PT ET Dieter L'IMPARTIAL, JEUDI, PR RE A LE 16 JUILLET, 1908. L'Aventurier Malgre Lui (Suite de la 1re. page) révéler. Attendons l’arrivée de votre femme. IV Le lendemain matin, vers huit heures et demie, l’oncle Martin reçut de la Nouvelle-Orléans la dé- pêche qu’il attendait. En la lisant, il fronça légèrement les sourcils. Claude, tout angoissé, crüt tout perdu et s’écria : ‘Elle est morte ! n'est-ce pas ? —Mais non, répondit le vieillard. Seuleruent, ça prend une mauvaise tournure. —]Je ne vous comprends pas. —Mon cher, je suppose que vous êtes un homme. Tâchez donc d'envisager les choses avec sang- froid. En Amérique, nous ne sa- vons pas très bien user des ménage- ments qu’on emploie en Europe, pour faire avaler une mauvaise nouvelle. ”” Claude, tout frémissant, assura qu’il sauraitse raidir contre les cruautés de la destinée. ‘Tant mieux, fit Arsène. J'aime à vous entendre parler ainsi. Et comme nous allons avoir des réso- lutions à prendre sans perdre de temps, je vais tout de suite vous lire ce télégramme, ou plutôt lisez- le vous-mêmes. Ilest en français.”? Michon saisit fièvreusement le papier que lui tendait Martin, et le parcourut avec avidité ; voici ce qu'il lut : ‘Arsène Martin, Heathfeld, 7 heures 12. ‘Journaux prétendent Mme Mi- chon enlevée par les six nègres. Ceux-ci ne consentiraient à la ren- dre à son mari ou à vous-même que contre 50,000 dollars. Police ignorant le lien de retraite des ban- dits, se met en campagne tout de même. Onn’a pas grande con- fiance dans son action. Chacun pense qu'en faisant savoir par ‘’New-Orleans-Times’”’ votre in- tention de payer, affaire serait promptement terminée. Si né- cessaire, enverrai autre télégramme aujourd’hui. “Signé : GRAVESON'’ Cette lecture plongea Claude dans une stupeur inénarrable. Quoi ! sa femme séquestrée ! A la façon des brigands d’Anatolie, ceux de la Louisiane exigeaient une énorme rançon. Et l’oncle Martin appelait ça un pays civilisé ! Exas- péré, Michon éclata en impréca- tions furibondes, se répandit en violentes, mais vaines objurgations, et finalement tomba dans une at- taque de rage, telle que l’oncle, silencieux, jugea utile de lui laisser exhaler sa furie. Quand ïlle vit s’affaler, anéanti, vaincu, sur un fauteuil, se cachant la figure dans les mains et poussant des cris de douleur inarticulés, il reprit la “parole : ‘“‘Je n’attendais pas que vous prissiez les choses avec calme, dit- äl. Mais maintenant, il ne doit -plus être question de se lamenter. “Nous devons agir, et vigoureuse- “ment. Tâchez de vous remonter et d'envisager les événements avec lu- | Si vous voulez me croire, ! cidité. mous allons nous rendre à la Nou- welle-Orléans, sans une minute, de retard. Le bateau passe à Heath- field vers dix heures ; nous le pren- dirons. Quant à la conduite à te- mir, elle nous sera dictée par les circonstances et snrtout par ce que nous apprendrous à notre débar- quement. —J'emmène Boubou, dit Claude. —À quoi bon ? demanda Mar- tin. —Ilest très intelligent et très dévoué. Sans lui, jene serais même peut-être pas ici, et Sophie n'aurait seulement pas l’espoir d’ê- tre délivrée. —$i vous u’aviez pas été ici, ce qui vous désespére n'aurait pas lieu. Quand ils ont su avec quelle ardeur conjugale vous couriez après votre femme, les nègres ont eu l’idée d'exploiter le hasard qui avait fait tomber Sophie entre leurs mains. La chasse que vous leur avez donnée, les renseigments fournis par vous, ils ont tout su, y compris que j'étais votre oncle ; et, | calculant votre fortuue sur le chiffre de la mienne, ils ne lâcheront pro- bablement pas cette affaire, de leur gré au moins. —Cinquante mille dollars, arti- cula Michon, cela fait deux cent cinquante mille francs. —Peuh ! souffla Arsène Martin, “Oui ! la venger ! dit-il tout à coup d’une voix vibrante... —N'ayez pas peur, (Claude, ajouta l'oncle en serrant les dents. Ces gibieis de potence sauront de quel bois je me chauffe, et ils nous endront la petite Sophie sans en- saisser un seul dollar. J'en dé- d'un air dégagé, la belle affaire ! Mais il ne sera pas dit tout de même que nous aurons cédé à l’ultimatum de ces brutes —Et sur quoi comptez-vous ? Ah! j'y suis ; la poiice aura tôt fait de les dénicher. —La police ! Si nous n'avons Sophie, vous pouvez commander votre deuil. — Alors ?....interrogea Claude. Nous nous inspirerons des événe- ments. Les ravi-seurs de ma nièce out Gû aller se cacher à la Nouvel- le-Orléans. C'est 1à qu’il faudra chercher d’abord. Si vous voulez emmener Boubou, je n’y vois pas d’inconvénient. ’” Arsène Martin, Claude et le pe- tit nègre se dirigeaient, un quart d'heure plus tard, vers l’embarca- dère de Heathfeld. Et tandis qu’- ils marchaient silencieusement, Mi- chon se rappelait, involontairement, l'espèce de dédain avec lequel son oncle avait parlé de deux cent cin- quante mille francs. ’J1 faut qu'il soit bien riche,’’ se disait-il, sans que sa douleur ces- sât pourtant de l’assiéger. Et comme l'esprit travaille tou- jours, une pensée inattendue lui traversa brusquement le cerveau. ‘Si elle était morte ! Je ne se- rais plus qu’un étranger pour l’on- cle. Etcette fortune... qui doit être énorme, il ne me la laisserait certainement pas. Alors, j'aurais fait deux mille lieues et plus, à |mes frais, pour... Oh! quelle |singulière folie que celle des voya- | ges Lis Vous sentez bien, lecteur, que ces idées se succédaient dans la tête de Claude sans qu’il s’en rendit comp- te lui-même. Nul n’est maître des impression provoquées par des évé- nements imprévus,--que dis-je ? improbables. Je crois même que déjà Michon se reprochait amère- ment des réflexions aussi déplacées »? 1 oncle l’arracha brusquement à sa songerie en lui disant : ‘‘Alerte ! Claude, alerte ! Voilà le bateau qui va partir.’’ Il était temps. A peine avaient- ils mis le pied sur le pont, qu’on dérapa. Et, comme, cette fois, le courant les poussait, ils débarquè- rent à la Nouvelle-Orléans vers cinq heures, ayant encore devant eux une longue soirée pour s'informer et prendre leurs dispositions. bureau du New-Orleans- Times,’’ dans les autres rédactions, chez M. Graveson, l’ami d’Arsène Martin, partout où ils cherchèrent des nouvelles, la situation ieur fut donnée comme déplorable. Evi- demment, Sophie était tombée au pouvoir d’une bande parfaitement organisée, qui avait déjà exploité Baltimore, Charlestown, dont on a- vait signalé à Bâton-Rouge une tentative avortée, et qui ne la ren- drait, morte ou vivante, que contre espèces sonnantes. Il ne pouvait y avoir de doute à ce sujet. annonce très catégorique adressée à mister Arsène Martin, à Hill’s- Point, ne permettait pas de nourrir des illusions. “Mais, Au au moins, est-elle vi- instant, comme si les autres eussent été dans la confidence des bandits... —C’'est probable,’ répondait-on généralement. Arsène Martin, sans se départir de ses allures correctes et de son impassibilité apparente, commen- çait à rager ferme. De temps à autre, il grommelait un ‘‘Devil !”? plein de menaces. ‘Sales canaïilles !’” répétait de son côté Boubou, dans les deux langues qui lui étaient familières. Quant à Claude, son exaspéra- tion se haussait à des degrés invrai- semblables. Poussé par des senti- ments très complexes dans lesquels dominait certainement son chagrin, traversé toutefois par des regrets d'un ordre népotique moins pur, il. ne songeait plus qu'à conquérir sa qu’elle pour retrouver la petite| en un pareil moment, quand son | | Une | vante ? demandait Claude à chaque | : L penserai plutôt cent mille que de çon. Ils ne me connaissent pas !” Michon jeta un regard de recon- naissance et d’admiration à son on- cle, et lui serra chaudement la main, en disant : “Merci. —Venez, reprit Arséne, qui de- vait être fort en colère, pour s’ex- primer avec si peu de mesure, con- tre son habitude. J'ai-encore ici un appartement qui me sert de pied- à-terre. C’est là que nous allons prendre une décision pratique et prompte.”’ En arrivant chez lui, Martin trou- va une infinité de lettres de condo- léances et de cartes de visite. Plu- sieurs personnes étaient venues se mettre à sa dispo:ition. D'autres donnaient des conseils, d'autres en- core proposaient un plan de campa- gne. ‘‘Mes enfants, dit le vieillard, procédons par ordre et prenons con- naissance de tout ce qu’on m'écrit. Qui sait si nous n’y trouverons pas une idée ? Seulement, il faut me- ner ça rondement. Ne nous em- ballons pas, certes ; mais agissons en toute hâte... Sais-tu lire l’an- glais ? demanda ensuite le bon- homme à Boubou. —‘"Yes,’’ mister Martin. —Fort bien, tu vas nous aider, alors. Voici un paquet de lettres. Toutes celles que tu trouveras écri- tes en français, tu les passeras à M. Michon. Pour les missives en an- glais, tu les parcourras ; celles qui ne contiendront que des compli- ments, tu les mettras de côté, à ta droite. Et lorsque tu en liras une qui t’intéressera par une proposi- |tion ou une idée, tu me la passeras. | Moi, je vais dépouiller l’autre tas.”’ Pendant quelques temps, un si- lence profond régna autour des |trois personnages. Rien ne parais- sait devoir sortir de ce travail, et le | vieux Martin venait de dire : ‘Nous perdons notre temps,’ lorsque Bou- bou lui passa une carte-correspon- | dance, où, en quelques lignes d’une écriture de femme, on lui conseil- lait de recruter, ans les taudis les plus mal famés des quartiers fré- |quentés par la populace, quelques nègres à qui il suffirait de promet- Itre dix mille dollars, et même moins, pour qu'ils eussent en un | tour de maïn découvert et fait, ar- rêter les coupables. ‘‘Bandits con- tre bandits, vous ne pouvez man- quer de réussir,” ainsi se terminait ce billet, au-dessous duquel s’étalait une signature pas lisible, mais que l’oncle déchiffra tout de même et attribua à la veuve d’un de ses an- | ciens associés. | “L'idée est excellente, dit-il. Je suis d'autant plus disposé à la met- |tre en pratique, mon cher Claude, que je l'avais eue dès ce matin. Ne cherchons donc pas autre chose et entrons en campagne. C’est ici que la police peut nous servir, passagè- | tement. | | —Que voulez-vous dire, mon oncle ? | —Que, seul, un détective, dont nous aurons suffisamment graissé la patte, nous découvrira les nègres dont nous avons besoin. ——Mais, à ce compte-là, dit Mi- chon, il pourrait, pour le même! prix, les faire parler tout de suite. | —Non. D'abord, les nègres qui consentiront à nous servir ignorent peut-être encore quels sont les ra- visseurs et où ils se cachent. Mais, sirtout, pas un d’eux ne voudra cousentir à une délation. par une foule déchaînée ; mais, vendre ces mêmes hommes à la po- jamais ! Peut-être promet- traient-ils ? à coup sûr, ils ne tien- draient pas leur parole. rons pas cet aléa. Je vais au bu- reau central. Ilest inutile que vous veniez avec moi. En revan- che, Boubou peut me servir’? Deux heures après, l’oncle repa- raissait, seul. ‘Mon cher, dit-il à Claude, tout : lice, Ne cou- | femme, ou à la venger. leur payer, à eux, cette infÂâme ran. { HMOLUUUL semsst, Ÿ PULLMAN er NET TL (1 LLC : Travellers ana Tourists Travelling from place to place are subject to all kinds of Bowel Complaint on account of change of water, diet and temperature. - Dr. Fowler’s Ext. of Wild Strawberry Is a sure cure for Diarrhæa, Dysentery, Colic, Cramps, Pains in the Stomach, Seasickness, Cholera, Cholera Morbus, Cholera Infantum, Summer Com- plaint, and all Fluxes of the Bowels in Children and Aduits. Its effects are marvellous. Ît acts like a charm. Relief is almost instantaneous. Does not leave the Bowels in a constipated condition. MACKEREL NETS And all Kinds Fishing supplies, all Kinds Wire Fencing, all Kinds Pumbps, and the best Kinds of Washing Machines Wringers and Churns, for Sale at iowest prices. Brace McKay & Co. Ltd Summerside May 28th. 1903 ns Ils nous | aideront à faire lyncher nos bandits ps s = “ # # La Clôture en fil Metallique tisse de Page Toutes les clôtures se relâchent par une tem- pérature chaude et se contractent par un teinps froid—excepté la clôture de Page. Les courbes à ressort de Page reprennent le relâchement en été et le remettent en hiver, Absence com- En été les courbes continues reprennent le | relâchement ; | en hiver elles le remettent, plète de ramollissement en été et de tension ’ excessive, Où rupture, en hiver, Le fil commun gaufré, n° à pas la trempe du ressort, et s’il se relâche il demeure lâche ; s'il se raidit, il devient encore plus lâche que jamais. Le fil métallique de Fage est trempé d’une telle manière qu’il règle sa propre tension hiver ou été. 60,000 milles de clôture en fil métallique de Page actuellement en usage. La Page Wire Fence Co., Limitée Walkerville. Ont., Montréal, Qué. St. John, N.B. 9a BARGAINS AT ALBERTON Previous to stock-taking on 1st of February next, we will give spe- cial discounts on the following lines of goods :— All Ladies’ Dress Goods, 30 per cent off. | : : ui va bien jusqu'ici. quatre h.mmes de couleur pour qui les dessous de la Nouvelle-Orléans n'ont pas de secrets. J'ai recruté Ce n’est pas la fins fleur des pois, mais, pour le l'argent, ils sont capables de tout. D'ailleurs, j'ai eu la main heureuse, l'un d'eux prétend connaître trois des drôles que nous chefchons. —Ah ! fit Michon avec un éclair de joie dans les yeux. —Aus:i, allons-nous entrer en campagne tout de suite. Je vous ai apporté deux bons revolvers, Gont il ne faudra pes hésiter à vous servir, si les circonstances l’exigent. LE VOS"... Et l’oncle Arsène déposa sur la table les engins dont il venait de parler, sans s’inquiéter de la physi- onomie effarée que prit Claude à leur aspect. “N'oubliez pas, reprit Martin, que nous devons employer les grands moyens, et, dans tous les cas, faire expier à ces bandits les angoisses par lesquelles ils nous ont fait passer, vous et moi. (A Suivre) INTESTINS. Les Organes Digestifs régularisés et rendus à leur activité normale par l'usage des .........,4, PILULES DE NOIX LONGUE x MCGÂLE, Pour les Maux de tête attaques bilieuses, : Constipation, Désordre de l'Estomac, elles n’ont pas d’égaies. d EN VENTE PARTOUT, 2 BC. LA BOITE, OU EXPEDIEES PAR LA MALLE SUR RECEPTION DU PRIX: STANTON'S PAIN RELIEF: R£MEDE INTERNE ET EXTERNE, Guérit les Rhumatismes, Coliques, Entorses, Névralgie, Etc. £N VENTE PARTOUT, PRIX 250. LA BOUTEÆILLE, Seuls propriétaires: Te Wincarx Cne- micaL Co, Limited, Montreal, Canada. Better than ever Fall is setting in. New goods arriving weekly. Country pro- duce taken in exch- ange for oods at highest market value. Not necessary to go out of the village for Bargains. Right at the old stand you car get GROCERIES, DRY GOODS, BOOTS and SHOES, . HARD: WARE etc.,etc., at as cheap a price as elsewhere, S. E. GALLANT. Abraham'’s Village. adies” Cloth Jackets and Capes, third off. a dies” Skirts, Wrappers and Costume, 80 per cent off. one adies’ Waists, Blouses, 30 per cent off. Mens’ and Boys’ Reefers, Ulsters and O- vercoats, one third off. Boots and Shoes, 830 per cent off. | Fancy China ware and Toys, one third off A LARGE ASSORTMENT OF JEWELRY IN GOLD-FILLED, | ONÉ THIRD OFF. Special prices in Furs, Robes, Kid Gloves, and Mitts and all Win- ter Goods. Above sale for cash or present pay. | DYER, WOODMANS & HUNTER ALBERTON | | | | | | | k | . 2 PISESET 1 ET Sato MT TREES| ” TREESI TREES! That's our business, We want men | EE ES PUS SE re PET 2. E | d to sell TREES of all varieties, fruit and orna- | HAL mental. We are looking for a few hustlers, | AN Afe you one? If so, get our terms, | NS CASE BROTHERS COMPANY AVeZ-VOUS VE nos Primes Vous pouvez les avoir pourun dollar. | A æ It pays to buy your watches from us One party asked $30.00 for a La- dies’ watch that we sell at $14.00. À person was asked $20.00 and paid $r15.00 and thought he was getting a great bargain for a gents watch that we sell regularly at $13.00. Any one that asks you such high prices can afford to come down. Call and see our watches. E. W. TAYLOR CAMERON BLOCK CH'TOWN For Sale ———— A lady’s bicycle (Hyslop}) in use only 4 short time, Price $30°°. For further par:iculars apply at this office, Abonnez-vous a L’'IMPARTIAL