avait plutôt recours aux sages—femmes qui demandaient peu, et même parfois rien du tout, pour leurs services tandis que les honoraires des médecins constituaient une somme assez élevée pour bien des gens. Les sages—femmes acadiennes ont ainsi comblé les lacunes qui existaient dans les services de santé disponibles aux femmes enceintes dans leur'communauté. Appelées le jour ou la nuit, elles se faisaient un devoir de se rendre auprès d'une femme enceinte par toutes sortes de moyens de transport, peu importe la température et la condition des routes. Même si la plupart du temps elles ne demandaient aucune paye pour leurs services, les gens leur donnaient ce qu'ils pouvaient soit 55, soit 510, selon leurs moyens financiers. Cependant, la plupart du temps, ils donnaient une rémunération en nature telle du hareng, des patates, de la farine et autres produits. Une femme de Tignish nous renseigne â ce sujet: Ces femmes icitte ne chargeaient pas trop. Souvent elles n'étiont pas payées. Elles étiont peut—être données un panier de patates ou une douzaine d'épis de blé d'Inde ou quelque chose comme Ça. Elles n'étiont pas payées. Le docteur, faudrait qu'il aurait été payé, mais je crois bien que le monde n'avait pas l'argent. En plus d'assister la maman lors de l'accouchement, les sages—femmes prêtaient souvent main—forte dans les travaux ménagers. En effet, il n'était pas rare que ces femmes restent avec la mère et l'enfant pendant plusieurs jours et même jusqu'à une semaine afin de leur donner tous les soins post-nataux nécessaires. .Et, dans bien des cas, elles s'occupaient aussi des repas et du ménage de la maison pour toute la famille. Qui étaient ces sages-femmes qui ont fourni un service si indispensable dans les communautés acadiennes jusqu'aux années 1960? Il serait impossible de toutes les nommer ici. Qu'il suffise de donner les noms de quelques—unes en guise de témoignage de leur grande contribution. TIGNISH Lucie Martin (née LeClair) “Ca c'était une maître, tellement merveilleuse, elle était recherchée“, de dire une informatrice de Tignish. Isabelle Poirier (née Gaudet) Cette femme était surnommée la "Grêle” à cause de son