“Lt st NOUVELLE SERIE HISTOIRE DE. LOUP Un sourire éclairait, ce soir-là, le visage tranquille de Jeanne Valier, la fermière de Cervilly. J'ai le temps, pensait-elle tout en vaquant avec sa fille aux apprêts du repas. Aujourd'hui samedi, les hommes finiront tard leur ‘‘at- telée’’. Prépare-moi les pommes de terre, Marguerite !”? La nuit tombait. Un bruit de ferraille annonça bientôt le retour de la faucheuse ; Louis, l’aîné des fils, conduisait la pesante machine. Pierre Valier, le fermier, ne tar- da pas à rentrer lui-même avec la dernière voiture. dait de fourrage : on la déposa seu- lement dans la grange sans ia dé- charger. Il faisait trop sombre: Ce serait pour le lundi suivant. Et, tandis que Gustave, le do- mestique, emmenait les chevaux à l'écurie, Valier, Louis et les tout petits qui, vaillemment, avaient bottelé, amassé, râtelé tout le jour derrière leur grand frère, répétait l’un après l’autre en rentrant pour délacer leurs lourds souliers : , ‘‘Maman Jeanne, l'attrape, est- ce pour ce soir ? —Chut ! ‘‘dit-elle. Gustave, en effet, poussait la porte à son tour. Il s’'assit sans mot dire au bout du banc, le ;long de la table où fumait déjà la soupe. C'était un bon garçon, d’une (1obutesse) d’athlète, et dont l'in- telligence sans être prompte, n’a- vait point perdu toute finesse cham- penoise. Parfois,’ quand les enfants le bousculaient un peu de leurs ta: quineries d’espiègles, i! regardait en dessous, avec uu sourire, ses é- normes mains, heureux de se sentir quand même si fort ! C'était sa manière d’avoir de l’esprit. Le père coupa le pain en larges tranches, dont les miettes volèrent sous les dents de ces affamés. Jeanne Valier servait rapidement. ‘Tu vas voir ! souffla t-elle en sourdine à son mari, au milieu de ses allées et venues. Mais le maître velllait sans sour-\ ciller à se que le pain ni la pitance ne manquassent point à Gustave. Peu de paroles ! on était las. Jus- qu'a ce qu’enfin le domestique eut, d’un trait, vidé son verre, fermé et remis en poche son couteau. C’est la manière antique et solen- nelle de montrer là-bas qu’on ne veut plus mauger niboire. La com- pagne a ses protocoles rigoureux comme le monde et les cours ! Ne pas verser à nouveau le icidre ou le vin à l'hôte qui a laissé comme une invite, au fond de son verre la dernière gorgée, serait d’un maître avare ou distrait. Pour tout au monde, Gustave n'aurait pas rouvert son couteau une fois fermé! Aussi, un sourire courut-il au- tour de la table, au geste tradition nel du garçon de ferme. C'était justement cette vieille ha- bitude qui souvent excitait la verve maligne de Mme Valier. Elle était de la Brie, où l'usage est moins suivi. Et elle s'ingéniait à tour- menter le pauvre Gustave sur ce chapitre. Peine perdue ! Le gars avait les idées solides comme les muscles. Le matin pourtant, la fermière avait annoncé aux enfants que bon gré mal gré, Gustave déploierait ce jour-là sa lame. On avait parié. Cette joute prenait les proportions d’un événement de famille. Aussitôt donc que l’homme eut ivdiqué, grâce à l'ordinaire céré- | blics, à Ottawa, aux bureaux de |Jas. B. Hagan ingénieur de dis- monial, qu’il avait ‘‘fini’”, la fermi- ère se leva : ‘‘Suis-je bête ! dit elle. Figurez- vous, mon pauvre Gustave, que j'ai oublié notre dessert. loir retirer votre outil.’’ Elle fut à la maie et revint avec une pleine soupière. Jeanne Valier connaissait son monde : c'était une salade de pommes de terre. Gustave se montra d’abori hé- ioïque. Sanscirercher à dissimuler Sournoisement, on {\ti poussait. ‘Reprendre mon couteau pour | précipitée. Celle-ci débor: + à. L'IMPARTIAL, TIGNISH, I. P. EH, MARDI 5 SEPTEMBRE 1911 non, jamais !..Si pourtant je pou- vais le retirer un tant soit peu, pour autre chose ?.... Sa conscience faiblissait. La les machoires l’agaçait visiblement. Sa caboche matoise de Champenois, travaillait à la sourdine. Il prit à brûle-(pour point} la parole : ‘“Croiriez-vous, dit-il d’une voix jourd’hui, samedi, il y a dix ans, quand j'étais chéz Grassin..l'on a- vait justement mangé des pommes de terre en salade. : —Abh ! fit Valier surpris du dé- but. Re —Et elles étaient boures ? de- manda Mme Valier qui seutait mor- dre à son.a ppeau. Oh ! oui !..dit Gustave.’ Je m'- en retournais donc tranquilieme nt chez mon père, par les hauts:' Tout d’un coup, près des bois l’oric'e Va- lier — vous. savez ? — J'entends: comme uu grognement : Rrron ! et et je vois deux yeux qui reluisaient C'e- Foot: sous-un buisson d’anbépine. tait un loup. —Oh ! firent les enfants en sus- pendant leur bouchées. —Et, dit Valier, qu'est-ce que vous avez -fait ?’” à Ce fut au tour de Gustave de sou- rire en dessus : ses moustaches brè- ves s’épatèrent sur sa large face. Il avait trouvé ! ‘Moi, dit-il, je marche droit au loup. Je mets la main à la poche.”? Il la mettait en même temps, mi- mant son histoire. ‘‘Je prends mon couteau.” * Ille prit. ‘fe l’ouvre,’’ Il l’ouvrit. ‘“Et je saigne mon loup d’un seul coup.. comme Ça.! V'lan !” Il éventrait du même coup la mi- che posée sur la table. : Tranquillement, placidement, il se mit ensuite à manger, et le tar- tinant sur l'immense tranche de pain qu’il s'était ainsi coupée, les famense pommes de terre en salade. ‘* Voilà ! déclara-t:il, la bouche pleine et le coeur satisfait”? La table éclata de rire. ‘Son couteau, il a rouvert son conteau ! s'exclamèrent les enfants. — J'ai gagné,’ dit Mme Valier. Gustave feignit de les regarder avec surprise ; mais sa joie était trop grosse pour se dissimuler lo2g- temps : ‘C'est égal, dit-il triomphant, on ne pourra pas dire que je l’ai rou- vert pour les pommes de terre. Il m'est venu dans les doigts en con tant mon histoire. Sans quoi. | —(C'est vrai, dit Valier en riant, et tu as perdu, Jeanne : tu vas pour | 3 manger, songedit-il RS LRene musique que-faisait autour de Lui | devra préoccuper, qu’un soir comme au: Un chèque égal à dix pour cent (10°«,) du montant de la soumis- sion fait à l'ordre de l'honorable ministre des Travaux publics et accepté par une banque à charte accompagner chaque sonmis- sioa. Ce chèque sera confisqué si l'entrepreneur dont la soumission aura été acceptée refuse de sigrer le contrat d'entreprise ou n’exécute pas intégralement ce contrat. ‘ Les chèques dont on aura accom- pagné les soumissions qxi n’auront pos été acceptées seront remis. Le ministère nes’engage à accep- ter ni la plus basse ni aucune des soumissions. Par ordre, R. C. EESROCHERS. Secrétaire. Ministère des Travaux Publics. Ottawa . N. B.—Le ministère ne recon- uaîtra aucune note pour la publica- tion de l'avis ci-dessus, lorsqu'il n'aura pas expressément autorisé cette publication. UN SAGE MINISTRE Le cheval favori de l’empereur Tse étant mort de négligence d’un paie-frenier, l’empereur en colère voulut percer cet officier de son é- pée. Le mandrine Yen Tse para le coup en disant. —Seigneur, cet homme est in- certain du crime pour lequel il doit mourir. Eh bien ! fais-le lui connaître. — Ecoute scélérat dit le ministre les crimes que tu as commis. D'abord tu as laisser mourir un cheval que ton maître avait confié à tes soins ensuite tu es cause que notre prince et entré dans une telle colère qu’il a voulu te tuer de sa main ; enfin tu es cause qu'il a été sur le point de se déshonorer aux yeux de tout le monde en tuant un homme pour un cheval ! —Qu'’on le laisse aller dit aussi- tôt l’empereur. ee LA TELEURAPAIE GANS FIL On écrit de Paris : Deux succès importants viennent d’être remportés en France par le service militaire de la télégraphie sans fil. On sait l’intérêt qui s’attache à ce que les aéroplanes, particulière- ment ceux qui sont montés par des officiers, puissent envoyer, par T. S. F,, comme on dit maintenant à Paris, des renseignements sur ce la peine, nous payer la’goutte. Et Jeante de bon coeur, s’en fut chercher la bouteille. ROGER DUGUET. Le ministre des Travaux publics recevra jusvu’à 4.00!p. m., des soumissions pour la reconstruction ; les réjarations au quai à Gar-| jet don’s Point Comté de Prince, I. P. LE. lesquelles soumission devront ge en fsus de il’adresse, les mots : ‘Soumission pour la reconstruction et les réjarations au quais de Gor dou’s Point, I. P. E. On peut consulter lies plans, de- vis, les formules de contrat et se procurer des formules de sonmis- sion au ministère des Travaux pu- trict. Cbarlottetown,Il. P. E,., et EL FR Il va fal- | | de la nature de leurs occupations, et du lieu de leurs résidences ; s’il sa consternation, hocha la tîte et | s’agit de sociétés, chaque associé resta raide devant l'assiette que, | devra signer de sa main la soumis- du maître de poste àCascumpec, Les soumissionnaires ne doivent qu'ils découvrent. + Après quelques essais seulement, lies officiers spécialistes de T. S. F. |vienaent d'arriver à des résultats absolument remarquables, Partis de Saint-Cyr sur un aéro roplane muni d’appareils de T. S. F., spécialement créés pour cet ob- jet, le sous.lieutenant Ménard, le pilote bien connu, et le capitaine du génie Brenot, ont évolué au- dessus de la région de Rambouillet. Ils out pu, sans aucune difficulté ! être cachetées, adressées au soussi- | © restant à une altitude de 500 é, et porter sur leur enveloppe, | mètres et à une distance moyenne fde 50 kilomètres de la tour Eiffel, envoyer à ce dernier poste, un ra- dio télégramme qui, aussitôt reçu, a été transmis au ministère de la guerre. Les appareils de T. S. F. qui ont permis d'obtenir ce remarqua- ble résultat, dus à la collaboration du commandant Ferrier et du capi- taine Brenot, étaient installés à bord d’un biplan. Ils pèsent, tout compris, 21 kilogs seulement. L'é- tincelle qui donne aux ondes est pas oublier qu’on ne tiendra comp- |te que des soumissions faites sur les | formules imprimées faurnies, dû- | ment libellées, signées de la main | des concurrents, avec désignation sion et y inscrire la désignation produite par une magnéto actionnée par le moteur de l’aéroplaune et un dispositif permet d’enrouler et de dérouler, à volonté dans les airs, l’antenne en fil d'acier. Ce résultat obtenu après deux ou trois expériences seulement, peut être considéré comme décisif et ouvre dans cette voie les plus belles espérances. On sait qu’en outre, des postes de T,. S. F. mobiles qui, dès 1907, | ont accompagué nos colonnes au Maroc on avait envoyé récemment, à Fez, un poste de moyenne puis- sance. Ceposce aété installé et depuie quelques jours, fait des es- sais de commuuication avec Oran. De sortes que l'on peut aujour- d'hui causer par T. S. F. de la tour Eiffel à Fez, avec le reul re- lai d'Gran. D'autre part, un poste mobile existait depuis ce printemps sur la Moulouya, à Taourirt ; on a ins- tallé, en ce point fixe de moyenne puisasnce, qui entrera en fonction- nement en août et aura à Fez des communications trés sûres : le câ- ble jusqu’à Oran, le fit d’Oran à Taourit et la T. S. F. de Taou- rirt à Fez constitue une seconde voie directe. Cette seconde voie, moins rapid e que la première, est plus sûre par le temps orageux, les postes assez voisins de Fezet Tourist pouvant assurer dans de meilleures coudi- tions les communications. Jusqu'à maintenant les télégram. mes destinés au général Moinier de vaient alier par câble jusqu’à Tan- ge par Oran ; puis, à Orau, em- prunter le poste de S. F. chérifien, qui le ‘passait à un navire en rade Casablanca Mche yda ou Rabat. Ce poste chérifier ouvert au traffc com- mercial, ne consacrant qu’un petit nombre d'heure par jour aux télé- grammes officiels ceux ci éprou- vaient parfois des retards fâcheux. Dès maintenant, la plupart des té- légrammes adressés acommandant du ;corps de débarquement et ne concernant pas la marine prendront la voie Oran-Fez-Méquine etc., par postes successifs de T. S.F. Ce résultat font le plus grand honneur aux officiers du génie, le capitaine Appiano, à Taourit, je lieutenant Vieillard, à Fez, qui out installé les postes nouveaux dans des conditions de difficultés réelles et au prix d'efforts considérables. UNE CURE MACABRE On apprend de Saint Louis (Mis- souri) que des gens bien intention- nés du comté Madison ont imaginé un nouveau moyen de débarrasser les alcooliques du pays de leur a- mour immodéré pour les petits ver- res. L'expérience macahre qu'ils ont tentée sur plusieurs ‘‘sujets’”, affirment les gens de New Douglas, a pleinement réussi et a ramené dans les sentiers de la vertn plu- sieurs ivrognes réputés de cette lo- calité. La cure merveiileuse, sortie com- me uu éclair de la tête d’un hom- me désormais illustre dans le comté Madison, s'appelle la ‘‘cure du ci- metière”” Voicienïquoi elle consis- te. Quelques heures avant le lever du soiei! ajors qu'une lueur blafarde donne à la nature un aspect fantas- tique, les ‘‘sujets'’, préparés d'’a- vance par des paroles où l’image de la mort leur est savamment impo- sée, sont amenés an cimetière. Suivant un rite établi par les nou- veaux apôtres de la ‘‘cure du cime tière’’ nos ‘alcooliques, ainsi que des martyrs, sont conduits de force sur les tombes. Les uns sont atta- chés pardes cordes solides aux mo- numents funèbres, les autres sont étendus sur les tombes qui, à tra- vers les ans, sont afiaissées en for- mant ainsi une excavation de la grandeur d’un cercueil. Jusqu'à l'aube les nouveaux martyrs de Bacchus se voient amenés à médi- ter, au son des voix sombres et me- naçantes de leurs bourreaux évau- gélisateurs, sur la sinistre grardeur de la mort et la fragilité....des verres de liqueurs d’ici bas. Le nombre des voyages noctur- nes au cimetière est naturellement proportionné à la quantité d’alcool qu'absorbaïit le ‘‘cher malade’ au temps regretté de ses longues visi- tes au bar favori. ne LE FEU ABORD DU “JOHN-SYLVESTER” New York 23 août.—Le bateau ‘ John Sylvester’”’ faisant le service entre N:w-Vork et Coney Island se de la baie, en face de Fort Hamil- ton, quand un incendie éclata dans la chambre de chauffe. Le capitaine du ‘‘John Sylves- ter” qui avait plusieurs centaines de passagers à bord, demanda aus- sitôt l'assistance des bâteaux qui circulaient à proximité et ordonna que le ‘‘John Sylvester’’ soit dirigé en toute hâte vers le dock de Fort Lafayette. La foule des passagers s'étant malheureusement rendue compte que le feu s’était déclaré à bord, la Situation devint critique. Une pa- nique se produisit et il fallut toute l'énergie des hommes d'équipage et de ceux qui gardaient leur sang- froid pour empêcher des femmes de sauter par dessus bord. Mais bientôt le bateau accostait et les passagers, dans le plus com- plet désordr2=, se précipitèreut sur la terre ferme. Pendant ce temps quelques hom- mes de l'équipage avaient réussi à éteindre les flammes, et à peine le débarquement était-il terminé que le capitaine du ‘‘John-Sylvester'’ avertissait les passagers que l’incen- die était éteint et que le bateau al- lait rontinuer sa route vers Coney Island. Quelques personnes re- montèrent à bord et les autres, qu on n’avait pu rassurer, préférè- rent se rendre à Couney Island par voie de terre, SEALED TENDERS, addressed to the Postn aster General, wiil be received at Ottawa until Noon, on Friday. the 15th September, 1911 Mails, on a provose Contract for four years, six times per week each way, between Cavendish & Hunter | River and Hunter's River & Rusti- co Rutal Delivery) from the Post- master, General’s pleasure. Printea notices containing fur- ther information as to conditions of proposed Contract mav be seen and blank forms of Tender may be ob- tained at the Post Offices of Caven- dish, Hunter’s River, Rustico & route offices and at the office of the Post Office Inspector. Post office inspector's office, Ch'town, 2nd, Aug 1911. Joux F WHEAR. Post Office Inspector. MONTRES WALTHAM ET REGINA. DE TOUTES GRANDEUR ET DE TOUS PRix. CHAQUE MONTRE GARANTIE Anneaux de toutes sortes et faits sur commande, avec Initial ou Embleme, en Or ou Argent. E. W. TAYLOR, BIJOUTIER ET OPTICIEN trouvait hier après-midi à l'entrée » Charlottetown. for 1he conveyance of His Majesty’s. i tirer == et MMENT LES MERES DOI ‘T ji ÉLEVER LEURS FILS Les anciens enlevaient le garçon dd sept ans À sa mère pour le remettre aux mains des pédagogues chars. ce lui enseigner “ce qu'il devait savoir étant hormme”. Il y eut pourtait des femmes romaines qui se révélèrent capables d'élever des citoyens, et il ne parait pas que les Gracques aient -t6; efféminés par leur mère. Dans toute société où la femme est morale nt inférieure, il est prudent de £°rs8- traire à sa tutelle l’homme qu'elle abaisserait jusqu'à son niveau où dé- formerait à son image. Mais si l'édu- cation la prépare à devenir 21e În- telligente éducatrice, pourquoi négli- gerait-on son concours ? I1 faut avouer que trop de femmes contemporaines, l'esprit englué de préjugés et rétréci dans l’étroitesse du foyer bien clos, sont inaptes aux vues générales et ramènent toutes leurs idées À une conception prudente et mesquine du bonheur, du devoir, de la famille. L'intérêt de leur éxoïs- me maternel, l'intérêt du petit groupe dont elles sont le centre priment, à leurs yeux, l'intérêt individuel de l'enfant. Elles voudraient, par un maladroit sentiment de sollici‘vde, épargner à leurs fils l'effort de se faire une vie et elles leur prés 1tent une vie toute faite, sur le mod'le coa- mode et banal qui leur paraît offrir des garanties de sécurité. Leur rêve va aux “positions” modestes et sûres, aux “salaires fixes” qui représentent un minimum de risques et un m: xi- mum de routine, délicieux oreiller où l'énergie et l'initiative de l’honme s'endorment jusqu’à la mort. Presque toujours, ces vocations de fonctionnaires sont l'oeuvre de ti- mides et tendres mamans. Eminem- ment conservatrices, elles possedent Virstinct de préservation donnû par la nature à celle qui perpétue la raca sous la protection des homm s, + n8 l’enecinte de la maison et de la rité; et elles opposent cet instinct, ieur instinct, à la loi de la destinée virile, loi de lutte, de conquête et d'effort. Elles inoculent à leurs fils leur pru- dence de ménagères, leur pusillaui- LA MODE DE PARIS —— Un des derniers chapeaux. mité de créatures faibles, leur senti« mentalité de cratures affectives, leui1s défauts qui chez l’homme devisrnent des vices, leurs vertus qui deviennent des défauts. La mondaine frivols et dissipée produira le joli jeun. homme des salons, le snob bien cravaté, ro- quet et flirteur, La femme sensible et tendre formera, à son imrge, doux rêveur, non plus tendre, mais d'une nervosité morbide, non plus sensible, mais sensiblard. La sage bourgeoise refleurira dans lh'onnrûête et médiocre petit employé. floues, avec les meilleures intentious du monde, au nom des sentiments legs plus sacrés, auront tué l’homme dans leur fils. Il faut convaincre ces mères qu’elles doivent élever leurs garçons peur enx et non pour elles. Il faut leur p;6- dire, leur prouver l'échec inévitaxle de leurs petites ambitions, leu: men- trer l'encombrement des “situations sûres”, la misère du fonctionnarisme et des carrières librales; il faut ies persuader que le but de l’édu-ation n'est pas de faire des employés de ministère, des bureaucrates, voire des avocats et des médecins — mreis ces hommes. Sans jeter nos fils À tous les ectns du monde, il faut les rendre cipro'es d'y aller et d'y subsister, Aver une instruction pratique, un cervean sain des muscles robustes et pas de sots préjugés, un homme doit pouve'r se d'affaire. L'éducation ma'er- nelle est criminelle quand elle retire à l'enfant mâle l'énergie, la volonté la promptitude de la décision. ver:us viriles. Vous qui me lisez, jeune m dont le bébé n’'aspire pas os l'honneur de la première culot te; vous qui le trouvez si beau, si admirable, sf intelligent, vous qui pensez acjà à son avenir, sauvez-le de la mécanique administrative, n'en faites pas un au- tomnte modèle, un bon jeune homme docile, empoté, timoré, un peu ridi- cule, presque sûrement inutile et mal- heureux. Ne lui demandez pas d’avoir du génie; ne souhaitez pas qu'il ap- paraisse à dix ans comme un prodige; n'ayez pas surtout la superstition des carrières libérales. Que votre fils soit un homme intelligent, résolu et coura- geux; qu'il soit ambitieux — cela ne signifie pas arriviste — apprerez-lui la noblesse de l'effort; Insptrez-lui l'horreur des servitudes et tâchez qu’il ne rêve pas trop “à la chaleur du sein”. Il n’en sera que meilleur et plus heureux, et vous plus respectég et mieux aimée. MOQUIR:1: & ARSENSULT AVOCATS, NOTAIRES PUBL, SUMMERSIDE, P. KE …. 5, Etc, £ Argent à prêter Nez MCQuARRTE AUBIN E. ARSENAULT