PAGE 32; du site de Grand-Pré avec la statue d'Évangéline. En 1955, lors du bi— centenaire de la Déportation, des milliers d’Acadiens et d’Acadiennes se sont rassemblés à Grand-Pré pour rendre hommage a leurs ancêtres. Finalement, le 15 août 2004, fête na— tionale de l’Acadie, la population acadienne a participé en grand nom— bre à une célébration lors de la fer— meture officielle du troisième Con— grès mondial acadien. Tous ces gestes symboliques ne sont pas négligeables dans la cons— truction identitaire du peuple aca- dien. Tous les écrits, les événements spéciaux, les oeuvres d’art, tout a ser- vi dans la création du stéréotype, et cela renforcé par les outils de mar- keting du lieu de Grand-Pré. Ces productions et ces manifestations ajOutent a la force d’attraction du site et contribuent à la produc— tion d’une icône sociale identitaire. L'image qui en résulte attire non seu— lement les touristes mais sert aussi de ciment culturel pour la collectivité acadienne. Tous ces facteurs sociaux, économiques et politiques ont créé un lieu touristique attirant et un symbole d’identité puissant. La création d‘un lieu d’habilitation (empowerment) Le lieu historique national de Grand-Pré est donc devenu un lieu de pèlerinage touristique, un lieu I755 *- i763 symbolique de l’identité acadienne, et une icône sociale autant pour les Acadiens que pour le grand public, à partir de la fin du 19° siècle. Grand— Pré et Évangéline atteignent une signification universelle en gardant vivant le souvenir de la Déportation des Acadiens et en commémorant le courage et la persévérance de ce peu- ple du 18° siècle. C'est en partie à cause de ce pouvoir d'icône que le site perdure dans la mémoire collective. De la fin du 19“ siècle jusqu’à nos jours, plusieurs Acadiens et Acacliennes ont utilisé ce souvenir du passé et cette mémoire collective, rattachés a l'histoire de Grand-Pré, afin de créer un lien avec un passé lointain et tragique, dans le but d'éprouver un sentiment de contrôle sur le présent et pour s'inspirer d'un avenir plus promettant. En mettant l’accent sur le site, le groupe a pu mieux lutter avec les questions d’identité en construisant un senti- ment d’appartenance dans le contexte de la grande société anglophone en— vironnante. Dans ce travail de construction identitaire, les échanges interculturels, entre Acadiens et anglophones, ont influencé le sens d'identité acadien— ne. Historiquement, cette rencontre entre l’autorité britannique et la collectivité acadienne se trouve juxta— posée dans la période pré-Déporta- tion (1632-1755). L'identité acadienne se trouve embrouillée à partir de la publication du poème écrit par LA BIT—7'. SQŒVËNAMQE l’Américain Henry Wadsworth Long— fellow. Cette construction d’identité se trouve renouvelée dans le rituel du tourisme. Et finalement, elle vit dans les efforts d’appropriation du site à Grand—Pré aux 20" et 21“ siècles. Conclusion A travers le temps et l’espace, plusieurs membres de la collectivité acadienne ont utilisé le site de Grand-Pré afin de créer, de présen— ter, d’affirmer et de valider leur sentiment d’appartenance. Comme icônes, comme images et comme métaphores, le site de Grand-Pré et l’héroïne « Évangéline n sont utilisés dans la promotion du site comme lieu touristique et dans le réveil du peuple acadien à son histoire et à sa culture. Le lieu historique de Grand- Pré a servi et continue à servir d’in— dice historique, de point de référence culturel, d'élément cathartique, de catalyseur et de facteur de motiva— tion, autant pour les membres de la collectivité acadienne que pour les u autres >> (quand ils prennent con- naissance de l'histoire) dans un pro— cessus de prise de contrôle sur le destin identitaire dans un monde changeant. Dans ce processus de construction de sentiments d'appar— tenance, a l'intérieur d'échanges in- terculturels dynamiques, Grand-Pré joue un rôle primordial en servant de lieu de commémoration du patri— moine et de célébration du passé, du présent et de l'avenir du peuple aca— dien. lmrlmra.Ivlvlaiiaâ‘iis.sympariro.m l 1.-——w .a z i m. .WM J . le e.- v En 1755, gouverneur de la Nouvelle-Écosse. a V lat; éïgaorter tes. Aca le lieutenant-colonel Robert Monckton reçut du lieutenant-gouverneur Charles Lawrence le mandat d’organiser la déportation des Acadiens. Il s'en acquitta avec un cynique sang-froid et même une certaine allégresse. Reconnaissant, le gouver— nement anglais lui conféra le titre de lieutenant— Robert Monckton est né le 24 juin 1726, en plein solstice d’été, dans le Yorkshire anglais. Il était le se- es. en; Aigle; militaire précoce. cond fils de John Monckton de Cavil-Holyrod, qui fut créé vicomte de Galway, en 1727, et de Lady Elizabeth, fille de John Manners, deuxième duc de Rutland. De sa jeunesse on ne sait à peu près rien, sinon qu’il fut élevé dans toute la rigueur de la gentry anglaise et qu'il reçut une éducation rigoureuse et une formation Il n’avait que quinze ans, en 1741, lorsqu'il reçut une commission d'enseigne (porte—drapeau) dans le 3“