus loin, la version de Mme Blacquiêre dit bien qu'Eusèbe vient de "l'île Saint—Jacques". Une telle "erreur" ne doit pas nous surprendre outre mesure. Il arrive en effet régu— lièremënt,‘dans les chanSons traditionnelles transmises oralement, qu'une subsitution de nom de lieu se fasse pour une raison ou une autre. La deuxième version provient de la Côte—Nord québécoise. Je l'ai dénichêe dans un cahier de chansons conservé aux Archives de folklore (C.E.L.A.T.) de l'Uni- versité Laval, et compilé en 1894 par Placide Vigneau de l'île aux Perroquets. Monsieur Vigneau était origi- naire des îles de la Madeleine. C'est grâce ä une note écrite en marge du texte que j'ai découvert qu'Eusèbe était originaire de l'Ile—du—Prince—Edouard et que j'ai pu par la suite trouver la date de mariage et quelques autres données généalogiques. La note que Monsieur Vigneau a eu le soin d'écrire se lit comme suit: "Celle- ci a été composé sur une fille de Pierre Brillant du hâvre.au bers (Aubert) et un jeune homme de l'île du Prince Edouard vers 1855.” Cette version comprend seule- ment trois couplets, mais monsieur Vigneau signale bien qu'il a oublié les parrles du deuxième.