| | 7 M ‘Hs LL e aa nee. L'Aventurier Malgre Lai + (Suite de la re. page) tira de l’eau un des sinistrés. Mais c'était du temps et de la peine per- dus, car le malheureux qu’ou cro- yait arracher à la mort n'avait plus de tête, l'explosion l'avait décapité. Michon regarda ce cadavre avec uve expression d’'éponvante. “Ce n’est pas mistress Michon, lui cria Boubou en lui saisissant le bras. Vous voyez bien que c’est un hoinme.’’ De toute part, d’ailleurs, on sau- vait des gens à moitié asphyxiés, mais qui revenaient à la vie. ‘Bon espoir ! Bon espoir !’” ré- pétait le petit nègre, qui se donnait l'importance d’un gaillard remplis- sant le principal rôle dans ce sauve- tage. Tout à coup, une main crispée saisit le bord de l’embarcation et la fit pencher ; c'était un gentleman, à bout de force et à moitié noyé, qui, ayant reparu à la surface de l'eau, avait eu cette chance d'’é- merger juste à côté de la baleinière ; on le hissa promptement à bord, sans s'arrêter, et l’on continua de chercher Sophie, qui ne pouvait être bien loin... Mais voilà que, soudain, Boubou, qui avait des yeux extraordinaire- ment construits pour tout voir à la fois, poussa un grognement, mit sa main en abat-jour, et, ne pouvant y tenir, s’écria : ‘Elle est sauvée !”” Claude, ayant suivi du regard le geste indicateur du nègre, qui mon- trait du doigt une grande barque montée par plusieurs hommes de couleur et dans laquelle ceux-ci ve- naient de hisser une femme de pe- tite taille, qui tenait un mouchoir à la main : “Qui, oui, c’est elle ! cria Mi- chon, allons vite la réclamer...’ I1 lui semblait qu’on venait de lui ôter une montagne de la poi- trine. Boubou transmit l’ordre aux deux matelots, qui se dirigèrent, de toute la vigueur dont ils étaient ca- pables, vers le bateau où Sophie ve- nait d’être recueillie. Mais les gens qui avaient repêché Sophie s’éloi- gnaient déjà, gagnant le bord du fleuve avec une rapidité prodigieuse. “Que font-ils ? s’écria Michon, dont la consternation redevint plus accablante, On dirait qu'ils se sauvent ! —Oh ! répondit Boubou, d’un air rassuré. Ils se dépêchent pro- bablement pour aller chercher un médecin. —QOui, oui, peut-être bien,’ fit Claude avec la conscience que lui- même serait fort embarrassé pour prodiguer des soins à sa femme, n'ayant jamais eu l’occasion de se- courir un noyé. Un des matelots du ‘‘Lafayette ? voyant qu’une chasse de l’embar- cation qui emportait Sophie les en- trainerait joliment loin de leur na- vire, en fit l'observation et proposa de débarquer Michon ainsi que Bou- bou devant un groupe de maisons, sur la rive droite. Là, on devait trouver facilement une voiture avec laquelle il serait aisé de rejoindre le bateau qui semblait s'enfuir. Cette offre fut acceptée immédiate- ment, car elle était toute naturelle et très pratique. Quelques instants après, la ba- leinière abordait. Claude et Bou- bou sautaient à terre. Le nègre courait louer un véhicule quelcon- que. Et les matelots, après avoir reçu la somme promise par le boy, remontèrent lentement le courant pour regagner le ‘‘Lafayette,’’ qui, d'aillenrs, venait au-devant d'eux. Boubou avait laissé son maître pour se procurer la voiture. C'’é- tait vraiment un dégourdi que ce garçon. En moins de dix minutes, il eut trouvé son affaire. Non seu- lement il ramena une charrette an- glaise, mais encore il avait stipulé que le fils du fermier qui la four- uissait, et qui, naturellement, con- uaissait bien le pays, resterait à la disposition de Michon jusqu’à ce qu’on eût joint la barque et retrou- vé Sophie. Claude monta. Le cheval, ex- cellent, partit à fond de train dans Ja direction du has fleuve. L'IMPARTIAL, JEUDI, la presqu'île, rejoignait le bord du. Mississipi après le coude en ques- tion ; avantage énorme, grâce au- | quel Michon et son boy devaient é- videmment se trouver sur la berge, vingt-cinq où trente minutes plus! tard, avant que les sauveteurs eus-' sent dépassé cette région. Ils y arrivèrent, en effet, ayant perdu de vue le bateau dans lequel était Sophie, quinze à dix-huit mi- nutes tout au plus. Mais ils eurent beau attendre, ils ne virent rien ve- nir. Impossible, pourtant, que les rameurs eussent fait en si peu de temps un trajet de huit à dix-kilo- mètres, même sous la poussée d’un impétueux courant. Alors, quoi ? Ils avaient dû s’ar- rêter. Mais où? Probablement sur l’autre rive, car tout le terrain situé entre la route, suivie par la voiture et le fleuve, terrain ayant la configuration d’une une à son premier quartier et dont le côté ar- rondi formait la berge du Mississi- pi, était marécageux et semblait complètement désert. Michon, s'adressant au fils du fermier qui menait la voiture, lui demanda : « ‘Est-ce que la rivière est dange- reuse par là, et nos hommes au- raient-ils pu faire naufrage ? —Ce n’est pas probable, Les eaux sont basses et les courants normaux. Je ne sais que penser. Il est évident, en effet, que ces bra- ves gens, empressés de voler au se- cours des victimes de l'explosion, sont animés de sentiments humains et charitables. — Peut-être, dit Boubou, qui était optimiste de nature, peut-être que Mme Michon, étant revenue à elle pendant le trajet, ils se sont arrêtés quelque part pour lui don- ner des soins tout À leur aise. — Peut-être aussi, ajouta le fils du fermier, qu'ils ont gagné la rive gauche, où se trouvent plusieurs habitations, pour demander du se- cours, dans l'ignorance où ils peu- vent être de ce qu’il faut faire] pour ranimer une personne ayant! séjourné dans l’eau assez long- temps. —Et si ma femme était morte !| s’écria Michon, dont les lèvres trem-| blaient de terreur et de désespoir. | —En ce cas, répondit tranquille- | ment le jeune Américain, du haut | de son siège, ils auraient également | pris le parti de la déposer dans une | maison de la rive gauche. Il n’est | pas difficile de s’en assurer. | —Tout simpiement en revenant chez mon père ; on vous y procure- ra une barque et vous pourrez, en vous informant, sur la rive opposée | à celle-ci, dela route qu’ont suivi les sauveteurs, apprendre ce qu’il vous importe de savoir. | —Vous raison. kRame- | nez-nous àvotre ferme,’ dit Mi- | chon. | Et il remonta dans la voiture avec Boubou, qui s'obstinait à | chercher du regari, sur le fleuve | immense, le bateau etles nègres! qui le montaient. Mais ilne vo- | yait rien, rien. | Le retour à la ferme s’opéra très rapidement. Là, on fournit à Mi- chon une chaloupe à vapeur, qui descendit lestement le Mississipi | jusqu’à l'endroit où Boubou avait | perdu de vue le bateau sauveur, et dès ce moment on diminua la vi- tesse, de façon à pouvoir interroger | tous les êtres vivants qu’on trouve- | rait sur la rive. | Ce fut d'autant plus facile que la | berge était taillée à pic de ce côté, | comme devait le faire prévoir le | mouvement des eaux, et que le | petit pouvait raser la! terre, pour ainsi dire. av :Z steamboat Mais on ne put recueillir aucun indice : per-| sonne n'avait vu le bateau en ques- | tion, ou du moins ne l'avait re- marqué. | Il faut convenir que c'était bien extraordinaire, En ce jour de na- vigation presque nulle, un grand | canot monté par quatre ou cinq hommes ne pouvait guère passer inaperçu. Cependant, tous les gens qu'on interrogeait paraissaient de bonne : foi. Quelques-uns offrirent leurs services. Tous, d’ailleurs, étaient ay courant de l'explosion du ‘‘Jack-: 2 | AE : En sorte que la voiture n'avait son’’, en connaissaient les détails, qu'à suivre la route qui, négligeant répandus de proche en proche avec —Comment cela ? { une vertigineuse rapidité. Le plus grand nombre s'étaient tenus en | observation pour voir les nouvelles péripéties de la catastrophe, s’il | s'en produisait. Donc, aucune trace de Sophie ni des hommes qui s'étaient si géné- reusement employés à la sauver. Cela prenait une tournure fantasti- que et plus désolante que jamais. ! De grosses larmes silencieus.s ) coulaient sur les joues de Claude. Tout son conrage s’en était allé. Evaporée aussi, la mince philoso- phie dont il se félicitait le matin. Néanmoins, il s: révoltait de temps à autre. C’est dens un de ces moments qu'il fit dire au timo- nier du petit vapeur d'aborder. Il avait risolu de descendre à terre pour entrer successivement dans toutes les maisons disséminees sur le bord du fleuve, afin d’y deman- der des nouvelles ou, tout au moins, des éclaircissements. Ce fut pour lui un calvaire. Son ignorance de la langue anglai- se, qui, seule, est parlée dans la campagne, lui rendait terriblement pénible cette enquête. Ceites, il avait confiance en Boubou. (Celui-ci, du reste, ac- complissait son devoir avec la plus dévouée exactitude, Mais il fal- lait lui dicter les questions ; et quel supplice de l'entendre prononcer des paroles dont Claude ne percevait pas le sens, pas plus qu'il ne com- prenait les réponses des personnes interrogées. Tous ces gens se se- raient entendus pour le tromper, qu'il n’en aurait pu rien savoir. Que de fois il fut interrompu par ses sanglots ! Que d’abomi- nables soupçons lui traversèrent l’esprit ! Pauvre Claude : ak ! il n’en voulait plus à sa femme. Il la trouvait assez effroyablement punie, et s’il l’eût trouvée à l’ins- tant même, c’est des baisers et une joie folle qu’il l’aurait accueillie. Dans plus de vingt maisons, on le reçut avec une touchante sym- pathie ; les réponses furent les mêmes. “Non, nous n’avons pas vu cette dame. Etes-vous sûr qu’elle ait été repêchée ? —Parbleu ! s’exclamait Boubou, avec la plus entière, la plus inalté- rable conviction. —Mais, demanda Michon, se pourrait-il que des gens mal inten- tionnés ?...” Il n’acheva pas sa phrase. l'avait compris suffisamment. ‘Quelle apparence ! lui disait- on, presque invariablement, par le canal du jeune nègre. — Peut-être ces hommes de cou- leur, lui dit quelqu'un, ont-ils em- mené votre femme chez eux, non point pour la séquestrer ou quelque chose de semblable, mais pour que vous alliez la réclamer vous-même. Ils espéreraient dans ce cas, et s’ils sont pauvres, que votre générosité reconnaîtrait le service rendu. —Mais, je ne demanderais pas mieux que de les récompenser aussi largement que cela serait en mon pouvoir. Seulement, où les prendre ? Comment puis-je savoir en quel lieu les découvrir ? —$i tel a été leur plan, répondit la personne qui avait émis cette supposition, vous n'avez qu’à at- tendre à demain. Un journal de la Nouvelle-Orléans contiendra quelque annonce à ce sujet.”” F Presque machinalement, Claude gronda ces mots, qu'il avait déjà tant répétés : ‘Quel pays ! quel pays !”’ Mais la nuit vint, et ce fui pour Michon un étonnement. Quand, en effet, un grand malheur s’abat sur nous, il semble que l’implacable destin devrait suspendre dans tout l'univers la marche des événements et des saisons. Et comme il n’en est rien, la fuite du temps vous est douloureuse, ainsi que le train de la vie qui continue autour de vous. Ce sentiment, Michon l’éprouva à un degré d'autant plus haut qu’il était tout nouveau pour lui. Ce fat comme une découverte dans le domaine psychologique. Il lui fallut pourtant se résigner. La nécessité de trouver un gîte On 1903. LE 9 JUILLET, ‘après tout, un remède contre le désespoir. | Ayant répandu un peu d'argent à droite et à gauche, quelques homuines se chargèrent de battre le pays dès le point du jour ; mais la revinrent sans avoir re- renseignement. Il plupart cueilli aucun fallut attendre les journaux, et (ceux-ci ne contenaient pas l’an- |nonce prévue. (A Suivre) EFFICACES En tous climats et en toute saison. 1 PILULES DE NOIX LONGUE 1 MCGALE, Elles stimulent le Foie et les Rognôtis, CAR e RREEE PE à ravellers and Fourists Travelling from place to place are subject to all kinds of Bowel Complaint on account of change of water, diet and temperature. Dr. Fowler’s | t les Maux de les Ext. of | ie, te Sie e de À Æ st Pa REY $ÈL DAT WROTE %% ’ - DV PER EE EN VENTE PARTOUT, 25C. 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