be. Le Suite de la 1ère page granitiques et désolées, où pas un arbre, pas un brin de bruyère ne pousse ; car ces montagnes du com- té de Ross, au cen' re duquel est si- tué Elanelly, sont plus incultes, plus stériles que toutes les autres. Il est vrai qu'au bas de la gigantes- que muraille de rechers commen- çait une plaise accidentée dont le jeune hommes ne pouvait nperce- voir les limites, et qui offrait un spectacle bien différent. On y découvrait, après la demeu- re verdoyante de Greeu-Rood, le village charmant d'’Elanelly, et dans le lointain les champs de Dingwall, avec leurs lacs bleus et calmes comme un miroir. Un coin de ce tableau attira tout particulièrement l'attention d’An- thony. Un vieux et vaste château s'y dessinait. Flanqué de hautes tours massives, assis presque au pied des montagnes, à quelque dis- tance du bourg, il était complète” ment isolé ; maisle domaine qui l’enveloppait égayait la solitude ; des lacs, des rivières aux eaux ar- gentées traversaient le sol en tous sens ; des bois épais, des pâtura- ges, des cultures diverses variaient à chaque instant la perspective. Ce noble manoir et l'habitation de Green-Rood frappaient de loin les regards. La veille, M. Weel- ford et Anthony, ne sachant la- quelle de ces deux résidences ap- partenait à lady Ashley, avaient été obligés dese renseigner à ce sujet. Anthony ne pouvait détacher ses yeux de cette partie du paysage. M. Weelford le surprit dans cette muette contemplation. Le prêtre s'approcha sans que l'enfant l’en- tendît, et lui frappa un léger coup sur l'épaule en souriant. Le jeune homme se retourna, souhaita le bonjour à M. Weel- ford, et lui montrant de la main l'immense tableau : “Voyez, Monsieur, quelle ma- guifique contrée ! fit-il. —Admirable, répondit le prêtre. —ÆEt cet appartement, reprit An- thony eu désignant du geste la pièce qu’il occupait, ne ressemble guère à ma petite c£ambre d'E- L'IMPARTIAL, La marquise d’Ashley s'appro-, banquet eucharistiqu céleste, une allégresse relle, resplendissait sur ses traits ; dans ses longs vêtements de deuil elle ressemblait à une apparition | angélique. Après son action de grâces, la maîtresse de Green-Rood emmena déjeuner avec elle M. Weelford et son jeune compagnon. conduisait à son habitation, elle | nommait au chapelain les familles | d'une vingtaine. | cruellement souffert, dans les der-| niers temps, de la privation d’un prêtre romain et des obsessions in- d'Elanelly, le révérend Sexby. avec attention ; de ses traits, la bonté naturelle qui se peignait surson visage, la di- gnité de ses manières, l’onction de sa parole et la sagesse de ses dis- cours, firent une grande impression sur lady Jane. ‘“Je vous prie, Mons'eur, lui dit- elle, de vous considérer ici comme chez vous. On espère que vous ne nous quitterez pas. —Je souhaite comme vous, Ma- dame, répeniit le prêtre, de couler daus ce manoir, au milieu de nos frères catholiques, le reste de mes jours. —Cela dépend de vous. —Je ne m’appartiens plus de- puis que je ‘me suis consacré aux autels du Seigneur. Je dois être soumis entièrement aux volontés divines. Dieu disposera de moi à son gré.’ Le chapelain, de son côté, étu- diait la maîtresse de Green-Rood ; patience, désir de plaire à Dieu. Toutes les vertus chrétiennes se reflétaient dans ses yeux et respi- raient en quelque sorte dans sa pa- role, dans son attitude. M. Weelford savait très-peu de chose sur lady Ashley. cha de l'autel pour participer au!mon attente, et Dien a béni les e : une beauté | soins que je lui ai donnés, répliqua surnatu-| modestement le vieillard. doux et grave du prêtre, la sérénité, | —Ila parfaitement répondu à —Il est orphelin ? —Oui, Milady. —Peut-être doit-il le jour à quel- que membre de votre famille ? —Aucun lien de parenté ne l'u-| uit à moi. comme un fils. D'ailleurs, quoi d'étonnant à ce qu’il me soit si Tout en parcourant l'allée qui cher ? il vit avec moi depuis quin- you will find them very interesting. ze ans. —Depuis quinze ans ! répéta la . | caéholiques du pays, au nombre maîtresse de Green-Rood ; iln’a Elles avaient donc connu ni son père ni sa mère?| —]Jamais. —Pauvre enfant ! murmura lady Ashley attendrie, je le plains. fatigables du ministre presbytérien Quelle catastrophe l'a privé de ses John, | Durant le repas, la marquise ob-| serva plusienrs fois M. Weelford | l'air vénérable, parents ? — Je l’ignore. —Quelle est son origine ? —]Je ne puis le dire. —Vous ne savez rien sur sa naïs- sance ? . —Absolument rien, ni sur sa | famille. —En vérité, voilà qui est é- trange. — Dans ce siècle de discordes ci- | viles, de lutte passionnées, on a vu plus d’une fois des mères dénatu- rées abandonner leurs enfants. | Dans ces campagnes, où le sens mo- | ral existe encore, où vos exemples, | Madame, et vos bienfaits exercent une si puissante influence, ces cri- mes sont rares. Mais dans nos grandes villes, comme Londres, Edimbourg, il n'en est pas de même. —Ainsi, Anthony est un de ces pauvres êtres délaissés au berceau ? —Positivement. —Je désirerais bien vous enten- dre raconter son histoire. —Volontiers, elle n’est pas lon- gue.’” M. Weelford passa sa main sur ! il ne remarqua en elle que charité, |son front, comme pour recueillir ses souvenirs, et reprit : ‘En 1649, j'habitais déjà Edim- bourg, où je me -préparais à rece- voir secrètement l’ordination sacer- dotale ; car il n’ya pas plus de Un Les lettres | soir, au moment où je terminais ma douze ans que je suis prêtre. JEUDI. LE 12 NOV. 1908, Cependant je l'aime! SAT OME SPECIAL .VALUE There is no argument half so convincing as the evidence of your own eyes. For that reason we want you to inspect our stock of Winter Dry Goods. 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Hedgley lui avaient appris prière, avant de me mettre au lit, que la marquise, veuve de bonne j’entendis des cris à ma porte. Je heure et sans enfants, avait res- sors précipitamment, je cours, dimbourg. Je n'avais pas, dans la capitale de l’Ecosse, ces meubles é- légants, ces riches tentures, ce lit coquet. —L,'/opulence maison. —Et le bon goût également. —J'en conviens volontiers. —Quel changement ! —N'étiez-vous pas heureux, An- thony, au sein de notre médiocrité d’Edimbourg ? —Oh ! si, parfaitement heu- reux ! j’étade, la pratique des vertus que prescrit la religion, vos soins tendres et infatigables, me rendaient la vie belle et douce. —Ainsi vous le reconnaissz, le bonheur peut se passer de la ri- chesse. —J'en ai fait l'expérience. —Profitez néanmoins, à mon fils, de cette nouvelle faveur de la Pro- vidence, et montrez-vous reconnais- sant envers elle en aimaut encore davantage l'étude, et en vous effor- çant de grandir en vertu, en sa- gesse. —Je m’appliquerai à suivre vos conseils. —Soyez rempli de gratitude en- vers lady Ashley, qui vous comble de ses bontés. —Je n'aurai pas de peine à rem- plir vos vœux. Je me sens déjà attaché à la maîtresse de Green- Rood ; elle paraît si graci.use, si bienfaisante. qu'elle a gag mon cœur dès le premier abord. Tou- tefois une expression de j: ofonde tristesse voile son noble vis: ze. — Elle a dû subir de rudes épreu- ves, répliqua M. Weelford. Mais, ajouta-t-il, l'heure est venue de nous rendre à la chapelle moi, Anthony”’. L'adolescent obéit. Chaque ma- tin il servait la messe du prêtre, son protecteur et son second père ; il s'acquittait de cet office avec une règne piété et un recueillement touchants. | Lady Jane attendait le chapelain, entourée deses serviteurs et de plusieurs habitants catholiques d'E lanelly. Klle pria M. Weelterd d'entendre sa confessiéu !: puis 1e baiat sacrifice commença. EE en cette Suivez-| senti de cuisants chagrins. cien chapelain ne la connaissait point avant qu'elle s’y était fixée, elle était la providence des pauvres, l'ange consolateur des affligés, et avant tout l’appui le plus solide du catholicisme dans la contrée. Elle menait une vie fort retirée, ne recevait presque personne, et consacrait son temps à la prière ou aux bonnes œuvres. Aussi tout le pays l’aimait et la respectait comme une messagère du Ciel. Grâce à cette popularité obtenue à force de dévouement, o1 n’osai,. pas l'inquiéter pour sa foi ; elle pouvait même, malgré les lois, jouir de la présence d’un prêtre romain » bienfait dont profitaient les fidèles | du voisinage. Il est vrai que, par une clause de sa déclaration de Breda, le roi Char- les II avait promis aux catholiques non pas la /o/érance mais /’indulgen- ce. Toutfois ces stipulations é- taient demeuré sans effet. Le prin- ce, cèdant même à la très-vive op- positien des protestants, avait, à l’ouverture de la session parlemen- taire de 1663, année où débute ce récit, demandé qu'on fit de nou- velles lois pour arrêter les progrès du catholicisme ou du papisme, se- lon l'expression en faveur chez Îles | hérétiques. M. Weelford conçut une grande | estime pour lady Jane, qui, sur- habituelle, se montrait charmante dans ses rap- ports avec autrui. Le repas terminé, la maîtresse de Green-Rood proposa à Anthony de | visiter ses domaines en compagnie | de son intendant. L'adolescent ne demandait pas mieux, et il paitit | aussitôt avec la permission du cha- | pelain. Quand elle fut seule avec M. | Weelford, la marquise d’Ashley lui dit : “Votre élève me plaît ; j'ai rare- montant sa tristesse ment vu autant de beauté candide, d'intelligenc dans uu enfaut de cet âge: , de noblesse, réunies L'an-| | parler de cet homme. A Le j'ouvre, ct je trouve sur le seuil un enfant qui vagissait en se débattant, Je le saissis dans mes bras, et je m'élançai dans la rue, du côté où 'retentissait un bruit de pas qui s’é- loignaient ; j'aperçus une ombre | qui fuyait.- Je la poursuivis ; mais le fantôme allait plus yite que moi. Pourtant, arrivé sous un réverbère, il se retourna : je reconnus un de ces soldats de Cromwell nommés Côtes de fer, scélérats capables de tous les crimes. Je ne doutai pas qu’il ne fût le père de l’enfant que je verais de ramasser, ‘‘Je ne tardai point à être confir- mé dans mes soupçons ; car le ban- dit, interpellé par moi, me cria avec un efroyable jurement : ‘Laissez-moi tranquille. ‘__Mais cet enfant ? insistai- je. ‘“__ I] m'est à charge ; jetez-le à l'eau si vous le voulez, vous me rendrez service.’’ ‘“Et le misérable, proférant un horrible blasphème, reprit sa course Je n'ai plus ertendu J'emportai l'enfant avec la résolution de l’éle- et disparut. ver, bien que je fusse pauvre. De retour chez moi, je reconnus au premier examen qu'il ne devait pas avoir un an :mais il était déjà beau. ‘Son costume me fortifia dans l’idée qu'il appartenait à quelqu'un des Côtes de fer. Ignorant s'il a- |vait reçu le premier des sacrements | de l’ Eglise, je le fis baptiser condi- tionnellement et lui donnai le nom d’Anthony. ‘‘Je l’ai élevé avec la plus tendre sollicitude, le considérant comme un présent du Ciel. L'enfant m'a dédommagé de mon dévouement | par ses qualités, son heureux ca- ractère, sa docilité, qui ne s’est ja- | mais démentie. J'ai lieu de croire que je n’ai perdu ni mon temps, ni ma peine, et qu’il devienära l’ex emple de ses frères catholiques, à qui il sera plus utile j;ue l'hutmnbie |insiruiuent dont le Seigneur s'est, RE" oo me “nées — ton, writes : ‘‘This is to certity that after being almost entirel: | bald a new crop of vigorous, heal ‘Let the GOLD DUST twins do your werk,’’ 'thy hair has grown on 1iny leac through the use of McKinnon's lEnglish Ointmeut. I conf dentliy recommend this Ointiment te all similarly affliéted, and belieae that it will do everything that : claimed for it. Itried iany haï vigors and other preparations but none did any good.’’ can servi à son égard, — Cette histoire me toucle eïl m'imére:se davantage encore à vo tre fils adoptif .m onsizur W :elford déclara lady Jane. —Merci pour lui? Milady ,de v - tre extrême bienveïllrnee . — Il ja mérite. — Votre indulgence est grande , madame ja marquise . — Je ne suis que juste . M: Weelford s’inclina en silence; puis, après uue pause,il exprima Îe désir de visiter la tor1be où reposait son ami, M. Hedgley. * _Nons irons ensemble, répondit lady Ashley. Ce pè e inage rs'e doux à mon coeur, je l’accompiis souvent.” La marquise con luisit le chape'ais paruneavenue aboutissant à l'ex- |trémité de son domaine. Elle le fit | entrer dans un petit enclos couvert | de fleurs et ombragé d'’arores au! | sombre feuillage : c'était le cimetiè- re des catholiques. | Au milieu se dressait un petit mo- | nument surmon 6 d’une croix. sym- | bole des immortelles espérances. Là | reposait la dépouille terrestre de M. ! Andrew Hedgley, le précédent cha- 7 GOLD DUST is a woman’s best friend when wash day co around. It makes the clothes sweet es Mn. Takes only half the time and half the labor of soap. Just follow directions on package. Made only by THE N. K FAIRBANK COMPANY, De L’Atlantque au Pacifique. Great West Lie Assurance Co. Davis Inglis, Agent Generai, | | | Î Î | |pelain de Green-Rood et issu, com- | re | me son ami Weelford, d’une famil- | . | le de lairds des. Basses-Terres. | Lady Ashley et M. Weelford trou- | 2157 BR ne TT TT “< don d CE + — 0) AGE bdd |vèrent Anthony agenouillé au pied | | de cette tombe et absorbé dans une .. 4 FENCE ervet dre lis ue le dérangè- Voici la clôture en fil métallique modèle de Ps e, à: 1 se clacérent un reves le Cle ne sites ER s 48; S (aceérent u 1 + poteaux d'une seule pi —rêgie sa rent pas; et se piac ren D u en Ib«, Les potesux ecmmuns, joints à un ee de Page. su portent unetension de 200 clôtures de luxe, tissus à volailles, servent de modèles à l'univers ent: “+ ne ©: Page, LLa Page Wire Fencs Co., Limitée, Walkerviile, Ont,, Montréal, Qué, 8t, John, K,3, a:rière: à suivre f CR CE ve S'- mi