Ce sont si imprudents ! Tenea..…… LE PRETRE tt Le R. P. Gerxmier est an Trap-) piste distingué, see, eourt ; à premiere vue il deane l'impres- sien d'un deux : parle douce-| ment, lentement, mettant ses mois bien au point de sa pen- ge ; n'exprimant jamais une ® pinion exagérée ; trouvant tou- jeurs une forme pacifique, aima- ble pour envelopper les ehoses pénébles que ea censeienee peut l'obliger à dire. Mais quand en l'examine de près, on déeeuvre derrière ses lunettes, dans ses yeux tran- quilles de myepe, une énergie inattendue ; ee menten-là peut devenir enragé ; ne vous y fiez pas !...1l s'appelle du Cormier, et n’a certes pas velé son nom, eomme veus allez veir. Hier matin, ià-bas, à Soliguy, le Père Abbé appela le P. du Cormier et lui dit:‘“On vient d'inventer an menvean ceneas- seur pour le caene...allez donc le voir à Paris, c'est près de la rue Saint-Leuis-enu-l'Iie ; veus me direz ee qu'il faut en pen- me...” Le Père du Cormiers'isolins,| s’en fat chercher deux mou- choirs de peehe —-presqume une mortifieation ‘V—attela Faid- herbe, an brave cheval ayant servi au général en 1870 ; puis à cing heures du matin, au tra- vers des grands bois qui entou- rent le Trappe, il partit prendre le train. Mais, en route, le père offrait cette mortification au bon Dieu. 11 l'aimait tant, sa chère Grande Trappe avee sen silenee et la eadre tranquille des cheses qui l’enteuraient !..Dien était ei bien là, dans eette solitude a- mie :et, loin des bruits du monde, on y entendait ea voix murmurer au fond du cœur de si bonnes paroles d'au delà, de celles qu'on réserve aux amis, aux intimes, à ceux de la 1a- miile...…… Et souvent, pendant que la çarriole cahote dans les orniè- res, le P. du Oorrmaier se retour- ne pour voir, nue fois eneere, la flèche toute blanehe découper sa dentelle de pierre dans le ciel tout bleu, la rivière et les é- tangs qui, autour de la Trappe, voulent leers eaux tronquilles cemme une éeharpe d'argent, la censtruetien basse où se prépa- rent les chocolats et les quin- quinas...…. les ehamps immenses où révent ies grands boeufs roux. Prière, travail, silence, c'est là toute sa vie... ga bien- heureuse vie! Et ii faut aller à Paris ! même pour un jour, quel sacrifiee !.… “Enfin ! ! saint Beneit, je vous offre cela pour mes vieux pé- chés...… F À Paris, cinq heures après. 11 fait une température 2- troce.…… Le soleil de feu elaque et rebondit sur les murs blancs des maisens..…..le bitume des trottoirs se cells aux souliers ; les passants se réfugient, ahuris, dévastés de ehaleur, dans l’é- troite bande d'ombre violette que le soleil implacable dé- ceupe devant les maisons. Le P. du Germier passe droit, la douillette fermée, disant son chapelet. Mais, bientôt, il deit s'arrêter, car plus de cent persennes sont massées, eurieuses, émues de- vant une boutique de pharma- cien dans laquelle on vient d’ap- porter un blessé. Des femmes raeentent l'acci- dent avec velubiiité à des gros messieurs qui seconeni ja tête d'ua geste platonique mais api- toyé : ‘‘@'est un bieyeliste, lan- cé à une allure folle, qui, subi- tement, vient de tomber le mez sur son guiden, et s'est aplati sur l’asphalte...Congestien.… ? Apoplexie..…. ? Simple aceident de rene... ? ou tronm dans la | chaussée... ? Personne me sait pas plus tard qu'hier, ete." Mais le père n’en écoute pas davantage : il y a là, dans eette boutique, un hemme peut-être en danger de mert.…..J'y vais ! Alers, écartant la feule...……. petite poussée pourtant énergi que, ‘‘suaviter et fertiter,” le Trappiste arrive jasqu'à la porte, passe devant un sergont de ville, et entre dans la phar- maoie. Le bicyeliete est là, affreuse- ment pâle, étenda sur trois chaises : c'est un jeune homme bien ris, et dans les yeux du quel passe un éclair de bonheur °n apercerant la soutane du prêtre... s Aussi, pendant qu'un méde- ein, l'air inquiet, lai frictionne les jambes, le prêtre parle au malade, l’'enseurage, l'exherte : “Le deoteur fait se quil peut : mais le premier de tous les mé- decins, c'est le ben Dieu ! n’est- 0e pas men armi......... ? —Oh ! certainement ! æmur- mure le blessé. Teut à eoup, un boeal à la maiu, epparaît le phaïmacien ; sens Un curé ehez moi ! s’éerie- t-il, instentanément furieux... Non, c'est trep raide !....…. Dites donc... ètes-vous médeoin...?” —Ouni, Monsieur, répond le Trappiste. —Ves papiers ........?77? —Je ne les ai pas sur moi. (Généralement, en ne se pro- mène pas avec ses dipiômes dans son pardessus, surtout par vette chaleur... — Alors, f....le camp !et au trot !! Le Trappiste seurit douce. ment... et s’assied : ‘Le mala de m'asvcueille. 11 m’a remercié de mon iutervention....… J8 reste......... . -—Enfn, suis-je ehez moi, oai on non......? ? —Kon !.…..votre bontique est ‘‘obligatoirement” publique. — Alors, toute la foule peut entrer... ? — La jouie n'a pas de rôle à jouer ici, moi j'en ai un. — F...... le eamp ! !..ou si [non !!!.…. Et le pharmacien, un gaiïllard bedonnant, lève un peing gros mais blanc... de la gélatime de Baint-Honeré. Tranquiilement, le P, du Cermier rentre ses lunettes, les met dans son étui, et avee des yeux qui flambeient : “Je suis ici paree que ma censeience ‘““m'erdenre” d'y être et j'y raes- terai ! ! 81 vous me teushez ..…. gare !!....…. " L'agent intervient : ‘Mon a- mi, lui dit le Trappiste, ai je, oui ou non, le droit de deman- der daas eette boutique publi- que un vésicateire de dix-sept ceutimetres sur onze et demi, un loeh et dix huit sous de gui- MAUVE........ .? — @ertainement. —Eh bien, Mensieur le phar maoieu, j'ai lhenneur de vous demander cela... D'ailleurs, ne vous pressez pas ; j'atten- drai !....... Et pendant que le pharma. cien ouvre et referme avee rage ses bocaux, le Père, très calme, donme une bonne absolutieu et l'induigenee plénière au mal heureux cyoliste qui, la celonne vertébrale brisée, entre mainte- nant en agonie. Et eomme le religieux allait repartir, une femme en deuil descend d'uue voiture, se préei- pite dans la pharmacie : ‘’Mou fils, mon pauvre enfant !....…. . s'éorie-t-elle d’une voix brisée de surprise douleureuse. G'est la mère qu'en est allé éhereher et qui, apercevant le prêtre, va vers lui, les deux mains tendues : ‘Mon père, cemme je vous remereise |... Vous avez été, pendant toute la route, ma suprême préoecnpa- Oh ' très dencement, mais d’une | eneore rien ; mais ces bicyelists |tion !.......…. —Et Madame, demande sevè rement le Trappiste au pharma- cion, vous me la cohassez pas, elle aussi... ? ide Bile, s'est la mère !… Alors le religieux se redressa dans la fierté de son sacerdoce : — Moi, dit-il, je suis l'ami, le médeein..….,le père... j'ai tous les titres, ear je sais......‘le prêtre” !....…. PIERRE L'ERMITE. L’IMPARTIAXL, JEUDI LE 15 MARS, 1900. School & College 144 Queen St. Opp. Prowse Bros. Mail orders receive prompt at- BOOKS Ot all kinds ALWAYS ON HAND CHAS. J. MITCHELL Charlottetown FE] tention. Agents for the Perry Pictures , Depart de Cronje ET DE SA FAMILLE POUR GAPBTOWN Lendres —Le War Offise a re- eu la dépèche suivante de lerd Roberts : Paardeberg,—Crenje et sa fa- mille sont partis d'ici, hier, sous la garde da major général Pret- tyman et d'une esesrte de “Gity Imperial Volunteers,” et d'in- famterie montée. “Pins tard dans la journée, le reste des prisenniers est parti sour la garde du d'Érroll et es- corté par les ttloucesters et cent 1mperial Velanteers. Les fem- mes et les enfants sont renvoyés dans leurs foyers. “Oa m'imforme que les Boëers étaient très mécentents lorsque Cronje a refusé d'accepter l'offre que Je lui avais faire de donner des sant-condauits pour les fem- mes et les enfants et des méde- cins pour les blessées. “11 y a 170 de ses blessés dans notre hôpital à présent. Un grand nombre sont daus un état déplorable pare qu'iis n'ont pas été suignés à temps. “J'ai fait l'inspeetion du dan- ger boer hier, et j'ai été très étenné de voir aveo quel génie et quelle énergie la position avait été rendue presque inex- pngaable." PORTRAIT DE CRONJE Voiei un portrait de Oronjs tel que donué au ‘World par Montagu White, le réprésen- tant boer en Amérique : Cronje est âgé de soixante- trois ans. 1] n‘a jamais suivi les eours d‘ane école militaire. En temps de paix, e’est un homme timide et ingenu. 1! prend peu )de seins de sa toilette. Son ha:- bit est toujours bonteané et toujours boutonné de travers 1l est trèe pieux. Jusqu'à üya quatre ans, il était cultivateur, il fut alors nommé surintendant des indigènes dans l'Rtat Libre. En temps de guerre il semble devexir un tout autre homme. Son intelligence agit avec une rapidité étonnante. Dans un combat, il est partout, dirigeant et encourageant ses soldats Cronje se distingua dans ie sou- lèrement de 1880-1881. Ma re- nommée s'est acerue a l’oceasien du ‘raid’ de Jameson. C'est Gronje qui a tendu le piége dans lequel Jameson se fit pren- dre. Il choisit l'endroit et eom- manda ses hommes en persenne. RE fraus the osigtnal bei more Sean) Reis ET Le à Dee nee “Sraenors. one om men = >. OR ee EEE They ons all stemech troubles ; : Best pete, Ki SE ms front CIF ATE SL: PRE SV snes by te de Eat care à single ten omtmtng, qe lobes be sent, post ei Mes miens C0. Me Drap, Dev Tee À the goods are ther TE EE ben «à fair cp 1 dozan ear- tons fær 42 Beets. 19 éssen ER LP eopress eperver st de varer cost. et fne TE OBTENUES PROMPTEMENT Envoyer un timbre pour otre “ Guide des In- venteurs.” Nous ebtenons plus de patentes pour les inventeurs quo tous les autres ingé- nieurs ensemble, et nous faisone une spésialité des rs que les autres agents n’ont paë ik obtenir. Pas de patiente, pas do pays. MARION & MARION, EXPERTS. No, 185 rue St, Jacques, Montréal. Tei. 2398. Menti mnes ee Journal, ANNUAL MEETING mm Xp The annual meeting ef the] Tignish & Palmer Road Dairy- ing Association will take place on Tuesday the 13th march, 1900, at 1 o’cloek p. m., in Bt. Mary's Hall. F. J. Buore. Feb 15th 1900 Sec'y ms ARTIFICIAL TEETH — 000 X 069 — L We h If have i@th that have ached, or are aehing. We ave à mt by which ths teeth oan bs saved The day has gone : when atooth must be taken ovt because it aches. The study 9 leading Dentiste is io save all teeth, if possible, ne matter how baëly deeayed, we can save them for you, and restore thew 19 their former usefuilness. IF YOUR TEETH are decayed de not have them ont, bat have crowns built ugon them, rendering them servieable for life. Our Crown and Bridge system [teeth with plates] 18 perfection. We make in right irour office, guaranting absolute fit, and match to natural teeth EXAMINATION FREE | Under charge of Dr C. V. MeCready Berlin Dental Parlors, Alberton. 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