Per, à Fa o “ + à à à S.à MR 46 pe CS s Nath A RS AE € CR af _—e L À ZA CIE. DE PUB. DE L'IMPARTIAL, PROPRIÉTAIRE. VOL. 3. NO. 35 G. BUOTE, RÉDACTEUR. TIGNISH, ILE du PRINCE EDOUARD, JEUDI LE 8 OCT. 1903. F. ]. BUOTE, GÉRANT I] ANNEE A FEUILLETON DE L'IMPARTIAL L’AVENTURIER MALGRE LUI. 6 0000600000 ç RESARIRIRS RERENERIRERIRIRERERIRERSE RS |THATS THE SPOTI — Mais il faudrait traverser de nouveau cette interminable région, où nous avons failli rester. Oh ! non, non! fit Claude avec autcrité. —D'ailleurs, reprit l’oncle, nos provisions seront épuisées ce soir, et nous devons d’abord, et avant tout, chercher un gîte et un souper, si c’est possible. —Est-ce que nous remonterons la rivière, ou, au contraire, la re- descendrons-nous ? Nous la remonterons....EÆn allant au Sud, nous sommes expo- | sés à nous engager dans de nou- veaux déserts....Si encore on ren- | contrait quelqu'un qui nous dise à quelle distance nous sommes de Jefierson City ou : de Springfeld. Qui sait maintenant? dit An- nah ; nous ne pouvons même pas calculer combien de milles nous avons couverts depuis hier. Et nous sommes allés toujours au Sud- Ouest, tandis que Jefferson et Springfield sont à l'Est, n'est-ce | pas ? —Qui. —Moi, dit Boubou, je crois qu’en leurs roues entrant dans des espèces d’ornières où leur marche ne gar- dait plus la ligne droite. Plus d’un perdit l'équilibre à diverses reprises. Cela devenait un exercice difficile et fatigant. Mais que faire? Il n’y avait que deux manières d’avancer : à | machine, ou à pied ; à vélocipède on tressautait sans cesse, et les pneumatiques, sans compter les res- sorts, recevaient de rudes assauts. A pied, autre chanson. Il fal- lait voir où l’on marchait et, de plus, lever souvent à bout de bras la bicyclette, qui s’engageait dans des racines ou dans un passage dan- gereux. L'oncle fut le premier à se lasser de pédaler. Il mit pied à terre et condusit sa machine à la main. Son exemple fut suivi bientôt par Annah Billenbrock, qui semblait éprouver à chaque cahot un trem- blement fondamental de toute son être Claude, sur ses trois roues, avait un avantage. celui de ne pas perdre son centre de gravité. Quant à Boubou, le malin singe, | remontant la rivière, nous finirons |j] dirigeait son instrument avec bien par découvrir une usine, une scierie, une ferme.... _—Le boy a raison, dit Claude, et puis il a du bonheur. — En outre, ce qu’il conseille est la sagesse même, appuya Martin, reposons-nous pour être dispos à trois heures, et tâchons de dormir. —Dormir ! gronda Claude, que sa digestion rendait moins héroï- que. Et les serpents ? —Oh ! jesuis là, dit Boubou. Ayez pas peur.”” L'oncle et la tante s’étendirent sans autre cérémonie. Aucun bruit menaçant ne se faisait enten- dre dans les buissons ; Claude s’en- dormit à son tour, tandis que le petit nègre, tout pénétré de la mis- “ion qui lui était dévolue, veillait à la sécurité des voyageurs. XIX Les serpents innombrables que Boubou avait rencontrés conti- » uaient leur émigration et traver- saent l'eau par vingtaine, gagnant l'autre rive où d'instinct ils se sen- taieu* mieux en sûreté. Boubou n'eut point à exercer ses talents. Ilse reposa lui-même, et, quand on repartit, l'oncle seul—à cause de sou Âge sans doute—aur- rait volontiers prolongé la halte. Mais il n'était pas homme à s’é- couter. L'avis du petit nègre fut qu'on devait longer la lisière du bois, d’abord parce que les abords de l'eau étaient encombrés à chaque pas de lianes, de branches cassées, de troncs d’arbres même, et en- suite qu'on n’apercevait rien, la vue étant bornée par l'épaisseur des ramures. Seulement, la route n'existait plus. Rien de tracé. Quoique le terrain fût plan et pas du tout encombré, puisque l'in- cendie qui venait de mourir là n’a-| vait laissé que des cendres à la droite des voyageurs. Par couséquent, devenaient un mod assez rude. sol, les cyclistes bondissaient sur | arfois elles déviaient, | On se hâta. Jeurs selles. P une incomparable sûreté de coup d'œil, ne prenant, dans les zigzags auxquelles il se livrait, que les en- droits où ses roues passaient pres- que sans secousse. On juge que nos gens n’avan- çaient plus très vite. Parfois le boy prenait l'avance et s'engageait dans le bois pour gagner le bord du fleuve et s'assurer qu'aucune habi- tation n’était en vue. Mals le temps passait. Des qua- tre heures de jour qu'ils avaient devant eux, au moment de leur dé- part, il ne leur en restait plus que deux, et l'espoir de coucher dans un lit ou même dans une grange s'évanouissait de plus en plus. Vers cini heureset quart, le boy s’enfonça dans la voûte sombre des Igrauds arbres, pour la vingtième fois. L'’oncle, éreinté, s’assit un instant. De son front découlait une transpiration abondante. ‘Est-ce que vous êtes soffrant, 1 mon cher ami? lui demanda sa | femme. —Non, non, fatigué, pas autre chosse. — J'ai bien envie de suivre Bou- bon, dit Claude, à deux , on ver- rait peut-être mieux. Et puis...” Il n’acheva pas. Le boy reve- nait aussi vite que le lui permet- taient les aspérités du terrain... ‘Mister Michon, dit-il, venez ! —Tu as vu gn ? —Non, c’est autre chose.”? inquiéta Claude,—car s’il se sur- une maison, à la morte aussi, L'air mystérieux du petit nègre | désespérée. Right in the small of the back. Do you ever get a pain there? if s0, do you know what it means? Ît is a Backache. A sure sign of Kidney Trouble, Don't neglectit, Stop it in time. on eut décrit une partie du chemin, on vit étendu, immobile, raide, le corps d’un cheval. Toute le monde eut à la fois la même pensée. La pauvre bête, dont les yeux morts semblaient sor- | If you don't, serious Kidney Troubles tir des orbites, avait les jambes pe- | are sure to follow. lés jusqu’au poitrail. Des traces DOANS KIDNEY PILLS de feu sur ses sabots en disaient encore davantage; De sa bouche cure Backache, Lame Back, Diabetes, entr'ouverte avait coulé un filet|Dropey and all Kidney and Bladder ' ue Troubles. à ien rouge. Ses cuisses aussi talent | s0c.s box er 3 for 51.25, all deslers, ensanglantées. di ei ‘ S DOAN KIDNEY PILL CO. C'etait bien lui,ce ne pouvait Toronto, Ont. être que lui, ce coursier qu’ils a- aient vu bondir la nuit précéden à Pape Pie X. ce. —Et la femme ? demanda Mi- « Tousles AGENTS: fieties ou aduites peuvent faire $2.00 à chon, qui, dans les replis de son cerveau, sentait s’agiter l’immage $5.00 par jour en vendant notre magni- | | fique photographie du nouveau Pape à de Sophie. | M25c Cette photographie mesure 16 x 2%, He : \ ) RE | et en plusieurs splendides couleurs. La Oui, oui, la femme? L’as né plupart des protestants et tous les catho | vue aussi ? dirent en même temps | liques l'achèteñt en [a voyant. Sur pro- | £ | messe de solliciter des commandes, un | l’oncle Arsène et Annah. | accessoire complet et une photographie | —Non, répondit l'adolescent, vous seront envoyés franco par la poste | sur réception de 10e, mais je ne suis pas allé plus loin The Bradley-Garretson Co., Limited, Peut-être, en ch:rchant...”’ BRANTFORD, Onr. | Il y eut un moment de silence douloureux. L'aspect du terrain}; iiuies sans rien découvrir parlait tout seul. On distinguait Déjà îls ertendaient le bouillonne- | les empreintes gravées dans le sol sc ss le nil | par les sabots du cheval, et, à l’en- | droit même où il était mort, la ter- a pee cciger. fureur indiquait uns après les autres, elle a dû être |assez que le vaillant animal, après désarçonnée avant.” { »A . . d | ” fi . : Fe être abattu, avait fait des efforts | Michon, plus nerveux que les au- immenses pour se relever et fuir|\{ avait pris de l'avance. Ah! rue ‘il ne pensait pas anx serpents, ni à L'herbe arrachée, à — les RE | quelque péril que ce fût. : arbustes brisées, le . terrain é- | Tandis que son oncle et sa tante chiré furieusement, témoignaient | fovillaient les fourrés du regard, il SE 0 des horreurs de son agonie. j | marchait vers le cours d'eau, com- ‘La femme, dit l'oncle, en s'et-|, dj quelque pressentiment l'y at- forçant de contenir son émotion, à {init dû être lancée à dix mètres. Et on le trouva agenouillé dans — À moins, ajouta miss Billen- l'herbe, à deux pas de la rivière, broc#, qu’elle ne soit tombée dans auprès d’un corps gisant sur le cô- ic r | , . 2 a » 2 la fournaise avant que Sa MOntUIE LE Qrit, Cétaitelle, c'était bien |la malheureuse qu’ils cherchaient. RE | ment de l’eau tombés “Oui, oui, gromielaient-ils les ‘aus la rivière. L | | | n’ait atteint cet abri”? Cette dernière supposition parut | pay. ou, pour mieux dire, ayant u prosnèse en souffla me Isur son visage la lividité de la es le silence profond Lu s'était | mort, elle tenait entreses dents ser- établi, on entendait la respiration: quatre doigts de sa main gau- oppressée des acteurs de cette scè-| che... rs à É ï Mi:hon, qui lui avait mis la | ” Mon Dieu ! fit Claude d'un air main sur le cœur, releva la tête, de 4 : ie |découragé. — N'importe ! N'importe ! Se | «le est morte, dit-il., hâta de dire Arsène Martin, qui) oubliait sa fatigue ; il faut cher- cher. Soit, mais où? interrogea Michon, dont l'œil s’éclaira de | Jueurs singulières et vibrantes. | —]Jci d’abord, répondit le vieil- (lard. Et si nous ne trouvons rien. | —La malheureuse ! Elle est allez, dit le mari de —Qui sait ? insista l’oncle Mar- tin. —Mais touchez-la. cée — Voyez, voyez vous-même, An- nah, reprit Arsène. Ilest certain qu'elle n'a pas été tuée par la chute de son cheval. Car elle a pu venir ju-qu’'ici sur ses pieds, sur ses genoux, en s’accro- chant aux racines, tout ce que vous voudrez, mais elle y est venue. —QOui, oui, dit mistress Martin Elle est gla- | Sophie. _—Hélas ! ajouta la Présidente, —Jugez donc, mon oncle, il y a à l S Jug : »Yêlens agenouillant à son tour auprès A chaque rugosité du | boy était au delà du tournant. veilllait, le mari de Sophie avait! dix huit heures peut-être que ce des rechutes de peur, bien explica-|&rame horrible s'est dénoué ici. bles maintenant.—D'autre part, | ou là-bas. murmura Claude en l'oncle et sa femuie, intrigués, se! montrant Ja plaine couverte de dirigèrent vers Boubou, qui les en- | cenûres. traîna sous le couvert. | Je ne désespère pas, reprit Le hasard avait créé là une sorte! Martin C’est dans les déserts que d’avenue de deux ou” trois mètres Dieu fait le plus de miracles.” de large, en arc de cercle assez rai- | Cela dit, le bonhomme se dirigea de, en sorte qu'onne voyait rien vers la rivière située à trois cents les bicyclettes | d’extraordinaire et que, probable- | mètres environ, et à laquelle on e de locomotion | ment, la chose qui avait ramené le accédaii par l'avenue en forme de |croissant. Vous pensez qu'on la paraissait fort ému. Isuivii, dans quelle angoisce ! Et eu effet, dès qu’-| Boubou Ou avatça ziusi-peudaut sept à du corps ; el'e a même dû tremper sa main dans l'eau pour apaiser la soif extravagaute qui devait la torturer. Et c'est déjà un bon sytmptô- me qu'elis n'ait pas voulu boire à risque de 5e même la rivière, au noyer.” | Annah Billenbrock avait douce- ment passé sa main dans la poitrine de la malheureuse. Rayonnante, elle se redressa, disant : n'est pas froide ! qui ENT ne - OT, Erie {suite à ja Sie. Page) 3. H. Myrick & Co Importers aad Dealers in IDRY GOODS HARDWARE BOOTS & SHOEK FINE GROCEKIES And Fi: ang Supplies AT TIGNISH ' and __ ALBERTON We have just opened à tuil ano complete stock oi NEW GOODS. We are prepared to supply the wants of the farmer, fisb- erman and mecha- niC We invite Iin- tending purchasers to give us a cal}, and they will find we can meet al competitors, and save to them the trouble and ex- pense of going ti Summerside Ov Charlottetown, Los 2 i es PES #7" jf, sé page TE. cf re x «Dr. Murphy PHYSICIAN AND SURGEON : TIGNISH.. eo DR J.. FE WYAFTH SUCCESSEUR DE HODGSON & WYATT AVOCAT, NOTAIRE, etc. Solli- citeur pour les Nova Scotia et Summerside Banks — ARGENT À PRÊTER — Bureau : Au dessous de Clifton House SUMMERSIDE, PR: MeQuarrie & Arsenault AVOCATS, NOTAIRES, &C, Summerside, P. E,. I. (Bureau au dessus du Royal Bank of Canada) ARGENT A PRETER Neil McQuarrie, K. C. Aubin E. Arsenault, [HOTEL RIVERSIDE DUKE ST. MONCTON, N. 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TOUSSAINT & Cie Sous le Patronage de MONSEIGNEUR L'ARCHEVE- QUE DE QUEBEC Et la plupart de NOS SEIGNEURS LES ARCHE- VEQUES ET EVEQUES du Canada Public Notice Parties having claims against the Estate of the late Sylvain Arsenault, Clem, of DeBlois Road, are reques- ted to place their attested bills in the hands of the undersigned be- fore the First day of Novembet 1903. Parties owing the said Est- tate are requested to make imme- diate payment. F. J. Buorx, Executor Tignish, May 28th r903 Agents Demandés LE PAPE EST MORT. : M Ve et ? ss ts À.