th La Mere le Diable haletant encore À sa maîtresse. La Mère le diable reçut entre ses bras son favori, le couvrit de ca- resses, et de ses petits veux gris elle adressa un merci éloquent au sauveur de sa bête, Ce fut là le commencement des ra p- ports qui ne cessèrent de régner Lentre la Mère le Diable et son visi- lèvres minces se refermant sur tine ‘teur. La vieille avait été touchée ! bouche édentée. Sa vue seule ins-|à j'endroit sensible. | pirait une sorte de dégoût. C'était | bien pis quand on la connaissait. Si vous aviez visité Fontenay le Comte (Vendrée, France), vers 1855, on n,aurait pas manquer de vous parler de la Mère Germaine, surnommée ‘‘la Mère le Diable‘. C'était une octogénaire, sale, dé- guenillée, la peau jaune et tirée, les yeux petits et clignotants, les MERS + one ee orne, Hs) aimables Mais le jeune ouvrier n'avait ac- sis: |compli que la moitié de sa besogne. On n'aurait pas trouvé à dix nieues | [1 Jui restait le plus dificile à faire, à la ronde, une langue mieux afñ- | ;] jui fallait atteindre cette pauvre lée et plus méchante. Elle habitait | Âme étrangère À tout séntiment re- uu misérable taudis humide et froid, Higieux. qui n'avait jamais levé les en contre bas de la vue äes Loges, | veux vers le ciel, et dont toute la | J et qui ne recevait la lumière que par | vie semblait se résumer dans l’a- un mauvais judas vermoulu. |mour de son chien, Il avait bien Elle ne sortait de cette tanière que | essayé d’amener la conversation pour se rendre chez le boulanger du | sur jes consolantes vérités de la coin ou pour cacher dans les tas avait fait la la vieille sourde oreille, Un jour même qu'il insistait, elle |avait répondu d'un petit ton gou- | ailleur : Chanson que tout cela !”’ |Il ne perdit pas courage néanmoins. Il pria, il fit prier, et travailla de plus en plus à gagner la confiance de la Mère le Diable par les atten- tions délicates qu’il eut pour A- | OUT. Un lundi, vers trois heures du soir, cnallant voir sa protégée le le jeune ouvrier fut tout supris de trouver porte close. Il frappa, es- pérant qu'Amour allait répondre. | Mais non, rien qu’un grand silence qui lui donna quelque inquiétude. | Au risque d'être indiscret, il ouvrit la porte. Et ce fut dans l'ombre du taudis, au bord du misérable | grabat, une masse informe et sans mouvement qu’il aperçut. Il s’ap- procha et distingua, sous les hail- Jons du lit, la figure hâve et con- itraétée de la Mère le Diable. Ses petits yeux avaient perdu leur é- foi, mais d'ordures la pitance de son chien. Elle ne mettait jamais les pieds à l'église, ne se gênait pas, à l'occa- sion, pour se moquer de ses voisines qui, elles, avaient la faiblesse d’al- ler à la messe, le dimanche. On la redoutait un peu, et les petits en- fants se seraient facilement signés à son approche. | Elle avait un pensionnaire en! parfaite harmonie avec sa personne. C'était son chien. Il était d'une ra- è ce inconnue, les yeux chassieux, les oreilles pelées, la peau rongée, par la gale, en demeurant aussi her- gneux que sa maîtresse. Il s’appe- lait ‘‘Amour‘‘ et il était en efiet, l'amour de la vieille. Pas de caresse LT qu'elle ne lui prodiguât, pas de su- crètes dont elle ne le gorgeât. Elie se privait souvent pour cette inté- ressant animal et quand il ne res- tait qu’une croûte de pain au fond de la huche, elle était pour Amour. Flle avait réservé tous les trésors de son cœur pour son roquet. Ils faisaient la paire. Malheur à qui s’en fut pris à son Amour. La Mè-, re le Diable savait au besoin jouer je étendu sur ses jupes, râlait A- du bâton, et plus d'un gamin qui! hour. s'était permis une plaisanterie de | clat ; il semblait que la vie allait s'en retirer. Aux pieds de la vieil- L'état de la Mère Diable lui pa- mauvais goût envers le chien avait sut inquiétant. C'était le moment ou jamais de remplir auprès d'elle la grande mission qu'il s'était don- par bonté d'âme eût flatté Amour! y£e eu les côtes caressés par la vieille. Mais s’il arrivait qu’un passant, Le 7 Mais comment s’y prendre ? d’une caresse, la Mère le Diable le Ka pareils cas les moyens humains sont de faibles ressources : il Y faut la main de Dieu. C'est donc à Dieu qu'il eut recours par l'in- |tercession de sa divine Mère. la pauvre vieille était dans la plus. récompensait d’un sourire qui essa- yait d’être aimable, ie passant avait gagné ses bonnes grâces. L Si peu intéressante qu'elle fût, Dans une prière ardente, il con- profonde misère, et comme la cha- fa Ja pauvre agonisante à la Reine rité a le cœur très largeet ne regar- du Ciel. de pas à qui elle prodigue ses tré-| Mère le Diable, il lui dit douce- sors, la Mêre le Diable était secou- ment : é 3 s œ >-ɰ c rue par elle, sous la figure d'un —Comment vous trouvez vous ? jeune ouvrier de Fontenay, qui a-| Une voix presque éteinte lui ré- vait reçu mission de veiller à ses poudit : besoins. La première fois que notre chari- | table jeune homme se présenta, rue ment ? des Loges, il fut accueilli par le) Dites simplement : ‘Mon Dieu, grognement du chien, auquel la ayez pitié de moi ! Sainte Vierge Marie, priez pour moi ! | Et la voix de plus en plus faible |Mmurmura ces douces invocations. vieille fit écho par un regard mau- vais et une question presque inso- | lente. | — Qui vous amène ici ? — Voulez-vous que j'amène près Le visiteur ne répondit rien. Il! de vous un prêtre qui vous conso- I passa distraitement la main sur le lera, vous soutiendra dans vos souf- dos du roquet, et demanda à la frances, et vous ramènera au Dieu | Mère le Diable des nouvelles de sa de votre première communion ? Ces paroles furent un rayon de que bonheur et d'espérance pour cette santé. —Je me porte vous fait ma santé ? Nouveau silence vrier, qui jeta un rapide regard sur ce misérable intérieur et fut pris de pitié à la vue de tant de désastre : table bieu, mais pauvre âme, qui semblait se réveil- du jeune où-\Jer d'un long sommeil, Une joie sereine se répandit sur les traits de la mourante, et, à tra- vers ses yeux à demi éteints, passa comme la vision d’un monde meil- leur. D'un signe de tête à peine perceptible, elle accepta l'offre cha- deux chaises boîteuses, une de bois blanc, un grabat recouvert de loques, une lithographie écornée représentant Napoléon 1er. C'é-!ritable qui lui était faite. tait là tout l'ameublement. | Le prêtre vint. Il fit entendre Délicatement, il s’informa si la laux oreilles de la pauvre femme vieille avait toujours du pain, et à la réponse évasive qu'il en reçut, il comprit que le pain manquait souvent. Il sortit non de nouveau caressé Amour, et en une langue qu’elle ne connaissait plus, mais dont le souvenir se ravi- va délicieusement. Ce fut puur cette Âme désolée un baume sacré qui calma ses souf- frances et lui rendit la paix des jeunes années. D'une voix mourante elle dit à Dieu, dans le secret de la confes- sion, ces confidences douloureuses | qui consolent et qui préparent au | pardon suprême. | . ï | Le lendemain matin, au petit : dans ja rue en lutte avec un de ses jour, le Lieu qui fortifie descen- | J Î sans avoir laissant sur le coin de la table bon de pain de trois livres. un Tous les iundis, notre charitable proté- La vieille se montra moins Elle causa ; un jour même, elle sourit ; ce fut un événe- ment. Amour avait été rencontré Fontenaisien revint voir sa gée. revêche. Voisins et il n'était pas le plus fort. dait dans ce misérable logis, et l’é-. Î Ï | sr SO une nappe de lin. C'est 1à que fut placé le ciboire où reposait Ja sainte hostie, À genoux derrière le prêtre, se tenait celui qui avait été l'instru- ment de cette touchante conver- sion. Il adressait à Dieu ure der- nière prière pour Î'Âme qui allait partir, et des larmes de joie per- laient dans ses yeux. là un bonheur qui le récompensait amplement deson difficile aposto- lat. Les cérémonies saintes s’ache- vaient, les traits de la mourante avaient gardé leur sérénité, et ce fur dans un dernier mouvement des lèvres, pareil au murmure d'une prière, que l’agonisante pas- sa du sommeil à [a mort, ‘‘si c'était ‘1à mourir !”’. Abbé F. GHARPENTIER. Toute l'histoire en unes lettre : Panier (PERRY DAV.) Du Capt, F. Loye, peste de police No. 5, Montréal:—‘*\ous nous servona fréquemment de Parx-KiLLen Prrey Davrs pour dou- leurs dans l'estomd, rhurnatiame, raiteur engrlures, cramizes, et tons les maux dont sont atteints les geua qui occupent rne posi- tion comme la rêtre. Je n'hésite pas à dire que le Paix-KiiLrn eat le meilleu: remède que l’on puisse avoir dénsïe feis cas.” Il peut être pris comme remède interne et cxteryce. Boateilles de denx grendeurs 265€. 2% 506. mer DEUX MENSONGES Plusieurs journaux ont publié, il y a quelques semaines, une nou- velle injurieuse à la mémoire Jeanne d'Arc, la vierge de Domré- my, dont les vertus, à la fois dou- ces et viriles, ont jeté tant d'éclat sur la France, et äGont ie courage héroïque l'a sauvée à l'heure d’une défaite qui semblait définitive. Nous savions d'avance que cette nouvelle était fausse et il nous fai- |sait peine de ne pouvoir, faute de renseignements officiels, la démen- Îtir immédiatement. Nous sentions d'autant plus nous que le monde catholique honore en | n Jeanne d'Arc, non s2ulement u L des gloires les plus pures de France, au point de vue civil et m:-' litaire, mais encore une illustre | servante de Dieu qu'il a l'espérance de voir bientôt inscrite au catalogue | des saints. Nous somiues donc particulière- ment heureux de porter aujourd'- hui à la connaissance de ‘08 lec- Puis, s'adressant à Jalteurs la déclaration suivante, faite | par la Revue de Jeanne d'Arc. pu- |bliée à Paris, dans son numéro du | 5 septembre dernier. | ‘Comme il fallait s'y attendre, Bien mal, je vais mourir. la fantaisiste information qui nous — Voulez-vous prier avec moi ? |apprenait l'échec définitif au pro- — Prier avec vous, mais comi- cès de béatification de Jeanne d'Arc as Weppes ra a 179! ? FORGTIFIER TOUS LS FAIBLE®, [a fait le tour de la presse, ‘Trente | J à n 1 æ tes .e | coupures de jourhaux, qui nous] Pn pour tous les Âges et Is | Sont parvenues, nous apprennent | du moins que tout ce qui intéresse | cette cause, entre toutes nationale, à le don de passionner l'opinion. | ‘Non, il n’est pas vrai que | procès de Jane d'Arc soit en tuation plus défavorable qu'il l'était il y a six mois. Ilse pour- suit régulièreinent et aboutira cer- |tainement au résultat si attendu : toute affirmation contraire est une É : |inexactitude | (soyons parlemen- |taires. ]”’ | On a aussi répandu dernièrement le bruit étrange que le Saint Père avait pris la résolution et svait don. iné l'ordre au cardisal secrétaire d'Etat de garder la plus grande ré- serve et de ne prononcer de parole paul pût être interprétée pour ou | contre la politique française et servir [aux polémiques des partis. Cette di- |reétion pontificale avait été, disait- | On, Communiquée dans une lettre l'adressée par Son Eminence le car- | dinal Rampolla à M. de Navenne, de l'aiibassade de France à Rome. | Une cepêche de Rome à l'Uni- vers, en date du 15 septembre, af- firme catégoriquement que cette prétendue lettre est fabriquée. De son côté, l’Osservatore Ro mano vient de démentir cette his- toire audacieuse. ‘‘’Menñtez, mentez, ilen restera toujours quelque chose”. Le mot de Voltaire n’est que trop vrai, et | ee PE ne EE 5 Il goûtait | de | huiiliés ! tic la ! le si- | nie | SA . ; : a © : te ee En CR | RS TRS OM À PRE rer evene L'IMPARTIAL JEUDI LE 23 OCTOBRE 1902 L'ouvrier, sous les yeux mêmes de (clairait d'une lumière mystérieuse. [les ennemis de la religion ont rh Vo 1% >niCS an: art: qe rt CG: la vieille, avaix pris la défense du|Des mains pieuses avaient étendu, | cours aujourd'hui à cet odieux -$ viawVes bass BAU ini ut: ài 5 Le malheureux et l'avait rapporté tout sur l’humble table de bois blanc, | procédé, avec le m ‘ne sans-gfne et ! LIMITED Ja même impudence qu'ils l'ont fait (A tous les âges de l’histoire de !’#. | glise. lav ng mie extensive improvements to our plant, xvith the newes LEE ani bes t mac unc:1 we a: no:y in « better position than evcr 10 suppl th. need; of our nt nercus custom cs witi everything required in the De . bu iding line. House iänish of ail kinds kept in stock : Doors, Sashes. Gnte s, Newel Posts, Balusters, Stair Rail and Mouldings, &c. 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